vendredi, 03 février 2012

Nous avons aimé samedi:Mais quel cirque!

Mais quel cirque!
Léger au pays des cercles en action


samedi 3 décembre 2011-lundi 5 mars 2012

cirque Lger Basse def
Fernand Léger
Planche lithographique page 22 de l'album Cirque, 1950
© ADAGP, Paris 2011
Version française
Allez au cirque. Rien n’est aussi rond que le cirque. C’est une énorme cuvette dans laquelle se développent des formes circulaires. Ça n’arrête pas, tout s’enchaîne. La piste domine, commande, absorbe. Le public est le décor mobile, il bouge avec l’action sur la piste. Les figures s’élèvent, s’abaissent, crient, rient. Le cheval tourne, l’acrobate bouge, l’ours passe dans son cerceau et le jongleur lance ses anneaux dans l’espace […]. Allez au cirque. Vous quittez vos rectangles, vos fenêtres géométriques et vous allez au pays des cercles en action.
Fernand Léger, Cirque, éditions Verve, 1950
 
Léger et Tériade
 
Cirque est le chef-d'oeuvre gravé de Léger, entièrement réalisé par l'artiste en 1950 à la demande de Tériade, l'un des plus grands éditeurs d'art du XXe siècle. Après Divertissement de Rouault en 1943 et Jazz de Matisse en 1947 et avant Cirque de Chagall en 1967, il s'agit du troisième livre sur ce thème commandé par les éditions Verve à des plasticiens. Il fait suite à plusieurs ouvrages illustrés par Léger mais dont le texte était écrit par un autre (Cendrars, Malraux, Eluard ...).
 
Entièrement réalisé par l'artiste, le livre est constitué de 113 pages tirées par Mourlot frères, célèbres lithographes parisiens. L'ouvrage compte une couverture illustrée en couleur sur une face et en noir sur l'autre, un frontispice en couleur, quatre illustrations en couleur sur double page, 26 illustrations en couleur à pleine page, une illustration en couleur dans le texte, deux illustrations en noir sur double page, 21 illustrations en noir en pleine page et 26 pages ornées de dessins. Le texte a été écrit à la plume. Les gouaches aux vives couleurs et les dessins puissants en noir et blanc font revivre  avec spontanéité les souvenirs d'enfance à Argentan et du cirque Medrano à Paris.
 
Léger écrit le texte après avoir achevé les illustrations. Reprenant la méthode de son ami Cendrars, il utilise des phrases prélevées dans ses écrits antérieurs et les réassemble par collage dans une logique proche du montage cinématograhique. Dans certaines illustrations, ces contrastes sont accentués par la dissociation entre la ligne et la couleur. Ce nouveau procédé rappelle le récent séjour américain de l'artiste durant lequel il fut marqué par la violence intermittente des lumières nocturnes de Broadway. Le ton n'est jamais doctoral mais reflète, au contraire, avec simplicité et clairvoyance les sensations ressenties par l'artiste lors de ses pérégrinations à travers la campagne et autour de la piste. La pensée de l'artiste tournoie ainsi de l'extérieur vers l'intérieur du chapiteau, reliant les souvenirs de jeunesse à son expérience du monde contemporain.
 
Léger et le cirque : une métaphore du monde moderne
 
Passés les rideaux rouges, vous entrez sur la piste. Fernand Léger invite à voyager « au pays des cercles en action » où les costumes éclatant de mille feux sous les projecteurs, la dynamique des numéros qui se succèdent dans un tintamarre de sons sans lien narratif, la piste sphérique traversée par les corps souples des acrobates enchantent le peintre qui y décèle une image emblématique du grand spectacle de la vie moderne. Chez Léger, les personnages du cirque voyagent d’un tableau à l’autre au même titre que les motifs de cordes, de barres, d’haltères, d’échelles ou de ballons qui parsèment sa production depuis Le cirque Medrano (1918, Musée national d'art moderne) jusqu'aux grands tableaux des dernières années tels Les Constructeurs ou Les Loisirs.
 
En tournant les pages de Cirque, le lecteur prend conscience d'une relation nouvelle qui s'établit entre l'Homme et la nature à travers la modification tant des paysages que de notre rapport au corps. Par le dialogue entre le texte et l'image qu'il permet, le livre constitue ainsi pour l'artiste un outil adéquat afin de générer des sensations fortes, aptes à bouleverser le lecteur tout en modifiant son regard sur le monde et sa capacité à agir. En cela, les recherches de Léger sur l'univers des saltimbanques font de Cirque un testament artistique, magnifiquement accompagné par la dernière série des Parades peintes avant le décès brutal de l’artiste en 1955.
 
