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Cygnes

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D'autres notes à venir

Photos perso du Rhône à Lyon le 20 juillet 2009

lyon 21 juillet 003.jpg

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samedi, 25 juillet 2009 | Lien permanent

Au fil du Rhône à Lyon le 11 août 2009(Clin d'oeil à Lilounette)

Photo prise par mon marilyon 11 août 2009 001.jpg

Autres photos de cygnes ici:

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Autres notes sur le Rhône:

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lundi, 16 novembre 2009 | Lien permanent | Commentaires (2)

Le delta du Danube

Entre les Balkans et les Carpathes

sur le littoral de la mer Noire
au nord du lieu où Ovide
vécut son exil

vaste territoire
survolé par l’aigle
qui niche
dans les crevasses de la falaise blanche

reflets argent des mouettes
sur les eaux sombres
ciel sillonné de cygnes hurlants
d’oies bernaches
et de pélicans

perdue dans le désert
une pierre solitaire
portant ces mots :
loci princeps
limit. prov. scyt.

plus récemment
le grondement du canon
là-bas vers Sébastopol

des Cosaques errants
bourrés de raki
chantant entre nostalgie et néant
d’anciennes mélopées d’Ukraine

un lieu
peut-être enfin
rendu à ses origines.



Kenneth WHITE
édition
printemps des poetes
   2010
genre
   D'infinis paysages

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mardi, 05 octobre 2010 | Lien permanent

Le cygne

lyon 21 juillet 001.jpgA Victor Hugo.

I

Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,

A fécondé soudain ma mémoire fertile,
Comme je traversais le nouveau Carrousel.
Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel) ;

Je ne vois qu'en esprit, tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.

Là s'étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
Froids et clairs le travail s'éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,

Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec

lyon 21 juillet 002.jpg

Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
Et disait, le coeur plein de son beau lac natal :
" Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? "
Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,

Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
Comme s'il adressait des reproches à Dieu !

II

Paris change ! mais rien dans ma mélancolie
N'a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

Aussi devant ce Louvre une image m'opprime :
Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
Comme les exilés, ridicule et sublime,
Et rongé d'un, désir sans trêve ! et puis à vous,

Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
Auprès d'un tombeau vide en extase courbée ;
Veuve d'Hector, hélas ! et femme d'Hélénus !

Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
Piétinant dans la boue, et cherchant, l'oeil hagard,
Les cocotiers absents de la superbe Afrique
Derrière la muraille immense du brouillard ;

A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
Jamais, jamais ! à ceux qui s'abreuvent de pleurs
Et tètent la douleur comme une bonne louve !
Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !

Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
Je pense aux matelots oubliés dans une île,
Aux captifs, aux vaincus !... à bien d'autres encor !

Charles Baudelaire,"Les fleurs du Mal", "Tableaux parisiens"

Photos perso d'hier sur le Rhône à Lyon.

Je parle beaucoup de ce poème dans mon mémoire "Des paysages de Baudelaire et Nerval" que vous pouvez acheter en passant par la bannière en haut de ce blog.

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vendredi, 24 juillet 2009 | Lien permanent

Bulletin Nerval nº 105 / 1er mai 2012(sous-partie ”Gérard de Nerval” de la partie ”ceux que j'aime”)

Jacques CAZOTTE, "Le Diable amoureux", précédé de sa vie, de son procès, et de ses prophéties et révélations par Gérard de Nerval, illustrations d'Edouard de Beaumont, notes et postface de Michel Brix et Hisashi Mizuno, Tusson, Du Lérot, 2012, 269 p.

Quatrième de couverture:
Le Diable amoureux de Jacques Cazotte (1772) est le premier roman fantastique à avoir été composé en français. Gérard de Nerval a procuré en 1845 une réédition illustrée du Diable amoureux et a saisi cette occasion pour donner, en guise d'introduction, un portrait de Cazotte qui rentrera quelques années plus tard dans le recueil des Illuminés (1852). On trouvera ici reproduite cette réédition de 1845, qui s'ouvre sur les pages où Nerval reconnaît en Cazotte son frère en génie.
 

Sébastien Baudouin, "Les Filles du Feu de Nerval, entre cygne et phénix", in "La Femme et l'oiseau aux XVIIIe et XIXe siècles, dans la littérature, la peinture et la musique", études réunies et présentées par Simone Bernard-Griffiths et Daniel Madelénat, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise-Pascal / CELIS, 2011, p. 83-95.

http://www.msh-clermont.fr/IMG/pdf/PUBP_Femme-Oiseau-232p...

