samedi, 10 février 2007
Giséle Halimi hier soir à l'Institut Français de Casablanca (Maroc): mon compte-rendu
(image:http://www.afwpg.ca/fr/culture/fr_Halimi%20Cholodenkol.htm)
Gisèle Halimi est comme je l'ai vu souvent à la télé: une jolie femme élégante (est-il possible qu'elle ait 80 ans?) et comme je l'imaginais:intelligente, cultivée, claire et accessible.
La conférence s'est déroulée en 3 temps:
1. Son livre: "La kahina (cf. ci-dessous)
La kahina est un personnage historique, une femme qu'elle porte en elle depuis l'enfance. Si elle attendue pour en faire un livre c'est parce que les historiens l'avaient enlisé dans les sables de l'oubli et minimisé son épopée.
En même temps, ils l'ont mythifié, ce qui a introduit une distance avec son action directe.
De manière générale, le mythe est dangereux pour les femmes.
Elle cite Balzac:"La femme est un esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône."
Madame Halimi descend de la kahina par son père et elle se souvient de scènes de ménage entre ses parents: sa mère, très fière de ses origines estimait qu'elle avait fait une mésalliance en se mariant avec le descendant d'une nomade.
Le livre résulte de 2 ans de recherche.
La kahina est une "femme-libertés" c'est-à-dire qu'elle a réuni avant les autres toutes les libertés.
Elle est frappée d'inexistence du fait même d'être fille.
Son père dit à sa femme : "Tu m'as frappé d'impuissance."
On lui donne tous les attributs de femme mais elle suit son père partout et lui dit: "Je saurais être un homme aussi."
Comme il n'y aura pas d'autre descendance, on l'élit reine. Ce statut ne l'empêchera pas d'avoir une vie affective riche : deux vies indépendantes l'une de l'autre.
Sa défaite face aux Arabes marque la fin de l'indépendance berbère.
2. Son parcours.
Sa naissance à elle aussi est une catastrophe. A l'adolescence, on veut la marier avec un homme de 35 ans.
Une fille, ça n'étudie pas et face à sa position de "subjuguée" (etymologiquement" mise sous le joug "), elle dit sans cesse: "Ce n'est pas juste" d'où sa vocatin précoce d'avocate pour défendre d' autres "subjugué(e)s."
Elle ressent à son époque ce qu'a pu ressentir la kahina au 7 e siècle.
Elle refuse l'infériorisation atavique des femmes et nous dit: il n'y a pas de destinée, "ne vous résignez jamais"
3. Questions du public.
-Sur les violences faites aux femmes: avant la loi de 2004, les femmes violentées devaient quitter le domicile conjuguale; maintenant, c'est l'homme violent qui doit partir.
La meilleure loi à ce niveau est la loi espagnole.
Malgré ces lois qui font avancer la cause des femmes, il n'y a jamais d'acquis; il faut toujours rester vigilante.
- Sur la parité en politique: l'erreur a été les sanctions financières car les partis riches choisissent de payer pour prendre sur leurs listes des hommes plutôt que des femmes.
-Sur l'image de la femme dans les médias: elle est négative car elle véhicule toujours les mêmes clichés de femme "subjuguée."
-Elle avait proposé une loi (passée à la trappe)sur un congé parental alterné et réménuré.
-Il faut une interchangeabilité des tâches, des pouvoirs.
-Il y a une dialectique entre la loi et les mentalités.
ex: l'abolition de la peine de mort
Il a fallu un grand courage politique pour faire voter cette loi (un grand moment de sa vie de députée) car l'opinion était pour la peine de mort.
Aujourd'hui, (presque) personne ne songerait revenir dessus.
-Sur Ségolène Royal: ne pas voter pour elle parce qu'elle une femme mais parce qu'elle est compétente (et pourtant l'instant, elle ne connaît pas ses dossiers) au niveau national et international.
Si elle échouait en tant que présidente, la cause des femmes reculerait.
-Il faut être lucide car "la lucidité est la brulûre la plus rapprochée du soleil." (René Char)
SUR LE PARCOURS DETAILLE DE GISELE HALIMI CF. MA NOTE D'HIER.
01:50 Écrit par laura dans Des évènements, Des femmes comme je les aime, Le Maroc:vécu,travail, Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : giséle halimi |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |















