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Un entretien avec Yves Bonnefoy
«Nous sommes de simples étincelles»
L'un de nos plus grands poètes confie, à l'occasion de la parution de plusieurs recueils, sa dette à Jules Verne, et raconte son engouement de jeunesse pour le surréalisme. Explications
De son bureau du Collège de France, Yves Bonnefoy règle ses affaires courantes, qui sont celles de la poésie. Des contributions (les demandes affluent du monde entier), la réédition de textes, augmentés d'une longue introduction, qui datent de la fin des années 1940 (le magnifique «Cœur-Espace»), un recueil plus récent enfin, «la Longue Chaîne de l'ancre», où, magicien sans tours ni baguette, notre discret professeur transforme en or ce qu'il décrit. Bonnefoy poète majeur? Voici pourquoi.
Le Nouvel Observateur. - Pour commencer, pourquoi préférez-vous, en règle générale, répondre par écrit aux questions des journalistes?
Yves Bonnefoy. - Parce que cela me permet de mieux dire ce que je pense. La simple conversation est trop rapide, elle incite à des idées, à des arguments que l'on a tout prêts dans l'esprit, et c'est aux dépens de ce que révélerait le temps de la réflexion. J'ai l'esprit de l'escalier, comme on dit. Et, de surcroît, je crois comme Cézanne qu'il n'est de vérité que dans la nuance.
N. O. - Vous êtes issu d'un milieu modeste, une famille d'instituteurs, notamment. Pouvez-vous, en quelques mots, nous parler de votre père, qui semble associé, écrivez-vous dans l'introduction au «Traité du pianiste», au souvenir de Jules Verne?
Y. Bonnefoy. - Ma mère était institutrice, fille d'un maître d'école de village, il y avait donc de son côté une certaine habitude de la chose écrite. Mais mon père était un ouvrier, ce qui lui donna, je le crains, le sentiment qu'il n'appartenait pas au même monde et fit qu'il se tint un peu en retrait de la vie familiale, et non sans tristesse. Je le voyais rentrer du travail, silencieux, il me semblait qu'il imaginait que même l'enfant que j'étais ne pourrait parler avec lui. Et c'est pour cela comme en effet je l'ai écrit récemment qu'ont tant compté pour moi «les Enfants du capitaine Grant», le magnifique roman de Jules Verne. Dans ce livre, un père manque. Il a été abandonné sur un rivage désert, aux antipodes, et ses enfants, son fils surtout, veulent le retrouver, mais c'est difficile car les messages qu'il a envoyés ont été brouillés par l'eau de la mer et sont partiellement illisibles. J'ai fait mienne cette situation, j'ai voulu retrouver ce père laissé à son silence, et comme bientôt le mien serait mort, je crois qu'une des raisons que j'ai eues d'écrire, et d'écrire comme je fais, ce fut mon désir de lui donner la parole, de faire qu'il parlerait à travers moi.
N. O. - Vous avez grandi dans un «milieu de peu de livres», livres qui vous ont cependant tôt fait apercevoir, comme vous l'écrivez si joliment, au bord des mots, une «irisation». Pouvez-vous être plus précis? Quels livres vous ont marqué, enfant?
Y. Bonnefoy. - Je ne me plains pas de ne pas avoir grandi dans une maison de beaucoup de livres. C'est vrai qu'il y en avait assez peu chez mes parents, en tout cas qui fussent dignes de ce nom, mais chacun d'eux avait de ce fait même la capacité de déployer librement son être de livre, au sein duquel se découvrait un second niveau dans la parole. Qu'un livre soit seul ou presque à solliciter un enfant, dans l'enfance, et ses mots s'élargiront, s'approfondiront, ils se feront les moyens de rêver à un réel autre que le nôtre ordinaire. C'est une expérience métaphysique que ne permettent pas comme telle, ils ont d'autres soucis, les grands livres de la littérature. J'ai peu lu dans l'enfance, pas une ligne de ses classiques, Alexandre Dumas, par exemple, qui est toujours inconnu de moi; et j'étais content de peu lire, d'en rester avec quelques livres brefs et modestes, que le hasard avait apportés. Peut-être puis-je penser, avec à nouveau le souvenir de mon père, que cette sorte de livre, c'était lui, dans son île là-bas, laissée audehors des cartes. Mais bientôt je lus tout de même la poésie, parce qu'elle aussi laissait pressentir un autre niveau de réalité.
