jeudi, 26 juillet 2007

Cinq thrillers au féminin

L'été noir

 

Rien que des filles ! Découvrez une nouvelle génération de romancières presque inconnues en France qui seront les Patricia Cornwell, PD James et Mo Hayder de demain

 

ALEX BARCLAY,
l'enfant terrible
Dans une autre vie, elle dansait à la porte du Planet Hollywood des Champs-Elysées pour accueillir les clients. Aujourd'hui, elle fait valser les courbes des ventes avec « Darkhouse » ( Michel Lafon, 2006 ), son premier thriller ( 120 000 ex. en France, traduction en quinze langues ) et « Last Call », qui vient de sortir et s'est déjà vendu à 38 000 ex. en France. Née à Dublin en 1974 dans une famille de cinq enfants, Alex Barclay est la fille très dissipée d'un chauffeur de taxi et d'une mère au foyer. A 18 ans, elle entre à la fac pour étudier le journalisme, avant de collaborer à divers magazines. Cette belle Irlandaise n'est pas rousse mais brune, avec de très beaux yeux gris-bleu qui vous transpercent. Elle séjourne actuellement à Paris, où elle aimerait s'installer définitivement. Depuis son adolescence, elle dévore ses auteurs favoris, Tami Hoag, Patricia Cornwell, John Sandford et Minette Walters. De l'écriture de scénarios pour la télé, elle est vite passée à l'écriture de thrillers. Elle se souvient : « C'était un dimanche matin, je me suis levée et j'ai commencé à écrire les trois premiers paragraphes de “ Darkhouse” . Trois mois après , j'envoyais le début à un agent littéraire . Il l'a reçu un vendredi ; le lundi, il décrochait un contrat ! » « Last Call », suite de ce premier roman, est une réussite. On y retrouve l'inspecteur Joe Lucchesi à New York. Il n'a rien d'un superflic : « Je voulais un héros de chair et de sang, quelqu'un qui pourrait être votre voisin de palier, précise Alex Barclay . Je le décris comme un homme que je pourrais aimer. » Il est marié à une Française, Anna, qui, depuis l'agression dont elle a été la victime, va de déprime en déprime. Leur fils, Saun, est un adolescent traumatisé par le meurtre de sa petite amie. Après une année tragique en Irlande, Lucchesi revient à New York, où il est confronté à un serial killer des plus violents : il entre chez ses victimes, les assomme et leur arrache la mâchoire. Avant de succomber, les malheureux ont juste le temps de passer un dernier coup de fil... Au fait, à qui téléphoneriez-vous s'il ne vous restait que quelques minutes à vivre ?
« Last Call », par Alex Barclay, traduit de l'anglais ( Irlande ) par Edith Ochs, Michel Lafon, 320 p ., 21, 90 euros.

KATE MORTON,
Essex blues
Quand Kate Morton, née en Australie en 1977, publie en 2006 son premier livre, « les Brumes de Riverton », la presse unanime crie au chef-d'oeuvre. En l'espace de quelques semaines, 300 000 ex. s'envolent, les éditeurs étrangers s'arrachent les droits de ce roman, qui devient un best-seller. Grace Bradley est une très vieille dame qui finit ses jours dans une maison de retraite de l'Essex. Elle reçoit une lettre d'une jeune femme lui demandant la permission de raconter sa vie au cinéma... Dans les années 1920, au fin fond de l'Essex, la petite Grace est engagée comme domestique au château de Riverton, place que sa mère occupait avant sa naissance. Lors d'une fête, le poète Robert Hunter se suicide sous les yeux des filles de la famille. On baigne dans l'atmosphère feutrée du film « les Vestiges du jour », de James Ivory, avec une belle intrigue en plus.
« Les Brumes de Riverton », par Kate Morton, traduit de l'anglais ( Australie ) par Hélène Collon, Presses de la Cité , 468 p ., 20, 50 euros.

