Les poètes ne tarissent pas d'éloges. Boccace, dans une nouvelle du Décaméron, écrit que «Giotto possédait un génie si puissant que la nature ne produisit rien, sous les éternelles évolutions célestes, qu'il ne fût capable de reproduire avec le stylet, la plume ou le pinceau». Dante le cite dans un chant du Purgatoire. Et selon Cennino Cennini: «Il a changé l'art de peindre du grec au latin.» Autrement dit, il est celui qui a su, après Byzance, donner à l'Italie un art national.
Le nombre de documents sur Giotto est beaucoup plus vaste que pour tout autre artiste antérieur ou contemporain. On vit en lui non pas un artisan mais un homme digne de gloire et d'honneurs, à l'égal d'un condottiere ou d'un homme de lettres; la peinture, regardée à l'époque comme un art manuel devint, grâce à lui, une discipline humaniste. Tous s'accorderont à reconnaître l'extraordinaire nouveauté de son






















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