 
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Ce Bulletin vous tiendra informe(e) des renseignements concernant Nerval. Si vous desirez le recevoir gratuitement et y faire paraitre des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnees et vos messages a Michel Brix ou Hisashi Mizuno.
 
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dimanche, 13 mai 2012 | Lien permanent

Des nouvelles des Quais du polar

Chers membres du GANG !

La 7ème édition du festival QUAIS DU POLAR se déroulera les 25, 26 et 27 mars 2011 à Lyon. Suivez l'actualité polar et la construction de la programmation sur notre site : www.quaisdupolar.com

L'équipe de Quais du Polar vous souhaite une bonne année 2011 !

 
   
  

 

AVANT-PREMIÈRE DU FILM BLACK SWAN
Vendredi 14 janvier à 20h au Pathé Bellecour
Plusieurs danseuses de la troupe du New York City Ballet sont en compétition pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes, mis en scène par un chorégraphe français. Cette concurrence impitoyable conduit au drame...
Un film de Darren Aronofsky avec Natalie Portman, Mila Kunis et Vincent Cassel.

en savoir +

 
  

 

CERCLE DES LECTEURS QUAIS DU POLAR
Mercredi 26 janvier à 19h
au Bistrot Librairie Polar Les Vengeances tardives

Rencontre autour des ouvrages sélectionnés pour le Prix des lecteurs Quais du Polar-20 minutes

en savoir +

 

 
 
 

RENCONTRE AVEC EVA GABRIELSSON
Vendredi 28 janvier à 19h
à la Librairie Passages

Rencontre avec Eva Gabrielsson, la compagne de Stieg Larson pendant 32 ans, autour de son livre Millenium, Stieg et moi (Edition Actes Sud).

en savoir +

 

 
 
 

LES AUTEURS
Découvrez la liste complète des auteurs invités à Quais du Polar à partir du jeudi 20 janvier sur :

http://www.quaisdupolar.com/invites.php

 

 
 
 

CINEMA: L'ENFER DE LA CORRUPTION
Découvrez dès maintenant la programmation du week end Quais du Polar / Institut Lumière du 25 au 27 mars. Des auteurs invités présenteront une sélection de films autour du thème de la corruption.

Programme complet sur : http://www.quaisdupolar.com/prog_cinema.php

 

 
 
 

PRIX BD POLAR EXPÉRIENCE
Voici les 6 titres sélectionnés pour concourir au Prix de la meilleure BD Polar de l'année:

BANG de Deveney et Godart chez AKILEOS
SOUL MAN de Chauvel et Denys chez Delcourt
LE SYNDROME DE WARHOL de Cren & Cerqueux
chez Desinge & Hugo & Cie
KEN GAMES de Robledo et Toledano chez Dargaud
CRIMINAL T5 de Brubaker et Phillips chez Delcourt
BRAKO de Hippolyte et Jemaï chez Sarbacane

 

 
   

CONCOURS DE NOUVELLES
Participez aux concours de nouvelles Quais du Polar

Renseignements et réglements sur 
http://www.quaisdupolar.com/lire_ecrire.php

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vendredi, 14 janvier 2011 | Lien permanent

Roland Petit, une vie consacrée à la danse

Publié le 10-07-11 à 17:04    Modifié à 17:15     par Le Nouvel Observateur avec AFP  

 

Le chorégraphe Roland Petit, en Suisse en 2007. (c) Sipa Le chorégraphe Roland Petit, en Suisse en 2007. (c) Sipa

Le danseur Roland Petit est décédé dimanche 10 juillet à Genève à l'âge de 87 ans. Il était une grande figure de la chorégraphie française et avait créé plus d'une centaine de ballets. Au cours de sa longue carrière, il est passé par les Ballets des Champs-Elysées (1945), les Ballets de Marseille (1972-1998), Hollywood où il a collaboré avec des grandes compagnies de danse classique, et par le Casino de Paris où il invente en 1961 un spectacle complet autour de Zizi Jeanmaire, sa femme et sa muse.

