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  • Catégories : Des femmes comme je les aime, Les polars

    Agatha Christie : secrets de fabrication

    François Rivière
    28/04/2011 | Mise à jour : 14:47 Réagir

    Elle avait laissé des carnets sur son travail. 

     

     

    En novembre 2005, répondant à l'invitation du petit-fils d'Agatha Christie rencontré au Canada lors de la première de Chimneys, une pièce oubliée de l'auteur de La Souricière, l'Irlandais John Curran vient séjourner quelque temps à Greenway House. Ce fanatique de la romancière est aussitôt sous le charme de la belle maison géorgienne dominant l'embouchure de la Dart, qui, il le sait, a souvent servi de décor aux machinations criminelles de son idole. Mais il ignore encore qu'en explorant les combles de la vénérable demeure il va être amené à faire une découverte exceptionnelle. Pas moins de soixante-treize carnets de notes couverts de l'écriture désuète et parfois difficile à déchiffrer de la Duchesse de la Mort gisaient dans un placard depuis que Rosalind, la fille unique d'Agatha, les y avait pieusement relégués. Ayant obtenu des héritiers l'autorisation de se livrer à un travail de décryptage puis d'analyse de ces précieux grimoires, Curran réalise ainsi le rêve secret de tout fondu de l'œuvre christienne: découvrir enfin les secrets de fabrication de romans aussi légendaires que Dix petits nègres, A.B.C. contre Poirot ou Mort sur le Nil. Avec patience, abnégation et un sens inouï de la «réorganisation» de ces notes griffonnées sans ordre ni autre logique que celle d'un imaginaire capricieux, Curran s'attelle bientôt à la composition d'un livre à partir du contenu de carnets pareils aux papyrus mis au jour par les égyptologues.

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  • Catégories : A voir

    Jean Chevalier

    Exposition-dossier

    Du 3 mai au 14 août 2011


    Un choix d’œuvres du peintre lyonnais Jean Chevalier (1913-2002) permettra de découvrir le parcours de celui qui est d’abord connu comme un élève du cubiste Albert Gleizes.

    Aux compositions géométriques de ses débuts succèdent des peintures marquées par l’œuvre de Robert Delaunay, avant que ne s’épanouisse l’abstraction de la période de la maturité : lignes de force et plages de couleurs s’y déploient, suivant la cadence du geste.216254_139530752786292_100001881054048_261797_1662057_n.jpg

    Thème rouge et bleu, 1957-58

    http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/expositions-musee/prochainement/jean-chevalier

  • J'ai aimé hier:L'estampe au temps de l'impressionnisme

    Salles des pastels - 2e étage - Impressionnistes
    Jusqu'au 23 mai 2011

    Entre 1860 et la fin du XIXe siècle, nombreux sont les peintres qui, à l’instar des impressionnistes, expérimentent de façon novatrice les techniques traditionnelles de la gravure. Qu’il s’agisse d’eau-forte ou de lithographie, la liberté du trait, les effets de texture et le caractère d’inachèvement caractérisent généralement ces œuvres graphiques.

     
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    Edouard Manet, Lola de Valence, eau forte, 1862-63
     

    Le peintre Félix Bracquemond (1833-1868) est l’un des initiateurs de cet intérêt nouveau des peintres pour la gravure. Il est le fondateur en 1862 à Paris avec l’imprimeur Alphonse Cadart (1828-1875) de la Société des Aquafortistes, association qui expose et diffuse avec succès les eaux-fortes proposées en albums.   

    Les œuvres gravées d’Edouard Manet (1832-1883) sont bien représentées dans les collections du musée des Beaux-Arts. L’artiste contribue au renouvellement de la technique de l’eau-forte, en lien avec les thèmes de ses peintures. Il interprète parfois lui-même en gravure ses propres tableaux, comme Lola de Valence d’après le tableau de 1862, conservé au musée d’Orsay.
    Il exploite magistralement les possibilités de la lithographie : le visage de Berthe Morisot (1841-1895), amie du peintre souvent choisie comme modèle, y est saisi avec vivacité en quelques traits, loin d’une représentation photographique figée.

