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Picasso et le cirque
Les liens que Picasso a entretenus avec le monde du cirque ont été très fréquents tout au long de sa carrière. Dans la Barcelone du tournant du XIXe siècle, Picasso va voir les cirques de passage dans la ville, bien qu'il ne reste aucune trace de ce moment dans son œuvre. Plus tard, les cirques ambulants des boulevards de Paris deviendront un lieu de rendez-vous habituel pour le jeune Picasso et ses amis lors de leurs premiers séjours dans cette ville. C'est à la fin de l'année 1904 et en 1905 que le cirque – le Medrano est un point de référence dans sa vie et dans son œuvre – s'érige le thème central de ses compositions de l'époque. L'artiste crée une scène fictive où des acrobates et des équilibristes – qui apparaisent déjà dans la tradition littéraire et picturale du romantisme pour symboliser la solitude et la souffrance humaine – jouent des rôles de la vie quotidienne, expriment leurs problèmes personnels, leur solitude et l'incompréhension à laquelle leurs sentiments sont en butte. Les scènes de famille où les saltimbanques et les arlequins deviennent les véritables protagonistes de cette période sont l'héritage des groupes familiaux qui ont leurs racines dans la période bleue. Ces compositions seront à l'origine d'un grand tableau auquel Picasso pensait depuis longtemps, La Famille de saltimbanques, réalisé en 1905. Comme le Minotaure le sera dans les années 1930, l'Arlequin devient l'alter ego de l'artiste. Ce personnage, qui renvoie aux personnages marginaux de la période bleue, sera le véritable héros de ce que l'on appelait la période rose.
Pendant les années du cubisme, la famille d'Arlequin réapparaît de façon isolée dans un ensemble d'huiles réalisées en 1909. On la distingue en arrière-plan dans la nature morte Pains et compotier aux fruits sur une table. La disposition des éléments de ce tableau renvoie à une composition précédente, Carnaval au bistrot, dont les personnages font l'objet d'une métamorphose qui a pour résultat les différents éléments composant la nature morte en question. En 1915, Picasso effectue une série de recherches où il poursuit son analyse de la représentation d'Arlequin. Elle aboutissent au tableau Arlequin, propriété du Museum of Modern Art de New York, qu'accompagne toute une série d'aquarelles et qui, selon l'artiste lui-même, constitue le couronnement de son interprétation d'Arlequin. Ce genre d'exercice intensif se répétera deux ans plus tard à l'occasion de Parade, sa première et très audacieuse collaboration théâtrale. La recréation de la vie d'une baraque foraine sera prétexte à une série d'expérimentations plastiques. De cette façon, les acquis cubistes alterneront avec un naturalisme qui annonce le classicisme monumental qu'il développera au cours des années suivantes et où le personnage d'Arlequin continuera d'occuper une place centrale.
A partir de 1920, le thème de Pierrot et Arlequin revient en force et, faisant le lien avec les personnages de 1917, on voit apparaître les deux grandes versions décisives des Trois musiciens – où l'artiste se représente à nouveau en Arlequin – qui constituent un splendie aboutissement des influences issues de son voyage en Italie.
Les cinq magnifiques portraits monumentaux du peintre Jacint Salvadó, toujours représenté en Arlequin, réalisés en 1923, constituent une autre preuve de l'intérêt de Picasso pour la Commedia dell'Arte et de la trace qu'elle a laissée chez lui.
Dans les années 1930, la personnalité du Minotaure, auquel l'artiste s'identifie au point d'en faire aussi son alter ego, supplante progressivement celle d'Arlequin pour finir par recueillir sa dépouille dans un dessin symbolique : La Dépouille du Minotaure en costume d'Arlequin.
La trace du monde du cirque reste présente tout au long de sa vie. Dans ses dernières œuvres, le spectacle du cirque prend une importance particulière et l'artiste exorcise les numéros de cirque de sa jeunesse. Les amazones et les clowns resurgissent dans un exercice riche et varié où son œuvre défie l'inexorable fugacité de la vie. Picasso n'hésite pas à se laisser photographier à de nombreuses reprises sous les traits d'un clown, symbole de sa personnalité à la fois triste et héroïque. Ses amis photographes, David Douglas Duncan, André Villiers et Edward Quinn, nous en ont laissé de magnifiques témoignages.
http://www.gianadda.ch/wq_pages/fr/expositions/picasso-et...
mardi, 28 octobre 2008 | Lien permanent
Toulouse-Lautrec au cirque:Ours savant(1899)
http://www.toulouselautrec.free.fr/dessins3.htm#
"Les chevaux courent même dans les marges de ses cahiers de classe, car Lautrec a hérité de ses ancêtres, les comtes de Toulouse, l'amour du cheval."
