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Ces difficiles années en "3"

Publié le 08/06/2013 par
Ces difficiles années en "3"
Photo : C.Goussard/Château Gruaud Larose
 
 

Le millésime 2013 réussira-t-il à conjurer la malédiction qui frappe les années en "3" pour engendrer de beaux vins, comme en 1953 et 1893 ?

Si les médiocres conditions météorologiques de ces derniers jours ont mis le moral des Français en berne, les vignerons travaillent durement pour en limiter les conséquences sur la production, ce qui n'est pas simple. Avec les importantes chutes de pluie, il est difficile d'entrer dans les vignes. Un peu partout en France, la végétation présente entre quinze jours et trois semaines de retard.
Faut-il s'en inquiéter ? Certes, tout n'est pas encore joué et ce retard ne préjuge en rien la qualité future. Il suffirait d'un bel et long été chaud et sec pour remonter la pente, mais d'ores et déjà, il est sûr que le millésime sera tardif, comme en 2012. Heureusement, la fraîcheur limite la poussée des maladies cryptogamiques comme le mildiou : "Seule l'herbe pousse, j'en suis à mon quatrième passage dans les vignes", souligne Philippe Delesvaux, producteur bio dans l'Anjou.
Plus grave, le froid et le manque de soleil empêchent la photosynthèse de la vigne, d'où une croissance incomplète des grappes, ce qui pourrait induire une baisse de rendements et ne tombe pas au mieux ; les millésimes 2011 et 2012 avaient déjà été très déficitaires pour les volumes, ce qui finit par peser sur les comptes d'exploitation d'autant que, avec la crise économique, les prix sont aussi en baisse.

Frimas du printemps

Côté consommateur, le moral n'est pas non plus au beau fixe. D'habitude, à cette époque, dès les frimas du printemps oubliés, les ventes de vins rosés démarrent sur les chapeaux de roues. Cette année, rien de tel. Les terrasses ouvrent à peine et les ventes de vins rosés ne bougent pas alors que le marché, depuis plusieurs années, est en plein boum et bat record sur record, ce qui a incité de nombreux producteurs à y consacrer une part importante de leur production. Dans un jeu de vases communicants, les soupes (+ 24 %) et les légumes secs (+ 17 %) remplacent les petits plats d'été et le vin rosé.
Le millésime 2013 s'inscrira-t-il dans la lignée des années en "3" qui n'est pas bien fameuse ? Pour les passer en revue, une dégustation très originale débutant en 1833 a été organisée par le Château Gruaud Larose, deuxième cru classé de Saint-Julien dans le Bordelais. À quelques rares exceptions près (1893, 1923, 1953, 2003), la plupart des années en "3" étaient pluvieuses avec des rendements faibles, ce qui n'empêche pas ces vins d'être encore aujourd'hui très intéressants, généralement dans un style léger et acidulé. Mais tous les crus ne possèdent pas un terroir aussi exceptionnel que Gruaud Larose, célèbre pour ses longs vieillissements, y compris dans les millésimes difficiles, ce qui est très rare.
Cependant, il faut noter que la donne a changé depuis quelques années. L'irruption de la technologie dans les chais et surtout dans la vigne permet de sauver bien des situations compromises. Ainsi, en 2012, les coûteuses machines de tri optique de la toute dernière génération ont fait des miracles en triant chaque baie, l'une après l'autre, ce qui permet d'élaborer des vins gourmands à défaut d'être très profonds.

La saga des millésimes
  • 2003 : L'année de la canicule a engendré des vins souples et d'évolution assez rapide, largement surcotés à leur naissance et vendus très (trop) chers.
  • 1993 : Aujourd'hui, seuls les grands bordeaux et bourgognes sont à considérer et ils sont de bonne tenue pour les meilleurs.
  • 1983 : La pluie durant les vendanges a engendré des vins un peu raides. Trente ans plus tard, les grands bordeaux s'en sortent bien, les bourgognes sont de qualité plus variables.
  • 1973 : Un millésime pluvieux avec des vins dilués à terminer. Il n'est pas facile de trouver un bon vin pour fêter ses quarante ans.
  • 1963 : Un millésime catastrophique, tous les vins sont à oublier ou presque. Seule solution, se tourner vers les grands portos qui sont somptueux.
  • 1953 : Beau millésime très réussi. De nombreuses belles bouteilles à Bordeaux en particulier pour fêter ses 60 ans.
  • 1943 : Millésime de guerre de bonne qualité, mais rare. Très régulièrement sont retrouvées des bouteilles qui avaient été enterrées sous les perrons ou murées dans les caves.
  • 1933 : Petite production due à une floraison médiocre. Les vins sont difficiles à trouver et ils sont de qualité modeste.
  • 1923 : La vendange a été tardive avec très peu de belles bouteilles.
  • 1913 : Un millésime très médiocre.
  • 1903 : Peu de vin, petit millésime.



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