L’académie suédoise a décerné le prix Nobel de littérature à l’un des compatriotes, le poète Tomas Tranströmer, âgé de 80 ans.
samedi, 20 avril 2013
Sophie Loizeau publie Caudal aux éditions Flammarion
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akènes, regroupés en glomérule
trois aires de répartition du fantastique le lit,
la maison, la forêt, à lui seul un platane
comment construit-elle sa singularité grammaticale comment face
à une norme mâle de la langue
la langue la baigne, elle baigne ma fille
ta moi et ma moi comment cela aussi dans l’échange quand je la
désigne en disant
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Philippe Jaccottet, la poésie jour après jour
TACHES DE SOLEIL, OU D'OMBRE Philippe Jaccottet Editions Le Bruit du temps , 208 pages , 22 € acheter
TACHES DE SOLEIL, OU D’OMBRE
de Philippe Jaccottet
Éditions Le bruit du temps, 208 p., 22 €
«Notes sauvegardées » d’un grand poète, Taches de soleil, ou d’ombre raconte le quotidien d’un homme dont la vie est tout entière tournée vers la recherche d’une juste distance avec le monde. «Je cherche les mots qui puissent résister à l’épreuve de cette pierre», écrit-il en janvier 1964. Ce journal est donc bien loin du dévidement d’une vie « intime » au sens où on peut l’entendre souvent.
Et pourtant, la vraie intimité, celle qui rassemble les sources encore hésitantes de nos vies, se déploie magnifiquement dans ces taches de soleil, ou d’ombre. Des taches qui ponctuent, en joies et en craintes, éclats d’encre dispersés, un temps qui ressemble, avec Philippe Jaccottet, à une grande nappe blanche posée sur le paysage.
Souvenirs de phrases lues autrefois, encore adolescent : «Écris à l’ange de l’église de Laodicée», des mots de l’Apocalypse qui trouveront, des années plus tard, un reposoir dans la vie de braise de ce journal. Cette phrase ? Pourquoi elle et quelques autres et non toutes les autres, les infinies, rédigées par les écrivains et parlées par tous les hommes ? «La vérité, pour moi du moins, c’est encore la sonorité de cette phrase qui est vraiment telle que si Dieu l’avait dite, comme s’il y avait encore des anges, des églises vivantes, un Orient où ne naîtrait pas seulement au matin notre soleil.»
Réflexion sur le langage, sans la moindre théorie, incertain, infiniment respectueux, Jaccottet nous fait traverser les années. Visionnaire de réalité, creusant les images, de nature, de rêves, de cauchemars, de rencontres, d’agonie de quelques proches, ce très beau livre médite sur le pouvoir des représentations et des mots. Au sortir d’un «cauchemar violent», après un bref récit sur ce moment de terreur nocturne, Jaccottet écrit : «Alors, dans la nuit, m’étant serré contre ma compagne, qui dort profondément, je sens combien est fragile la membrane qui nous sépare, nous protège de l’épouvante, des tortures, des crimes… Et je me dis que toutes les images qu’il m’est arrivé de créer n’étaient que pour me protéger de tout cela.»
«Me protéger» et non pas «nous protéger», tant ce journal presque immobile, cristallisé, minuscule diamant au fond d’une mine, se tient dans une modestie, un effacement extrême face au monde. Jaccottet n’est ni René Char, lyrique, cosmique, ni Bonnefoy, son contemporain, un autre veilleur des réalités. Jaccottet regarde depuis tout en bas. Il se tient au niveau du monde, parfois à côté, jamais au-dessus. Les oiseaux, les arbres, l’air de la Provence où vit ce protestant d’origine suisse, le ciel, reviennent de page en page jusqu’à composer une sorte d’immense haïku, ce court poème japonais aux figures imposées.
Jaccottet aime Supervielle, le poète japonais Bashô, Hölderlin, Mandelstam… Il suit avec attention ses frères en poésie, le foisonnement créatif du vingtième siècle, André du Bouchet, Ponge, Michaux, Jean Tortel… Il reste presque interdit devant les tableaux de Rothko et de Morandi. Il écrit : «Comment Rothko a-t-il fait pour communiquer un pareil sentiment de plénitude, plus ou moins heureux ou sombre selon les périodes, avec cette apparence de “presque rien” ?»
Philippe Jaccottet évoque un vers de Baudelaire («la servante au grand cœur dont vous étiez jalouse»), qui ouvre pour lui l’un des plus beaux poèmes de la langue française «puisque s’y trouvent liées la mère, les fleurs, la servante et la mort». Lier, délier, tel semble être le sillon presque invisible que suivent les phrases de ce recueil. Traduire ce qui arrive au cours d’une vie simple, rapprocher par les mots toutes les variétés de ce qui nous advient pour «fortifier la lumière “réelle”».