Pour voir d'autres notes sur Toulouse-Lautrec:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/toulouse%20lautre...
dont une est répartoriée dans Google:
http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/08/11/je-vi...
et Paperblog:
http://www.paperblog.fr/976685/je-viens-d-admirer-les-des...
Pour voir ce livre dans ma bibliothèque Babelio:
http://www.babelio.com/livres/-Au-cirque-trente-neuf-dess...
et voir la catégorie "Représentation des bohémiens dans l'art et la littérature" dans laquelle cette note s'insère aussi:
http://www.lauravanel-coytte.com/la_representation_des_bo...
Parce que cette note n'est pas une citation hors contexte mais une partie d'un tout.
Pour ce ceux qui ne s'intéressent pas à "ce(ux) que j'aime" et ne s'intéressent qu'à "ce que j'écris", il faut aller voir la dernière note de ce jour... ou attendre demain matin.
mardi, 03 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (3)
Toulouse-Lautrec,Au Cirque : clownesse (Le salut), 1899, Craie noire, crayons de couleurs et crayon noir sur papier, 35.
mercredi, 19 novembre 2008 | Lien permanent | Commentaires (2)
Toulouse-Lautrec:Ecuyère à cru(1899)
mardi, 28 octobre 2008 | Lien permanent | Commentaires (2)
”La documentation par l'image ” de février 2011
Les arts du cirque
La découverte des arts du cirque (histoire, disciplines, genres esthétiques...) s’intègre dans l’enseignement transversal de l’histoire des arts. La pratique du cirque s’inscrit quant à elle dans le programme d’EPS (acrobatie, jonglage, gymnastique sportive et dansée), celui de français (expression orale liée à l’art clownesque) et celui d’éducation artistique (maquillage, fabrication de costumes et de décors, musique). Enfin, les valeurs transmises par la pratique du cirque (estime de soi, cohésion du groupe, entraide…) participent pleinement aux apprentissages d’éducation civique.
Ce dossier vous propose un parcours pédagogique à travers l’histoire du cirque, l’évolution de ses formes et de ses disciplines.
mardi, 22 février 2011 | Lien permanent
Cirque de Navacelles(Pour Elisabeth)
Pour en savoir plus, allez voir le blog de mon amie Elisabeth:
http://nordetsud.hautetfort.com/archive/2008/10/05/le-cir...
samedi, 03 septembre 2011 | Lien permanent
Notes précédentes sur ces sujets
Aix:http://www.lauravanel-coytte.com/search/aix-en%20provence
Cézanne:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/cézanne
Chagall:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/chagall
La représentation des bohémiens:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/bohémiens
et notamment le cirque:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/cirque
Fernand Léger:
http://www.lauravanel-coytte.com/search/fernand%20léger
samedi, 11 février 2012 | Lien permanent
En piste ! Toulouse-Lautrec et le cirque au Musée d'Albi jusqu'au 26 novembre 2006
H. Toulouse-Lautrec, Au cirque, travail sur le panneau
© Musée Toulouse-Lautrec Albi Tous droits réservés.
Thème récurrent, le cirque fait partie de l'univers d'Henri de Toulouse-Lautrec dès son enfance. La figure de l'écuyère, de l'acrobate, le numéro du clown, comme les prouesses équestres, le fascinent et lui inspirent de nombreuses oeuvres. Une présentation de l'ensemble des 39 dessins réalisés sur ce sujet mettra en évidence l'attirance de l'artiste pour le monde circassien.
vendredi, 20 octobre 2006 | Lien permanent | Commentaires (2)
Nous avons aimé samedi 28 janvier :Mais quel cirque!
Mais quel cirque!
Léger au pays des cercles en action
samedi 3 décembre 2011-lundi 5 mars 2012
Planche lithographique page 22 de l'album Cirque, 1950
© ADAGP, Paris 2011
Allez au cirque. Rien n’est aussi rond que le cirque. C’est une énorme cuvette dans laquelle se développent des formes circulaires. Ça n’arrête pas, tout s’enchaîne. La piste domine, commande, absorbe. Le public est le décor mobile, il bouge avec l’action sur la piste. Les figures s’élèvent, s’abaissent, crient, rient. Le cheval tourne, l’acrobate bouge, l’ours passe dans son cerceau et le jongleur lance ses anneaux dans l’espace […]. Allez au cirque. Vous quittez vos rectangles, vos fenêtres géométriques et vous allez au pays des cercles en action.
