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Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Le paysage

Martin de la Soudière : écrire le paysage comme on écrit une vie

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Martin de la Soudière est mort le lundi 2 février 2026. Les éditions Anamosa annoncent la disparition de l’ethnologue et géographe, figure singulière des études du paysage, dont l’écriture mêle terrain, mémoire et littérature. Dans leur hommage, les éditeurs saluent un chercheur « qui embarque tout le monde, sur ses chemins de traverse, dans ses amours littéraires. ». 

Publié le :

07/02/2026 à 17:23

Nicolas Gary

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Chercheur « de plein air », écrit Le Monde, Martin de la Soudière explore les paysages ruraux, la vie en montagne et le rythme des saisons, avec une attention obstinée aux gestes ordinaires et aux lignes du relief. Le quotidien précise qu’il s’éteint à 81 ans.

L’ethnologue du dehors, la phrase au vent

Chez Anamosa, deux livres jalonnent cette trajectoire. Arpenter le paysage (2019) propose une « entrée en paysage » nourrie de poètes, de géographes et de montagnards ; l’éditeur présente l’auteur comme l’« ethnologue du dehors » et « du temps qu’il fait ». L’ouvrage reçoit le Prix du livre pyrénéen Binaros et le Prix du Travellers Club de la Société de géographie.

Quatre ans plus tard, Par monts et par vaux (2023) adopte la forme d’un abécédaire personnel des motifs paysagers, de l’alpage au verger, pour réapprendre à voir une géographie familière. Anamosa rappelle aussi son appétit de rencontres et de librairies : « Il avait répondu goulument à toutes les invitations des libraires, demandant à emprunter autant que possible en train ces lignes secondaires qu’il aimait tant. ».

Des publications qui prennent un autre sens

La disparition survient alors que l’éditeur prépare une actualité : le passage en poche d’une version corrigée et augmentée de Par monts et par vaux, ainsi qu’une réédition annoncée pour mai de Le Col de l’oubli. « Ces publications deviennent hommages au travail de cet ethnologue du dehors. », écrit Anamosa.

Avec Martin de la Soudière, une certaine idée du savoir perd une voix : une enquête qui marche, qui écoute, puis qui écrit sans surplomb. Les livres, eux, continuent l’arpentage.

Communiqué des éditions Anamosa : 

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Martin de la Soudière, hier, le lundi 2 février 2026. Nos premières pensées vont à ses proches, ses frères et sœurs, à ses collègues-amis, en particulier Philippe Bonnin, Laurent Le Gall, Martyne Perrot, Martine Tabeaud, Anouchka Vasak, à ses éditeurs-amis, en particulier Pierre Gaudin chez Creaphis, car… Martin en rose et en violet, Martin avec son chapeau était de ceux qui embarquent tout le monde, sur ses chemins de traverse, dans ses amours littéraires – nulle autre possibilité que de tomber sous le charme de ses curiosités généreuses.

Nous avons eu l’honneur et la chance de publier Arpenter le paysage en 2019, couronné du Prix du Livre pyrénéen Binaros et du Prix du Travellers Club de la Société de géographie, puis Par monts et par vaux en 2023. Pour Arpenter le paysage, il avait répondu goulument à toutes les invitations des libraires, demandant à emprunter autant que possible en train ces lignes secondaires qu’il aimait tant.

Sa disparition nous saisit, alors que nous allions lui annoncer le passage en poche d’une version corrigée et augmentée de Par monts et par vaux et la réédition d’un texte qui lui était cher, Le Col de l’oubli, en mai prochain… Ces publications deviennent hommages au travail de cet ethnologue du dehors.
Comme prémonitoires mais si belles, alors que la maladie le touchait, les dernières lignes de Par monts et par vaux, dans une « Chute 2 » intitulée Adieu aux paysages :

L’action se déroule dans le Livradois, dans le département du Puy-de-Dôme. Aujourd’hui, en juin 2022, en observant le paysage, une fois cet opus une fois quasiment achevé, c’est un peu comme si je marchais dans ses pages avec en tête tous les chapitres, tous les motifs. Telle une ronde, ils sont là, présents, à me tenir compagnie. Comme autant de compagnons, ils se donnent la main.

Mais il me faut en prendre congé. Comme on quitte les convives à l’issue d’un dîner, je leur dis une fois encore « Bonjour ! » et aujourd’hui, « Au revoir ! » Qu’ont-ils été pour moi, ces motifs paysagers, si ce n’est des amis, des complices, des personnages à qui j’ai donné vie ? Peut-être mes doubles ? Devant moi, sur la pierre où je me suis assis à l’orée de ce hameau du Livradois, les plus nombreux manquent bien sûr à l’appel, mais quelques-uns me font encore signe, me tenant compagnie : Madame Colline, Monsieur Forêt, et jusqu’au grand étang que j’aperçois là-bas. Malgré les apparences, de motif en motif, l’homme est en réalité toujours présent dans mon livre, mais en filigrane. Plus que les paysages stricto sensu, les motifs choisis et présentés sont autant de lieux où vivre.

Crédits photo : 

 
 
 

 

 

 

DOSSIER - Livres, actualités : tout sur George R.R. Martin

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

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