N. O. - Vous publiez, dans «Traité du pianiste», plusieurs écrits anciens, d'influence surréaliste. Un texte notamment, «le Cœur-Espace», que vous avez écrit en 1945, étonne par sa flamme, sa fulgurance. Vous souvenezvous dans quelles circonstances précises vous l'avez écrit?
Y. Bonnefoy. - Oui, c'était la fin de la guerre, la découverte de l'étendue du désastre. Il se faisait évident que le discours social à travers les siècles n'avait guère été qu'iflusionnements et mensonges; et d'autre part j'avais appris d'André Breton et de Max Ernst à mettre en question de façon radicale la réalité quotidienne. L'enthousiasme que vous dites, c'est celui de la table rase. Mais la rénovation du rapport à soi ne se fait pas aussi aisément que l'esprit la rêve, et dans ces pages, quant à moi, je vois surtout surgir des conflits, carences, drames qu'il m'avait fallu traverser dans les années antérieures. Une flamme, une fulgurance? Il est vrai que c'est exaltant d'avoir tant à faire, et aussi je venais de découvrir ce que me cachait le surréalisme, qui veut rêver plus que vivre: à savoir qu'il y a dans les mots un rythme qui peut prendre le pas sur les représentations, les bousculer, et faire apparaître du vrai, dans le désordre. Le rythme pour soulever la vague d'images, changer la vie. Le rythme, ce fut cela ma libération, dans ce «Cœur-Espace».
N. O. - Vous aviez fréquenté les surréalistes. Qu'est-ce qui vous attirait dans ce mouvement? Vous souvenez-vous de vos rencontres avec André Breton?
Y. Bonnefoy. - Ce qui m'attirait dans le surréalisme, c'était ce mot d'ordre rimbaldien, «changer la vie». Mais proclamer ainsi, c'est s'exposer à critique, et nombre de ceux qui vinrent au surréalisme dans ces années d'après-guerre ne pouvaient pas ne pas voir que les façons de vivre de leurs aînés restaient bien en deçà de cette grande exigence. Du mouvement auquel j'avais fait confiance, je retins la lucidité politique du Breton d'entre les deux guerres, et cet instrument, l'image qui rassemble les mots d'une façon quelquefois si neuve que nos représentations en sont désorganisées, avec émergence du réel profond, indéfait. L'image qui fait tomber les clôtures entre l'inconscient et la conscience, comme c'est tellement nécessaire et pourtant si peu souvent pratiqué aujourd'hui encore.
N. O. - Vous publiez donc, au Mercure de France, ce recueil de textes anciens. Diriez-vous que votre poésie, avec les années, s'est rapprochée de l'essentiel?
Y. Bonnefoy. - Qu'est-ce que l'essentiel ? Rester au contact des désirs, des sentiments de l'être qui en nous se sait mortel, une simple étincelle; et, de ce fait, peut reprendre place dans la lumière. Autrement dit se porter en amont du moi, qui ne veut pas de cette sorte de connaissance. Ai-je approché de ce fond que la poésie désigne? Evidemment non. Mais je vois que dans des pages du dernier livre je ne puis m'empêcher de laisser entrer dans ma voix des êtres dont je ne sais rien, hommes et femmes. Et j'ai l'impression de passer au-dessous du plan où le moi opère ses synthèses, et se referme sur soi, c'est-à-dire sur sa chimère.
N. O. - Vous écrivez, dans «la Longue Chaîne de l'ancre»: «L'écriture de poésie? La terre de sous nos pas mais trempée comme après l'orage, creusée par de grandes roues qui ont passé, se sont éloignées. Terre tout ornières dont de brèves lueurs remontent.» Magnifique définition, ancrée dans la terre à un degré extrême. La poésie, c'est plus terre que ciel?
