| Le film de Wong Kar Wai qui ouvre les festivités est comme d’habitude auréolé de mystère, hormis sa distribution : Jude Law dans le premier rôle, avec à ses côtés la chanteuse américaine de jazz Norah Jones, pour la première fois au cinéma. Le synopsis tourne autour d’une jeune femme qui parcourt l'Amérique pour trouver un sens à l'amour. Ce faisant, elle croise sur son chemin une galerie de personnages étranges et excentriques. Autre évènement attendu, la projection hors compétition et en avant-première mondiale, du dernier film de Steven Soderbergh, Ocean's 13, avec une pléiade de stars : Catherine Zeta-Jones, George Clooney, Matt Damon, Brad Pitt, Al Pacino et Andy Garcia. Belle montée des marches en perspective. Autre Américain, Quentin Tarantino, fait son grand retour en compétition avec Death proof, 13 ans après la Palme d'or à Pulp fiction en 1994 et sa prestation comme président du jury en 2004. Trois ans après sa Palme d'or pour Fahrenheit 9/11, l'Américain Michael Moore revient, lui, hors compétition avec le documentaire Sicko. La présence des Américains est particulièrement visible, avec hormis les noms déjà cités, ceux de David Fincher, le réalisateur de Seven et de Fight Club qui vient à Cannes avec un film reconstituant l’affaire du Zodiac, serial killer qui sévit aux Etats-Unis à la fin des années 60 ; ainsi que James Gray, déjà sur la Croisette en 2000 avec The Yards et signataire du superbe Little Odessa, qui présentera We Own the Night ( La Nuit nous appartient) sur la mafia russe aux Etats-Unis. Parmi les nouveaux venus figurent les trois représentants français. Catherine Breillat poursuit sans doute son exploration de la sexualité avec Une vieille maîtresse. Christophe Honoré, présentera son troisième film, une comédie musicale baptisée Les chansons d'amour, et Julian Schnabel Le scaphandre et le papillon, adapté de l'oeuvre autobiographique éponyme du journaliste Dominique Bauby, qui y raconte son existence de paralysé à la suite d'un accident vasculaire. Cannes, qui a pris l’habitude d’inviter le cinéma d’animation, créé toutefois la surprise en invitant en compétition officielle l’Iranienne Marjane Satrapi qui a transposé au grand écran sa bande dessinée Persépolis, avec son co-réalisateur français Vincent Paronnaud. Parmi les autres nouveaux venus, ont peut tout attendre de Raphaël Nadjari. Fatih Akin, Lee Chang-dong, Cristian Mungiu, Béla Tarr, Ulrich Seidl ou Andrej Zvyagintsev, dont on ne connaît, aujourd’hui peu de choses. "Nous avons voulu mêler héritage et modernité, grandes signatures et jeunes pousses", a déclaré à la presse le président du Festival, Gilles Jacob lors de la révélation de cette sélection. Autour de son président, le réalisateur britannique Stephen Frears, le jury du Festival sera marqué par une parité femmes-hommes, avec notamment les actrices portugaise Maria de Medeiros, chinoise Maggie Cheung, Michel Piccoli et l'écrivain turc Orhan Pamuk. |