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Les Essais, livre Ier, chapitre XXVIII - Montaigne, De l'amitié

Pour ce défi 188 Durgalola et Jeanne Fadosi nous proposent de  rendre hommage à Henri

en partant  d’un de ses textes ou simplement d’en créer un personnel sur l’amitié en alexandrins

(chacun faisant ce qui lui est possible, pas d’obligation de rimes riches, juste comme on le sent)

Pour les jeudi poésie, c’est selon votre inspiration , en alexandrins ou pas.

Voici le texte que notre ami avait publié peu de temps avant son départ.

Je propose que pour cette quinzaine nous soyons tous à la barre !!!

Pour les Amis quelques Alexandrins !

 Pour tous ceux qui me lisent régulièrement,

 Je vous en remercie vraiment sincèrement.

 Or, aujourd’hui, aucun sujet particulier,

 Mais très simplement, un  besoin tout singulier,

 D’expliquer mon amour pour les alexandrins.

 Que j’essaie toujours de manier avec entrain,

 Pourquoi j’ai choisi ce type d’écriture ?

 J’aime cette forme de littérature.

 Ce n’est évidemment pas par facilité,

 Car elle comporte bien des difficultés.

 L’obligation de vers toujours de douze pieds,

 Puis laisser courir le stylo, sur le papier,

 Et trouver des rimes, si possible riches,

 Mais voilà qui ne supportent pas la triche.

 C’est de plus un bon exercice cérébral,

 Qui bien réussi, vous conforte le moral.

 Si la lecture rappelle un son musical,

 Alors on a gagné et c’est le principal.

 Ces quelques vers, j’espère vous feront plaisir,

 En les écrivant, c’était pour moi mon désir.

 Alors pour toutes et tous, bonne réception.

 Que la lecture ne soit pas la déception.

 

 Henri LANDA. (24 Mai 2017).

Le Môt de Dômi

Je n’ai pas grand chose à dire

si ce n’est que Henri va beaucoup nous manquer.

Il croquait les mots aussi joliment

qu’il croquait la vie.

http://croqueursdemots.apln-blog.fr/2017/06/05/defi-188-hommage-a-notre-ami-henri/

De l'amitié


Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en répondant : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »
Il y a, au-delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulièrement, ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par des rapports que nous oyions l'un de l'autre, qui faisaient en notre affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports, je crois par quelque ordonnance du ciel ; nous nous embrassions par nos noms. Et à notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il écrivit une satire latine excellente, qui est publiée, par laquelle il excuse et explique la précipitation de notre intelligence, si promptement parvenue à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé, car nous étions tous deux hommes faits, et lui plus de quelques années, elle n'avait point à perdre de temps et à se régler au patron des amitiés molles et régulières, auxquelles il faut tant de précautions de longue et préalable conversation. Celle-ci n'a point d'autre idée que d'elle-même, et ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni deux, ni trois, ni quatre, ni mille : c'est je ne sais quelle quintessence de tout ce mélange, qui ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et se perdre dans la sienne ; qui, ayant saisi toute sa volonté, l'amena se plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence pareille. Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni qui fût ou sien, ou mien.

Les Essais, livre Ier, chapitre XXVIII - Montaigne

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