Fernand Léger, Cirque, éditions Verve, 1950
Léger et Tériade
Cirque est le chef-d'oeuvre gravé de Léger, entièrement réalisé par l'artiste en 1950 à la demande de Tériade, l'un des plus grands éditeurs d'art du XXe siècle. Après Divertissement de Rouault en 1943 et Jazz de Matisse en 1947 et avant Cirque de Chagall en 1967, il s'agit du troisième livre sur ce thème commandé par les éditions Verve à des plasticiens. Il fait suite à plusieurs ouvrages illustrés par Léger mais dont le texte était écrit par un autre (Cendrars, Malraux, Eluard ...).
Entièrement réalisé par l'artiste, le livre est constitué de 113 pages tirées par Mourlot frères, célèbres lithographes parisiens. L'ouvrage compte une couverture illustrée en couleur sur une face et en noir sur l'autre, un frontispice en couleur, quatre illustrations en couleur sur double page, 26 illustrations en couleur à pleine page, une illustration en couleur dans le texte, deux illustrations en noir sur double page, 21 illustrations en noir en pleine page et 26 pages ornées de dessins. Le texte a été écrit à la plume. Les gouaches aux vives couleurs et les dessins puissants en noir et blanc font revivre avec spontanéité les souvenirs d'enfance à Argentan et du cirque Medrano à Paris.
Léger écrit le texte après avoir achevé les illustrations. Reprenant la méthode de son ami Cendrars, il utilise des phrases prélevées dans ses écrits antérieurs et les réassemble par collage dans une logique proche du montage cinématograhique. Dans certaines illustrations, ces contrastes sont accentués par la dissociation entre la ligne et la couleur. Ce nouveau procédé rappelle le récent séjour américain de l'artiste durant lequel il fut marqué par la violence intermittente des lumières nocturnes de Broadway. Le ton n'est jamais doctoral mais reflète, au contraire, avec simplicité et clairvoyance les sensations ressenties par l'artiste lors de ses pérégrinations à travers la campagne et autour de la piste. La pensée de l'artiste tournoie ainsi de l'extérieur vers l'intérieur du chapiteau, reliant les souvenirs de jeunesse à son expérience du monde contemporain.
Léger et le cirque : une métaphore du monde moderne
Passés les rideaux rouges, vous entrez sur la piste. Fernand Léger invite à voyager « au pays des cercles en action » où les costumes éclatant de mille feux sous les projecteurs, la dynamique des numéros qui se succèdent dans un tintamarre de sons sans lien narratif, la piste sphérique traversée par les corps souples des acrobates enchantent le peintre qui y décèle une image emblématique du grand spectacle de la vie moderne. Chez Léger, les personnages du cirque voyagent d’un tableau à l’autre au même titre que les motifs de cordes, de barres, d’haltères, d’échelles ou de ballons qui parsèment sa production depuis Le cirque Medrano (1918, Musée national d'art moderne) jusqu'aux grands tableaux des dernières années tels Les Constructeurs ou Les Loisirs.
En tournant les pages de Cirque, le lecteur prend conscience d'une relation nouvelle qui s'établit entre l'Homme et la nature à travers la modification tant des paysages que de notre rapport au corps. Par le dialogue entre le texte et l'image qu'il permet, le livre constitue ainsi pour l'artiste un outil adéquat afin de générer des sensations fortes, aptes à bouleverser le lecteur tout en modifiant son regard sur le monde et sa capacité à agir. En cela, les recherches de Léger sur l'univers des saltimbanques font de Cirque un testament artistique, magnifiquement accompagné par la dernière série des Parades peintes avant le décès brutal de l’artiste en 1955.
Dans l'exposition, la mise en vue intégrale des pages de l'album permet d'explorer ce thème fondateur chez Léger. En complément, une sélection d'œuvres et de documents issus de la collection du musée et de prêts (Musée national d’art moderne, galerie Leiris, collection Alain Frère ...) évoque la permanence du thème du cirque chez l'artiste depuis 1918. Enfin un espace documentaire contextualise l'importance de ce sujet dans l'imaginaire des artistes modernes et la relation d'amitié entre Tériade et Léger qui aboutit à la commande du livre.
