samedi, 21 février 2009

Lu dans la presse le 20 février 2009:La "French Connection" du roman policier

LE MONDE DES LIVRES | 19.02.09 | 16h54  •  Mis à jour le 19.02.09 | 16h54

seattle.jpgS'il est un genre littéraire où la fascination des Etats-Unis joue un grand rôle, c'est bien le roman policier. Le phénomène ne date pas d'hier : après la seconde guerre mondiale, la découverte du roman noir américain, qui va de pair avec celle du jazz, déclenche un engouement extraordinaire. On traduit massivement les auteurs américains, publiés entre autres par la collection que vient de créer Gallimard, la "Série noire".


Et comme cela ne suffit pas à satisfaire l'appétit des lecteurs, on demande à des romanciers français d'écrire de faux romans noirs américains, en prenant un pseudonyme pour faire plus vrai. Un critique de l'époque écrivant même, au sujet de La mort est dans le coup, d'un certain Terry Stewart : "Horace McCoy (auteur d'On achève bien les chevaux) est détrôné. On est convaincu qu'aucun écrivain de chez nous ne pourrait construire pareil récit avec une aussi sûre maîtrise." Terry Stewart est un des pseudonymes de Serge Harcouët, originaire de Nantes... John Amila, lui, n'est autre que Jean Meckert, natif de Belleville (dont deux titres viennent de paraître, en poche, chez Joëlle Losfeld : Justice est faite, et Nous sommes tous des assassins). L'exemple le plus connu reste celui de Boris Vian, écrivant en quinze jours, à la suite d'un pari, J'irai cracher sur vos tombes, polar américain attribué à un certain Vernon Sullivan.

Nombre d'auteurs continuent de choisir les Etats-Unis pour cadre de leurs fictions. C'est le cas des premiers romans de Maxime Chattam et de nombreux livres de Maud Tabachnik. Le dernier roman d'Andrea Japp, Dans la tête, le venin (Calmann-Lévy, 312 p., 17 €), met en scène une profileuse du FBI, tandis que Patrick Bauwen situe son roman Monster (Albin Michel, 376 p., 22,50 €) en Floride.

Ce qui fascine toujours les romanciers français, c'est un certain nombre d'archétypes dont les Etats-Unis seraient supposés détenir le monopole : le privé, le dur à cuire avec son chapeau mou, son imperméable et sa flasque de bourbon (indémodable), le tueur en série, le profileur du FBI ou le médecin légiste représentant les techniques d'investigation de pointe.

Et puis il y a les grandes espaces, les mégalopoles et, peut-être plus que tout, l'influence du cinéma. Le rêve américain des romanciers français passe souvent par Hollywood - et parfois par l'espoir secret d'en séduire les producteurs en ne les dépaysant pas trop.

Gérard Meudal

http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/02/19/la-french...

14:05 Ecrit par laura dans Les polars | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : la "french connection" du roman policier, polar | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

La fascination des Etats Unis dans les romans policiers : c'est un défaut je trouve mais on peut aimer aussi.

Ecrit par : elisabeth | samedi, 21 février 2009

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Comme le polar est né là-bas avec Poe (qu'admirait déjà Baudelaire) et découvert là-bas comme le dit l'article.. c'est un peu inévitable.
Moi, j'ai aussi commencé avec les polars américains ... il y a 20 ans ...avant que ça ne devienne très à la mode.
Il y a de très bons polars typiquement français, exemple connu de tous:Simenon... qui a été aux EU.
Après quand on s'inspire des EU, il faut que ce soit bon...
Les américains ont quand même le" truc"; quand on compare les séries (policières) avec la plupart des séries(policières ou pas), il n'y a pas photo...

Ecrit par : laura | lundi, 23 février 2009

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