Y. Bonnefoy. - Certes! Puisque c'est un emploi des mots et que chaque mot désigne un aspect ou un élément de la terre, notre lieu. Le ciel n'est qu'un aspect de la terre. Il vaut par ces nuages qui sont par leurs grandes couleurs comme une région de la terre dans le ciel. Ou parce qu'il se reflète dans une flaque. Et il est infini mais les feuilles d'un arbre, c'est un infini de même puissance. Si j'étais un croyant, je placerais mes dieux dans l'arbre, ou le ruisseau, ou un essaim d'abeilles, comme les Grecs. Ou dans le peu d'eau d'une flaque qui s'évapore.
N. O. - Quels sont, parmi les poètes qui n'ont jamais cessé de vous accompagner tout au long de votre vie, ceux pour lesquels vous ressentez une affection particulière?
Y. Bonnefoy. - Ce n'est pas là une question à laquelle je puisse répondre en peu de mots. Mais je relève ce mot, affection, car c'est de cela qu'il s'agit. Les poètes qui comptent, c'est d'abord de l'affection que l'on éprouve pour eux. C'est à partir d'un sentiment de cette sorte, irraisonné, que l'on éprouve le besoin de les mieux connaître et qu'alors on peut s'instruire auprès d'eux. Et on va peut-être me dire que ce n'est pas là la bonne façon d'apprécier une œuvre, parce qu'on s'attache plus à ceux qui souffrent ou qui sont faibles qu'aux forts et aux heureux, qui pourtant écrivent aussi. Mais la poésie n'est précisément pas du côté de ceux qui réussissent. La transgression qu'elle se doit d'accomplir des représentations du monde, ces voiles que nous jetons sur lui, cette transgression passe d'abord au travers de la personne du poète, et ce n'est pas sans le déchirer qu'il avoue cela ou qu'il le cache, qu'il cherche ou non le bonheur, qu'il sache ou non tirer parti de ce que le hasard de la vie propose. Qui j'aime, parmi les poètes? Je saisis l'occasion que vous m'offrez pour avancer une fois de plus le nom de Pierre-Albert Jourdan, dont des pages me bouleversent.
Propos recueillis par Didier Jacob
«La Longue Chaîne de l'ancre», par Yves Bonnefoy, Mercure de France, 170 p., 15 euros. Du même auteur chez le même éditeur, «Traité du pianiste et autres écrits anciens», 200 p., 16,50 euros. Et «le Grand Espace», Galilée, 70 p., 13 euros.
mercredi, 20 août 2008 | Lien permanent | Commentaires (2)
J'ai fini hier soir:”Les planches courbes d'Yves Bonnefoy”
p.11:
"Les rainettes, le soir"
Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur le sable terrestre.(extrait)
cf. dans ma bibliothèque Babelio(en haut de la colonne de droite)
http://www.babelio.com/livres/Bonnefoy-Les-Planches-courb...
Cf. d'autres notes à ce sujet:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/Yves%20bonnefoy
En général, j'aime cette collection "Poésie Gallimard"...
jeudi, 22 janvier 2009 | Lien permanent | Commentaires (3)
J'ai parcouru:Po&sie n°121
Collection : PoésieEditeur : BelinJOHN ASHBERY Paysage / Landscape présenté par Richard RandATTILIO BERTOLUCCI Paysage / Paesaggio, présenté par Martin RueffYVES BONNEFOY Le tombeau de Charles BaudelaireFURIO JESI Rilke et la poétique du rituel, traduit et présenté par Martin RueffSERGE MARGEL Le projet du livre idéalGIACOMO LEOPARDI À Silvia, traduction d’Yves BonnefoyYVES BONNEFOY Le tombeau de Giacomo LeopardiCLAYTON ESHLEMAN À la vitesse du vin, traduit par Chantal BizziniPETER GIZZI Une panique qui peut encore s’emparer de moi, traduit par Pascal PoyetWULF KIRSTEN Scènes de la vie, poèmes traduits et présentés par Stéphane MichaudGABRIELA MELINESCU-COECKELBERGHS Le pouvoir des morts sur les vivants (extraits), traduit par Ed PastenagueRON PADGETT How to Be Perfect (extraits) traduit par Claire Guillot et par Olivier BrossardPARK YI-MUN L’ombre du vide, traduit par Benjamin Joinau et Ahn Seon-hee traduction revue par l’auteurTHEODORE WOROZBYT Aphhttp://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-p...
mardi, 13 mai 2008 | Lien permanent | Commentaires (4)
A quoi sert la poésie ?
