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Dans ma lecture de ”Mes 66 plus belles poésies”

Mes_66_bellespoesies-a7071.jpg

La carpe


Dans vos viviers, dans vos étangs,
Carpes que vous vivez longtemps !
Est-ce que la mort vous oublie,
Poissons de la mélancolie.

Guillaume  Apollinaire,"Petit bestiaire"

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jeudi, 31 juillet 2008 | Lien permanent | Commentaires (2)

Guillaume Apollinaire

Bienvenue sur le site officiel

Guillaume Apollinaire

coeur_couronne_et_miroir_avec_portrait_d'Apollinaire

http://www.wiu.edu/Apollinaire/

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mardi, 17 janvier 2012 | Lien permanent

Dans ma lecture de”Mes 66 plus belles poésies”

Mes_66_bellespoesies-a7071.jpg

La méduse


Méduses, malheureuses têtes
Aux chevelures violettes
Vous vous plaisez dans la tempête,
Et je m'y plais comme vous faites.

Guillaume Apollinaire,"Petit bestiaire"

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vendredi, 25 juillet 2008 | Lien permanent | Commentaires (2)

Dans ma lecture de”Mes 66 plus belles poésies”

Mes_66_bellespoesies-a7071.jpg

L'écrevisse


Incertitude, ô mes délices
Vous et moi nous nous en allons
Comme s'en vont les écrevisses,
A reculons, à reculons.

Guillaume Apollinaire,"Petit bestiaire"

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vendredi, 18 juillet 2008 | Lien permanent | Commentaires (4)

Extrait des ”Lettres à Lou” de Guillaume Apollinaire

lettres à lou.gif1914. Mobilisation générale. La France est en guerre. Le Polonais Apollinaire fait sa demande de naturalisation pour s'engager auprès des soldats français. L'offensive allemande menace Paris et en attendant l'issue de ses démarches administratives, Apollinaire part pour Nice où résident plusieurs de ses amis. Là, il fait la connaissance d'une jeune femme qui, dès l'abord, le fascine. Elle s'appelle Louise de Coligny-Châtillon. Pour lui, elle sera Lou.
Dès lors, de Nice où ils se sont rencontrés, puis de Nîmes où il a rejoint le 38e régiment d'artillerie et enfin du front où il s'est porté volontaire, Apollinaire se lance dans une folle correspondance. Ces lettres témoignent de son amour pour Lou. Un amour passionné et fulgurant.

Gérard Desarthe donne vie à cette magnifique correspondance. Avec une force et une énergie captivantes, il retranscrit avec justesse et émotion le caractère entier d'Apollinaire, passant de la confiance et de l'enthousiasme à l'abattement total. Instants magiques et troublants.

Extrait à écouter ici:

http://www.ecoutezlire.gallimard.fr/detail.asp?id=48307

 

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jeudi, 06 novembre 2008 | Lien permanent | Commentaires (4)

”Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar ” de Guillaume Apollinaire

medium_les_11000_veges.2.jpgUne suggestion personnelle de lecture érotique:"Les Onze mille verges ou les amours d'un hospodar " de Guillaume Apollinaire

Amazon.fr
Sado, maso, macho, scato… Qu'on y ajoute encore la lubricité, la perversité, le meurtre, l'inceste… et ça donne un livre-culte longtemps interdit, banni, honni. On a l'impression que Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire qui circulaient sous le manteau au début du XXe siècle a concentré en une centaine de pages la totalité des interdits. Sous la forme d'un conte hésitant entre la mode orientaliste et la veine du roman populaire, Apollinaire met en scène les voyages, les rencontres et les amours improbables du prince Vibescu, héritier de l'aristocratie roumaine, se vantant de pouvoir faire l'amour vingt fois de suite. Et s'il n'y parvient pas, que onze mille verges le châtient ! Le moins que l'on puisse dire, c'est que le conte d'Apollinaire a la santé. On s'y emboîte à qui mieux mieux dans tous les sens pourvu que le plaisir dure et finisse par exploser. Des scènes invraisemblables pourront encore heurter un lecteur délicat mais le plaisir très rabelaisien de la chair augmenté d'une prose énergique et claquante comme un coup de fouet ravira les vrais amateurs de contes licencieux. --Denis Gombert

Quatrième de couverture
« Je mets ma fortune et mon amour â vos pieds. Si je vous tenais dans mon lit vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même onze mille verges me châtient si je mens!»