    A la suite des impressionnistes, les paysagistes cherchent à rendre les aspects changeants de la lumière suivant les variations atmosphériques liées aux études en  plein-air au fil des saisons. En gravure, leurs approches diffèrent suivant les sensibilités ou l’instant saisi : travail du trait en petites touches pour Soleil couchant dans le port d’Anvers de Johan Barthold Jongkind (1819-1891), fines zébrures du rendu de la pluie pour Les fiacres sous la pluie de Félix Buhot (1847-1898), et en lithographie, velouté de la chaleur d’été pour La Pêche du lyonnais Adolphe Appian (1818-1898).

     

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  • Catégories : Des expositions, Des musées, L'art, Lyon(Rhône,69:études,travail)

    J'ai aimé hier:Max Schoendorff, Accrochage

    Salles 200 - 2e étage - Art moderne
    Jusqu'au 3 mai 2011

    Le musée des Beaux-Arts possédait deux œuvres de Max Schoendorff dont l’une acquise dès 1970. Grâce à la générosité de plusieurs donateurs – André Dubois, Françoise Dupuy-Michaud, Jean-Paul Jungo, Gilbert Monin – la collection du XXe siècle s’est enrichie d’un ensemble de dessins, de peintures et de lithographies. À l’occasion de ces donations, le musée invite à redécouvrir les travaux de cet artiste.

     
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    Max Schoendorff, Florizel et Perdita, 1988 © Lyon, musée des Beaux-Arts
     

    Max Schoendorff, né à Lyon en 1934, est issu d’une famille de cristalliers lorrains. Son père lui fait découvrir la langue et la culture germaniques. Après des études littéraires qui le conduisent au professorat, il renonce à son poste d’enseignant pour assister un de ses amis, l’homme de théâtre Roger Planchon. Puis il abandonne l’écriture au profit de la peinture. Dorénavant, il expose régulièrement, à Lyon notamment, d’abord à la galerie Folklore-Marcel Michaud, puis, à partir de 1966, à la galerie Verrière.

    Au début des années 1960, c’est le théâtre qui l’accapare encore. Il est tour à tour décorateur, costumier, scénographe et metteur en scène. Dans les années 1970, il collabore, entre autres, avec le metteur en scène Jacques Rosner, travaille pour le T.N.P. de Villeurbanne, la Comédie-Française, les Opéras de Paris et de Lyon, ou encore le Schiller Theater de Berlin. Le cinéma est également une de ses passions : il est l’un des cofondateurs de la revue Premier Plan, du Congrès indépendant du cinéma international (C.I.C.I.), enfin décorateur pour Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

    Schoendorff appartient à une génération profondément marquée par l’imaginaire surréaliste. Les écrivains Antonin Artaud et Georges Bataille, les peintres Max Ernst, André Masson et Hans Bellmer ont enrichi sa recherche. Mais sa peinture semble également nourrie par des maîtres anciens comme Greco, Rubens, ou Grünewald.

     

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  • Catégories : Des expositions, Des musées, L'art, Lyon(Rhône,69:études,travail)

    J'ai aimé hier:Lyon et les arts de l'Islam

    Le Génie de l’Orient, Lyon et les arts de l’Islam

    Parcours de l’exposition-dossier
    2 avril - 19 septembre


    Au XIXe siècle, Lyon joue un rôle particulier dans la découverte des arts de l’Islam. Dans cette ville prospère engagée dans le développement industriel et bancaire, les grands bourgeois aiment à s’entourer d’objets précieux. À partir des années 1860, certains de ces collectionneurs se passionnent pour les objets de l’Espagne musulmane, du Maghreb, d’égypte, de Turquie ou encore du Proche et Moyen-Orient.
    Sur le modèle des grands musées européens et sous l’influence de ces amateurs éclairés, les musées lyonnais constituent peu à peu des collections « d’art oriental » et de grandes expositions sont organisées, dans le but explicite de renouveler le regard des artisans et de favoriser ainsi la création artistique. Sous l’influence de cette vogue « orientalisante », la « mauresque » et « l’arabesque » comptent bientôt parmi les ornements privilégiés de la soierie lyonnaise.
    C’est cet engouement lyonnais pour les arts de l’Islam que cette exposition propose de découvrir.
    TARIFS