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| Anne BRIGAUDEAU Publié le 14/09 à 10:28 |
http://cultureetloisirs.france2.fr/livres/actu/34013551-f...
vendredi, 14 septembre 2007 | Lien permanent | Commentaires (2)
”Deux scènes et notes conjointes”, d'Yves Bonnefoy : une belle leçon de poésie
Deux "notes conjointes", d'une soixantaine de pages, accompagnent et commentent le texte : le contrepoint qu'elles construisent avec le récit fait tout l'intérêt de l'ouvrage. Malgré le feuillet "prière d'insérer" qui fait croire que le livre s'est composé à partir de circonstances éditoriales contingentes, l'ensemble constitue une architecture particulièrement cohérente et nécessaire : les deux balcons se répondent ; le récit et sa mise à distance critique dialoguent parfaitement. Deux scènes est une véritable leçon de poésie, un processus d'écriture qui se donne à lire en acte, une mise à l'épreuve du travail de simplification du rêve revendiqué par Yves Bonnefoy. On pense à Proust : l'écrivain portant sans cesse un regard rétrospectif sur l'entremêlement entre le biographique et l'écriture.
Tout part d'un lieu, la cour d'un palais italien. Le balcon, comme motif architectural, devient le leitmotiv qui structure l'ensemble du texte. C'est aussi une parcelle de territoire resituée dans une cartographie imaginaire et intellectuelle de l'Italie. Mais le balcon rêvé fait également émerger les souvenirs personnels du poète : le petit enfant reste médusé devant le couple parental qui parle une langue inconnue. La scène primitive freudienne est rejouée ici selon une interprétation plus ontologique que psychanalytique : elle éclaire l'origine du choix de la poésie. Le mutisme du témoin de la scène renverrait à une situation de non-sens angoissante à laquelle est confronté le jeune enfant. Et le poète serait justement celui qui endosse le péril d'un exil et d'une inutilité de la langue pour mieux former l'espoir d'une langue réconciliée avec le réel, pour mieux laisser émerger en lui un désir d'être.
C'est alors qu'Yves Bonnefoy écrit de magnifiques pages sur le patois qu'il entendait enfant ; une langue qu'il ne comprenait pas et qu'utilisaient parfois ses parents : "Le son, si on le perçoit ainsi, en amont de toutes les significations, c'est la bêche qui retourne le sol durci du langage, le levier qui peut renverser des mondes." Mais là où le texte est le plus poignant, c'est quand, sur un fil tendu entre récit en rêve, souvenir intime et analyse critique, le poète fait part de ses doutes : et si le travail poétique n'était que chimère, s'il n'était pas en prise avec la réalité humaine et sociale ?
En énonçant ses doutes, Yves Bonnefoy parvient paradoxalement à rétablir une forme de confiance dans un acte poétique capable de faire surgir des pans de réalité, par-delà l'imaginaire et le rêve. Tel est le pari réussi de ce livre, qui assume la plus totale réversibilité entre récit et écriture critique, et qui procède d'une quête poétique à même les rêves.