En 1945, il est membre des "Ballets des Champs-Elysées", il crée "Les Forains", puis "Le Jeune homme et la mort" avec Babilée. En 1948, il fonde les "Ballets de Paris" et crée "Les Demoiselles de la nuit" pour Margot Fonteyn.

Des classiques

Dès leur création, ses chorégraphies témoignent de sa conception théâtrale du ballet. Elles deviennent des classiques qui entrent au répertoire. Son ballet "Carmen" (1949), avec Zizi, marque le début de sa notoriété.

A son retour des Etats-Unis, Roland Petit adapte la comédie musicale américaine au goût français et monte avec "la Revue des Ballets de Paris", "Mon truc en plumes", pour Zizi (1961-62). En 1966, il triomphe avec "L'Eloge de la folie". Nommé en 1970 directeur de la danse à l'Opéra de Paris, il renonce rapidement à sa charge et monte de grands spectacles au Casino de Paris qu'il a racheté ("La Revue", "Zizi je t'aime"). Puis le couple abandonne l'entreprise en 1976.

"Le Guépard"

Avec "Les ballets de Marseille", Roland Petit crée des oeuvres magistrales ("Pink-Floyd ballet", "Le Chat botté", "La Dame de pique", "Ma Pavlova", "Le Guépard", "Le Lac des cygnes et des maléfices").

Après Marseille, il continue de créer de nouveaux ballets ("Clavigio") et remonte ses oeuvres à travers le monde.

En automne dernier, il était revenu à l'Opéra de Paris avec trois de ses plus célèbres ballets, "Le Rendez-vous", "Le Loup" et "Le Jeune homme et la mort". Grand prix national des Arts et des Lettres (1979), officier de la Légion d'honneur, le chorégraphe a publié "J'ai dansé sur les flots" (1993) et "Temps liés avec Noureev" (1998).

Roland Petit et Zizi Jeanmaire ont eu une fille, Valentine.

Le Nouvel Observateur - AFP

 

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mercredi, 13 juillet 2011 | Lien permanent

Bulletin Nerval nº 83 / 1er mai 2010

PAYSAGES NERVALIENS.jpgROMAN

Caroline Gutmann, "Le Syndrome Nerval", Jean-Claude Latt, 280 pages, avril 2010.


EDITION

Gerard de Nerval, "Les Faux Saulniers. Histoire de l'abbe de Bucquoy", edition en fac-simile du "National" de 1850, Mirabeau (Luberon), Editions du Rapapeou, 2009, 76 pages
(avec une etude de Richard Sieburth, "Les Faux Saulniers ou le chant du cygne de 1848")


TRADUCTION

Gerard de Nerval, "The Salt Smugglers" ("Les Faux Saulniers"), traduction anglaise par Richard Sieburth, New York, Archipelago Books, 2009.


ARTICLES

- Laurent Demanze, "Le Conteur de chimères. "Je suis l'autre"" (sur Gerard Mace et Nerval), in "Revue des Sciences humaines" (Lille), n° 297, 2010/1, p. 105-114.

- Gisele Seginger, "Tout est mort, tout vit. Musset, Nerval : la double figure d'une generation", in "Romantisme", n° 147, 1er trimestre 2010, p. 55-68.


COMPTES RENDUS

- Leo Tertrain, CR de M. Brix et JC Yon, "Nerval et l'Opera-Comique. Le dossier des Montenegrins" (Namur, Presses universitaires, 2009), in "Nineteenth Century French Studies", vol. 36, nos 3 et 4, printemps-ete 2010, p. 310-311.

- Leo Tertrain, CR de K. Tsujikawa, "Nerval et les limbes de l'histoire. Lecture des Illumines" (Geneve, Droz, 2009), in "Nineteenth Century French Studies", vol. 36, nos 3 et 4, printemps-ete 2010, p. 312-313.

- Anthony Zielonka, CR de M. Brix et JC Yon, "Nerval et l'Opera-Comique. Le dossier des Montenegrins" (Namur, Presses universitaires, 2009), in "French Studies", 2010/2, p. 213

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ampuis 23 mai 2010 012.jpg
Photo perso du 23 mai 2010

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jeudi, 27 mai 2010 | Lien permanent

Alphonse de Lamartine, ”Le poète mourant”(Nouvelles méditations poétiques)



La coupe de mes jours s'est brisée encor pleine ;
Ma vie hors de mon sein s'enfuit à chaque haleine ;
Ni baisers ni soupirs ne peuvent l'arrêter ;
Et l'aile de la mort, sur l'airain qui me pleure,
En sons entrecoupés frappe ma dernière heure ;
Faut-il gémir ? faut-il chanter ?...