     

    Exposition : 10€ / 6€ / Gratuit
    Le billet de l'exposition donne accès à l'exposition dossier Lyon et les arts de l'Islam (2e étage salle d'expo-dossier) et aux collections permanentes.
    Carte musées : 20€ carte valable un an dans six musées de la ville.
    L'audioguide de l'exposition est inclus dans le prix du billet.
    Visites commentées : 3€/ Gratuit

    HORAIRES
    Musée et exposition ouverts tous les jours, sauf mardi et jours fériés, de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h.

     


    NOCTURNE dans l'exposition
    Vendredi 6 mai de 18h à 22h : 5€/ Gratuit
    Sans réservation. Programmation détaillée
    Café-restaurant ouvert jusqu'à 23h.

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  • Catégories : Des expositions, Des musées, L'art, Lyon(Rhône,69:études,travail)

    J'ai aimé hier:"Le génie de l'Orient"

    216254_139530752786292_100001881054048_261797_1662057_n.jpgl’Europe moderne et les arts de l’Islam.

    2 avril - 4 juillet 2011

     


     

    Au cours du XIXe siècle, l’Europe découvre un nouvel univers visuel, celui des arts de l’Islam.

    Le marché de l’art et les collections privées contribuent à forger un nouveau regard et un nouveau savoir à  travers les voyages et les expéditions, le développement de la photographie, les publications, les expositions.
    À l’occasion de voyages, nombre de collectionneurs constituent des ensembles d’œuvres souvent spectaculaires qui témoignent de l’émerveillement de l’Occident pour l’Orient. L’exposition suggère que nous demeurons aujourd’hui les héritiers de ces nouveaux codes visuels.

    La découverte des arts de l’Islam donne naissance à deux révélations :
    - l’une, diffusée surtout par la peinture, s’inspire des décors des palais et harems pour une vision fantasmée de la fable orientaliste ;
    - l’autre est portée par les théoriciens de l’ornement et certains artistes d’avant-garde. Ils recherchent dans l’art de l’islam une nouvelle esthétique qui pourrait transformer les codes de représentation occidentale. Tapis et tissus, céramiques, métaux, marqueteries de bois ou encore d’ivoire introduisent un nouveau répertoire de formes, de motifs et de techniques.

    L’exposition illustre ces deux visions à travers différents parcours individuels ou collectifs : Pionniers, voyageurs, photographes ou collectionneurs sont fascinés par l’originalité de cette nouvelle culture visuelle alors même que l’histoire de la représentation est en crise.

    Le parcours s’achève avec l’évocation d’un moment d’espoir utopique : celui où des artistes, comme Henri Matisse ou Paul Klee, ont rêvé, peu avant la Première Guerre mondiale, d’une fusion entre regard « occidental » et regard « oriental ».

     
    Commissariat de l'exposition
    Salima Hellal, conservateur du patrimoine, chargée des collections d'objets d'art, musée des Beaux-Arts de Lyon,
    Rémi Labrusse, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Paris X Nanterre.
    Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication/ Direction générale des patrimoines/ Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État.

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  • Catégories : Des anniversaires, Genet Jean

    Et toujours:Expo Jean Genet, à la Bibliothèque municipale

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    La Bibliothèque Municipale propose de raconter l'histoire de l'écrivain Jean Genet, en présentant pour la première fois de très nombreuses pièces rarissimes.

    Abandonné par sa mère lyonnaise, et né de père inconnu, Jean Genet a été - tout au long de sa vie - à la recherche d’une famille. Cette quête est en grande partie à l’origine de son œuvre : "Je suis un autre, il faut que cet autre trouve quelque chose à dire ".  Cette famille, il finit par la trouver avec la rencontre de ses compagnons de fortune et d’infortune, de ses nuits d’hôtel, de ses itinérances à travers le monde, et au fil de ses multiples engagements politiques.

    Le parcours de l'exposition

     Jean Genet en quête d'une famille
     Marc Barbezat, l'éditeur de Jean Genet
     Jean Genet ou l'amour des livres
     Jean Genet et le travail de deuil
     Jean Genet, activiste apaisé
     Jean Genet ou l'art du déguisement
     Jean Genet, critique d'art
     Jean Genet, entre péché et grâce
     Fin

     En savoir plus sur le site de la Bibliothèque municipale


    QUE J'ai aimé le 1 er mars 2011

  • J'ai aimé hier:D'après Michel-Ange

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    D’après Michel-Ange
    Graveurs et copistes de la Renaissance au XIXe siècle

    Giorgio Ghisi, Jérémie, détail, vers 1549, burin

    Giorgio Ghisi, Jérémie, détail, vers 1549, burin

    Michel-Ange est un nom retentissant de notre culture, un artiste légendaire qui attire aujourd’hui les foules et transite, par le biais des images de ses créations, dans l’univers de la publicité et des médias.
    Mais pour Michelangelo Buonarroti (1475-1564), la renommée ne se fait pas attendre : deux biographes, Vasari et Condivi, exaltent son talent au milieu du XVIe siècle, alors que ses réalisations suscitent déjà une floraison de commentaires et de reproductions sous différentes formes. Cette production considérable de copies, réalisées d’après les compositions du maître, est très représentée dans les collections de la Bibliothèque municipale de Lyon. Elle permet de retracer l’évolution même du phénomène Michel-Ange et le rayonnement de son style, grâce à la circulation d’estampes qui diffusent un peu partout ses pièces maîtresses, avant la généralisation des procédés photographiques.
    L’exposition D’après Michel-Ange introduit ainsi à la réception de l’œuvre du grand artiste et invite, simultanément, à une relecture par étapes de son parcours. Les estampes de la Bibliothèque sont confrontées à d’autres supports et techniques de reproduction (dessin, moulage, peinture), avec un jeu de renvois qui montre souvent une dérivation indirecte d’après l’original michelangelesque (une « copie de la copie »), ou parfois en propose une réinterprétation personnelle.

    Claudio Galleri
    Commissaire de l’exposition
    responsable de la collection d’estampes
    BM Lyon

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  • Catégories : Mes poèmes

    Le premier jour du reste de notre vie

    On fait tant de choses sans y penser

    Faisons de chaque instant une éternité

     

    On dit trop de mots banals

    Offrons nous des mots magiques

     

    C’est le premier jour du reste de notre vie

    Faisons-en une œuvre d’art

     

    Soignons nos baisers

    Fignolons nos caresses

     

    Fuyons la banalité

    Bannissons l’ordinaire

     

    Cette Saint-Valentin est la première de notre vie

    Que tous les autres jours lui ressemblent !

     

    10  février 2011

     

    Pour lire d'autres textes de moi, cf mes 11 livres en vente sur ce blog

  • Catégories : L'art, La presse

    Arts magazine de mai 2011

    Joan Miró : The Ladder of Escape

    La Tate Modern aligne plus de 150 œuvres de Joan Miró (1893-1983), au style si reconnaissable (àplats de couleur vive, symboles énigmatiques, points et traits noirs rythmant...

    (1 VOTITALY_VOTE, VOTITALY_AVERAGE 2.00 VOTITALY_OUTOF)
     
    Ville : Londres

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  • Catégories : Des expositions, Le paysage, Lyon(Rhône,69:études,travail), Voyage

    L'Orient, de la description à l'abstraction

    LEMONDE | 20.04.11 | 15h10

    L'expédition de Bonaparte en Egypte, la conquête de l'Algérie au temps de Louis-Philippe, la constitution de l'Empire britannique, la multiplication des voyages et des explorations : au cours du XIXe siècle, l'Orient - entendez ici l'immense espace qui s'étend du Maroc jusqu'à l'Inde - a été de plus en plus parcouru par les Européens. Ils l'ont visité, ils y ont commercé, ils y ont pris le pouvoir.

