Dossier "L'œuvre en situation". On peut discuter de la fameuse sentence de Marcel Duchamp, "c'est le regardeur qui fait l'œuvre", il n'empêche que notre première appréhension des œuvres d'art dépend de la façon dont ses premiers regardeurs la regardent. Ainsi, Adrien Gardère, scénographe d'exposition, notamment du Louvre-Lens, ou bien les photographes qui documentent les expositions, et bien sûr les artistes eux-mêmes qui se penchent sur les œuvres de leurs pairs. C’est le cas de Béatrice Balcou, "Grande interview" de ce numéro, qui en a fait le cœur de son œuvre à elle, à découvrir à La BF15 de Lyon jusqu’au 24 janvier 2026.
Deux expositions d'Albert Oehlen, chez Gagosian et Max Hetzler, ont marqué la fin de l'année 2025 à Paris. Occasion pour Jean-Charles Vergne de reparcourir la trajectoire d'un peintre sans nostalgie et en perpétuel renouvellement.
Tarik Kiswanson, prix Marcel Duchamp 2023, est, quant à lui, exposé à l'Institut suédois, à Paris, jusqu'au 11 janvier 2026. Catherine Francblin analyse son esthétique dépouillée, porteuse néanmoins d'un passé auquel l'artiste confronte son extrême sensibilité.
Et connaissez-vous Sarah Grilo (1917-2007)? Alors que la Galerie Lelong lui consacre une exposition, Stéphane Lambert nous fait découvrir le parcours de la seule femme qui participa au groupe des Artistas Modernos de la Argentina avant de réaliser à New York une œuvre palimpseste.
Philip Guston (Musée Picasso de Paris), Gerhard Richter (Fondation Louis Vuitton), Luc Delahaye (Jeu de Paume) ou encore Bridget Riley (Musée d'Orsay), l'actualité dans les grandes institutions parisiennes est riche elle aussi, toujours commentée dans artpress par des connaisseurs (avec parfois la distance critique qui s'impose).
Dans le "Cahier livres", Tablettes d'un visionné, aux éditions Faro, permet à Felix Macherez de présenter l'œuvre à la fois sombre et lumineuse de Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943), poète qui participa à "l'une des plus belles – et des plus ignorées – aventures de la littérature française, celle du Grand Jeu". Avec Celui par qui s'ouvre la terre (saint Georges, versions d'une légende) [Gallimard], Georges Didi-Huberman "a décidé de faire un sort à cette icône", nous prévient pour sa part Ferdinand Gouzon qui a lu le livre, "de bout en bout passionnant".
Et aussi Bernard Bourrit, Kenneth White, Klaus Mann, ainsi que les inépuisables mémoires d’Andy Warhol…
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