Le prince Vibescu de Bucarest a grand appétit et il paraît qu'à Paris, les femmes ont cuisse légère. Alors sus, à l'abordage ! Juste là de quoi éveiller notre prince qui entend s'ouvrir à de multiples horizons charnels et entreprend un voyage frénétique où toutes les combinaisons sont possibles. Mais attention : qui aime bien châtie bien.

Ce livre circulait sous le manteau au début du siècle et il fut même chuchoté que l'on y trouvait du « Sade accommodé à la sauce rabelaisienne ».

Source:Amazon.fr

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lundi, 01 janvier 2007 | Lien permanent | Commentaires (2)

”Les Dessins de Guillaume Apollinaire” : Apollinaire en couleurs

LE MONDE DES LIVRES | 11.12.08 | 12h43  •  Mis à jour le 11.12.08 | 12h43

apollinaire.jpgC'est en août 1914 qu'Apollinaire, influencé par le futurisme et le cubisme, lance une souscription pour faire paraître, à tirage limité, un ensemble d'"idéogrammes lyriques et coloriés" sous le titre Et moi aussi je suis peintre. Cette publication originale aurait dû inaugurer les activités éditoriales des Soirées de Paris, revue dont le poète avait pris la direction quelques mois plus tôt. La guerre empêchera ce projet de se réaliser. Mais, en même temps, elle donnera à celui-ci une autre ampleur et perspective. A l'issue des quatre années terribles, ce sera le fameux recueil des "Poèmes de la paix et de la guerre", Calligrammes, qui paraîtra en avril 1918, quelques mois avant la mort de Guillaume Apollinaire, le 9 novembre.

Claude Debon, l'une des meilleures spécialistes du poète, propose une étude génétique complète de chacun des poèmes de Calligrammes. L'ouvrage, savant et rigoureux, rend notamment justice à l'audacieuse et très moderne démarche poétique d'Apollinaire. Souvent mal compris, il fut soupçonné de complaisance guerrière et d'esthétisme déplacé.

Mais la transposition visuelle de l'inspiration ne se limite pas aux seules pages des Calligrammes. Toute sa vie, Apollinaire a dessiné, colorié... Comme l'écrit la même Claude Debon, dans un très beau cahier spécial de la revue dirigée par Frédéric Pajak, Les Cahiers dessinés, "les dessins d'Apollinaire, à plus d'un titre, servent à mieux pénétrer dans son oeuvre. Plus immédiats que les mots (...), ils expriment autrement, mais plus directement, les affects qui sont en jeu dans l'écriture. Les grimaces des humains, la dislocation et le morcellement de leur corps, la grâce des animaux, la juxtaposition d'objets disparates, les paysages rêvés, sont autant de motifs qui entrent en résonance avec l'univers du mal-aimé..."

"On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte", affirmait, en 1917, l'auteur d'Alcools. Plus immédiatement que dans ses écrits, la liberté et l'immense capacité d'être séduit, amusé ou ému, par le spectacle du monde est manifeste dans le moindre dessin d'Apollinaire. Et cela dès ses "Cahiers de jeunesse". D'ailleurs, c'est sur la même page, avec la même plume que l'ami de Picasso écrit, griffonne, dessine... Les marges, les blancs, se couvrent de figures, tandis que les mots et les phrases continuent à se former. Les lettres notamment, celles qu'il adresse à Lou, à Madeleine (avec les très lestes "Poèmes secrets") ou encore à la jeune Mireille Havet, s'enrichissent comme naturellement de représentations, visages, bestiaires ou paysages.

Souvent présente, mais jamais complaisamment méchante, la veine caricaturale n'est pas la seule à s'exprimer. L'autodérision se fait jeu de masques. A propos du "Cahier de Stavelot", datant des années 1899 à l'époque où il séjourne en Belgique et en Allemagne, Peter Read, coauteur de l'ouvrage, souligne que, "sous la plume du poète se multiplient les visages et les expressions, car l'étonnante diversité humaine le fascine autant que la grâce des formes féminines, autre préoccupation pressante".


FORMES EN MAJESTÉ


Blessé à la tête par un éclat d'obus en mars 1916 et hospitalisé à Paris, Apollinaire se met au pastel et à l'aquarelle. Même si l'écriture reste présente, animant les figures conformément à une esthétique moderniste, c'est la couleur ici et les formes en majesté qui donnent aux oeuvres leur élan et leur liberté. "La grande force est le désir", affirmait l'ami de tous les arts : les portraits, ou autoportraits, comme ce Maréchal des Logis au masque d'Espérance ou la masse rouge, liquide et inquiétante du Cavalier masqué et blessé, témoignent admirablement de cette force. De même la belle aquarelle érotique sur un fond de mer bleu, titrée d'une manière cocasse et pertinente : "Ce qu'on peut s'amuser avec les nombres astronomiques !!!"

