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Catégories : Nerval Gérard de

Littérature régionale d’Île de France

les-Nymphes-de-la-N-va.jpgOn pourrait croire que l'Île-de-France n'a pas de littérature régionale parce qu'elle abrite la capitale de la France, mais en réalité, on trouve beaucoup d'œuvres littéraires qui font de Paris et de ses alentours un lieu dont la poésie est naturelle et spontanée, sans lien particulier avec son statut officiel. Dès le dix-septième siècle, on chantait les nymphes de la Seine en ayant conscience que toutes les rivières du monde avaient des nymphes. On cherchait simplement à transposer Ovide: Racine et La Fontaine s'adonnèrent à ce jeu, et ils le firent à la suite d'Honoré d'Urfé, alors très admiré, et qui l'avait effectué pour le Lignon, dans le Forez - affirmant même que celui-ci avait contenu l'immortelle mère de tous les Gaulois, la célèbre nymphe Galatée.

Cependant, au dix-neuvième siècle, la célébration par la fable de l'Île-de-France s'est développée en s'appuyant davantage sur le folklore, par exemple à travers Gérard de Nerval, qui reprit des légendes locales - notamment celle dite de l'Homme rouge -, et évoqua la figure d'Isis, dont on pensait qu'elle avait beaucoup compté dans le Paris antique. Hugo développa aussitôt l'idée dans La Fin de Satan et, dans Les Misérables, outre une présentation détaillée de l'argot parisien, le même parle d'une hydre invisible qui unit, dans les profondeurs de la cité, l'âme des malfrats; or, Balzac l'a pour ainsi dire matérialisée sous les traits du mystérieux Ferragus, maître caché de la ville, chef des Douze qui la dirigent en secret...

deesse lune.jpgOn sait, aujourd'hui, que Quasimodo, le bossu de Notre-Dame, a probablement une origine folklorique.

Ce cycle légendaire de Paris et de ses abords se trouve aisément en librairie, et pourtant, on ne trouve que difficilement les écrivains qui sont allés dans ce sens pour la Savoie, en y inventant des figures fabuleuses: j'en ai déjà parlé. On ne trouve guère que le Raphaël de Lamartine, qui a créé, dans la vallée du lac du Bourget, un authentique symbole, celui de sa chère Julie transfigurée après sa mort, dont il dit: je crois voir l'âme heureuse de celle qui m'apparut un jour dans ces lieux s'élever étincelante et immortelle de tous les points de cet horizon, remplir d'elle seule ce ciel et ces eaux, luire dans ces splendeurs, s'imbiber dans cet éther, brûler dans ces feux, pénétrer dans ces vagues, respirer dans ces murmures, prier, louer, chanter dans cet hymne de vie qui ruisselle avec ses cascades de ces glaciers dans ces lacs, et faire couler sur cette vallée et sur ceux qui s'y souviennent d'elle comme une bénédiction qu'on voit par les yeux, qu'on entend par l'oreille et qu'on sent dans le cœur! On ne peut pas dire que ce ne soit pas fabuleux; c'est l'institution d'un culte!

Lamartine a le privilège d'appartenir au panthéon national: il est donc édité à Paris. En Savoie, on n'a guère réédité, dans le même esprit, que Le Siège de Briançon, de Replat.

http://remimogenet.blog.tdg.ch/archive/2011/09/07/litterature-regionale-d-ile-de-france1.html

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