DEUX SCÈNES ET NOTES CONJOINTES d'Yves Bonnefoy. Galilée, "Lignes fictives", 88 p., 17 €.
vendredi, 20 novembre 2009 | Lien permanent
Prix Kafka 2007
Yves Bonnefoy, 84 ans, s'est rendu à Prague la semaine dernière pour y recevoir le prix Kafka 2007. Créé en 2001, avec pour vocation de récompenser une « création littéraire exceptionnelle d'un auteur contemporain », ce prix a déjà été attribué précédemment à Elfriede Jelinek, Harold Pinter, Philip Roth, Ivan Klima, Peter Nadas, et l'an dernier, Haruki Murakami. Du poète et essayiste français, les éditions Mercure de France s'apprêtent à faire paraître un nouveau recueil de poèmes ainsi que le volume Le traité du pianiste et autres écrits anciens. Tandis que la belle collection Poésie de Gallimard publie en poche sa traduction des Sonnets de Shakespeare. ◆ Na.C.
Source: Télérama
mercredi, 21 novembre 2007 | Lien permanent | Commentaires (1)
André du Bouchet, la terre pour poème
LE MONDE DES LIVRES | 05.05.11 | 12h14 • Mis à jour le 05.05.11 | 13h16
Considéré avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupin comme un poète emblématique de la génération de l'après-guerre, André du Bouchet (1924-2001) incarne la poésie dans sa vivacité inquiète. A l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, les éditions Le Bruit du temps publient deux livres qui rassemblent une grande partie de ses oeuvres de jeunesse. Le premier, Aveuglante ou banale, permet de toucher du doigt la réflexion menée dans les années 1950. Plusieurs centaines de pages traduisent la lecture intensive de Baudelaire, René Char, Francis Ponge. Bel héritage pour un poète qui se cherche en refusant la pose ; triple horizon qui se déploie entre une modernité rebelle et conquérante, une écriture travaillée par la guerre et le parti pris des choses. La poésie lui semble déjà inacceptable, voire immorale si elle ne retient pas "un taux de réalité".
La suite ici:
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/05/05/andre-du-...
jeudi, 05 mai 2011 | Lien permanent
Au musée Granet, lundi 11 octobre, 16 h, Rencontre avec Claude Garache
| La prochaine exposition | |
| Mercredi, 29 Septembre 2010 03:04 | |
![]() "Ferretine", peinture de Claude Garache, 1998. Sous l’égide de l’Association des Amis du musée Granet et de l’œuvre de Cézanne, lundi 11 octobre, à 16 h, dans le grand hall du musée d'Aix-en-Provence, Place Saint-Jean-de-Malte, Rencontre avec Claude Garache, avec la participation d’Alain Madeleine-Perdrillat et de Florian Rodari. Entrée libre et gratuite. Claude Garache est né à Paris en 1929. Il a exposé régulièrement à la galerie Maeght (Paris, Zurich, Barcelone) puis à la galerie Lelong (Paris, Zurich, New York) ainsi que dans beaucoup de villes d’Europe, aux Etats-Unis et au Japon. | |
Son œuvre est représentée dans de nombreuses collections privées et publiques parmi lesquelles le Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, The Museum of Modern Art, New York, la Fondation Maeght, Saint Paul de Vence, le Musée Cantini, Marseille, le Musée Jenish, Vevey, la Bibliothèque Nationale de France, Paris.
Des écrivains comme Yves Bonnefoy, Jacques Dupin, Philippe Jaccottet et Jean Starobinski ont publié des textes à propos de sa peinture. Sa dernière exposition se déroulait en mai 2010 à l’Ecole d’Art de Nîmes. Lundi 11 octobre, à partir de 18 h, vernissage d'une exposition d'huiles sur toile, de gravures et de livres à tirages limités de Claude Garache, Galerie Alain Paire, 30 rue du Puits Neuf, Aix en Provence. Exposition ouverte du mardi au samedi, de 14 h 30 à 18 h 30.
vendredi, 08 octobre 2010 | Lien permanent
Le bleu du ciel
Rire immobile immobile échauffourée
peuple d'instants aux voiles disparues
poitrine soudaine ce jardin d'écume
Bernard Manciet
En 1990, Didier Vergnaud décide de créer une revue de poésie capable de trouver son lecteur de manière efficace.
Il fonde « L'Affiche, revue murale de poésie », exposée dans les bibliothèques, les universités, les écoles, les centres d'arts, et dans la rue. Ceci pour affirmer un accès direct à la lecture, et restituer la création dans l'espace public.
