Dans artpress n°545, numéro d’été, qui vient de paraître, tour d’horizon d’Antibes à Londres et Bilbao, et voyage vers le futur…
Michel Verjux. Pas de Grande Interview ce mois-ci, mais les notes de travail d’un artiste aussi attentif aux mots qu’il l’est aux espaces qu’il dépouille pour mieux les révéler et réapprendre la contemplation à nos yeux saturés. Du 28 juin au 27 septembre, on découvrira ainsi, ou redécouvrira, le Musée Picasso d’Antibes dans un merveilleux jeu d’ombres et de lumières.
Tracey Emin. L’ex-enfant terrible des YBA est devenue une lady, à qui la Tate Modern à Londres consacre une rétrospective (jusqu’au 31 août). On y retrouvera bien sûr son lit défait. On sera aussi saisi par ses peintures récentes qui montrent le corps, le corps qui souffre, mais aussi des étreintes, comme on ne les a encore jamais vues.
Ruth Asawa. Le Guggenheim Bilbao (jusqu’au 13 septembre), avant la Fondation Beyeler l’automne prochain, permet enfin d’admirer l’œuvre de cette artiste (1926-2013) dont la famille émigrée aux États-Unis connut les camps d’internement pendant la guerre du Pacifique. Auteur d’une œuvre délicate et poétique en fil métallique, papiers pliés, bois sculptés, peinture, gravure, elle s’attacha à mêler pratique artistique et vie de famille.
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Stanisław Lem. Vingt ans après sa mort, l’écrivain polonais de science-fiction est plus que jamais d’actualité. Son célèbre roman, Solaris, adapté au cinéma par Andreï Tarkovski, puis Steven Soderbergh, n’est-il pas, pour reprendre les mots de Mikaël Gómez Guthart, auteur de l’article, la description « d’un monde où les systèmes produisent du sens indépendamment de nous, jusqu’à rendre problématique notre capacité même à les comprendre » ?
Un numéro d’été, c’est deux mois de lecture avec aussi : François Dilasser (1926-2012) à qui sa Bretagne natale rend hommage à travers une vaste rétrospective éclatée en dix lieux, et, toujours en Bretagne, les 40 ans de La Criée à Rennes ; c’est aussi, à Nice, la Galerie Eva Vautier ; à Toulouse, la photographie d’Almudena Romero que l’on ne peut voir que depuis un hélicoptère ; à Aix-en-Provence, la Flûte enchantée de Mozart scénographiée par Clément Cogitore, et, du même, un film, Memory Palace, présenté aux Rencontres d’Arles.
Enfin, c’est la Biennale de Venise (jusqu’au 22 novembre) passée au peigne fin de 8 pages de comptes rendus !
Et c’est, pour les heures tranquilles de remise à niveau : une réédition augmentée des Nouvelles Impressions d’Afrique de Raymond Roussel, un court mais étonnant roman d’Arno Schmidt, Paysage lacustre avec Pocahontas, Dario Voltolini, Jean-Pierre Ferrini, Karine Miermont, les mémoires d’une grande commissaire d’exposition, Margit Rowell, le 3e et dernier tome de la monumentale enquête de Philippe Dagen sur les Primitivismes, et le 2e de la phénoménale biographie de Joe Bousquet par Paul Giro.
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