samedi, 01 septembre 2007
Guillaume Colletet (1598-1659), "Amours de Claudine"
Claudine, avec le temps tes grâces passeront,
Ton jeune teint perdra sa pourpre et son ivoire,
Le ciel qui te fit blonde un jour te verra noire,
Et, comme je languis, tes beaux yeux languiront.
Ceux que tu traites mal te persécuteront,
Ils riront de l'orgueil qui t'en fait tant accroire,
Ils n'auront plus d'amour, tu n'auras plus de gloire,
Tu mourras, et mes vers jamais ne périront.
O cruelle à mes vœux ou plutôt à toi-même,
Veux-tu forcer des ans la puissance suprême,
Et te survivre encore au-delà du tombeau ?
Que ta douceur m'oblige à faire ton image
Et les ans douteront qui parut le plus beau,
............Ou mon esprit ou ton visage.
11:29 Écrit par laura dans "Carpe diem", Des poèmes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Guillaume Colletet (1598-1659), "Amours de Claudine" |
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mardi, 14 août 2007
Charles Baudelaire (1821-1867),Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, (1857), "Remords posthume"
Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d'un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse;
Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,
Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,
Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
─ Et le ver rongera ta peau comme un remords.
03:00 Écrit par laura dans "Carpe diem", Charles Baudelaire, Des poèmes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, (1857), "Remords posthume" |
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Pierre Corneille(1606-1684),"Stances à Marquise" (1658)
Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront :
Il saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits :
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis.Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.Vous en avez qu'on adore ;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous.Chez cette race nouvelle
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.Pensez-y, belle Marquise,
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise
Quand il est fait comme moi.Voici la réponse qu'a imaginée Tristan Bernard aux Stances à Marquise de Corneille (reprise par Georges Brassens dans sa mise en musique du poème) :
Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant.http://www.site-magister.com/grouptxt.htm
02:55 Écrit par laura dans "Carpe diem", Des poèmes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Pierre Corneille(1606-1684), "Stances à Marquise" (1658) |
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Le discours du "carpe diem"
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Raymond Queneau (1903-1976),L'instant fatal (1948), "Si tu t'imagines"
Si tu t'imagines
si tu t'imagines
fillette fillette
si tu t'imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures
Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d'émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite
xa va xa va xa va
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures
les beaux jours s'en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s'approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures.
02:05 Écrit par laura dans "Carpe diem", Des poèmes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Raymond Queneau (1903-1976), L'instant fatal (1948), "Si tu t'imagines" |
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Ronsard, Sonnets pour Hélène (1578)
Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
"Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle !"
Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.
Je serai sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
02:05 Écrit par laura dans "Carpe diem", Des poèmes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Ronsard, Sonnets pour Hélène (1578) |
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dimanche, 29 juillet 2007
Le seul regret de Jean-Pierre Elkabbach
Il y a quarante ans, le journaliste croisait une inconnue sans oser l'aborder. Depuis il s'est contraint à ne plus laisser passer sa chance.
02:05 Écrit par laura dans "Carpe diem" | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Le seul regret de Jean-Pierre Elkabbach |
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vendredi, 20 octobre 2006
A Leuconoe, d'après Horace, Ode I,11
Ne cherche pas à savoir, Leuconoé, quelle fin les dieux ont assignée à l'un ou à l'autre. Cette connaissance nous est interdite. N'interroge plus ces nombres magiques venus de Babylone.
11:30 Écrit par laura dans "Carpe diem" | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : cARPE DIEM |
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Le retraite (Méditations poétiques)
Aux bords de ton lac enchanté,
Loin des sots préjugés que l'erreur déifie,
Couvert du bouclier de ta philosophie,
Le temps n'emporte rien de ta félicité ;
Ton matin fut brillant ; et ma jeunesse envie
L'azur calme et serein du beau soir de ta vie !
Ce qu'on appelle nos beaux jours
N'est qu'un éclair brillant dans une nuit d'orage,
Et rien, excepté nos amours,
N'y mérite un regret du sage ;
Mais, que dis-je ? on aime à tout âge :
Ce feu durable et doux, dans l'âme renfermé,
Donne plus de chaleur en jetant moins de flamme ;
C'est le souffle divin dont tout l'homme est formé,
Il ne s'éteint qu'avec son âme.
Etendre son esprit, resserrer ses désirs,
C'est là ce grand secret ignoré du vulgaire :
Tu le connais, ami ; cet heureux coin de terre
Renferme tes amours, tes goûts et tes plaisirs ;
Tes voeux ne passent point ton champêtre domaine,
Mais ton esprit plus vaste étend son horizon,
Et, du monde embrassant la scène,
Le flambeau de l'étude éclaire ta raison.
Tu vois qu'aux bords du Tibre, et du Nil et du Gange,
En tous lieux, en tous temps, sous des masques divers,
L'homme partout est l'homme, et qu'en cet univers,
Dans un ordre éternel tout passe et rien ne change ;
Tu vois les nations s'éclipser tour à tour
Comme les astres dans l'espace,
De mains en mains le sceptre passe,
Chaque peuple a son siècle, et chaque homme a son jour ;
Sujets à cette loi suprême,
Empire, gloire, liberté,
Tout est par le temps emporté,
Le temps emporta les dieux même
De la crédule antiquité,
Et ce que des mortels dans leur orgueil extrême
Osaient nommer la vérité.
Au milieu de ce grand nuage,
Réponds-moi : que fera le sage
Toujours entre le doute et l'erreur combattu ?
Content du peu de jours qu'il saisit au passage,
Il se hâte d'en faire usage
Pour le bonheur et la vertu.
J'ai vu ce sage heureux ; dans ses belles demeures
J'ai goûté l'hospitalité,
A l'ombre du jardin que ses mains ont planté,
Aux doux sons de sa lyre il endormait les heures
En chantant sa félicité.
Soyez touché, grand Dieu, de sa reconnaissance.
Il ne vous lasse point d'un inutile voeu ;
Gardez-lui seulement sa rustique opulence,
Donnez tout à celui qui vous demande peu.
Des doux objets de sa tendresse
Qu'à son riant foyer toujours environné,
Sa femme et ses enfants couronnent sa vieillesse,
Comme de ses fruits mûrs un arbre est couronné.
Que sous l'or des épis ses collines jaunissent ;
Qu'au pied de son rocher son lac soit toujours pur ;
Que de ses beaux jasmins les ombres s'épaississent ;
Que son soleil soit doux, que son ciel soit d'azur,
Et que pour l'étranger toujours ses vins mûrissent.
Pour moi, loin de ce port de la félicité,
Hélas ! par la jeunesse et l'espoir emporté,
Je vais tenter encore et les flots et l'orage ;
Mais, ballotté par l'onde et fatigué du vent,
Au pied de ton rocher sauvage,
Ami, je reviendrai souvent
Rattacher, vers le soir, ma barque à ton rivage.
10:55 Écrit par laura dans "Carpe diem", Alphonse de Lamartine, Des poèmes, Le XIX e siècle | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Lamartine |
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jeudi, 19 octobre 2006
John Milton
02:15 Écrit par laura dans "Carpe diem" | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : John Milton |
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