Dans l'exposition, la mise en vue intégrale des pages de l'album permet d'explorer ce thème fondateur chez Léger. En complément, une sélection d'œuvres et de documents issus de la collection du musée et de prêts (Musée national d’art moderne, galerie Leiris, collection Alain Frère ...) évoque la permanence du thème du cirque chez l'artiste depuis 1918. Enfin un espace documentaire contextualise l'importance de ce sujet dans l'imaginaire des artistes modernes et la relation d'amitié entre Tériade et Léger qui aboutit à la commande du livre.
 
Visite de l'exposition par "les visiteurs du samedi", samedi 14 janvier 2012, 14h30 renseignements


catalogue en ligne exposition cirque

Communiqué de presse cirque général
Communiqué de presse cirque Chagall

site d'Alain Frère : www.museeducirquealainfrere.com

http://www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/fleger/expo...

dimanche, 29 janvier 2012

Nous avons aimé samedi:Mais quel cirque!

cirque_chagallcirque_chagall

Marc Chagall
Sans titre, 1955
collection particulière
© ADAGP, Paris 2011

Le premier travail sur le cirque proprement dit est produit par Chagall à la demande de Vollard en 1926-1927, au moment où il réalise Les Fables de La Fontaine, également pour le grand marchand. Une série de gouaches, regroupées sous l’appellation « Cirque Vollard » atteste de ce projet qui finalement ne sera pas mené à terme. Chagall cependant en tire, entre 1927 et 1935, plusieurs tableaux sur ce thème. Vollard avait en effet avant-guerre une loge au Cirque d’Hiver, qu’il mettait à la disposition des artistes qui travaillaient pour lui, dont Chagall bien sûr, mais aussi Léger et Picasso. Le spectacle du cirque chez Chagall réveille les souvenirs de jeunesse autour des saltimbanques, musiciens et violonistes qui accompagnaient les événements rituels et familiaux des Juifs de Vitebsk, sa ville natale. Des liens existent évidemment entre le hassidisme et les pratiques du cirque : les prières passent aussi par le corps, exprimées dans la danse, la musique et même les acrobaties. Déjà cette atmosphère où se mêle le sacré au profane était sensible sur le décor du Théâtre juif de Moscou, en 1920, dans le détail des trois acrobates du grand panneau central et dans le panneau de La Danse.
 
En 1955, assistant au tournage d’un film sur le cirque, toujours au Cirque d’hiver, l’artiste retourne à ce thème qu’il affectionne particulièrement et retrouve son atmosphère vibrante de lumière, le défi aux lois de la pesanteur et les couleurs rutilantes dans une série de trente-huit gouaches.

En 1967, Tériade fait réaliser, à partir de ces gouaches, le livre Cirque : les lithographies, en noir et blanc et en couleur, reprennent les gouaches de 1955 et illustrent des textes écrits par l’artiste lui-même.

A la différence d’autres séries de gouaches préparatoires de Chagall (celles créées pour Les Fables de La Fontaine, par exemple, dispersées avant même la parution du livre), les trente-huit œuvres de Cirque sont réunies dans la même collection. Elles sont peu connues du public car rarement présentées. Elles forment pourtant un ensemble riche d’un véritable répertoire des formes et des mises en scène utilisées par l’artiste sur le sujet.

 Les gouaches évoquent tour à tour une nuit profonde d’un bleu zébré de la lumière des projecteurs ou l’éclairage jaune, éclatant, souligné de rouge, de vert et de bleu. Une partie d’entre elles, au contraire, joue uniquement sur les valeurs du blanc et du noir avec quelques délicates touches de bleu.

Les compositions présentent souvent le sujet principal décalé au bord du dessin ou s’organisent par la répartition des masses colorées tout autour d’un centre vide. Quelques-unes, particulièrement dynamiques, rappellent que Chagall fut, dans sa jeunesse à Saint-Petersbourg, au contact du futurisme en vogue dans l’avant-garde russe.

