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Eugène GREEN

« Le Lac de cendres »

Poème

SORTIE EN LIBRAIRIE LE JEUDI 6 FÉVRIER 2014
Collection Cahiers d'Arfuyen n°212, 110 pages, ISBN 978-2-845-90196-4

10,00 €

     Implantées dans une région frontalière, au cœur de l’Europe, les Éditions Arfuyen ont toujours éprouvé un très vif intérêt pour les écrivains qui, issus d’une autre langue, choisissent d’écrire en français.

Car à leur langue d’adoption ils apportent un peu de la musique et de la sensibilité de leur langue d’origine et l’enrichissent d’autant.  C’est ainsi que, depuis leur origine en 1975, les  Éditions Arfuyen ont publié des auteurs comme François Cheng, Anise Koltz, Silvia Baron Supervielle, Michael Edwards ou Marwan Hoss.
     Eugène Green est de ceux-là. Né en 1947 à New York, il a très tôt quitté son pays et voyagé à travers l’Europe, pour s’établir à Paris à l’âge de 22 ans. Dès 1977, il a créé sa compagnie théâtrale : le Théâtre de la Sapience et, vingt ans plus tard, est passé au cinéma avec Toutes les nuits, prix Louis-Delluc 2001. Six autres films suivront. Essayiste, il a donné des travaux passionnants sur ses conceptions théâtrales, mais aussi sur son expérience de cinéaste.
     Avant toutes choses cependant, Eugène Green est romancier et poète. Son œuvre narrative a paru chez Melville, Actes Sud et, à partir de 2009, chez Gallimard. Centrale, son œuvre poétique reste, en revanche, largement inédite.
     Le Lac de cendres a pour sous-titre « poème ». C’est dire que cet ensemble se présente comme une suite unique et solidement architecturée dont le thème est la disparition des cultures et des langues d’Europe dans la grande soupe communicationnelle aujourd’hui insolemment triomphante. Américain de naissance, c’est-à-dire selon lui né en « Nouvelle Barbarie », Eugène Green ressent cette évolution comme une responsabilité insupportable du pays dont il est issu et exalte avec d’autant plus de ferveur une civilisation des Lumières qu’il voit expirer.
     Il emprunte la langue solennelle de Dante pour décrire la scène où se passe le drame : « Sortant d’un bois assombri par l’hiver, / Je me trouvai dans une étrange plaine,/ […] Au centre creux de cette immense absence /  Je découvris les contours d’un grand lac. » De ce lac montent les voix  des derniers grands poètes qui ont illustré les différentes langues d’Europe : de Mallarmé à Hopkins, de Rilke à Cavafis, de Montale à Pessoa, de Quasimodo à Espriu. À chaque fois Eugène Green les écoute et nous restitue leur lamentation.
     C’est donc ici un exercice de haute culture en même temps qu’une réflexion brûlante sur la faillite de l’Europe depuis 1914. 

 

 

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