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Mon poème inédit sur ce blog:Moi, le palmier, du boulevard Mohamed V, de Casablanca, Maroc .

 

Ohé Mâtelôts !!!

Je me prends un peu à l’avance pour annoncer le défi 218

qui sera cette fois orchestré par Durgalola.

Voici ce qu’elle a imaginé pour nous.

Défi du lundi :

Imaginez que vous êtes un arbre (chêne, bananier, charme, ce que vous préférez)
 
et racontez votre histoire en une trentaine de lignes.
 
Au début de votre texte, vous insérerez une citation ou un proverbe relatif à un arbre.
 
Premier jeudi en poésie :
 
un poème écrit par une poétesse.
 
Deuxième jeudi en poésie :
 
un poème relatif aux arbres
 
Le Môt de Dômi
 

“Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux,

car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient. ”

Senèque

Cet arbre je l’ai croisé dans la forêt dernièrement

Et j’avais envie de vous le montrer, je trouve qu’il illustre parfaitement cette citation

Par celle-ci, ayons une petite pensée pour notre chère Jill Bill

qui j’espère va nous revenir très vite avec ses bons Môts.

Merci à toi Durgalola pour cette belle proposition.

Bises amirales.

Dômi

http://croqueursdemots.apln-blog.fr/aupres-de-mon-arbre-defi-218-mene-par-une-petite-graine/

Moi, le palmier, du boulevard Mohamed V, de Casablanca, Maroc [1].

Celui qui s'appuie contre un grand arbre trouve toujours de l'ombre[2].

Depuis que tu es partie et que tu ne marches plus sous mon ramage,

Tu es comme un des marchands du souk qui aurait trop chargé son bagage.

Tu portes le poids du monde sur tes épaules et ta santé et ton moral s’en ressente.

Souviens-toi quand tu marchais à l’ombre de mon tronc longiligne, mes palmes

Te faisaient un abri à l’heure du plus grand soleil ; tu étais et te sentais légère.

Je voudrais que tu ressentes à nouveau cette sensation pour redevenir libre.

Tu as gardé cet élan de découvertes que tu avais à ton arrivée dans la ville blanche

Mais cet allant est plombé par les douleurs qui alourdissent ton corps et ton âme.

Je te vois souffrir de loin et je ne sais comment t’aider à sécher tes larmes.

Toi qui n’avait pas envie au départ de me connaître, tu ‘a ouvert ton cœur,

Tu t’es lancée à corps perdu sous mes collègues des avenues et boulevards

Tu marchais dans la ville, tu brûlais yeux aux nouveaux paysages

Tu te noyais dans notre Atlantique  au courant froid qui revigore

Tu n’étais jamais repue de connaissances et impressions qui te faisaient

Voler au dessus de l’exil ; maintenant que tu as retrouvé ta patrie, ta culture

Tu sembles éteinte bien que tu paraisses toujours aussi lumineuse de curiosité.

Je voudrais partager avec toi ma force et ma résistance aux vents du large.

Je voudrais que mes palmes te rendent comme moi indifférente et immuable

Face à la bêtise des autres passants, aux outrages que notre stature attire

Ressens la brise marine, ressens le bleu qui brule, les pluies qui lavent

Réapprends les trottoirs disjoints, je sais que ce n’est pas facile pour toi

Je sais que tu te bats contre les douleurs permanentes et diffuses

Mon tronc saigne aussi parfois quand le peuple se déchaîne sous mon ombre

Je ne plie ni ne romps car je sais que je suis à ma place

Moi, le palmier, du boulevard Mohamed V, de Casablanca, Maroc

Il faut que tu te sentes toi aussi à ta place dans ton rôle

Que tu passes  dans la blancheur qui apaise ou dans le vert des mines

Ressens la force de ton tronc-corps, appuie-toi sur tes racines-pieds

Pour que ta tête atteigne le bleu et le transparent liquide de ton âme.

 

 

25 mars 2019

 

[1]Allusion à ce titre

[2] Proverbe albanais ; Les proverbes et dictons albanais (1960) in https://www.mon-poeme.fr/proverbes-arbre/

 

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