Chantons, puisque mes doigts sont encor sur la lyre ;
Chantons, puisque la mort, comme au cygne, m'inspire
Aux bords d'un autre monde un cri mélodieux.
C'est un présage heureux donné par mon génie,
Si notre âme n'est rien qu'amour et qu'harmonie,
Qu'un chant divin soit ses adieux !

La lyre en se brisant jette un son plus sublime ;
La lampe qui s'éteint tout à coup se ranime,
Et d'un éclat plus pur brille avant d'expirer ;
Le cygne voit le ciel à son heure dernière,
L'homme seul, reportant ses regards en arrière,
Compte ses jours pour les pleurer.

Qu'est-ce donc que des jours pour valoir qu'on les pleure ?
Un soleil, un soleil ; une heure, et puis une heure ;
Celle qui vient ressemble à celle qui s'enfuit ;
Ce qu'une nous apporte, une autre nous l'enlève :
Travail, repos, douleur, et quelquefois un rêve,
Voilà le jour, puis vient la nuit.

Ah ! qu'il pleure, celui dont les mains acharnées
S'attachant comme un lierre aux débris des années,
Voit avec l'avenir s'écrouler son espoir !
Pour moi, qui n'ai point pris racine sur la terre,
Je m'en vais sans effort, comme l'herbe légère
Qu'enlève le souffle du soir.

Le poète est semblable aux oiseaux de passage
Qui ne bâtissent point leurs nids sur le rivage,
Qui ne se posent point sur les rameaux des bois ;
Nonchalamment bercés sur le courant de l'onde,
Ils passent en chantant loin des bords ; et le monde
Ne connaît rien d'eux, que leur voix.


Jamais aucune main sur la corde sonore
Ne guida dans ses jeux ma main novice encore.
L'homme n'enseigne pas ce qu'inspire le ciel ;
Le ruisseau n'apprend pas à couler dans sa pente,
L'aigle à fendre les airs d'une aile indépendante,
L'abeille à composer son miel.

L'airain retentissant dans sa haute demeure,
Sous le marteau sacré tour à tour chante et pleure,
Pour célébrer l'hymen, la naissance ou la mort ;
J'étais comme ce bronze épuré par la flamme,
Et chaque passion, en frappant sur mon âme,
En tirait un sublime accord.

Telle durant la nuit la harpe éolienne,
Mêlant aux bruits des eaux sa plainte aérienne,
Résonne d'elle-même au souffle des zéphyrs.
Le voyageur s'arrête, étonné de l'entendre,
Il écoute, il admire et ne saurait comprendre
D'où partent ces divins soupirs.

Ma harpe fut souvent de larmes arrosée,
Mais les pleurs sont pour nous la céleste rosée ;
Sous un ciel toujours pur le coeur ne mûrit pas :
Dans la coupe écrasé le jus du pampre coule,
Et le baume flétri sous le pied qui le foule
Répand ses parfums sur nos pas.

Dieu d'un souffle brûlant avait formé mon âme ;
Tout ce qu'elle approchait s'embrasait de sa flamme :
Don fatal ! et je meurs pour avoir trop aimé !
Tout ce que j'ai touché s'est réduit en poussière :
Ainsi le feu du ciel tombé sur la bruyère
S'éteint quand tout est consumé.

Mais le temps ? - Il n'est plus. - Mais la gloire ? - Eh ! qu'importe
Cet écho d'un vain son, qu'un siècle à l'autre apporte ?
Ce nom, brillant jouet de la postérité ?
Vous qui de l'avenir lui promettez l'empire,
Écoutez cet accord que va rendre ma lyre !...
...............................................
Les vents déjà l'ont emporté !

Ah ! donnez à la mort un espoir moins frivole.
Eh quoi ! le souvenir de ce son qui s'envole
Autour d'un vain tombeau retentirait toujours ?
Ce souffle d'un mourant, quoi! c'est là de la gloire ?
Mais vous qui promettez les temps à sa mémoire,
Mortels, possédez-vous deux jours ?

