Avec la modernité, la drogue s’est imposée comme un philtre de littérature majeur : ses usages et ses effets ont toutefois suscité des esthétiques aussi diverses que les substances privilégiées. Depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours, tour d’horizon des paradis et enfers artificiels, de Baudelaire et Rimbaud à Sartre et Cocteau, de l’opium à la mescaline. Nous nous attardons plus particulièrement sur le cas de William Burroughs, junkie dantesque et visionnaire : compagnon de route de la Beat Generation, l’auteur culte du Festin nu aurait cent ans aujourd’hui. Si la drogue est omniprésente dans son oeuvre, celle-ci n’en est nullement une apologie : il y voit plutôt le principe général de son temps. Pour Burroughs, nous sommes tous des camés.