Septembre 2014
il.h.o.o.Q. En 1967, c’est un Marcel Duchamp âgé – il a 80 ans – mais encore vif qui se confesse devant la caméra du réalisateur Philippe Collin : « Je [n’ai] jamais autant pensé [aux ready-made] que maintenant, parce que pendant une période de trente ans personne n’en a parlé, ni moi non plus. C’était un peu oublié, simplement ; et ça reparaît maintenant. Et puis, dans cinq ou six ans, on n’en reparlera plus. » Un an avant sa disparition, Duchamp est encore un artiste discret, un artiste pour artistes que les États-Unis connaissent (un peu) et que la France ignore (totalement). Une fois n’est pas coutume, ce jour-là, Marcel Duchamp se trompe : non seulement cinq ou six ans après on parlerait encore des ready-made mais ces derniers allaient devenir – et l’artiste avec eux – le paradigme de l’avant-garde artistique. La prophétie d’Apollinaire était donc en marche : « Il sera peut-être ...

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