Une page unique va réunir deux entités – un texte littéraire, une proposition plastique – pour former une œuvre nouvelle. « L'Affiche » s'inscrit dans l'histoire des échanges entre l'art et les mots. Elle constitue son propre espace poétique, à la manière d'un tressage, par le croisement de deux versants : le premier qui renvoie à ce qui est donné à voir, l'autre qui signale ce qui est écrit.
Grâce au réseau créé autour de cette expérience éditoriale, d'autres activités se sont développées : édition, production de manifestations, échanges culturels. Le lien entre toutes ces actions se résume dans ce principe : inscrire la diffusion au cœur même de la réflexion qui préside à l'œuvre.
Pour fêter les 80 ans de Michel DeguyGrand Huit : pour fêter les quatre-vingts ans du poète qu’il cherche à être. | |||||||||||||||||||||||
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Le Grand Huit, | |||||||||||||||||||||||
Avec la participation de : | |||||||||||||||||||||||
| Valerio Adami | Yves Charnet | Hédi Kaddour | Catherine Perret | ||||||||||||||||||||
lundi, 26 juillet 2010 | Lien permanent
Lu dans la presse aujourd'hui:”Ballast”, de Jacques Dupin : Jacques Dupin, poète réfractaire
Admirant Michaux, Artaud, Ponge et Reverdy, Dupin publie en 1950 son premier livre, Cendrier du voyage, imprimé par Guy Lévis Mano, avec un avant-propos de René Char et un frontispice d'André Masson. "Tout de suite on a accordé à ses poèmes, écrivait Char, l'importance que l'on aurait justement refusée aux confidences d'un simple mal d'enfance. Jacques Dupin paraît avec un corps bien à lui et une révélation non moins personnelle."
Depuis qu'il a appris auprès de Christian Zervos, aux Cahiers d'art, le métier d'éditeur d'art, Jacques Dupin n'a cessé de travailler avec des peintres et des sculpteurs - Miro, de Staël, Giacometti -, de fréquenter les ateliers, de se nourrir de matière, de couleur (un recueil de textes consacrés à des peintres, Par quelque biais vers quelque bord, est paru au printemps chez POL). Son oeuvre poétique est traversée, comme la peinture de Malevitch, par un "flux d'intensité irradiée".
Réfractaire, douloureuse, vouée à l'inachèvement, la poésie de Jacques Dupin répond à une "injonction silencieuse". De Gravir (Gallimard, 1963) à Coudrier (POL, 2006), l'acte d'écrire est, pour Dupin, une constante remise en jeu, un profond engagement de l'esprit et du corps, "dans une succession nécessaire de ruptures, de dérives, d'embrasements". La poésie : une mise à nu acharnée de la langue, dans son surgissement.
Un premier volume de la collection "Poésie/Gallimard", Le Corps clairvoyant (2000), reprenait trois recueils publiés chez Gallimard : L'Embrasure et Dehors étaient précédés de Gravir : un titre qui désigne à la fois le travail poétique et la marche sur un sentier de montagne. Un second volume en "Poésie/ Gallimard", Ballast, regroupe trois recueils édités chez POL : Contumace, dont "Ballast" est une section, Echancré et Grésil.
On trouve dans le recueil quelques indices biographiques, comme le cri qui bouleversait l'enfant, dans l'enceinte de l'hôpital psychiatrique que dirigeait son père à Privas : "Dès le premier jour de ma vie derrière les barreaux des fenêtres de la folie, une note de lumière." Mais il ne faut surtout pas manquer "Fragmes", une admirable suite de proses qui, au coeur d'Echancré, interrogent l'écriture, obstinément.
"Ecrire sans point d'ancrage, sans point de mire, risque absolu, espace ouvert... précipice de la langue, laconisme de funambule - et le volubilis de la mort qui s'accouple à l'écriture qui s'enroule autour..."
BALLAST de Jacques Dupin. Poésie/Gallimard, 324 p., 7,70 €.
vendredi, 18 décembre 2009 | Lien permanent



















