lundi, 09 novembre 2009

Le destin tragique des Roms

Le 30 septembre 1421, un dénommé sire Miquiel, prince de Latinghem en Égypte, se présente aux autorités de Tournai pour recevoir la protection de la ville. Les consaux (la municipalité) offrent alors sans sourciller l'hospitalité « à ces bons chrétiens chassés par les Sarrasins de leur pays ainsi qu'une somme importante, douze moutons d'or, du pain et de la bière ». Au XVe siècle, donc, on ne discute pas plus la venue des chevaliers du « Petit Égypte » en terres d'Occident qu'une bulle du pape. Or, précisément, ce fut bel et bien un pape, Martin V, qui laissa aller aux quatre coins de l'Europe, et dans le cadre d'un étonnant jubilé, la « tribu prophétique aux prunelles ardentes » chère à Baudelaire.

Depuis cette date, une longue histoire a pu rattacher les Tsiganes à nos cultures modernes. Mieux encore, à force de parcourir les contrées du Vieux Continent de long en large, ces nomades semblent en être devenus les frontières vivantes avec tout ce que cela implique en termes de convulsions politiques, culturelles. Ainsi par exemple en France, les auteurs de ce passionnant ouvrage nous apprennent que Louis XIV se décida un jour à retirer le patronage militaire aux « compagnies de Boesmes » non point pour leur mode de vie, mais bien parce que ces sujets du roi de France servaient fidèlement la noblesse dissidente, les armes à la main. Chose intolérable ! De l'abbé Prévost à Hugo, ces « patriotes cosmopolites », dirait Valéry Larbaud, souvent sédentarisés au fil des âges n'auront de cesse de peupler l'imaginaire des lettres, de la musique et de la danse. Pour le meilleur donc, et aussi pour le pire au vu de ce début de XXe siècle qui proclama un désamour sans précédent contre les gens du voyage. Les révélations des auteurs sont ici ahurissantes.

 

Dès 1915, des campsde concentration

 

Du préfet Bertillon, ordinairement connu pour avoir « inventé » la police scientifique, on constate qu'il fut encore l'homme du carnet anthropométrique pour manouches, sortes de livret obscène sur lequel figuraient diverses mesures telles que la longueur de l'oreille droite, du nez ou celle du pied gauche… De la ville de Crest (Drôme), on découvre qu'elle accueillit l'un des tout premiers camps de concentration de l'histoire, internant à la hâte les Sinti (Tsiganes alsaciens et lorrains) dès 1915, craignant sans doute qu'ils fussent de terribles espions allemands. Des camps d'extermination nazis dont on savait que les Tsiganes comptèrent parmi les victimes, on apprend avec effroi qu'une administration tatillonne tarda à les libérer après l'arrivée des Alliés, les relâchant seulement avec « les condamnés pour marché noir, les souteneurs ou les prostituées », vers la fin de l'année 1945. Un ouvrage à ne pas manquer donc, pour ceux qui croient encore avec Shakespeare que la douleur peut être une culture.

«Les Tsiganes en France. Un sort à part 1939-1946» de H. Asseo, E. Filhol et M.-C. Hubert Éditions Perrin, 420 p., 22 €.

http://www.lefigaro.fr/livres/2009/10/29/03005-20091029AR...

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samedi, 04 avril 2009

Mes travaux universitaires de DEA:stage:La représentation des bohémiens aux XVIII e et XIX e siècles.Bibliographie critique (16/20)

dessin toulouse.jpgJe supprime ce travail ici... d'ailleurs mon directeur de recherche m'avait conseillé de ne pas le divulguer sur le net.

Il avait raison; je suis  d'ailleurs en train de supprimer de ce blog tous mes travaux universitaires qui sont soit copiés, soit ignorés.

Comme mon mémoire de maîtrise, ils feront peut-être l'objet d'une publication.

 

CERTAINS TEXTES ET TABLEAUX EVOQUES DANS CE TRAVAIL SONT CONSULTABLES DANS MA CATEGORIE "La représentation des bohémiens:art et littérature."

D'AUTRES DOCUMENTS PRESENTS DANS CETTE CATEGORIE SONT LE RESULTAT DE RECHERCHES POSTERIEURES(et même en cours) A MON DEA.

ELARGISSEMENT DE LA RECHERCHE AUX XXe(cf. Chagall), XVIe,XVII e siècles et pourquoi pas au XXI e siècle.