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  • Catégories : Klimt Gustav

    Un musée autrichien doit restituer un Klimt volé par les nazis

     

    LEMONDE.FR avec AFP | 21.04.11 | 18h32  •  Mis à jour le 21.04.11 | 18h37

     
     

     

    Vue partielle du tableau "Litzlberg am Attersee", de Klimt. Photo non datée communiquée par le Musée d'art moderne de Salzbourg.

    Vue partielle du tableau "Litzlberg am Attersee", de Klimt. Photo non datée communiquée par le Musée d'art moderne de Salzbourg.AFP/Musée d'art moderne de Salzbourg

     

    Le Musée d'art moderne de Salzbourg doit restituer à un héritier canadien un tableau de Klimt, évalué entre 20 et 30 millions d'euros, volé par les nazis à son ancienne propriétaire juive, morte en camp de concentration. Ce tableau, Litzlberg am Attersee (Le mont Litzl près du lac Attersee), de 110 cm sur 110 cm, avait été peint en 1915 par le maître autrichien et appartenait à l'Autrichienne Amalie Redlich, déportée en 1941. Des expertises ont confirmé la spoliation, et l'œuvre va être restituée au Canadien Georges Jorisch, petit-fils et unique héritier d'Amalie Redlich.

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  • Catégories : Des évènements

    L'art au risque du blasphème

     

    Mots clés : , ,

    Par Valérie Duponchelle
    19/04/2011 | Mise à jour : 15:46
    Un employé de la Collection Lambert devant Piss Christ, l'œuvre en partie détruite d'Andres Serrano.
    Un employé de la Collection Lambert devant Piss Christ, l'œuvre en partie détruite d'Andres Serrano. Crédits photo : JEAN-PAUL PELISSIER/REUTERS

    Alors que le directeur de la Collection Lambert, à Avignon, est menacé de mort s'il continue à exposer Piss Christ d'Andres Serrano, la polémique dérape.

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  • Catégories : L'art

    Alfred Stevens


    Alfred Stevens, La Lettre de rupture, vers 1867,
    huile sur toile H. 0,745 m ; L. 545 m,
    Paris, Musée d'Orsay

            Dès la lecture du titre, le spectateur comprend tout de suite le thème de cette œuvre. Après avoir considérer de haut en bas la longue figure féminine qui se détache claire sur un fond sombre, le regard s’arrête sur le détail presque anodin de la lettre que la femme tient dans sa main droite. Détail presque anodin, en effet, parce que le peintre s’est plu à donner au papier le même colori que la robe, si bien que l’on a l’impression que la femme tient plutôt un pan de celle-ci. Mais ce détail est loin d’être anodin car il est le centre du drame qui se joue sur cette toile et que le titre éclaire d’un jour sans équivoque : Cette femme au regard triste et songeur vient de recevoir une lettre de rupture.
            Le peintre belge Alfred Stevens (1823-1906) s’est fait une spécialité dans la représentation dans leur quotidien de femmes issues d’un milieu aisé. Pourtant, ce ne sont pas des portraits de riches bourgeoises, malgré l’impression que l’on en a, mais bien des scènes de genre à un seul personnage. Les titres de ses œuvres permettent d’ailleurs de discerner les genres. Loin d’être de « simples » portraits, les œuvres de Stevens racontent une histoire. Elles dépeignent une seconde de la vie d’une femme, un moment décisif, mais, laissent la porte ouverte à l'interprétation. Le spectateur saura deviner les tenants et les aboutissants de la scène. C'est là tout l'art de l'artiste : laisser le spectateur faire preuve de suffisamment de sagacité pour comprendre ses tableaux.
            Dans la toile qui nous préoccupe, Stevens montre une femme à l'instant précis où elle vient de finir la lecture de la lettre et, encore sous le choc des mots, subit les assauts de sentiments disparates. On ne lit presque rien sur son visage mais l’on sait qu’elle éprouve de la haine, de l’amour, de la jalousie, de la tristesse, de la colère, du désespoir… Tous ces sentiments qui affluent en même temps l’empêchent de parler, de bouger, de pleurer, de crier… Il est facile pour le spectateur d’interpréter ce que la jeune femme ressent. Tout être humain a vécu la même situation.
            D'un point de vue technique, le peintre accentue l'impression de cassure grâce au décor de l'œuvre. Nous l’avons dit, il s’agit d’un fond sombre que n’anime nullement un coin aux couleurs chaudes, des oranges et des jaunes. Sur la droite, dans une mince bande verticale se voit une fleur dans un bac. Ce détail nous donne la clef pour comprendre où se tient la jeune femme, elle s’est réfugiée dans l’ombre d’un paravent pour pouvoir lire secrètement la lettre qu’elle vient de recevoir. Mais dans ce coin qu’elle avait pu croire un refuge et dans lequel elle semble flotter parce que l’on distingue difficilement le sol, s’agitent des formes sombres, visualisation des tortures qui harcèlent son esprit. Même la tache aux couleurs chaudes au-dessus de son épaule droite, n’égaie pas l’espace. Ce lieu est la figuration de ses sentiments : écarté de la vie quotidienne, tout y est brisé, informe, taché, avili, à l’image de son amour.
            Par des sujets comme celui-ci, qui racontent des anecdotes réalistes que tout un chacun connaît, Alfred Stevens a acquis une grande renommée dans la haute société du second Empire puis de la troisième République. Pourtant, ce ne sont en rien des tableaux que l’on serait tenté de classer dans l’Académisme. Beaucoup de choses s’y opposent en effet :