Traduire, mot presque inexact parfois, pour cet homme qui a consacré tant d’heures à justement traduire les œuvres des très grands, Rilke, Robert Musil, Ungaretti, Homère… Car bien souvent, au cœur des mois, des années, c’est presque une sorte de présence absolue qui surgit soudain, une présence à tout, un accord unique, une justesse. Et c’est presque intraduisible ! Évoquant Glenn Gould jouant les variations Goldberg il écrit : «Mais les variations lentes : c’est là que les mots me manquent… elles ressemblent à ce que l’on pourrait entendre ayant franchi le Léthé dans Le Paradis de Dante : paroles, inflexions que l’oreille humaine ne pourrait saisir qu’au plus haut étage du monde.»
Et ces taches de soleil, ou d’ombre, deviennent alors la preuve, la manifestation, tout simplement, du seuil où se tient notre existence.
PASCAL RUFFENACH
21:56 Écrit par laura dans A lire, Des poètes et poétesses, Lu dans la presse | Lien permanent | Envoyer cette note |
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mercredi, 14 novembre 2012
Trop peu de bruit pour la mort d'un poète
07:51 Écrit par laura dans Des poètes et poétesses | Lien permanent | Envoyer cette note |
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vendredi, 11 mai 2012
J'ai aimé hier soir
08:30 Écrit par laura dans Des bibliothèques, Des expositions, Des poètes et poétesses, J'ai/nous avons aimé, Le paysage, Lyon(Rhône,69:études,travail), Vu | Lien permanent | Envoyer cette note |
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dimanche, 06 mai 2012
Choix de poèmes de Tomas Tranströmer
Ces poèmes sont extraits du recueil « Baltiques », oeuvres 1954-2004 (1), de Tomas Tranströmer.
10:49 Écrit par laura dans Des poèmes, Des poètes et poétesses, J'ai/nous avons aimé, Lu, Lu sur le net | Lien permanent | Envoyer cette note |
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vendredi, 04 mai 2012
Mandelstam, le sang d’un poète
La passionnante étude de l’allemand Ralph Dutli et la réédition de plusieurs œuvres font entendre la voix d’un très grand poète russe du XXe siècle, longtemps méconnu hors de l’URSS.
MANDELSTAM, MON TEMPS, MON FAUVE, UNE BIOGRAPHIE Ralph Dutli Le Bruit du temps / La Dogana , 608 pages , 34 €
21:26 Écrit par laura dans Des poètes et poétesses | Lien permanent | Envoyer cette note |
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mercredi, 18 avril 2012
J'ai terminé hier soir:"Baltiques" de Tomas Tranströmer
08:39 Écrit par laura dans Des poètes et poétesses | Lien permanent | Envoyer cette note |
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vendredi, 23 mars 2012
Ossip Mandelstam(cf. article ci-dessous)
"Tendre l'oreille pour écouter la germination et le bruit du temps."
08:17 Écrit par laura dans Des poètes et poétesses | Lien permanent | Envoyer cette note |
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samedi, 03 mars 2012
J'ai aimé lire:Tomas Tranströmer dans l'anthologie des "Cinq poètes du Grand Nord"
À lire sur Tranströmer : une page sur le site du printemps des poètes, un article de Marc Blanchet dans le Matricule des anges, et un extrait sur Poezibao.
Ce texte est repris par Laurent Margantin sur son site Œuvres ouvertes - à découvrir au passage.
Tranströmer vient de recevoir le prix Nobel de littérature 2011.
« Un langage situé au-delà du langage »
La parution dans la collection Poésie / Gallimard des œuvres poétiques complètes du Suédois Tomas Tranströmer nous permet de découvrir une figure essentielle de la poésie contemporaine, figure reconnue internationalement mais encore mal connue en France. Il faut rendre hommage aux éditions Le Castor astral qui ont publié Baltiques traduit par Jacques Outin en 1996.
11:31 Écrit par laura dans A lire, Des poètes et poétesses | Lien permanent | Envoyer cette note |
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vendredi, 02 mars 2012
Pentti Holappa | Les mots longs dans l'anthologie des "cinq poètes du Grand Nord"
Écrivain finlandais, Pentti Holappa est né (1927) au milieu des grandes forêts, et a grandi élevé par sa mère. Tour à tour coursier, ouvrier, postier, libraire, publicitaire, éditorialiste, directeur de revue, ministre de la culture, traducteur (Baudelaire, Reverdy, Ponge, Simon, Robbe-Grillet, Le Clézio, Sarraute), il a publié dix-sept livres de poésie, sept romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des essais.
18:11 Écrit par laura dans Des poètes et poétesses | Lien permanent | Envoyer cette note |
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