Homme de désir, de tous les désirs, Guillaume Apollinaire chantait son ignorance dans "Les Fiançailles" : "... Je ne sais plus rien et j'aime uniquement."

Les dessins, qui ne cherchent pas à s'élever au rang d'oeuvres, qui tâtonnent, s'amusent, ironisent à ses marges, vont dans le sens de cette ignorance amoureuse. Comme en regard de celle-ci, sur l'autre plateau de la balance, le poids du savoir douloureux et mortel de la guerre - expérience majeure qui emporte la vie et l'énergie de Guillaume.

Le petit "carnet de tir" manuscrit du canonnier Apollinaire datant de 1915, reproduit en fac-similé dans la collection "L'Originale", associe l'amour et la guerre. Ces minces feuillets, que présente Jean-Jacques Lebel, appartiennent au corpus des Lettres à Madeleine. Du coton dans les oreilles : dérisoire protection contre le bruit de la mitraille et des bombardements. D'ailleurs, à la fin, elle devient inutile : "La balle qui froisse le silence/Les projectiles d'artillerie qui glissent/comme un fleuve aérien/Ne mettez plus de coton dans les oreilles/ça ne vaut plus la peine."


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"CALLIGRAMMES" DANS TOUS SES ÉTATS, édition critique du recueil de Guillaume Apollinaire par Claude Debon. Ed. Calliopées - www.calliopees.fr -, 384 p., 58 €.

LES DESSINS DE GUILLAUME APOLLINAIRE, choix et présentation de Claude Debon et Peter Read. Buchet-Chastel, "Les Cahiers dessinés", 160 p., 39,50 €.

DU COTON DANS LES OREILLES DE GUILLAUME APOLLINAIRE, édition présentée par Jean-Jacques Lebel. Ed. de L'IMEC, "L'Original", 56 p., 12 €.

Patrick Kéchichian

http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/12/11/les-dessi...

Autre article sur ce livre lu dans la presse le 11/12/2008:

http://www.lefigaro.fr/livres/2008/12/11/03005-20081211AR...

Mes autres notes sur Apollinaire:


http://www.lauravanel-coytte.com/search/apollinaire

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jeudi, 11 décembre 2008 | Lien permanent | Commentaires (2)

”La tzigane” de Guillaume Apollinaire

La Tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Nous lui dîmes adieu et puis
De ce puits sortit l'Esperance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Avé

On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
À ce qu'a prédit la tzigane

http://www.toutelapoesie.com/poemes/apollinaire/la_tzigan...

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dimanche, 10 décembre 2006 | Lien permanent | Commentaires (2)

Peintres et poètes sous les obus

Apollinaire, lui-même dessinateur et peintre à ses heures, fut l'ami, l'allié militant des artistes qui vont révolutionner l'art moderne à la veille de la Grande Guerre. Ses frères sont Derain, Picasso, Braque, Delaunay… Un bataillon de génies. Et c'est la correspondance que le poète entretient avec eux jusqu'à sa mort qui vient d'être éditée. Laurence Campa et Peter Read ont fourni un travail minutieux, nourri de notices biographiques et de commentaires éclairants qui restituent toute l'atmosphère et les enjeux esthétiques d'une époque.

Bien sûr, les lettres phares émergent d'une foule de billets de circonstance. Cela va de : « Chez Luce la botte de navets coûte 1 f 20 » jusqu'à des textes qui constituent de véritables manifestes cubistes, futuristes, simultanéistes. La grande ombre héroïque et macabre de la guerre plane sur cette poussière d'invitations à dîner, de calculs, de protestations d'amitié, de sollicitations, de commandes, de tractations. Le versant matériel double le versant spirituel. La vie d'artiste.

Les lettres du front que s'envoient Derain, Braque et Apollinaire sont bouleversantes. Apollinaire écrit : « Je vis complètement avec mes hommes, braves ouvriers des régions envahies », « j'attends le grog à la gnole qui nous réchauffe dans les tranchées », « l'ombre est douce sur la neige ». C'est, avec Rimbaud et Hugo, le plus grand poète français. Il est en première ligne sous les obus. Et Derain lui répond que ses amis meurent autour de lui. Apollinaire partage la même intimité terrible avec Braque. Quelques kilomètres de front les séparent. Tous deux viennent d'enterrer l'impressionnisme au profit du cubisme. Apollinaire a rédigé la préface du catalogue de la première exposition du peintre organisée par Kahnweiler. Le soldat Braque écrit au poète : « Mon cher ami, je vous serre fraternellement les mains dans les tranchées. Vive la France. » Quelle noblesse !

