jeudi, 26 avril 2007

Livre à lire:"Le Roman des voyageuses françaises (1800-1900)" de Françoise Lapeyre Payot, 264 p., 18,50 €.

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Françoise Lapeyre - Au XIXe siècle, de jeunes globe-trotteuses françaises partent à la découverte de la planète.

NICOLAS Bouvier avait-il raison d'estimer « qu'il vaut souvent mieux lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent » ? s'interroge Françoise Lapeyre dans l'incipit de son ouvrage Le Roman des voyageuses françaises (1800-1900).
À la lecture des aventures rocambolesques de ces aventureuses, on serait tenté d'approuver l'auteur de L'Usage du monde. Ignorés de la revue Le Tour du monde, leurs récits sont autrement audacieux pour l'époque que ceux publiés par la revue fondée par Édouard Charton (1). En affrontant mers terrifiantes, typhons et cyclones, en luttant avec flibustiers, corsaires, forbans de tous poils qui pillent leurs vaisseaux, en affrontant tigres, lions, jaguars, serpents, crocodiles, en surmontant pandémies, maladies pernicieuses, nos voyageuses excentriques témoignent d'une intrépidité exemplaire.
Jeanne Goussard de Mayolle, première Française à descendre l'Arinos, en Amazonie, blessée par un bison, doit lutter contre les Indiens à l'arme à feu ; Fanny Loviot, enlevée par les Chinois, est séquestrée à Macao ; Charlotte Dard échappe de peu à la noyade lors du naufrage de la Méduse ; Catherine de Bourboulon, torturée par les moustiques sibériens, redoute « la tipule, grosse comme une tête d'épingle, le maringouin à ailes noires et le taon doré ».
L'intransigeante Flora Tristan, figure ardente des revendications féminines, ne voyage pas pour les mêmes motifs. Elle n'effectue qu'une expédition au Pérou en avril 1833 ; grand-mère de Gauguin, enfant naturel, elle est à la recherche d'un statut social auprès de la famille péruvienne de son beau-père. Olympe Audouard, blonde de vingt-cinq ans, vaniteuse, satisfaite d'elle-même, ne cesse de courir le monde la cigarette au bec. Elle se bat à coups de pamphlets en faveur des droits politiques de la femme, en harcelant au passage les élites, notables, élus, fonctionnaires.
Dévote mais raciste, Mme Charles de Saint-Amant, au cours de son voyage en Californie en 1850, n'est pas tendre pour les abolitionnistes conduits par Victor Schoelcher à Paris. Elle écrit à son mari : « Je ne vois que des faces noires et j'ai peine à me persuader que ce soit vraiment pour ces vilains êtres que les têtes philan­thropiques d'Europe se sont tant échauffées ? » Même son de cloche chez Lucie Félix-Faure au sujet des Arabes : « Ils vivent et aucun des événements bouleversant notre monde n'atteindra leur gourbi ou ne modifiera la moindre de leurs habitudes. Ainsi, nous ne nous comprendrons jamais. »
Si les voyages forment la jeunesse de nos voyageuses, ils ne les inclinent guère à la tolérance. Bravant courageusement maints périls, ces bigotes, pour la plupart d'entre elles, ne manifestent qu'une commisération limitée pour les peuples qu'elles visitent. Manifestement, l'altruisme n'est pas leur fort. Leurs bévues témoignent de leur ignorance et bien souvent des convictions de leur milieu social de cette époque.
Pourquoi ces dames prennent-elles ainsi la route ? Quel est leur but ? Si leur invitation au voyage ne fait pas toujours la part belle au merveilleux, les voyageuses du livre de Françoise Lapeyre ne font pas mystère de leur curiosité avide et de la fascination que leur inspire l'aventure.
(1) Édouard Charton (1807-1890), saint-simonien, fondateur de périodiques de vulgarisation : «Le Magasin pittoresque», «Le Tour du monde», «La Bibliothèque des merveilles».

Commentaires

Voici un livre qui viendra certainement passer les vacances avec moi.
J'adore les voyageurs, les bourlingueurs, les gens du voyage, les explorateurs, les écrivains voyageurs de tout temps, nicolas Bouvier, bien évidement, mais aussi , François Maspéro, Kenneth WHITE, Bruce Chatwin, Alexandra DAVID-NEEL, Jack KEROUAC, Le voyage de Lapérouse, Jacques Cartien, Ibn Batutta, Marco Polo avec son livre des merveilles, Magellan avec le journal de bord de Pigafeta, Les traversées de Christophe colomb, etc..., c'est fascinant à chaque fois, entre le récit, le roman, la description, les moyens de déplacements, etc..., à chaque époque. J'ai une collection de livres de tout ce qui concerne le voyage, c'est impressionnant.
Puis j'ai des cartes routières, d'aujourd'hui et d'hier, avec même celles réalisées par Cassini au 18 ème siécle.
Enfin, comme vous pouvez le voir, j'ai une passion, c'est l'histoire en général, les découvertes, les voyages, les sciences, etc...
Merci de présenter ce livre, que je ne connaissais pas.
amicalemet sic

Écrit par : sic | jeudi, 26 avril 2007

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Ce sont donc de vrais récits de femmes en voyage si je comprends bien ?

Écrit par : elisabeth | jeudi, 26 avril 2007

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Oui, Elisabeth.
Sic: ce qui m'intéresse dans ce livre, ce sont les récits de femme et puis la période
que j'ai étudiée sous un autre point de vue: les récits de voyage (en Orient surtout) des écrivains comme Nerval (surtout) et des peintres comme Delacroix, les descriptions de paysage et le rapport entre description littéraire et la peinture...

Écrit par : Laura | vendredi, 27 avril 2007

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Oui, j'ai vu les dates... c'était donc une découverte complète pour ces femmes car il n'y avait pas la télé, ni le cinéma pour se préparer à ce qu'elles allaient trouver.

Écrit par : elisabeth | vendredi, 27 avril 2007

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Voir aussi Jules Verne, puisqu'on en a parlé, et ses voyages en ballon.

Écrit par : elisabeth | vendredi, 27 avril 2007

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Tres interessant ,j'aimerais aussi le lire
merci laura j'en decouvre des livres grace à toi
bisous

Écrit par : estelle | vendredi, 27 avril 2007

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Contentes mesdames que cette note vous ait intéressée.

Écrit par : Laura | vendredi, 27 avril 2007

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