Visite de l'exposition par "les visiteurs du samedi", samedi 14 janvier 2012, 14h30 renseignements
catalogue en ligne exposition cirque
Communiqué de presse cirque général
Communiqué de presse cirque Chagall
site d'Alain Frère : www.museeducirquealainfrere.com
http://www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/fleger/expo...
samedi, 11 février 2012 | Lien permanent
Mais quel cirque!


Sans titre, 1955
collection particulière
© ADAGP, Paris 2011
Le premier travail sur le cirque proprement dit est produit par Chagall à la demande de Vollard en 1926-1927, au moment où il réalise Les Fables de La Fontaine, également pour le grand marchand. Une série de gouaches, regroupées sous l’appellation « Cirque Vollard » atteste de ce projet qui finalement ne sera pas mené à terme. Chagall cependant en tire, entre 1927 et 1935, plusieurs tableaux sur ce thème. Vollard avait en effet avant-guerre une loge au Cirque d’Hiver, qu’il mettait à la disposition des artistes qui travaillaient pour lui, dont Chagall bien sûr, mais aussi Léger et Picasso. Le spectacle du cirque chez Chagall réveille les souvenirs de jeunesse autour des saltimbanques, musiciens et violonistes qui accompagnaient les événements rituels et familiaux des Juifs de Vitebsk, sa ville natale. Des liens existent évidemment entre le hassidisme et les pratiques du cirque : les prières passent aussi par le corps, exprimées dans la danse, la musique et même les acrobaties. Déjà cette atmosphère où se mêle le sacré au profane était sensible sur le décor du Théâtre juif de Moscou, en 1920, dans le détail des trois acrobates du grand panneau central et dans le panneau de La Danse.
En 1955, assistant au tournage d’un film sur le cirque, toujours au Cirque d’hiver, l’artiste retourne à ce thème qu’il affectionne particulièrement et retrouve son atmosphère vibrante de lumière, le défi aux lois de la pesanteur et les couleurs rutilantes dans une série de trente-huit gouaches.
En 1967, Tériade fait réaliser, à partir de ces gouaches, le livre Cirque : les lithographies, en noir et blanc et en couleur, reprennent les gouaches de 1955 et illustrent des textes écrits par l’artiste lui-même.
A la différence d’autres séries de gouaches préparatoires de Chagall (celles créées pour Les Fables de La Fontaine, par exemple, dispersées avant même la parution du livre), les trente-huit œuvres de Cirque sont réunies dans la même collection. Elles sont peu connues du public car rarement présentées. Elles forment pourtant un ensemble riche d’un véritable répertoire des formes et des mises en scène utilisées par l’artiste sur le sujet.
Les gouaches évoquent tour à tour une nuit profonde d’un bleu zébré de la lumière des projecteurs ou l’éclairage jaune, éclatant, souligné de rouge, de vert et de bleu. Une partie d’entre elles, au contraire, joue uniquement sur les valeurs du blanc et du noir avec quelques délicates touches de bleu.
Les compositions présentent souvent le sujet principal décalé au bord du dessin ou s’organisent par la répartition des masses colorées tout autour d’un centre vide. Quelques-unes, particulièrement dynamiques, rappellent que Chagall fut, dans sa jeunesse à Saint-Petersbourg, au contact du futurisme en vogue dans l’avant-garde russe.
Les personnages s’envolent au-dessus de la piste, véritables images du rêve, alliant fantaisie et fantastique, qui mettent en scène êtres hybrides, hommes et animaux sens dessus dessous, visages doubles aux yeux multiples. Le décor lui aussi bascule dans l’irréel et la maison natale s’invite parfois sur la piste. La lune apparaît sur nombre d’entre elles, astre de la nuit qui contribue à donner au spectacle du cirque sa dimension mystérieuse et nostalgique.
Les textes de Chagall dans le livre de Tériade reflètent cette atmosphère, accumulant les images verbales où s’entrechoquent les allusions à l’amour, les souvenirs de jeunesse autant que le cirque lui-même.
Dans cette série comme dans toutes les œuvres sur le cirque, Chagall cultive ce thème à l'image d'une métaphore de la vie et représente les gradins autour de la piste comme celle du monde. Il l’affirme en ces termes dans le livre de Tériade :
« Un regard, des regards. Chacun facettant à sa manière, le monde qui l’entoure, ce cirque que l’on appelle « Vie ».
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Communiqué de presse cirque général
Communiqué de presse cirque Léger
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samedi, 11 février 2012 | Lien permanent