Dans un style plus familier, la correspondance avec le dessinateur André Rouveyre est une merveille d'amitié spontanée. Les deux hommes échangent lettres, dessins, foule de poèmes. Les chefs-d'œuvre croisent la trajectoire des balles. Autre longue missive magnifique des tranchées qu'Apollinaire adresse au peintre Alberto Magnelli. C'est un écho des sublimes lettres à Lou. Cette alchimie inouïe d'Éros et de tuerie.

Avant Lou et la guerre, il y a eu la passion pour Marie Laurencin. Il écrivait : «Je baise vos mains habiles.» Elle répondait : «Aime ta zozo, ta petite fille, ta môme.» C'étaient des galanteries de temps de paix… Bien sûr, des bisbilles éclatent entre le poète et ses peintres. Le Douanier Rousseau entreprend un double portrait de Marie et de Guillaume, mais il ne peut plus payer le marchand de couleurs. Apollinaire lui déclare que l'idée du tableau n'est pas venue de lui et qu'il n'a pas d'argent ! On n'est pas grandiose tout le temps ! Fernand Léger envoie à Apollinaire une requête pour figurer au niveau de Delaunay dans ses Méditations esthétiques, car le poète est aussi le critique d'art influent de L'Intransigeant. Les chapelles se chamaillent sur la pertinence des qualificatifs de « cubiste », de « futuriste » attribués à tel ou tel. Chirico, moins suscep­tible, écrit au poète une lettre très belle sur la nuit qui semble le résumé de ses tableaux magnétiques et surnaturels : « Et chaque nuit le rêve, à l'heure la plus profonde du repos, nous montre le passé égal au futur, le souvenir se mêlant à la prophétie en un hymen mystérieux. » Voilà la grande beauté retrouvée.

«CORRESPONDANCE AVEC LES ARTISTES (1903-1918)» de Guillaume Apollinaire, édition établie, présentée et annotée par Laurence Campa et Peter Read, Gallimard, 960 p., 35 €.

http://www.lefigaro.fr/livres/2009/12/10/03005-20091210AR...

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vendredi, 16 avril 2010 | Lien permanent

Guillaume Apollinaire, Correspondance avec les artistes

Apollinaire_Correspondance_avec_les_artistes.gifPar Olivier Plat

 

 

La foisonnante correspondance d’Apollinaire avec les artistes de son temps témoigne de l’extraordinaire effervescence créatrice qui règne dans le Paris cosmopolite de la Belle époque. Paris, capitale des arts, n’a peut-être jamais mieux porté son nom. Lettres, cartons, billets, télégrammes, cartes postales, affluent de toutes parts, traversant les rues, les fleuves et les mers vers Apollinaire, l’ami, le poète, le critique d’art, et le passeur.

