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L'heure de la revanche a sonné pour les grands terroirs méconnus du Bordelais

 

Jean-Francis Pecresse / Editorialiste | Le 22/05 à 00:18
  • image: http://www.lesechos.fr/medias/2015/05/22/1121703_lheure-de-la-revanche-a-sonne-pour-les-grands-terroirs-meconnus-du-bordelais-web-tete-02182577653_660x352p.jpg

    Vue aérienne Château Les Trois Croix, Fronsac.

    Vue aérienne du Château Les Trois Croix, à Fronsac. - Photo DR

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Longtemps « satellites » des grandes appellations, Blaye, Bourg, Canon-Fronsac et Fronsac, Castillon affichent des ambitions légitimes


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l est des vignobles dont on perçoit, d'un simple coup d'oeil, le potentiel : des coteaux bien exposés qui favoriseront une maturité idéale du raisin, un sol maigre accroché à un socle de calcaire et de marne, dans lequel la vigne s'enracinera profondément, régulant ainsi son alimentation, une vue splendide sur la rivière, qui s'imprimera durablement dans la mémoire de chaque visiteur. Et, ici et là, des vestiges architecturaux d'une gloire ancienne, signe que les Anciens ne se trompaient pas dans le choix des meilleurs terroirs viticoles. Cette immédiate séduction nous saisit dès que l'on découvre les vignobles de Fronsac et Canon-Fronsac, installés sur de splendides collines dominant deux cours d'eau, la Dordogne et l'Isle. Malgré des conditions idéales, le Fronsadais est resté un cru trop méconnu des amateurs et même des professionnels, loin derrière les deux stars voisines - de l'autre côté de la ville de Libourne - que sont Saint-Emilion et Pomerol, dont la notoriété longtemps sans partage s'est construite entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe sous l'impulsion de quelques négociants, dont le plus entreprenant fut le Corrézien Jean-Pierre Moueix, promoteur de Petrus. Les terroirs périphériques, eux, furent dédiés à la production de vins plus abordables et plus courants, même lorsqu'ils étaient capables de faire beaucoup mieux.

Tanins raffinés

Aujourd'hui, cet état de fait, qui a perduré longtemps, change significativement, pour plusieurs raisons. D'une part, de nombreux crus, livrés à eux-mêmes ou catégorisés par le négoce bordelais dans une division très inférieure, se sont organisés et ont gagné en autonomie. Des Châteaux de La Dauphine, Haut-Carles, Dalem, Les Trois Croix (photo), Fontenil Fronsac, La Rousselle, Moulin Pey-Labrie, Vrai Canon Bouché (lire ci-contre) ont abandonné tout complexe pour réaliser des fronsacs et canon-fronsac aux tanins raffinés et au fruité éclatant. Il en est de même dans d'autres secteurs encore souvent qualifiés de secondaires : Blaye avec les Châteaux Gigault et Magdelaine Bouhou, Bourg avec l'immense Roc de Cambes, Francs avec les Châteaux Marsau et De Francs. Mais aussi, dans l'orbite immédiate de Saint-Emilion, Montagne avec le Château Faizeau, Lussac avec le Château Soleil, Puisseguin avec Le Bernat, Castillon avec son Clos Puy Arnaud et le Domaine de l'Aurage, ou, un peu plus loin, Sainte-Foy-la-Grande représentée par le Château Hostens-Picant. Toutes ces appellations comptent désormais de petites armées de hérauts capables de porter haut leur gloire. Quitte à être sélectif dans ces appellations qui demeurent hétérogènes. « Il m'est difficile de porter un jugement d'ensemble sur le vignoble de Bourg, confie François Mitjaville qui a fait de son côtes-de-bourg Château Roc de Cambes un vin presque aussi recherché que son saint-émilion ChâteauTertre Roteboeuf. Mais ce que je sais, c'est que le terroir de Cambes est aussi passionnant à travailler que celui du Tertre Roteboeuf ! »

La deuxième grande évolution est l'implication de stars de Saint-Emilion et de Pomerol dans ces appellations. En 1998, deux des plus fameux producteurs de Saint-Emilion, Hubert de Boüard (Château Angélus) et Stephan Von Neiperg (Château Canon la Gaffelière) acquièrent chacun un cru dans ces terroirs alors encore considérés comme périphériques : Château La Fleur de Boüard à Lalande-de-Pomerol pour le premier, le Château d'Aiguilhe à Castillon pour le second. Travaillant là avec autant d'exigence et d'ambition que dans leurs crus classés, ils ont profondément modifié l'image de ces secteurs. Et ont fait de nombreux émules : le consultant oenologique Stéphane Derenoncourt au Domaine de l'A (Castillon), la famille Péré Vergé à La Gravière (Lalande-de-Pomerol), Denis Durantou au Château Cruzelles (Lalande-de-Pomerol)… Enfin, « last but not least », les grands négociants bordelais commencent à manifester pour ces appellations un intérêt de bon augure pour le consommateur. Car ils sont aussi bien moins chers…

Bettane + Desseauve, avec Jean-Francis Pécresse

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