lundi, 12 novembre 2007
L'heure zéro
Pas sûr qu’Agatha Christie, la Balzac du meurtre british, ait été si bien servie par le cinéma : citons, entre autres, une adaptation un peu poussiéreuse de Dix petits nègres, par René Clair, un Lumet bardé de stars qu’on a peur de revoir (Le Crime de l’Orient-Express), une tripotée de feuilletons BBC qu’on se promet en revanche de savourer, à l’heure de la retraite grabataire, le DVD portable bien calé sur le plaid, l’accorte infirmère à nos côtés. D’ici là, Pascal Thomas fait mieux que tous les autres : après Mon petit doigt m’a dit, en 2005, L’Heure Zéro transporte à nouveau tante Agatha sous nos latitudes. Et c’est moins le mystère du « whodunit » — qui c’est le coupable ? — qui l’intéresse que la perspective d’une féroce chronique de mœurs, crypto-chabrolienne, farandole de zigotos cruels et de zigotas bien allumées. D’excellents acteurs (de la diva Danielle Darrieux à la lumineuse Chiara Mastroianni via le trouble Melvil Poupaud) donnent chair à ces excentriques, au point qu’on se demande si Pascal Thomas, par énigme policière interposée, n’est pas le plus réaliste des cinéastes français du moment. ◆ A.F.
Source: Télérama
02:00 Écrit par laura dans Le cinéma | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : l'heure zéro |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook |















