mardi, 23 avril 2013

Monet, l'oeil impressionniste

Depuis longtemps on étudie les sources historiques, culturelles, sociales, religieuses et, avec l’art moderne, la subjectivité individuelle, qui guident le regard des peintres. L’œil, et la vision au sens physique, ne forment qu’un filtre, aussi complexe soit-il ; mais quand ce filtre défaille, cela affecte à la fois le regard et le geste de l’artiste en altérant la traduction de facteurs « objectifs » comme « subjectifs » dans ses options esthétiques et leurs instruments techniques. Des cas célèbres déjà connus, mais le plus souvent superficiellement, voire en forme de clichés, comme l’astigmatisme d’El Greco ou la cataracte de Claude Monet, ont laissé entrevoir comment un peintre peut vivre et s’adapter à un handicap, le contourner, voire en bénéficier fût-ce sans intention. Les ophtalmologues se sont depuis longtemps intéressés à cette problématique. Bien sûr, en médecine – comme en psychologie – la définition du « normal » ne se conçoit le plus souvent qu’en creux : c’est ce qui ne dysfonctionne pas. Claude Monet cherchait à fixer sur la toile des instants précis dans ses conditions de vision. En sorte qu’on peut contempler ses œuvres en cherchant, pour chacune, l’aspect des processus visuels privilégiés. Construction des contours, perception des formes, représentation du mouvement, sensation chromatique. La possibilité nous est aussi offerte, de voir comment cet artiste confronté à une perte de capacités dans des facultés directement indispensables à l’exercice de son art s’en est accommodé. Au sommet de son art, dont il avait porté la maîtrise à hauteur de son désir, Monet a été forcé de revoir son approche devant le fait incontournable d’un handicap visuel plus ou moins invalidant. Cela a marqué des limites à son expression ; comme tout jeu de contraintes, cela a pu aussi le mener à de nouvelles voies, inattendues. Quelle part des Nymphéas de Monet est due à l’aboutissement d’une démarche entamée une soixantaine d’années plus tôt au Havre ? Certainement la plus grande ; mais quelle autre part peut relever de la bataille dans laquelle il était engagé face à sa cataracte, à ses effets anxiogènes, alors qu’il était enfin reconnu et libre dans son désir de laisser à l’éternité un témoignage magistral et irréfragable de sa relation particulière au monde ? Cette exposition essayera avec l’appui des connaissances scientifiques les plus avancées sur la vision, de nous faire appréhender plus précisément ce qui résume le mieux l’Oeuvre et l’originalité d’un peintre : son regard. L’exposition et le catalogue présenteront une soixantaine d’œuvres en provenance d’institutions diverses et des collections du musée Marmottan.

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16:09 Écrit par laura dans A lire, Claude Monet, Ma bibliothèque | Lien permanent | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

mercredi, 21 novembre 2012

Claude Monet(nouvelle sous-partie), "Argenteuil " au Musée de l'Orangerie(nouvelle sous-partie)

1840 - 1926)
1875
huile sur toile
RF 1963 - 106


En décembre 1871, Monet s’installe à Argenteuil avec sa famille. Cette ville située au nord ouest de Paris sur l’un des méandres de la Seine était devenue un des lieux de détente favori des plaisanciers, amateurs de voile ou de canotage. Elle était alors réputée pour ses régates depuis qu’elle avait été choisie en 1867 comme lieu de compétitions internationales lors de l’Exposition Universelle. Monet y est très vite rejoint par ses camarades : Renoir, Sisley et leur aîné Manet. Il y résidera jusqu’en 1876.
Vers 1875, Monet peint une série de vues de voiliers au mouillage sur le bassin d’Argenteuil. Seul le cadrage et la disposition des bateaux varient d’un toile à l’autre. Dans la version de l’Orangerie les coques rouges vermillon sont mises en vedette au centre de la composition. Elles forment un contraste éclatant avec le bleu complémentaire du ciel et de l’eau et le vert de la végétation flottant à la surface de la Seine. Le tout est ponctué par les touches blanches des voiles et par celles outremer des coques de gauche et du miroitement de la rivière. Le ciel et la surface de l’eau sont prétexte à l’étude des reflets lumineux. La touche est beaucoup plus fractionnée que dans le célèbre « Régates à Argenteuil » du musée d’Orsay peint trois ans plus tôt. Les lignes verticales des mats rythment et structurent la composition. La perspective n’est pas absolument fidèle aux règles traditionnelles. Au lieu de converger vers un point de fuite unique, elle semble diverger vers deux points de fuite à droite et à gauche des bateaux.
Par rapport aux peintures des années précédentes qui restaient relativement plus réalistes, cette version exalte le caractère bucolique du site. Monet élimine tout signe de modernisation. Les cheminées d’usine bien visibles dans certaines vues du port d’Argenteuil sont ici totalement effacées.
Par son thème, sa technique, l’éclat des couleurs cette œuvre est tout à fait représentative de l’impressionnisme à son apogée.

http://www.musee-orangerie.fr/pages/page_id19225_u1l2.htm

Je précise que cet article n'est pas de moi (lien vers la page citée et si possible son auteur)mais que je suis auteure(inspirée par ce que j’aime, donc par ce blog) et que vous pouvez commander mes livres en cliquant sur les 11 bannières de ce blog

Précédemment publié:

19/11/2012 08:30

07:52 Écrit par laura dans Claude Monet, Le Musée de l'Orangerie | Lien permanent | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |