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Avec un résultat de 5 millions d'euros pour 2011, le département tableaux orientalistes, dirigé par Olivier Berman, prend la place de leader mondial dans cette spécialité.
Depuis sa création en 2008, 10 records du monde ont été établis pour des artistes majeurs dont 5 au cours de cette année : Jacques Majorelle, Lucien Levy Dhurmer, Edy Legrand, Alexandre Roubtzoff.
On constate d'excellents résultats et une très forte demande pour les œuvres de José Cruz Herrera, Etienne Dinet, Fabius Brest, Jean-Gaston Mantel, Georges Washington, Alexandre Iacovleff, Felix Ziem.
Après le succès de la première vente thématique Jacques Majorelle et ses contemporains et de la pré-exposition au Palace Es Saadi de Marrakech, Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan. annonce une seconde vente évènementielle en juin 2012 sur deux thèmes : Jacques Majorelle et ses contemporains 2 et Du Maroc aux Indes Date de clôture du catalogue sur demande
Notre département est prêt à vous assister pour toute question concernant l'achat, la vente ou encore l'évaluation d'œuvres de votre collection et ce de manière gratuite et confidentielle.
Quelques enchères
José Cruz Herrera (1890-1972) Les fiancées
Huile sur toile 73 x 100 cm
471 434 €, le 8 juin 2010
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre de l’artiste
Jacques Majorelle (1886–1962) La Kasbah rouge (Freija), 1924
Huile sur toile 100 x 80 cm
1 315 818 €, le 9 juin 2011
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre de l’artiste
Jean-Gaston Mantel (1914-1995) L’Aouache, 1972huile sur toile 81,5 x 65 cm62 500 €, le 1er décembre 2010
Edouard-Léon-Louis Edy-Legrand (1892-1970) La Tikka, l’heure du thé
Huile sur papier 97 x 129 cm
378 494 €, le 9 juin 2011
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre de l’artiste
Lucien Levy-Dhurmer (1855-1953) Portrait d’une berbère marocaine
Pastel sur papier, signé
49 x 46 cm
50 106 €, le 2 décembre 2009
Jacques Majorelle (1886-1962) Les Kasbahs de l’Atlas
Edité par Lucien Vogiel chez Jules Maynial, 1930
Portfolio comprenant 30 planches
29 000 €, le 9 juin 2011
Record du monde en vente aux enchères pour Les Kasbahs de l’Atlas par Jacques Majorelle
Jacques Majorelle (1886-1962) Fatima, Marrakech, circa 1934
Détrempe, technique mixte rehaussée d’or et d’argent sur carton
94,5 x 68 cm
359 900 €, le 9 juin 2011
José Cruz Herrera (1890-1972) Beautés marocaines
Huile sur toile 73 x 92 cm
124 458 €, le 9 juin 2011
Eugène Girardet (1853-1907) La récolte des dattes, circa 1890
Huile sur toile 54 x 74,5 cm
74 890 €, le 8 décembre 2008
Victor Huguet (1835-1902) Halte de Bicharis dans le désert de Lybie, 1861
Huile sur toile
110 x 196 cm
159 156 €, le 8 décembre 2008
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre de l’artiste
Etienne Dinet (1861-1929) Les prisonniers du cheikh
Huile sur toile 49,5 x 69 cm
153 000 €, le 18 décembre 2011
Henri Rousseau (1875-1933) Caïd marocain et son escorte, 1924
Huile sur toile 54,5 x 65,5 cm
40 000 €, le 18 décembre 2011
Félix Ziem (1821-1911) Fontaine de la Sultane Mihrisah, Eaux douces d’Asie
Huile sur panneau 53 x 80 cm
37 714 €, le 1 décembre 2010
Eugène Fromentin (1820-1876) Le départ pour la chasse à Laghouat, 1868
Huile sur panneau 35,5 x 26,5 cm
30 280 €, le 1 décembre 2010
Alexandre Roubtzoff (1884-1949) Bédouine de Tunis, 1935
Huile sur toile
98 x 75 cm
434 300 €, le 8 juin 2010
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre de l’artiste
Alexandre Roubtzoff (1884-1949) Porte cloutée, zaouïa Bakria, 1927
Aquarelle et crayon sur papier
65 x 49 cm
60 020 €, le 9 juin 2011
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre sur papier de l’artiste
Léon Girardet (1856-1895) Intérieur d’une maison mauresque
Huile sur toile
73 x 59 cm
68 700 €, le 8 juin 2010
Record du monde en vente aux enchères pour une œuvre de l’artiste
Chaïbia (1929-2004) La partie, 1975
Acrylique sur toile
113 x 92 cm
16 066 €, le 24 octobre 2009
Jilali Gharbaoui (1930-1971) Composition, 1959
Huile sur toile
64 x 92 cm
91 000 €, le 9 juin 2011
Farhad Moshiri (né en 1963) La Jarre, 2000
Huile sur toile
235 x 120 cm
25 322 €, le 24 octobre 2009
Georges Washington (1827-1910) La chasse à l’antilope
huile sur toile 73 x 92 cm
56 300 €, le 1er décembre 2010
Rudolf Ernst (1854-1932) Le fumeur de narghilé
Huile sur panneau 35 x 26 cm
124 458 €, le 9 juin 2011
Germain Fabius Brest (1823-1900) Scènes animées sur les bords du Bosphore : L'Aurore et le Crépuscule
Paire d'huiles sur toile
36 x 60 cm (chaque)
124 500 €, le 18 décembre 2011
Jacques Majorelle (1886-1962) Le modèle alangui, Marrakech, circa 1930-1935
Aquarelle et gouache sur papier 50 x 78 cm
131 893 €, le 9 juin 2011
Jacques Majorelle (1886-1962) Vue d’Anemiter
Aquarelle et gouache sur papier 66 x 100 cm
204 450 €, le 8 juin 2010
Jacques Majorelle (1886-1962) Le Souk des soieries
Huile sur toile 63,5 x 79,5 cm
146 800 €, le 18 décembre 2011
Alexandre Iacovleff (1887-1938) Les antilopes, Bahr Ouendja, 1925
Huile sur toile 37,5 x 55 cm
37 700 €, le 1er décembre 2010
Paul Elie Dubois (1886-1949) Le joueur de flûte
Huile sur panneau d’isorel
173 x 151 cm
50 100 €, le 8 juin 2010
Jacques Majorelle (1886-1962) Marché à Bamako,1949
huile sur toile 64,5 x 54,5 cm
149 200 €, le 18 décembre 2011
Prochaine vente
5 Juin 2012
Jacques Majorelle et ses contemporains 2. Du Maroc aux Indes
« Je serai chanteur », « je serai danseur »affirmait le jeune Chagall depuis sa ville russe de Vitebsk.
Et pourtant, l’artiste est devenu peintre. A-t-il pour autant oublié ses rêves d’enfant ? Des toiles comme David à la mandoline etVioloniste au coq semblent prouver le contraire !
Chagall est issu d’une famille juive hassidique. Dans ce courant religieux, la musique et la danse sont des moyens de se rapprocher de Dieu, à la manière d’une prière. Mais comment les faire ressentir dans la peinture, cet art silencieux et immobile ?
Par la couleur ! répond Chagall. Comme la musique, les couleurs parlent à tout le monde. Les unes à côté des autres, elles forment des rythmes dont l’émotion va droit au cœur.
Ainsi, Chagall veut produire un art total, un langage universel qui charme les yeux et les oreilles. C’est donc tout naturellement qu’il place la musique au cœur de sa peinture dans les thèmes abordés, mais également dans le langage pictural qu’il invente.
En 1966, le directeur du Metropolitan Opera de New York lui confie une mission pour l’inauguration du lieu. Deux immenses panneaux de 9 mètres sur 11, destinés à orner le gigantesque hall du bâtiment.
Dans le premier panneau, Les Sources de la musique, les couleurs éclatantes résonnent comme une mélodie au centre de laquelle se tient David, le roi musicien de l’Ancien Testament.
Portrait de Marc Chagall par Pierre Choumoff, vers 1920 Voir en grand
Le soir de l’inauguration, la star, c’est Chagall. En plus des décors du hall, il réalise aussi ceux de l’opéra joué pour l’occasion : La flûte enchantée de Mozart. Il est partout : les costumes des danseurs sont aussi de lui.
La musique, la danse et la peinture, un vrai rêve d’enfant réalisé !
Vue de l'exposition "Marc Chagall : les sources de la musique" à la Piscine de Roubaix Voir en grand
Retrouvez ces œuvres au musée de la Piscine de Roubaix grâce à la C’ART. La C’ART, c’est le pass unique pour découvrir les 9 plus grands musées de Lille et de sa métropole.
Le 3 Octobre, Artcurial organisera à Paris une vente de tableaux et dessins anciens et du 19ème, de sculptures et de cadres. Nous retiendrons une Ecole flamande du début du 17ème de l’entourage de Paul Vredeman de Vries. Cette huile sur panneau parqueté représentant une scène galante dans un décor palatial est estimée entre 15 000 et 20 000 € (Lot 322). Le 5 Octobre, la maison Mercier & Cie proposera à Lille une grande vente cataloguée. Le lot phare de cette vente est une huile sur panneau du 17ème de Jan II Brueghel dit « Le jeune » et d’Hendrick Van Balen représentant une allégorie de la terre et estimée entre 150 000 et 200 000 € (Lot 307, photo ci-contre).
Le 6 Octobre, la maison Rennes Enchères dirigera une vente de tableaux anciens, mobilier et objets d’art. Vous découvrirez deux superbes panneaux à fond or de l’école allemande du 15ème estimés entre 50 000 et 60 000 €. L’un représente Saint Kilian et Sainte Agnès et l’autre deux saintes non identifiées (Lot 26, photo ci-contre).
Le même jour, la maison allemande Auctionata mettra en vente à Berlin des peintures du 19ème siècle et des maîtres anciens. Vous pourrez acquérir une nature morte de Jacob Marrel, artiste allemand du 17ème, estimée entre 19 200 et 24 000 € (Lot 42).
Une trentaine de tableaux de maîtres, parmi lesquels des Picasso et Rousseau, dont la valeur totale pourrait atteindre un million d'euros, ont été volés dans une propriété de La Cadière d'Azur (Var), a-t-on appris aujourd'hui de sources concordantes.
Une toile de Modigliani, initialement signalée disparue, a été retrouvée dans la maison, selon le parquet de Toulon, qui a précisé que le vol était survenu entre mercredi et jeudi. Le ou les auteurs se sont introduits dans la résidence après avoir fracturé une porte-fenêtre, a précisé une source proche de l'enquête. C'est le gardien qui a découvert le vol jeudi après-midi et donné l'alerte.
Le propriétaire, un Français en vacances en Suède au moment des faits, a été contacté pour confirmer l'authenticité des oeuvres dérobées et leur valeur. Il a regagné son domicile pour procéder à un inventaire de sa collection, qui permettra d'établir le montant exact du préjudice, a-t-on précisé au parquet.
La section recherches de la gendarmerie de Marseille et le groupement de gendarmerie du Var ont été saisis de l'enquête. L'Office central de lutte contre les trafics de biens culturels (OCBC) a également été informé.
LE MONDE | 19.02.2014 à 08h45 • Mis à jour le 19.02.2014 à 18h48 | Par Philippe Dagen
"Bénerville, la plage 1890", d'Eugène Boudin. | COLLECTION PARTICULIÈRE
L'exposition ne s'annonçait pas de la meilleure des façons. Une présentation de peintres impressionnistes au Musée Marmottan, résidence permanente de Claude Monet à Paris : le projet ne surprend pas par son originalité. La vue du catalogue n'arrange rien : un Renoir doucereux en couverture, un titre vague – « Les impressionnistes en privé » – et un sous-titre trop flatteur – « Cent chefs-d'œuvre de collections particulières ». Il n'y en a évidemment pas cent. Mais il y en a cinq ou six, ce qui suffit à justifier la visite. Des Etats-Unis, où se trouvent la majorité des collections privées sollicitées, viennent des toiles rarement ou jamais vues.
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Puisqu'il est ici chez lui, il convient de commencer par Monet. A Trouville (Calvados), à l'été 1870, avant de se réfugier à Londres en raison de la guerre, il peint trois fois les planches, les tentes, les façades des maisons juchées sur le talus au-dessus de la mer. Celle-ci, on ne la voit qu'à peine dans la version exposée et c'est un de ses intérêts. Monet, à cette date, se soucie moins des effets atmosphériques que de montrer à quel point tout est artificiel à Trouville, des architectures balnéaires blanches aux robes blanches des promeneuses.
Le thème du voyage imaginaire à travers l’Asie Centrale, idée centrale de la collection dernière de la jeune marque russe Ulyana Sergeenko, a conquis de nombreux critiques de mode.
Un deuxième Monet, Voilier au Petit-Gennevilliers, vaut par son harmonie en gris, de l'eau au ciel et à la voile. Les autres sont, si l'on ose ce sacrilège, des Monet moyens, souvent touristiques, de ceux qui ont assuré à l'artiste, à partir des années 1880, son aisance matérielle. Ils relèvent, comme les Pissarro et les Sisley, du paysagisme impressionniste devenu style, avec ce que le mot sous-entend de répétition et d'ennui. De même, les Morisot et les Renoir relèvent de l'impressionnisme côté scène de genre bourgeoise, aussi prévisible.
Aucun ennui, à l'inverse, chez Gustave Caillebotte. Un refuge, boulevard Haussmann et Rue Halévy, vue du sixième étage tentent la vue d'en haut, prennent le risque du vertige et préfigurent les géométries angoissantes de De Chirico. Les autres Caillebotte déconcertent autant. Une femme en noir vue de dos empêche de regarder à travers la vitre – ce dont se moque l'homme assis qui lit son journal. Scène satirique ? Dans les vues des serres et plantations du Petit-Gennevilliers où les Caillebotte avaient leur propriété, il y a trop de fleurs, trop de feuilles, trop de murs, trop de lumière aussi. On étouffe. Caillebotte, peintre de la vie moderne ou du malaise moderne ?
« L’œuvre qu’on fait est une façon de tenir son journal. » Picasso, 15 juin 1932
Chaque jour de sa vie, Picasso a dessiné, sculpté, gravé, modelé ou peint. Son œuvre est comme un immense journal intime où se confondent histoire personnelle et histoire du siècle : la Première Guerre mondiale, la Seconde, la guerre d’Espagne, ses relations avec les femmes, avec les artistes, les différents mouvements artistiques auxquels il a participé, etc. Mais plus que le journal de sa vie, la peinture de Picasso est le roman de sa vie. Régulièrement un grand tableau, un grand décor (grand par le sujet ou par sa dimension) en fixa les "moments". Ce livre les réunit et les chaîne pour la première fois. Stéphane Guégan dépoussière ainsi le mythe "Picasso" en bousculant les légendes qu’a nourri, parfois bien malgré lui, l’artiste, et en revenant au plus près de son œuvre et de sa vie. Un portrait inédit du créateur insatiable. Le livre se décompose en quatre chapitres distincts, quatre périodes de la vie de Picasso, depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Chaque chapitre est lui-même composé de cinq parties qui analysent cinq tableaux, cinq "moments" de la vie de Picasso ; chacun est suivi par une importante chronologie, qui revient sur les dates clefs de Picasso, sur les oeuvres emblématiques, les rencontres décisives. - Le Cubisme (1881-1913) - Les Grandes turbulences (1914-1932) - Chantiers et charniers politiques (1933-1953) - Vingt glorieuses ? (1954-1973)
Informations sur le livre: 240 pages - 16 x 22 cm EAN : 9791020400277 Reliure : Broché
Christine Lerolle brode[1] pendant que deux hommes derrière elle regardent des tableaux: quatre œuvres dans l'oeuvre: y rentrer et voir avec eux ce mur de peintures; en même temps, que représente Christine Lerolle dans sa broderie? Cinquième oeuvre dans ce tableau d'Auguste Renoir.
VIDÉO - L'audience, qui devait débuter mardi à Bucarest, a été suspendue jusqu'au 10 septembre. Les six suspects sont accusés d'avoir dérobé sept œuvres au Kunsthal de Rotterdam, dont des Monet, Picasso et Gauguin.
Le procès de six Roumains, accusés d'un des plus spectaculaires vols de tableaux du siècle, est reporté. Après avoir brièvement ouvert l'audience, le président de la chambre du tribunal de Bucarest a annoncé que celle-ci resterait en suspens jusqu'au 10 septembre. Cette décision est liée à l'examen de questions sur les parties civiles ainsi qu'à des demandes de libération sous contrôle judiciaire de plusieurs suspects, a-t-il précisé.
Ils sont cinq sur le banc des accusés. Le sixième - le chef de la bande - court toujours. Ils risquent vingt ans de prison pour un vol de sept toiles au Kunsthal de Rotterdam en octobre 2012: des œuvres de Picasso, Monet, Gauguin, Meyer de Haan et Lucian Freud. Un butin évalué à 18 millions d'euros.
Le procès des six complices devait s'ouvrir ce mardi à Bucarest. Ils ont commis leur forfait en Hollande, mais c'est à leur retour au pays qu'ils ont été arrêtés. La justice roumaine a mené l'enquête, et les Pays-Bas n'ont pas demandé leur extradition.
Cinq toiles rendues contre une peine aux Pays-Bas
Avant la suspension, un des Roumains - le principal accusé - a proposé un marché: rendre cinq tableaux en échange d'une peine de prison aux Pays-Bas, a affirmé mardi son avocat. «Radu Dogaru a proposé un deal aux enquêteurs: “vous me ramenez aux Pays-Bas (pour être jugé là-bas, ndlr) et je vous rend cinq tableaux”», a déclaré l'avocat Catalin Dancu avant le début du procès de son client. «Nous avons une surprise pour les juges. Nos clients veulent dire où se trouvent les toiles si le deal est accepté. Nous ne sommes pas en mesure de donner plus de détails», a ajouté l'avocat.
Les peines aux Pays-Bas sont plus faibles qu'en Roumanie pour vol qualifié, a affirmé Me Dancu, sans pouvoir prouver que son client dispose bel et bien des cinq tableaux. Sept toiles ont été volées en tout. Le sort des deux autres reste mystérieux. Les enquêteurs craignent que trois des toiles aient été brûlées. La mère de Radu Dogaru avait en effet déclaré les avoir incinérées avant de se rétracter. Les inculpés prétendent qu'aucune toile n'a été détruite. «Nos cliens nous ont informé que les peintures n'ont pas été brûlées et les documents en notre possession nous poussent à les croire. Nos clients attendent le procès pour rendre les peintures aux autorités hollandaises», a déclaré une autre avocate de la défense, Maria Vasii.
VIDÉO - L'audience, qui devait débuter mardi à Bucarest, a été suspendue jusqu'au 10 septembre. Les six suspects sont accusés d'avoir dérobé sept œuvres au Kunsthal de Rotterdam, dont des Monet, Picasso et Gauguin.
Publié le 14 février 2013 à 11h35Mis à jour le 14 février 2013 à 11h35
La France s'apprête à rendre à deux familles juives sept tableaux spoliés lors de la Seconde guerre mondiale et conservés dans des musées, a indiqué le ministère de la Culture. Ces tableaux font partie de quelque 2.000 œuvres sans propriétaire identifié, dotées du statut de MNR (Musées Nationaux Récupération) depuis 1949. Sous la garde de l'Etat, elles sont conservées dans les musées français, qui se doivent de les signaler et de les montrer au public, en attendant leur réclamation.
Six toiles de peintres italiens et allemand du XVIIIè siècle qui appartenaient au Viennois Richard Neumann vont être restituées prochainement à Tom Selldorff, petit-fils de M. Neumann, a déclaré le ministère, confirmant une information du Monde. Les Nazis avaient récupéré ces œuvres pour les envoyer au musée qu'Adolf Hitler voulait ouvrir à Linz, sa ville natale. L'industriel Richard Neumann avait fui l'Autriche lors de son annexion par l'Allemagne en 1938. Avec sa famille, il avait pu emporter avec lui à Paris une partie de sa collection de tableaux mais avait fini par devoir les brader en 1941 pour pouvoir payer des passeurs et gagner Cuba.
Le septième tableau, "La Halte" de Pieter-Jansz van Asch, a une histoire différente. Cette toile de l'école hollandaise avait été confisquée par les Nazis à un banquier praguois, Josef Wiener, mort en déportation. Le fils de son épouse, issu d'un nouveau mariage, a mené les recherches pour retrouver le tableau, raconte Le Monde. A la fin de la guerre, lorsque les Alliés ont récupéré en Allemagne les oeuvres d'art spoliées par les Nazis, ils se sont attachés à les renvoyer dans leur pays d'origine. Parfois avec des erreurs. C'est ainsi que la toile de van Asch s'est retrouvée en France.
23/12/13 - Acquisitions - Paris, Musée du Louvre - Par l’intermédiaire de la Société des Amis du Louvre, le musée vient de recevoir le don par Christian et Nathalie Volle et par Marie-Catherine Sahut de deux toiles peintes par Michel-Ange Challe (ou Charles-Michel-Ange-Challe) représentant respectivement Vénus et l’Amour et Danaë (ill. 1 et 2). Il s’agit des deux premiers tableaux de l’artiste à entrer dans les collections du Louvre alors que le département des sculptures avait acquis en 2011 une Vierge en marbre de son frère Simon (voir la brève du 8/12/12).
1. Michel-Ange Challe (1718-1778) Vénus et l’Amour, 1752 Huile sur toile - 98 x 150 cm Paris, Musée du Louvre Photo : Musée du Louvre
2. Michel-Ange Challe (1718-1778) Danaë, 1752 Huile sur toile - 97 x 152 cm Paris, Musée du Louvre Photo : Musée du Louvre
Comme le montrent leur forme et leur partie supérieure chantournée (ultérieurement remis en rectangle), ces toiles exécutées en 1752 (Vénus et l’Amour est daté et signé en bas à gauche) formaient à l’origine des dessus-de-porte mais leur provenance exacte n’a pu encore être identifiée. Challe, prix de Rome en 1741, et exposant au Salon entre 1753 et 1765, fut l’élève de François Boucher mais aussi de François Lemoyne dont l’influence semble prépondérante dans ces deux tableaux. La Danaë par son coloris un peu vénitien et son sujet rappelle aussi un artiste français du siècle précédent, Jacques Blanchard. Peintre d’histoire, Michel-Ange Challe peut également par certaines de ses œuvres (par exemple le Christ et le Centurion de l’église Saint-Roch à Paris) être comparé à Vien. Il est surtout connu de nos jours comme dessinateur (il consacra l’essentiel de son temps à cet art après sa nomination en 1764 comme « Dessinateur du cabinet du Roi »), avec ses grandes feuilles au crayon noir et à la sanguine montrant des architectures et des vedute fortement inspirées par Piranèse. Signalons qu’une thèse sur cet artiste est en cours de réalisation (voir ici).
Grâce à ces dons, faits en mémoire de Marie Volle (1976-2005), ces deux œuvres acquises sur le marché de l’art parisien en 1979 et qui avaient pris place chacune dans des collections amies, vont se retrouver à nouveau réunies. Elles retrouveront leur fonction de dessus-de-porte dans la salle dédiée au mobilier de Mesdames, filles de Louis XV, à Bellevue qui ouvrira au printemps 2014 en même temps que l’ensemble de la nouvelle section consacrée au mobilier du XVIIIe siècle1.
1. Une grande partie des éléments historiques de cette notice proviennent de la notice écrite par Marie-Catherine Sahut pour le bulletin de la Société des Amis du Louvre.
Dans la chapelle Notre Dame, on peut admirer une collection de 12 tableaux flamands du XVI siècle, signés Abel Grimer. Ces tableaux appartenaient au marquis Melchior Mitte de Chevrières, seigneur de Saint-Chamond dans la Loire qui lors d’une charge d’ambassade à Bruxelles, acheta ou reçu pour service rendu cette collection. Ramenée dans sa propriété de Saint-Chamond, elle a peut-être décoré le château où l’a-t-il confié à la nouvelle église Notre Dame dont la construction s’achevait ou peut être dans les réserves ? En tout état de cause, ils ont été trouvés dans les dépendances de l’église par le successeur du père Flachat : Paul François Régis Jamon, natif de Montfaucon. C’est un jacobin fervent qui défend la révolution mais “ l’instruction pour l’extirpation du Fanatisme“ publié par Fouchet et Collot d’Herbois en novembre 1793 fait abdiquer Jamon comme tous les autres prêtres constitutionnels. Ils devront abandonner leur église et rejoindre leurs terres natales. Au printemps 1794, il quitte Saint-Chamond emmenant avec lui les tableaux de Grimer certainement aidé par quelques personnes voulant sauver ces œuvres. Avant sa mort, Jamon fit don de ces tableaux à la chapelle Notre Dame de Montfaucon. Certains ont vu dans ce geste une expiration de sa conduite passée. Ces tableaux s’inspirent de deux thèmes : un thème religieux, faisant référence à la vie de Jésus et un thème profane se rapportant à la vie rurale dans les pays flamands au XVI siècle.
Abel GRIMMER le peintre.
Abel Grimmer, peintre connu à l'époque comme l’égal de Jean Breughel. Il est né à Anvers, entre 1570 et 1575. Son père, Jacob Grimmer, est un peintre renommé. Abel se marie le 29 septembre 1591 avec Cathelyn Lescomest. En 1592, il entre à la guilde de St Luc d'Anvers. C'est cette même année qu'Abel peint cette collection de douze tableaux flamands. Il meurt vers 1619.
Ces peintures sont la propriété de la commune de Montfaucon. Elles sont classées par les Monuments Historiques en 1914. Elles sont réalisées sur des panneaux de bois et abordent deux aspects :
- Un thème religieux relatant la vie de Jésus et quelques paraboles. (Une mention évangélique latine est signalée en bas à droite de chaque tableau). - Un thème profane représentant la vie flamande du XVIème siècle sur les douze mois de l'année.
Le vol des tableaux.
Le 27 juin 1995, la collection des douze tableaux flamands est volée.
Très rapidement les autorités compétentes sont alertées. Une enquête est menée par le SRPJ de Clermont-Ferrand en collaboration étroite avec l'office central de répression du vol des objets et œuvres d'art. Parallèlement, l'Office de Tourisme Haut Pays du Velay diffuse chez tous les antiquaires européens recensés dans le guide Emer, un courrier avec un descriptif détaillé des œuvres volées. Il alerte les médias : FR3 relate le vol aux informations régionales, un journaliste de TF1 se déplace et réalise un reportage.
En novembre 1995, les premières arrestations ont lieu dans l'Aveyron. . Au mois de décembre, le receleur est à son tour appréhendé alors qu'il s'apprête à s'enfuir avec la collection.
Le 8 décembre 1995, un membre de l'équipe de TF1 nous apprend que la collection est retrouvée et qu'elle est intacte.
Pendant leur retraite forcée à Paris, les tableaux ont subi une légère restauration. Après une importante restauration de la Chapelle Notre Dame de Montfaucon et la mise en place d'un système de sécurité, la collection a retrouvé, le vendredi 23 juillet 1999, la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter.
Entre août 1885 et octobre 1886, Paul Cézanne aura vécu quinze mois à Gardanne. Il y peindra une vingtaine de tableaux, notamment des Sainte-Victoire, épousera Hortense Fiquet, rompra avec Emile Zola, et jettera les bases du cubisme. Une période charnière dans sa vie et dans son œuvre.
Une seule personne, parmi les onze interpellées mardi après le vol de tableaux dans le Var, dont un Picasso, qui n'ont pas été retrouvés, a été mise en examen et écrouée, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Le chef de "vol en bande organisée" a été retenu par le magistrat instructeur. Les dix autres personnes ont été remises en liberté. Mardi, une centaine de gendarmes avait été mobilisés dans le cadre d'une opération visant onze personnes soupçonnées de plusieurs cambriolages, dont le vol avec effraction commis le 30 décembre 2009 dans une résidence à La Cadière d'Azur (Var), durant lequel avaient été dérobées des oeuvres d'art pour un préjudice évalué à 500.000 euros, dont un Picasso estimé à 180.000 euros. Deux personnes avaient déjà été interpellées en avril dans ce dossier et mises en examen pour recel de vol en bande organisée. Les interpellations de mardi ont été effectuées dans l'entourage de ces deux personnes, notamment autour de La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Elles ont été réalisées par la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, assistée par la brigade de recherches de Toulon. Le propriétaire des tableaux volés fin 2009, un industriel français, avait offert en janvier une récompense de 100.000 euros pour récupérer ses oeuvres et ouvert une ligne téléphonique spécifique à cet effet.
FONTAINE CHAALIS, ABBAYE ROYALE DE CHAALIS | 9 MARS – 17 SEPTEMBRE 2017
Le musée Jacquemart-André de Paris dépose quelques tableaux italiens de ses réserves afin de combler certains vides formés par les trente prêts de l’abbaye de Chaalis aux temps forts de « Heures italiennes ». Nélie Jacquemart (1841-1912), passionnée d’art italien, a, avec son mari Edouard André (1833-1894), constitué une exceptionnelle collection disposée dans leur hôtel parisien du boulevard Haussmann. Veuve, elle continue d’acquérir de nombreuses oeuvres dont elle remplit l’abbaye de Chaalis achetée en 1902. La chapelle de Chaalis, décorée par Primatice, propose un complément remarquable à cet ensemble.
Abbaye royale de Chaalis 60 300 Fontaine-Chaalis 03 44 54 04 02 Site web
- L’impressionnisme est le premier mouvement artistique qui s’est consacré entièrement à la représentation de la vie moderne et du monde contemporain. La plupart des ouvrages qui proposent une approche historique du mouvement ont trop souvent pour caractéristique de négliger cet aspect.
Ils sont organisés soit chronologiquement soit par noms d’artistes, en général les plus ¬ célèbres : Manet, Monet, Renoir, Degas, Pisssaro, etc. Le parti du présent ouvrage est bien différent. Jamses H. Runin part du principe que, loin de se borner à restituer jeux de lumière ou variations atmosphériques, la peinture impressionniste est une peinture de contenu. Elle nous renvoie des aspects précis et détaillées de l’époque vécue par les artistes qu’il convient de regarder donc « de près ». En particulier parce que le programme esthétique de cette école entend célébrer la « modernité » qui s’empare du mode de vie, à partir du milieu du XIXe siècle, sous le double effet des progrès technologiques de la révolution industrielle et du développement des loisirs. Les œuvres, étudiées isolément, sont ainsi regroupées par thèmes — les thèmes de prédilection traités par les impressionnistes : vues urbaines, scènes de la vie citadine, des cafés et des bals comme des usines ou du moderne chemin de fer ; intérieurs bourgeois et cercles de familles ; lieux de villégiature à la campagne ou sur les bords de mer ; régates et baignades, etc.
Les tableaux ci-dessus figurent sur des invitations à des vernissages d'exposition. Choisissez-en un. Racontez ce qui se passe à cette soirée à laquelle vous assistez ou partez-parlez du tableau que vous avez sous les yeux pour divaguer à votre façon.
Vous avez obligation de placer le mot "zoulou" dans votre texte et d’insérer au moins six mots de la liste ci-dessous :
Cannelle vient d'un paysage où les arbres à la queue-leu-leu plongent à vau l’eau dans la brume. Elle rêvait de paysages irlandais avant de partir comme Nerval pour l'Orient. Elle a été alcoolo puis a préféré Venise à deux et peut-être un jour osera t'elle aller y écouter seule une soliste. La petite Christine a révélé son visage de Cannelle avant de se muer en femme mariée et heureuse de l'être. Un triple visage pour un colloque sur Baudelaire. Branlant un jour un homme, elle admirait le lendemain les vitraux d'une église. L'hiver, elle ne rêvait pas d'un autre rivage mais lui a apporté d'autres paysages aquatiques dans son horizon:" Je te donnerai Tous les bateaux, Tous les oiseaux, tous les soleils, Toutes les roses[1] " Grand coloriste, il mettait du rouge à ses joues. La suite là-bas
« Est beau, en définitive, ce qui est digne d’attention ». A partir de cette définition, ce livre nous montre en quelques mots, en s’appuyant sur les jugements des plus grands historiens de l’art, en quoi chacune des deux cents œuvres choisies est plus particulièrement digne d’attention.
Étant bien entendu que la beauté d’une œuvre « s’éprouve et ne se prouve pas », le livre offre au lecteur l’expérience d’un parcours au sein des plus grands musées du monde, mêlant les plaisirs esthétiques complémentaires de la tradition et ceux de la rupture, depuis 1400 (moment de l’histoire où le « tableau » se détache en tant qu’objet de contemplation) jusqu’à nos jours.
Un projet de loi portant sur la restitution de 15 œuvres d’art, dont un tableau de Gustav Klimt et un autre de Marc Chagall, aux ayants droit de familles juives spoliées par les nazis sera examiné par l’Assemblée nationale française mardi.
Publié le 24-01-2022 à 18h36 - Mis à jour le 24-01-2022 à 18h37
Entrées légalement dans les collections publiques nationales françaises par acquisition, elles relèvent du domaine public mobilier protégé par le principe de l’imprescriptibilité et d’inaliénabilité.
Leur restitution nécessite donc une loi, à la différence des œuvres confiées à la garde des musées nationaux ("MNR"), qui sont restituées par simple décret.
Parmi les 15 œuvres se trouve Rosiers sous les arbres de Gustav Klimt (photo), conservée au musée d'Orsay, et seule œuvre du peintre autrichien appartenant aux collections nationales françaises. Elle a été acquise en 1980 par l'État chez un marchand.
Des recherches approfondies ont permis d’établir que le tableau appartenait à l’Autrichienne Eléonore Stiasny qui l’a cédé lors d’une vente forcée à Vienne en 1938, lors de l’Anschluss, avant d’être déportée et assassinée.
Onze dessins et une cire conservés au Musée du Louvre, au musée d'Orsay et au musée du Château de Compiègne ainsi qu'un tableau d'Utrillo conservé au musée Utrillo-Valadon (Carrefour à Sannois) font également partie des restitutions envisagées.
Un amendement du 13 janvier a ajouté à cette liste un tableau de Chagall, intitulé Le Père, conservé au Centre Pompidou et entré dans les collections nationales en 1988.
L’artiste l’a sans doute peint en 1911 ou 1912, s’en serait dessaisi avant la Seconde Guerre mondiale puis le tableau aurait circulé jusqu’en Pologne lors du transfert des Juifs vers le ghetto de Lodz en 1940. Il a été reconnu propriété de David Cender, musicien et luthier polonais juif, immigré en France en 1958. Les ayants droit ont été identifiés par la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS), créée en 1999.
"Beaucoup de familles juives, victimes de mesures antisémites, ont été forcées de vendre leurs biens dès la fin de 1933, en Allemagne. En France, quand la vente a été organisée par le régime de Vichy, beaucoup d'archives demeurent mais quand il s'agissait de ventes privées, il n'y a pas de traces, les œuvres se sont retrouvées sur le marché de l'art", souligne David Zivie, responsable de la mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés du ministère de la Culture.
Depuis 1990, les recherches de ces œuvres se sont beaucoup développées, notamment après le discours de Jacques Chirac en 1995, lors de la commémoration de la rafle du Vel’d’Hiv, qui reconnaissait la participation de la France dans l’extermination des Juifs par les nazis, puis l’accord de Washington en 1998 lorsque 44 pays se sont engagés sur les réparations et la restitution des biens aux familles juives spoliées.
Quelque 100 000 œuvres d’art auraient été saisies en France durant la Seconde Guerre mondiale, selon le ministère de la Culture. 45 000 ont été restituées à leurs propriétaires entre 1945 et 1950.
Environ 2 200 ont été sélectionnées et confiées à la garde des musées nationaux et le reste a été vendu au début des années 1950.
par Élisabeth Martin et Christiane Naffah | Article publié en septembre 1997, dans Le Festin n°23-24
Dès 1903, cinq tableaux de Goya entraient au musée d'Agen grâce au legs de la collection du comte Damase de Chaudordy. Il s'agissait du Ballon, de l'Autoportrait, de l'esquisse du Portrait de Ferdinand VII à cheval, de la Messe des relevailles et du Caprice. Cependant, aucune étude scientifique suffisamment approfondie n'avait réussi à lever le mystère des Goya d'Agen, car de nombreuses questions restaient en suspend, notamment quant aux dates, aux circonstances de leur exécution et même, pour certaines œuvres, au sujet. Ainsi, la présence inexpliquée d'une mongolfière, d'un crayon – et non d'un pinceau – pour l'Autoportrait, ou l'absence de décoration sur la poitrine de Ferdinand VII restaient sujets à caution. C'est grâce à la campagne d'analyses et de restauration menées par le laboratoire de recherches des musées de France que des réponses sont apparues au terme d'une passionnante enquête. Ces découvertes fournissent de nouvelles pistes pour les historiens de l'art qui pourront désormais progresser dans leur analyse artistique. Le fruit de ces investigations a fait l'objet d'une exposition à Agen qui a montré les différentes étapes de ce voyage au cœur de la peinture de Goya.
L'œuvre d'art est en sol un lieu de mémoire accumulant des indices matériels que certaines analyses scientifiques aident souvent à déchiffrer. Les découvertes peuvent concerner l'œuvre avant même qu'elle n'existe, lorsqu'une autre composition a été peinte sur la toile utilisée. Elles peuvent aussi mettre en évidence les modifications effectuées par l'artiste en cours d'exécution ou révéler les aléas de la vie des tableaux bien après leur achèvement.
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Les techniques d'imagerie scientifique, développées au Laboratoire de recherche des musées de France, fournissent des images globales obtenues par des méthodes non destructives, sans atteinte à l'Intégrité de l'œuvre. La peinture est soumise à des rayonnements de diverses longueurs d'onde qui sont plus ou moins absorbés par les matériaux constitutifs. On distingue, d'une part, la lumière visible sous incidence rasante et la lumière ultraviolette qui explorent la surface de l'œuvre et, d'autre part, les rayons X et Infrarouges qui pénètrent la matière en profondeur. L'image radiographique tient compte de l'opacité et de la transparence de chaque élément de la peinture, le support et son revers, la préparation étendue sur l'ensemble de la toile et les différentes couches picturales. Lorsque des pigments opaques aux rayons X sont employés pour l'exécution d'une étape antérieurement, se manifestent en blanc sur la radiographie. Les rayons infrarouges traversent les couches de vernis et de glacis superficiel; ils révèlent, lorsque les conditions s'y prêtent, dessins sous-jacents, inscriptions cachées ou «repentirs», en cours d'exécution. Les tableaux du musée d'Agen ont été examinés ainsi et ces investigations ont mis au jour des images inédites illustrant les différentes contributions mentionnées1.
La radiographie du Ballon met en évidence une double composition. Il est intéressant de noter que Goya a réutilisé des toiles, non pas comme la majorité des peintres, surtout pour des œuvres de jeunesse, mais pour des œuvres peintes dans les années 1808-1812, au moment des troubles consécutifs aux campagnes napoléoniennes. Les Vieilles, du musée de Lille, examinées au LRMF en 1970, Les Majas au balcon (collection particulière), La Maja et la Célestine (collection particulière), masquent des compositions datant probablement du 17e siècle, selon l'article de Juliette Wilson-Bareau dans le Burlington Magazine de février 1996.
Pour que les formes sous-jacentes prennent un sens, il est nécessaire de retourner tête-bêche l'image aux rayons X du Ballon. Un personnage, à la figure bien charpentée et énergique vêtu d'une robe à petits boutons alignés, tient une plume pour écrire sur un livre ouvert. Il porte un cordon avec une croix de petite taille à la hauteur de la poitrine. Il s'agit à n'en pas douter d'un ecclésiastique. L'exploration en réflectographie infrarouge a permis de découvrir un texte indiquant l'identité du personnage. Bien que partiellement dissimulée par le ballon peint en surface, l'inscription déchiffrée et traduite sommairement mentionne que l'abbé dom Manuel était «fils de la Maison de saint Nordbert à Valladolid». Il occupait une chaire à l'université (de Salamanque ?) et était évêque. Le personnage, contemporain de Goya d'après la date de 176(9 ?) relevée sur le texte, appartenait-il au cercle de ses amis ou connaissances ? Antonio Maravall, dans le catalogue de l'exposition Goya de 1970 à Paris au musée de l'Orangerie, a souligné la connivence qui existait entre Goya et les esprits éclairés de son temps et a noté l'intérêt avec lequel le peintre a exécuté les portraits de philosophes qui maniaient la plume plutôt que le crayon. Des recherches sont en cours pour tenter d'élucider ce point capital qui permettra d'établir éventuellement un lien entre ce portrait d'évêque et l'auteur du Ballon.
Les radiographies de l'Autoportrait et de l'esquisse du Portrait de Ferdinand VII à chevalindiquent des modifications en cours d'exécution qui suscitent des commentaires non sans intérêt, surtout pour le portrait de Goya par lui-même. Initialement l'artiste avait prévu pour le roi d'Espagne un couvre-chef d'un autre style que celui qui a été représenté sur l'esquisse et aussi sur la version de grand format du musée du Prado. Le "bicorne" de forme allongée était déjà porté par les prédécesseurs de Ferdinand comme on l'observe sur des tableaux de Charles IV peints par Goya. Faut-il voir dans le choix d'un bicorne en hauteur un changement de mode par suite d'un certain laps de temps qui se serait écoulé entre la première pensée et la commande officielle ? La position du souverain sur sa monture était aussi sans doute légèrement différente dans la première phase de l'esquisse, car le harnachement du cheval est visible sous l'actuelle jambe du monarque. La radiographie de l'Autoportrait indique clairement que Goya s'était représenté dans un premier temps avec des brosses et des pinceaux à la main. Peut-être avait-il aussi une palette dans l'autre main car une légère forme ovoïde apparaît faiblement dans la partie Inférieure de la composition. Tenant ses pinceaux en faisceau, l'artiste ne se portraiture pas en activité, mais en situation de pose pour la postérité.
Il a ensuite recouvert ses outils de travail pour les remplacer par un porte-crayon glissé entre ses doigts. Le vêtement, au modelé vigoureux d'après la radiographie, a sans doute lui aussi été repris pour faire place à des formes plus souples avec un grand col mou. Le fond gris-bleu ne recouvre pas entièrement l'emplacement prévu à l'origine pour une chevelure plus volumineuse comme le confirment les documents infrarouges. Avant d'entreprendre, la restauration d'un œuvre, un constat précis de son état est établi afin de mieux appréhender la peinture dans toute sa matérialité. Fait à l'œil nu, souvent dans le musée, il est complété par les investigations réalisées en laboratoire. Il constitue un jalon documenté de la vie de l'œuvre car il témoigne d'un état que la restauration, si nécessaire, va améliorer donc modifier. Il débouche sur un diagnostic et, au besoin, sur une proposition de restauration. Celle-ci peut comprendre plusieurs interventions : sur le support, il s'agit alors d'une mesure conservatoire, et/ou sur la couche picturale, il est question dans ce cas d'une amélioration esthétique. La décision de restaurer est prise de manière collégiale. Une commission de spécialistes, regroupant historiens d'art, conservateurs, scientifiques et restaurateurs, siège afin d'examiner les propositions de restauration et d'orienter les décisions d'intervention. Les constats d'état des cinq tableaux révèlent qu'aucune restauration du support n'est nécessaire. Les interventions, légères, se limitent à la couche picturale.
L'Autoportrait est peint sur une toile fine d'armure toile, au tissage serré. La préparation rouge affleure sous les carnations au niveau de l'œil droit, du nez et des oreilles. Ailleurs la matière picturale est épaisse et travaillée. L'œuvre présente, sur le pourtour, des guirlandes de tension, prouvant que le portrait n'a pas fait l'objet de changement de format. En revanche, il a subi un acte de vandalisme en 1949 : il fut découpé dans son cadre et volé au musée d'Agen. Retrouvé à la frontière suisse en 1950, il a été restauré en 1953 : une bande verticale irrégullère de toile assez lâche a été incrustée le long de la déchirure et l'ensemble a été rentoilé à la colle. Actuellement, l'adhérence de la couche picturale au support est bonne. On note seulement quelques pertes de matière le long de la coupure. L'état de présentation est peu satisfaisant, en raison d'un vernis mat et de repeints nombreux, consécutifs au vandalisme, qui apparaissent nettement sur la photographie ultraviolette. Ils ont viré sur les bords de la déchirure et sur le vêtement où Ils ont été posés sans masticage préalable des lacunes. Une restauration fondamentale comprenant l'allégement du vernis, l'enlèvement des repeints, le masticage des lacunes et une réintégration plus fine que lors de la dernière restauration, est proposée à la commission, afin de retrouver la légèreté de la touche, le volume du vêtement.