Les personnages s’envolent au-dessus de la piste, véritables images du rêve, alliant fantaisie et fantastique, qui mettent en scène êtres hybrides, hommes et animaux sens dessus dessous, visages doubles aux yeux multiples. Le décor lui aussi bascule dans l’irréel et la maison natale s’invite parfois sur la piste. La lune apparaît sur nombre d’entre elles, astre de la nuit qui contribue à donner au spectacle du cirque sa dimension mystérieuse et nostalgique.

 Les textes de Chagall dans le livre de Tériade reflètent cette atmosphère, accumulant les images verbales où s’entrechoquent les allusions à l’amour, les souvenirs de jeunesse autant que le cirque lui-même.

Dans cette série comme dans toutes les œuvres sur le cirque, Chagall cultive ce thème à l'image d'une métaphore de la vie et représente les gradins autour de la piste comme celle du monde. Il l’affirme en ces termes dans le livre de Tériade :

« Un regard, des regards. Chacun facettant à sa manière, le monde qui l’entoure, ce cirque que l’on appelle « Vie ».


 catalogue cirque en ligne

Communiqué de presse  cirque général
Communiqué de presse cirque Léger

site d'Alain Frère : www.museeducirquealainfrere.com

http://www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/exp...

Nous avons aimé samedi:Léger au pays des cercles en action

 

Allez au cirque. Rien n’est aussi rond que le cirque. C’est une énorme cuvette dans laquelle se

 

développent des formes circulaires. Ça n’arrête pas, tout s’enchaîne. La piste domine,

 

commande, absorbe. Le public est le décor mobile, il bouge avec l’action sur la piste. Les

 

figures s’élèvent, s’abaissent, crient, rient. Le cheval tourne, l’acrobate bouge, l’ours passe

 

dans son cerceau et le jongleur lance ses anneaux dans l’espace […]. Allez au cirque. Vous

 

quittez vos rectangles, vos fenêtres géométriques et vous allez au pays des cercles en action.

 

Fernand Léger,

 

Cirque

, éditions Verve, 1950

 

Lire la suite

samedi, 21 janvier 2012

Georges Rouault, "L'ivrognesse"


Rouault: l'ivvrognesse-1905

Lire la suite

mercredi, 18 janvier 2012

LE MYTHE DES BOHÉMIENS DANS LA LITTÉRATURE ET LES ARTS EN EUROPE

presentation.jpgSous la direction de Sarga Moussa
Histoire des Sciences Humaines
LITTÉRATURE ETUDES LITTÉRAIRES, CRITIQUES EUROPE


La Petite Gitane (1613) de Cervantès constitue la matrice d'un mythe qui, se développant dans le seconde moitié du XVIIIe siècle, se répand dans la littérature et les arts à l'époque romantique. On connaît l'Esméralda de Hugo et la Carmen de Mérimée mais on sait moins que les écrivains et artistes contemporains (George Borrow, la poète tchèque Macha, Lamartine, Liszt, Valerio...) se passionnent pour un peuple nomade apparemment rebelle à toute obéissance aux lois de la société, et dont la marginalité même lui confère une dignité nouvelle.


Lire la suite

Georges Rouault, "Un clown"

A Clownhttp://www.worldgallery.co.uk/art-print/A-Clown-25760.html

mardi, 17 janvier 2012

Georges Rouault et le cirque

Rouault s’est toujours intéressé aux fêtes foraines et aux clowns. Dans ses tableaux, on sent la misère de ces amuseurs publics que sont les clowns, les acrobates, et les autres personnages du cirque. Ils sont souvent le symbole de la souffrance humaine.


Clown au bandonéon

1906


Acrobate X

1913


Le vieux clown au chien

1925


Ecuyère de cirque

vers 1926


Le clown jaune

1930


Clown assis, Cirque de l'étoile filante

1932


Pierrot (ou Pierrette)

1937 ou 1938


Petite magicienne, Cirque de l'arc en ciel

1948-49


Duo ou Les deux frangins

1948

Lire la suite

Le clown en peinture

Bernard Buffet

http://arts.forumculture.net/t1184-le-clown-en-peinture





mercredi, 21 décembre 2011

Mais quel cirque!

Léger au pays des cercles en action

Samedi 3 décembre 2011-lundi 5 mars 2012

cirque Lger Basse def         http://www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/f.leger/

lundi, 19 décembre 2011

Mais quel cirque!

Chagall au pays des cercles en action


samedi 19 novembre 2011-
lundi 30 janvier 2012

cirque_chagallhttp://www.musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/chagall/

Toutes les notes