De sa fréquentation des ateliers, galeries et cafés d’où naîtront ses premières amitiés artistiques parisiennes, le « flâneur des deux rives » se laisse guider par ses intuitions, ses goûts et ses rencontres. Derain et Vlaminck, les premiers adeptes du fauvisme, lui font découvrir « l’art nègre », Picasso sur lequel il va publier un premier texte important sur le Malaguène dans « La Plume » en 1905, l’introduit dans le cercle du « bateau lavoir » de la rue Ravignan, Matisse dont il ne cessera de marteler le nom Salon après Salon, le Douanier Rousseau dont il contribuera à bâtir la légende, la jeune peinture russe du Salon d’automne de 1906, Gontcharova, Larionov, Chagall, Kandisky... En 1910, Apollinaire, dont les articles étaient jusque-là disséminés dans des revues à l’audience quelque peu confidentielle, est chargé d’une chronique artistique au quotidien L’Intransigeant et officialise en quelque sorte son statut de critique d’art. Ses relations vont se multiplier et le nombre de ses correspondants s’accroître et former un réseau de dimension internationale. Certaines lettres sont dictées par l’intérêt ou les convenances, d’autres mues par la sympathie, l’amour ou l’admiration. La correspondance reflète ce pouvoir du critique d’art à une époque où la presse écrite imprègne encore fortement les esprits. On sollicite le chroniqueur des Salons, « ces grandes foires de l’art » qu’évoquait Rimbaud dans ses Illuminations, et des innombrables autres expositions collectives et particulières. Dès lors, Apollinaire soucieux de ménager la susceptibilité des artistes, est parfois amené à se montrer trop conciliant, comme semble l’indiquer cette lettre à Soffici du 11 décembre 1911 : « Pour moi voilà les noms des personnalités les plus marquantes dans la jeune peinture contemporaine. Je ne l’écrirai pas dans un article en ce moment mais je le pense : Derain ; Dufy (pour les petites choses) ; Marie Laurencin ; Matisse ; Picasso. »
Cela ne l’empêchera pas en 1913, alors qu’il publie Les Peintres cubistes, méditations esthétiques, d’évoquer la mort du cubisme, menacé d’un nouvel académisme qui réduirait la peinture à une application de recettes. Mondrian, Delaunay, Picabia, Duchamp et Larionov, en précurseurs de la peinture abstraite, lui semblent explorer des voies nouvelles qu’il baptisera du nom d’orphisme. L’amitié et la reconnaissance des jeunes peintres dont il se fait l’ardent défenseur lui vaut de constituer une collection unique dans l’art moderne du XXème siècle. Au 202 boulevard Saint-Germain, des toiles de Picasso, Derain, Larionov, Gontcharova, Chirico, Marie Laurencin, Braque, Matisse, Delaunay, voisinent avec nombre de fétiches africains ou polynésiens. Certains peintres se feront illustrateurs de ses recueils poétiques : en 1908 L’Enchanteur pourrissant paraît avec des bois de Derain, et en 1911 Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée est illustré par des bois de Dufy. En 1914, une polémique à propos des peintres Ottmann et Delaunay est prétexte à l’éviction par le directeur du journal L’Intransigeant du poète dont les positions avant-gardistes sur l’art irritent de nombreux lecteurs. De mai à août 1914, Apollinaire retrouvera une place de chroniqueur artistique à Paris-Journal.
L’entrée en guerre va faire éclater la constellation d’artistes rassemblés dans la capitale. Certains quittent la France, mais la plupart, à l’exemple d’Apollinaire, s’engagent résolument dans le combat. Les correspondants dispersés se cherchent, échangent des adresses, demandent des nouvelles. Le ton des lettres se fait plus intime, plus familier, plus intense aussi. « La guerre est dangereuse et fastidieuse mais personnellement je ne m’y ennuie pas ou du moins l’ennui est tellement fort qu’il devient un art, un plaisir. » écrit Apollinaire le 14 mars 1916, trois jours avant d’être blessé à la tempe en contrebas du Chemin des Dames. À son ami Max Jacob, « Kostro » brosse un tableau saisissant de Reims sous les bombardements qui n’est pas sans faire penser au Paris halluciné d’Une féérie pour une autre fois de Céline : « Dans un grand bazar quelque chose comme La Samaritaine les vendeuses impassibles parmi les obus qui sifflaient qui brisaient les verres qui y servent de toit et tuaient, enfin tuaient... Ces jeunes filles pelotées sous les obus, bizarre image, leurs terreurs et leurs ardeurs. C’était si bizarre... »
Par une de ces curieuses coïncidences, il sera trépané au moment de la parution du recueil de contes, Le Poète assassiné dont la couverture illustrée par Capiello, représente un cavalier ensanglanté. Au sortir de la guerre, Apollinaire ne dispose plus d’une tribune dans les quotidiens, mais il continue de collaborer aux revues SIC que dirige Albert Birot ou Nord-Sud, animée par Reverdy. Il invente le néologisme « surréalisme » à propos du ballet Parade, et quelques semaines plus tard, lors de la présentation de sa pièce Les mamelles de Tirésias. En janvier 1918, il rédige la préface de l’exposition conjointe Matisse - Picasso, peintres qu’il n’a cessé de défendre.
Il meurt le 9 novembre de la même année, quelques mois après son mariage avec Jacqueline Kolb, la « jolie rousse », emporté par la grippe espagnole. Parmi les échanges les plus inspirés de cette correspondance, il faut signaler les lettres d’Apollinaire à Marie Laurencin, la Muse du « Pont Mirabeau », ainsi que celles à André Rouveyre, écrites souvent sous forme de poèmes, que le poète envisageait de publier peu de temps avant sa mort, accompagnées de lithographies de l’artiste.

Guillaume Apollinaire
Correspondance avec les artistes 1903-1918
Édition établie, présentée et annotée par Laurence Campa et Peter Read.
Éd. Gallimard, Collection Blanche, 26 novembre 2009, xxx pages. 35 €
Avec le soutien de la Fondation La Poste

http://www.fondationlaposte.org/article.php3?id_article=1...

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jeudi, 19 novembre 2009 | Lien permanent

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