samedi, 30 janvier 2010

Lu dans la presse hier:65 ans après sa libération, comment préserver le camp d'Auschwitz-Birkenau ?


En présence de Benjamin Nétanyahou, premier ministre israélien, son homologue polonais, Donald Tusk, a appelé à la mobilisation internationale. "Nous savons qu'il est crucial de préserver dans un état intact ce lieu de mémoire, comme cimetière, monument, comme un rappel à la mémoire et une preuve du crime accompli, que certains voudraient nier, a-t-il dit. Nous devons arrêter le processus de destruction des bâtiments, qui intervient avec le temps. C'est pour cela que nous avons créé la Fondation Auschwitz-Birkenau."

En janvier 2009, Donald Tusk avait sollicité une quarantaine de pays afin de réunir 120 millions d'euros dans le but d'assurer la préservation du site. Près de 1,3 million de visiteurs ont franchi, en 2009, le seuil du camp passant sous l'inscription "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre").

L'engagement allemand

Le 16 décembre 2009, au terme d'un accord passé entre le gouvernement fédéral et les Länder, l'Allemagne a accepté de verser 60 millions d'euros. Depuis, d'autres pays, dont la France, se font attendre. D'accord sur le principe, Paris n'a fait aucune annonce sur la somme qui sera versée au fonds.

Mercredi, la France était représentée aux cérémonies par le secrétaire d'Etat chargé des anciens combattants, Hubert Falco. Celui-ci a conduit une délégation d'environ 180 personnes, parmi lesquelles se trouvaient des députés, des survivants, ainsi que des lycéens. Simone Veil et l'historien Serge Klarsfeld étaient aussi présents. "Le président de la République a transmis un message très clair, assure Hubert Falco à propos du fonds. On n'est pas là dans une surenchère. Soyons sérieux. Il faut une démarche collective, européenne, dans laquelle la France prendra toute sa part."

Non loin de là, devant le Pavillon français où les murs ont été couverts de vieilles photos bouleversantes des enfants déportés, Serge Klarsfeld s'étonne. "Ce n'est pas une affaire européenne, à partir du moment où l'Allemagne a déjà donné, dit-il. A moins de l'exclure de cette initiative ou de la faire payer deux fois ! Ça doit se faire Etat par Etat. Chacun se regarde en attendant de se décider. Un chiffre de 5 ou 6 millions d'euros pour la France me semblerait normal." M. Klarsfeld espère une annonce à l'occasion de la visite du premier ministre, François Fillon, au dîner annuel du CRIF, début février.

Piotr Smolar

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