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Chateaubriand François-René de

  • Dans ma lecture de "Métronome", p.53

    Œuvres complètes : Odes et Ballades. Essais et Poésies diverses. Les Orientales, Ollendorf, 1912, 24 (pp. 195-199).

     

    Le Génie

     

    à M. Le Vicomte de Chateaubriand

     

    Les circonstances ne forment pas les hommes ; elles les montrent : elles dévoilent, pour ainsi dire, la royauté du Génie, dernière ressource des peuples éteints. Ces rois qui n’en ont pas le nom, mais qui règnent véritablement par la force du caractère et la grandeur des pensées, sont élus par les événements auxquels ils doivent commander. Sans ancêtres et sans postérité, seuls de leur race, leur mission remplie ils disparaissent en laissant à l’avenir des ordres qu’il exécutera fidèlement.
    F. DE LA MENNAIS.

     


                       I

    Malheur à l’enfant de la terre,
    Qui, dans ce monde injuste et vain,
    Porte en son âme solitaire
    Un rayon de l’esprit divin !
    Malheur à lui ! l’impure envie
    S’acharne sur sa noble vie,
    Semblable au Vautour éternel,
    Et, de son triomphe irritée,
    Punit ce nouveau Prométhée
    D’avoir ravi le feu du ciel !


    La Gloire, fantôme céleste,
    Apparaît de loin à ses yeux ;
    Il subit le pouvoir funeste
    De son sourire impérieux !
    Ainsi l’oiseau, faible et timide,
    Veut en vain fuir l’hydre perfide
    Dont l’œil le charme et le poursuit,
    Il voltige de cime en cime,
    Puis il accourt, et meurt victime
    Du doux regard qui l’a séduit.

    Ou, s’il voit luire enfin l’aurore
    Du jour, promis à ses efforts ;
    Vivant, si son front se décore
    Du laurier, qui croît pour les morts ;
    L’erreur, l’ignorance hautaine,
    L’injure impunie et la haine
    Usent les jours de l’immortel.
    Du malheur imposant exemple,
    La Gloire l’admet dans son temple,
    Pour l’immoler sur son autel !

                       II

    Pourtant, fallût-il être en proie
    À l’injustice, à la douleur,
    Qui n’accepterait avec joie
    Le génie, au prix du malheur ?
    Quel mortel, sentant dans son âme
    S’éveiller la céleste flamme
    Que le temps ne saurait ternir,
    Voudrait, redoutant sa victoire,
    Au sein d’un bonheur sans mémoire,
    Fuir son triste et noble avenir ?

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  • Les péripéties du manuscrit des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand

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    Les péripéties du manuscrit des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand

    Aimé Millet, Chateaubriand, 1875, plâtre, Rennes, musée des Beaux-Arts ((C)Caroline Léna Becker/Wikimedia Commons).

    Le procès de Pascal Dufour s’est ouvert ce jeudi 10 septembre. Le notaire est accusé d’avoir tenté de vendre une copie du manuscrit des Mémoires d’outre-tombe alors qu’il n’en serait pas le propriétaire légal.

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  • Chateaubriand sur Venise

    J'ai pris Venise autrement que mes devanciers : j'ai cherché des choses que les voyageurs, qui se copient tous les uns les autres, ne cherchent point. Personne, par exemple, ne parle du cimetière de Venise; personne n'a remarqué les tombes des juifs au Lido ; personne n'est entré dans les habitudes des gondoliers, etc. Vous verrez tout cela. » (Lettre à M°» Récamier, du 15 septembre).

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  • Lettre de Céleste de Chateaubriand à Mme Joubert

    Je vous écris à bord du Lion d’Or, car les maisons ici ne sont autre chose que des vaisseaux à l’ancre. On voit de tout à Venise, excepté de la terre. Il y a cependant un petit coin, qu’on appelle la place Saint-Marc, et c’est là que les habitants vont se sécher le soir.

    26 juillet 1806

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  • A Bertin, le 30 juillet 1806

    Cette Venise, si je ne me trompe, vous déplairait autant qu’à moi.  C’est une ville contre nature.  On ne peut y faire un pas sans être obligé de s’embarquer, ou bien on est réduit à tourner dans d’étroits passages plus semblables à des corridors qu’à des rues.  La place Saint-Marc seule, par l’ensemble plus que par sa beauté des bâtiments, est fort remarquable et mérite sa renommée.
    L’architecture de Venise, presque toute de Palladio, est trop capricieuse et trop variée.  Ce sont presque toujours deux, ou même trois palais bâtis les uns sur les autres.

    Ces fameuses gondoles toutes noires ont l’air de bateaux qui portent des cercueils.  J’ai pris la première que j’ai vue pour un mort qu’on portait en terre.
    Le ciel n’est pas notre ciel de delà l’Apennin ; point d’antiquités. Rome et Naples, mon cher ami, et un peu de Florence, voilà toute l’Italie.

    Il y a cependant quelque chose de remarquable à Venise, c’est la multitude de couvents placés sur des îles et sur des écueils autour de la ville, comme ces forts et ces bastions qui défendent ailleurs les villes maritimes. L’effet de ces monuments religieux, la nuit, sur une mer paisible, est pittoresque et touchant. Il reste quelques bons tableaux de Paul Véronèse, de son frère, du Tintoret, du Bassan et du Titien. 

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