Peint sur une toile assez fine et serrée, Le Ballon2 est caractérisé par des rehauts énergiques posés avec une brosse qui laisse des traînées empâtées révélatrices de l'art du peintre. L'artiste a utilisé un outil plat de type couteau à palette qu'il maniait en droitier, de gauche à droite, comme la radiographie le met très nettement en évidence. Certaines œuvres "noires" de la Quinta del Sordo, résidence de Goya de 1820 à 1824, présentent cette même technique d'une audacieuse modernité, mais aussi quelques œuvres peintes avant 1812 et figurant dans l'inventaire établi à la mort de Josefina Bayeu, femme de l'artiste. Il en va ainsi de Majas au Balcon comme l'indique Jeannine Baticle dans son ouvrage consacré à la Galerie espagnole de Louis-Philippe. La matière picturale garde en mémoire des empreintes digitales situées sous la nacelle du ballon et semblerait confirmer l'utilisation d'une technique au doigt, mentionnée par J. Baticle. Elle garde également la marque de l'ancien châssis plus étroit que le châssis actuel mis après le rentoilage de l'œuvre.
Le tableau présente un vernis transparent, quelques matités et des repeints sur le bord supérieur. Ceux-ci sont effectués avec un pigment qui réagit différemment au rayonnement infrarouge que les pigments bleus utilisés pour peindre le ciel, probablement en bleu de Prusse. Une proposition d'intervention très légère et présentée à la commission : décrassage de la couche picturale, revernissage et harmonisation des repeints. Or, celle-ci juge le vernis inégal et en préconise l'égalisation ainsi que l'enlèvement de certaines retouches désagréables à l'œil. La décision prise, la restauratrice effectue un amincissement du vernis quand il est en surépaisseur et la suppression des repeints périphériques très gênants.
L'esquisse pour le Portrait de Ferdinand VII à cheval présente une ligne de démarcation visible à l'œil nu dans la partie supérieure du tableau. Une différence du réseau de craquelures apparaît à la lecture de la photographie en lumière rasante, bien que le support en toile fine et serré soit d'un seul morceau et conserve les guirlandes de tension sur le châssis des quatre côtés. Les coups de pinceau de teinte sombre, étendus dans la partie supérieure du ciel, recouvrent cette ligne, sans se fondre dans le bleu plus clair de la composition centrale. S'agit-il d'une modification voulue par Goya ou apportée par un autre intervenant ? Les analyses effectuées directement sur l'œuvre sont en faveur de la première hypothèse. L'adhérence de la couche picturale au support est bon, à l'exception de l'angle inférieur droit. Des déplacages de glacis bleu et rouge – peut-être produits lors de l'ancien rentoilage – affectent le vêtement. Ils ne doivent pas être confondus avec des réserves laissant apparaître la sous-couche. Le vernis est inégal, gris et sale. La commission estime qu'il faut une intervention légère : décrassage, égalisation du vernis, refixage, réintégration des déplacages. En conséquence, la restauratrice enlève ponctuellement des dépôts de crasse et de vernis sur la surface picturale et dans les empâtements. Ce protocole de restauration, modéré, qui prolonge et corrige les interventions précédentes dont nous savons peu ou rien, et appliqué à la Messe des relevailles. Une restauration plus poussée du Caprice s'impose en raison des dédoublements et des soulèvements de la couche picturale qui nécessite un refixage, et d'un vernis gris et sale qui «enterre» l'œuvre. L'accrochage au musée d'Agen des cinq œuvres de Goya, ayant retrouvé leur lisibilité et leur éclat, sera accompagné d'une exposition des principaux documents scientifiques et d'un court reportage photographique de leur restauration afin d'associer le public aux récentes découvertes.
Notes 1. Dossiers réalisés par Marc de Dree, Jean Marsac et Gérard de Puniet. 2. Anciennes restaurations : 1955 : restauration de la couche picturale par Henri Linard (masticage, refixage d'écaillés, vernissage) fait à Agen, payé par la Kunstablle de Bâle ;1980 : dépoussiérage par Jeanne-Laurence Guinand, à l'occasion de l'exposition «L'art européen à la cour des Bourbons d'Espagne au 17e siècle» (Bordeaux- Paris-Madrid, une lettre de Mme Baticle).
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Le Musée Correr de Venise célèbre le tricentenaire de la naissance de Francesco Guardi (1712-1793) à travers une centaine de peintures et de dessins. Après une formation picturale auprès de son père Domenico, en compagnie de ses frères Nicolò et Antonio, les toiles de ses débuts représentent des scènes de vie proches de celles de Pietro Longhi tel Le ridotto ou Le parloir des nonnes de San Zaccaria. Ses premières vedute, vers 1755, s’inspirent de celles de Canaletto et Marieschi comme la Place Saint-Marc de la National Gallery à Londres. En 1746, un anglais lui commande deux grandes vues de la Place Saint-Marc, puis il peint les douze toiles des Fêtes doganales d’après les estampes que Giambattista Brustolon grava lui-même d’après les toiles de Canaletto. Suivront en 1782, les quatre peintures commémorant la Venue du pape Pie VI à Venise puis des toiles célébrant le voyage « incognito » de l’archiduc de Russie sous le nom de comte du Nord. Son style devient de plus en plus libre et allusif, les proportions entre les divers éléments moins importantes, les figures se conçoivent en quelques traits de couleurs, la lagune se dissout dans des vastes étendues d’eau et de cieux. Ses Fantaisies et Caprices représentent des villes imaginaires immergées dans le vert de la campagne vénitienne. Oublié à sa mort en 1793, le 19e le redécouvre. Pietro Zampetti lui consacre une grande exposition au palazzo Grassi en 1965.
Gilles Kraemer
Francesco Guardi Du 28 septembre 2012 au 6 janvier 2013 Musée Correr San Marco 52 - 30124 Venezia Tél. +39 041 240 52 11 +39 041 240 52 11 www.correr.visitmuve.it Direction scientifique Gabriella Belli Commissariat de Alberto Craievich et Filippo Pedrocco Catalogue Francesco Guardi sous la direction de Alberto Craievich et Filippo Pedrocco, éditions Skira.
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