 

IL NE S'AGIT PAS D'UN TRAVAIL SUR "Les bohémiens" mais sur "leur représentation" c'est-à-dire sur la façon dont on les percevait (et perçoit encore) et comment cela est restrancrit dans la littérature et la peinture.

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samedi, 31 janvier 2009

Les périodes bleues et roses de Picasso

saltimbanques.jpgLa période Bleue s'est étalée de 1900 à 1904. Picasso a effectué deux voyages à Paris entre 1900 et 1902, et s'y est établi en 1904. Il s'inspire des bas-fonds de Toulouse-Lautrec, qui sont pour lui misère et mélancolie, représentant ainsi le mal qui père sur le genre humain. Ainsi cette période correspond à un Picasso très pauvre et très soucieux et triste (notamment en raison du suicide de son ami le peintre Casagemas).

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jeudi, 22 janvier 2009

Frans Hals(fini le 21)

p.26:"Voilà un sourire qui se propage comme une étincelle de la bouche de la "Bohémienne" aux taches de son visage, qui s'incarne dans la direction provisoire du regard et dans le désordre du corsage généreusement décolleté, tandis que les coups de pinceau voltigent sur les manches comme autant de coups de fleuret."

la bohémienne.jpgImage:

http://www.megapsy.com/Louvre/pages/036.htm

mercredi, 19 novembre 2008

Toulouse-Lautrec,Au Cirque : clownesse (Le salut), 1899, Craie noire, crayons de couleurs et crayon noir sur papier, 35.6 x 25.4 cm

dessin0038.jpghttp://www.toulouselautrec.free.fr/dessins3.htm#

mardi, 28 octobre 2008

Picasso et le cirque

picassoetlecirque.jpgLes liens que Picasso a entretenus avec le monde du cirque ont été très fréquents tout au long de sa carrière. Dans la Barcelone du tournant du XIXe siècle, Picasso va voir les cirques de passage dans la ville, bien qu'il ne reste aucune trace de ce moment dans son œuvre. Plus tard, les cirques ambulants des boulevards de Paris deviendront un lieu de rendez-vous habituel pour le jeune Picasso et ses amis lors de leurs premiers séjours dans cette ville. C'est à la fin de l'année 1904 et en 1905 que le cirque – le Medrano est un point de référence dans sa vie et dans son œuvre – s'érige le thème central de ses compositions de l'époque. L'artiste crée une scène fictive où des acrobates et des équilibristes – qui apparaisent déjà dans la tradition littéraire et picturale du romantisme pour symboliser la solitude et la souffrance humaine – jouent des rôles de la vie quotidienne, expriment leurs problèmes personnels, leur solitude et l'incompréhension à laquelle leurs sentiments sont en butte. Les scènes de famille où les saltimbanques et les arlequins deviennent les véritables protagonistes de cette période sont l'héritage des groupes familiaux qui ont leurs racines dans la période bleue. Ces compositions seront à l'origine d'un grand tableau auquel Picasso pensait depuis longtemps, La Famille de saltimbanques, réalisé en 1905. Comme le Minotaure le sera dans les années 1930, l'Arlequin devient l'alter ego de l'artiste. Ce personnage, qui renvoie aux personnages marginaux de la période bleue, sera le véritable héros de ce que l'on appelait la période rose.

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Toulouse-Lautrec:Ecuyère à cru(1899)

dessin0008.jpghttp://www.toulouselautrec.free.fr/dessins4.htm#

lundi, 14 janvier 2008

André Dassary,"Les yeux noirs" (Air tzigane)

Paroles: Jean Rodor. Musique: Paul Durand (Arrgts)   1943
© Editions Paul Beuscher
note: Thème populaire russe.



{Refrain:}
Tes troublants yeux noirs,
Prometteurs d'espoir,
Font passer en moi
Le plus tendr' émoi
Mieux qu'un long discours,
Pour parler d'amour,
D'un regard très doux
Ils me disent tout.
Et je sens déjà
Les mots que tout bas
Tu pourrais chanter
Sous le ciel d'été ...
Viens près de mon coeur,
Et pour mon bonheur
Donne-moi ce soir
Tes yeux noirs

{Couplet 1: récitatif}
Tendres ou moqueurs,
Pour troubler mon coeur
Tes yeux savent bien
Implorer les miens.
C'est l'enchantement
D'un soir de printemps
Qu'un regard joyeux
De tes yeux.

{au Refrain}

{Couplet 2: récitatif}
J'aime leur douceur,
J'aime leur ferveur,
Quand je te tiens là
Blottie dans mes bras,
Car le vois passer
Toutes tes pensées
Au fond de tes yeux
Amoureux.


http://www.paroles.net/chanson/25041.1

Réécouté:Django Reinhardt avec le quintette du Hot club de France (Pour Elisabeth)

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Guitariste (1910-1953)

Celui par qui tout commence. Avant lui, pas de musique de ce style. C’est lui qui, en mélangeant la tradition Tzigane et le Jazz américain puis le bop, va lancer une nouvelle forme de musique, appelé aujourd’hui swing, Jazz manouche, Gypsy Jazz. Ce site est un hommage à ce musicien extraordinaire.

Biographie :

- Naissance le 23 janvier 1910 en Belgique de Jean-Baptiste Reinhardt dit "Django"
- 1923 : A treize ans il se produit au banjo au côté de Jean Vaissade dans les bals de Paris.
- 1928 : Suite à un incendie dans sa roulotte le rendant infirme de la main gauche, il se rééduque en pratiquant la guitare
- 1930 : il joue beaucoup sur la Côte d'Azur.
- 1933 : il rencontre Alix Combelle et Stéphane Grappelli. Avec ce dernier il va créer "Le Hot Club de France" avec qui il va se tailler une très grande réputation dans le monde entier. De nombreux solistes américains de passage en France se produisent avec lui : Coleman Hawkins, Benny Carter, Bill Coleman, ...
- Pendant l'occupation, il joue avec Pierre Fouad et Hubert Rostaing (Grapelli préférant rester à Londres).
- Après la guerre il tente l'aventure américaine mais sa difficulté d'adaptation dans les grands orchestres (Duke Ellington), lui valent un revers de carrière qui le marquera longtemps.
- De retour à St Germain, il enthousiasme encore toute une génération par sa virtuosité et son talent d'improvisateur. Il se retire à Fontainebleau.
- Décès le 16 mai 1953 à Samois (France)

http://www.djangostation.com/jazzmanouche.php?article84: extraits à écouter sur ce site et plein d'autres choses



 

mardi, 21 août 2007

Les nuits de Toulouse-Lautrec

4b052b150f256ab514af93e516bd2616.jpgForte des succès remportés par ses expositions temporaires consacrées à Camille Claudel et Braque durant les étés 2005 et 2006, la Ville de Dinan propose cette année à ses visiteurs de leur faire découvrir le peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864 –1901).

Cette exposition s’intéresse à une période d’une quinzaine d’années – entre le milieu des années 1880 et jusqu’à sa mort en 1901, au cours de laquelle l’artiste s’attache à la représentation de l’univers nocturne du Montmartre de la Belle Epoque. Son immersion dans la bohème montmartroise le conduit à un changement radical de ses sujets, des moyens employés pour les transcrire et de son style de vie.

Ses sujets de prédilection sont alors les divertissements de Montmartre : bars, cafés-concerts, théâtres et cirques, mais aussi les scènes de maisons closes qu’il fréquente assidûment. Il dresse un véritable panorama de ce monde du plaisir et du spectacle – en scène et hors scène – et de ses acteurs : chansonniers, diseuses, comédiens, équilibristes, clowns ou spectateurs clairement identifiés.

Le parti pris de l’exposition est de faire connaître l’œuvre graphique de l’artiste : dessins, lithographies, partitions illustrées, albums et affiches, près de 200 oeuvres sur papier sont exposées.

Quarante-quatre ans après la dernière exposition Toulouse-Lautrec en Bretagne (musée des beaux-arts de Rennes, 5 février-17 mars 1963), l’exposition de Dinan permet de « repenser Lautrec ». Elle révèle le génie multiforme de ce vrai-faux aristocrate passionné par des genres considérés comme peu nobles, tels que le café-concert ou le cirque et qui cherche la reconnaissance « de la rue » et du public.

L’exposition met aussi l’accent sur l’histoire sociale et culturelle d’une époque et entre ainsi en résonance avec les spectacles d’art vivant (spectacles musicaux, café-concert, French Cancan et cirque) programmés à Dinan tout l’été (pour plus d’informations, se reporter à la rubrique http://www.mairie-dinan.com/lautrec-autour-expo.php

http://www.mairie-dinan.com/lautrec.php

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