AINO TROSELL,
attention les yeux
Née à Malung ( Suède ) en 1949, exsoudeuse sur des chantiers navals puis assistante sociale, Aino Trosell publie en France « Ne les regarde pas dans les yeux », son deuxième roman. Après l'étonnant « Si le coeur bat encore » ( Balland ), qui a remporté un énorme succès en Suède ( 50 000 ex. vendus et les droits cédés à la France, l'Allemagne, le Danemark, la Finlande et les Pays-Bas ), on retrouve son inénarrable héroïne, Siv Dahlin, qui, après avoir travaillé dans un abattoir de poulets, est maintenant femme de ménage dans un hôtel de luxe perché dans les montagnes suédoises. Les employés sont sur les dents car un congrès sur la défense nationale doit s'y tenir en présence de nombreuses personnalités invitées par le gouvernement. Les morts mystérieuses vont se succéder, et Siv, affligée d'une curiosité maladive et armée de son seul plumeau, se trouve mêlée à l'enquête...
« Ne les regarde pas dans les yeux », par Aino Trosell, traduit du suédois par Philippe Bouquet, Balland, 410 p ., 23 euros.

REGGIE NADELSON,
New York parano
Reggie Nadelson est née il y a une cinquantaine d'années à New York, à Village. Après un diplôme de journaliste à Stanford, elle écrit pour les quotidiens britanniques « The Guardian » et « The Independant » et réalise des documentaires pour la BBC. Après « Sous la menace » ( Le Masque, 2005 ), elle signe ici une nouvelle enquête d'Artie Cohen, un policier pas comme les autres. Juif, né à Moscou, il est « le détective que mérite New York », dit de lui Salman Rushdie, un de ses plus fidèles supporters. La Grosse Pomme est encore sous le coup des attentats du 11-Septembre. La paranoïa, la peur des terroristes, tout se conjugue pour créer une ambiance à couper au couteau. Artie reçoit des appels angoissés d'un de ses amis, Sid, un ancien journaliste. Il dit détenir des informations compromettantes pour certains politiciens véreux et se sent menacé. Mais Artie a mieux à faire : il se marie et néglige de rappeler. On retrouvera Sid battu à mort sur les quais. Un portrait pessimiste de l'Amérique d'aujourd'hui. Magnifique.
« Red Hook », par Reggie Nadelson, traduit de l'américain par Jean Esch, Le Masque, 358 p ., 21, 50 euros.

NINA REVOYR,
L. A. CONFIDENTIAL
Nina Revoyr, née à Tokyo d'une mère japonaise et d'un père américain d'origine polonaise, a grandi au Japon puis à Los Angeles. Jackie Ishida, l'héroïne de « Southland », son deuxième roman paru en France, est une jeune étudiante en droit américano-japonaise qui termine son année scolaire, lorsqu'elle apprend la mort inexpliquée de son grand-père, Frank Sakai. Ce vétéran de la Seconde Guerre mondiale tenait une épicerie dans Crenshaw, un des premiers quartiers multiraciaux de L. A. Exécutrice testamentaire de Frank, elle découvre que quatre ados noirs ont été assassinés dans le magasin durant les émeutes de Watts, en 1965. Ces crimes n'ont jamais été élucidés. Jackie demande à James Lanier, un cousin d'une des victimes, de l'aider à percer le secret de ce massacre. Cette enquête va l'amener à découvrir des secrets de famille pas très reluisants. Une description minutieuse de l'âme d'une ville et de ses habitants en perpétuelle mutation. Bouleversant.
« Southland », par Nina Revoyr, traduit de l'américain par Bruno Boudard, Phébus , 430 p ., 22 euros.



Marie-France Rémond

Le Nouvel Observateur - 2226 - 05/07/2007


Source:http://livres.nouvelobs.com/p2226/a349259.html

Commentaires

J'en connais une qui va se régaler...

Écrit par : Didier | vendredi, 27 juillet 2007

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AH!!!!!! QUI????

Écrit par : Laura | vendredi, 27 juillet 2007

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Moi aussi, elle pourra nous dire celui qu'elle préfère ?

Écrit par : elisabeth | vendredi, 27 juillet 2007

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jE TE LE DIRAIS ELISABETH

Écrit par : Laura | lundi, 30 juillet 2007

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