J'en atteste les dieux ! depuis que je respire,
Mes lèvres n'ont jamais prononcé sans sourire
Ce grand nom inventé par le délire humain ;
Plus j'ai pressé ce mot, plus je l'ai trouvé vide,
Et je l'ai rejeté, comme une écorce aride
Que nos lèvres pressent en vain.

Dans le stérile espoir d'une gloire incertaine,
L'homme livre, en passant, au courant qui l'entraîne
Un nom de jour en jour dans sa course affaibli ;
De ce brillant débris le flot du temps se joue ;
De siècle en siècle, il flotte, il avance, il échoue
Dans les abîmes de l'oubli.

Je jette un nom de plus à ces flots sans rivage ;
Au gré des vents, du ciel, qu'il s'abîme ou surnage,
En serai-je plus grand ? Pourquoi ? ce n'est qu'un nom.
Le cygne qui s'envole aux voûtes éternelles,
Amis ! s'informe-t-il si l'ombre de ses ailes
Flotte encor sur un vil gazon ?

Mais pourquoi chantais-tu ? - Demande à Philomèle
Pourquoi, durant les nuits, sa douce voix se mêle
Au doux bruit des ruisseaux sous l'ombrage roulant !
Je chantais, mes amis, comme l'homme respire,
Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire,
Comme l'eau murmure en coulant.

Aimer, prier, chanter, voilà toute ma vie.
Mortels ! de tous ces biens qu'ici-bas l'homme envie,
À l'heure des adieux je ne regrette rien ;
Rien que l'ardent soupir qui vers le ciel s'élance,
L'extase de la lyre, ou l'amoureux silence
D'un coeur pressé contre le mien.

Aux pieds de la beauté sentir frémir sa lyre,
Voir d'accord en accord l'harmonieux délire
Couler avec le son et passer dans son sein,
Faire pleuvoir les pleurs de ces yeux qu'on adore,
Comme au souffle des vents les larmes de l'aurore
Tombent d'un calice trop plein ;

Voir le regard plaintif de la vierge modeste
Se tourner tristement vers la voûte céleste,
Comme pour s'envoler avec le son qui fuit,
Puis retombant sur vous plein d'une chaste flamme,
Sous ses cils abaissés laisser briller son âme,
Comme un feu tremblant dans la nuit ;

Voir passer sur son front l'ombre de sa pensée,
La parole manquer à sa bouche oppressée,
Et de ce long silence entendre enfin sortir
Ce mot qui retentit jusque dans le ciel même,
Ce mot, le mot des dieux, et des hommes : ... Je t'aime !
Voilà ce qui vaut un soupir.

Un soupir ! un regret ! inutile parole !
Sur l'aile de la mort, mon âme au ciel s'envole ;
Je vais où leur instinct emporte nos désirs ;
Je vais où le regard voit briller l'espérance ;
Je vais où va le son qui de mon luth s'élance ;
Où sont allés tous mes soupirs !

Comme l'oiseau qui voit dans les ombres funèbres,
La foi, cet oeil de l'âme, a percé mes ténèbres ;
Son prophétique instinct m'a révélé mon sort.
Aux champs de l'avenir combien de fois mon âme,
S'élançant jusqu'au ciel sur des ailes de flamme,
A-t-elle devancé la mort ?

N'inscrivez point de nom sur ma demeure sombre.
Du poids d'un monument ne chargez pas mon ombre :
D'un peu de sable, hélas ! je ne suis point jaloux.
Laissez-moi seulement à peine assez d'espace
Pour que le malheureux qui sur ma tombe passe
Puisse y poser ses deux genoux.

Souvent dans le secret de l'ombre et du silence,
Du gazon d'un cercueil la prière s'élance
Et trouve l'espérance à côté de la mort.
Le pied sur une tombe on tient moins à la terre ;
L'horizon est plus vaste, et l'âme, plus légère,
Monte au ciel avec moins d'effort.

Brisez, livrez aux vents, aux ondes, à la flamme,
Ce luth qui n'a qu'un son pour répondre à mon âme !
Le luth des Séraphins va frémir sous mes doigts.
Bientôt, vivant comme eux d'un immortel délire,
Je vais guider, peut-être, aux accords de ma lyre,
Des cieux suspendus à ma voix.