            Tout d’abord, Stevens est l’un des premiers à s’intéresser aux effets de l’art japonais. Parce que cet art s'oppose à la tradition occidentale, il peut en effet être considéré comme une influence fondamentale de la modernité. Dans son tableau, Stevens lui donne une place prépondérante. Ainsi, le détail de la fleur dans son bac, de l’autre côté du paravent et que celui-ci cache à moitié, symbole d’une jeunesse naïve qui vient de se briser, est tout ce qu’il y a de plus japonisant. De plus, d’une manière assez extraordinaire, bien que la toile soit d’un format assez banal, le découpage de l’espace pictural en trois longues bandes verticales donne l’impression que l’œuvre est beaucoup plus longue, comme un kakemono japonais.
            Par ailleurs, contrairement aux thèmes des œuvres dites académiques, les siens ne sont pas tout de suite reconnaissable, comme nous l’avons vu. Il faut un certain temps d’étude du tableau et souvent l’aide du titre pour en comprendre toute la portée anecdotique.
            Surtout, Alfred Stevens est un peintre indépendant, non « inféodé » à l’Institut puisqu’il a toujours vendu ses œuvres de la main à la main, grâce au Salon et bien sûr par l’intermédiaire des marchands d’art.
            Finalement, en représentant des scènes réalistes de la vie quotidienne et non des scènes historiques ou religieuses, il est un peintre de la vie moderne. L'un des premiers d'ailleurs, et, à ce titre, il peut être considéré comme le précurseur de Manet, dont il est un ami, de Fantin-Latour ou de Caillebotte.
            Malgré cela, on peut se demander pourquoi Alfred Stevens n’est pas rentré dans la postérité ? Nous avons déjà donné la réponse à ce fait : il a été l’un des peintres les plus renommés de la deuxième moitié du XIXe siècle. Cherchant à plaire pour vendre et n’innovant que très peu, il a trouvé ses clients dans la bourgeoisie.
            Cet exemple nous permet alors de démontrer qu’à cette époque l’art ne s’est pas résumé à un affrontement entre l’Académie et l’Avant-garde comme on a eu trop vite tendance à croire. Il y avait aussi et surtout une multitude de peintres renommés ou inconnus qui ont cherché à vivre le mieux possible de leur art. Ceux-ci n’ont voulu ni faire de la grande peinture, ni s’adonner à un genre trop « moderne », parce que des deux côtés les œuvres ne se vendaient pas.
            Il est vrai qu’il est facile de juger a posteriori et de dire que les artistes qui n’ont pas été impressionnistes ne méritent pas l’intérêt. Mais, d’une part, il fallait une certaine aisance financière pour pratiquer un style qui ne se vend pas et d’autre part, il fallait se sentir prêt à pouvoir innover, ce qui n’est pas donné à tout le monde.