Bientôt ! ... Mais de la mort la main lourde et muette
Vient de toucher la corde : elle se brise, et jette
Un son plaintif et sourd dans le vague des airs.
Mon luth glacé se tait ... Amis, prenez le vôtre ;
Et que mon âme encor passe d'un monde à l'autre
Au bruit de vos sacrés concerts !

http://poesie.webnet.fr/poemes/France/lamartin/73.html

A RAPPROCHER DE "L'ALBATROS"  de Charles Baudelaire (Les Fleurs du Mal)

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lundi, 22 janvier 2007 | Lien permanent | Commentaires (4)

Balade du dimanche 19 avril 2009

barrage avril 2009 001.jpgvers le barrage d'Arras-sur -Rhône(Ardèche) dont je parlais déjà en juillet 2008 à la fin de la note ci-dessous.

Pour en savoir plus sur la commune d'Arras:

http://www.medarus.org/Ardeche/07commun/07comTex/arras.htm

Les cygnes étaient un peu loin...

ozon 5.jpg

Balade du lundi 14 juillet 2008

S’écrivait au Moyen Age AUZON ou ALZON, avec ou sans E. L’histoire de ce village est assez compliquée. Mais le mieux est d’abord de le situer géographiquement : OZON est perché sur une colline dominant le Rhône de façon abrupte. A peu prés à mi-chemin de Eclassan, Sarras et d’Arras, OZON a pris le nom de la petite rivière qui vient de Sècheras et se jette dans le fleuve à Arras. Pourquoi est le village où ne coule pas la rivière qui en a pris le nom ? Mystère….
Les vestiges du passé à Ozon sont peu nombreux : ils résident uniquement dans la chapelle de style roman au belvédère exceptionnel, édifiée aux environs de l'an 1000 par les moines de Saint-Chaffre.
L'histoire d'Ozon est aussi marquée par son activité économique agricole dynamique : abricot Bergeron, vin d'appellation Saint-Joseph dont la cave coopérative de Sarras vinifie l'essentiel de la production.
Ozon fait aujourd'hui partie du District Intercommunal "Les Deux Rives" dont les activités sont basées sur l'axe économique Sarras/Saint-Vallier.
Ce groupement de communes accorde la priorité au développement économique sur une zone géographique districale.

 

Le paysage d'Ozon est très contrasté selon l'altitude puisque la commune comprend à la fois la plaine Rhodanienne à 120 m et les coteaux élevés à plus de 400 m, sur lesquels on rencontre des forêts de feuillus subissant une influence méditerranéenne : chênes verts, robiniers et figuiers.
L'environnement est marqué par la présence de nombreux vergers : vignobles, framboisiers, abricotiers et cerisiers.
Les bords du fleuve constituent également des aires naturelles intéressantes avec une magnifique lône alimentée par deux ruisseaux, où l'on peut observer hérons, cormorans, guêpiers et castors. C'est un lieu de prédilection pour les pêcheurs à la ligne.

ozon 4.jpghttp://page1.inforoutes-ardeche.fr/07169/page2.html

De là-haut, une vue magnifique notamment sur le défilé de Saint-Vallier.

Ensuite balade dans la campagne par Eclassan, Sarras et Arras.

A Arras, visite du barrage qui a crée un canal à côté du Rhône pour réguler le cours du grand fleuve.

Si cette note ne vous intéresse pas ou si vous voulez en voir plus, vous pouvez aller voir :

 

1. Du nouveau dans ma bibliothèque Babelio(en haut de la colonne de droite) :

 

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/01/07/un-nouveau-livre-lu-sur-babelio.html#comments

 

2. Mes  textes publiés:

 

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/01/09/mes-derniers-textes-publies-ici.html#comments

 

3. Dernier récapitulatif de mon avant-dernier voyage :

 

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/03/10/recapitulatif-de-mon-voyage-a-paris-du-4-au-6-mars-2009.html#comments 

 

 

4. Mes  notes publiées (hors photos et textes) :

 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/04/01/mes-dernieres-notes-publiees-hors-photo-et-textes-perso.html

 

 

5. Mes photos publiées:

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/04/01/mes-dernieres-photos-publiees-de-la-plus-recente-a-la-plus-a.html

 

 

6. Mes réponses à vos commentaires:

 

 http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/04/02/mes-dernieres-reponses-a-vos-commentaires.html#comments

 

7. Des nouvelles de ma blogosphère :

 

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jeudi, 23 avril 2009 | Lien permanent | Commentaires (3)

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