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La F-type, une Jaguar bien affûtée

 

LE MONDE | 27.06.2013 à 11h25 | Jean-Michel Normand

LE MONDE | 27.06.2013 à 11h25 | Jean-Michel Normand

 La nouvelle F-Type de Jaguar.

La première audace de la Jaguar F-Type, c'est son nom. S'inscrire ouvertement dans le sillage de la E-Type, plus connue chez nous comme la Type-E, dénote une certaine confiance en soi. Risquer la comparaison avec la plus illustre des Jaguar (1961-1975), un roadster au long capot dont l'apparition, aujourd'hui encore, donne la chair de poule aux amateurs de belles voitures, suppose de disposer de sérieux arguments. Aucun coupé ou cabriolet des années précédentes n'avait osé revendiquer avec autant d'insistance son appartenance à cette lignée. La série des XK préférait jouer la carte d'une sportivité bourgeoise de bon aloi, légèrement surannée.

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La nouvelle F-Type ne provoque pas un choc esthétique comparable à son illustre aînée, mais on se dit en la découvrant qu'il est enfin temps de prendre Jaguar au sérieux.

QUELQUES OEILLADES DISCRÈTES À L'HISTOIRE

Plutôt ramassée (4,47 mètres) pour une sportive de haut vol, la F-Type affiche une ligne excitante sans qu'il lui soit nécessaire de tomber dans le piège de la rétromania. La face avant, très travaillée avec ses phares biseautés et sa calandre pas trop béante, ne surjoue pas la carte de la filiation. Le capot, pourvu d'une élégante bosse dans sa partie centrale, n'est pas interminable comme celui de la Type-E, et le pare-brise est aussi incliné que celui de l'ancêtre était vertical. La poupe, bien plus aplatie que les références allemande (Porsche Cayman) ou italienne (Alfa Romeo 8C) et pourvue de feux arrière étirés en longueur, lance en revanche quelques oeillades discrètes à l'histoire. Le charme de la F-Type agit indépendamment des fantasmes nostalgiques et c'est tant mieux.

Ce roadster reçoit des moteurs à la hauteur de ses ambitions. Un V6 disponible en deux versions (340 et 380 ch) et un V8 poussé à 495 ch, histoire de ne pas cultiver de complexes face aux Aston Martin, rivales de toujours. Avec une telle cavalerie sous le capot, les accélérations sont énergiques, mais la boîte de vitesses automatique à huit rapports canalise ce déchaînement de puissance sans perturber la trajectoire ni engendrer de remontées désagréables dans le très beau volant, que l'on tient bien en mains.

La carrosserie en aluminium, donc allégée, rend la voiture plus maniable même si, au rayon répartition des masses et comportement en courbe, la F-Type ne peut véritablement rivaliser avec une Porsche. La capote, composée de multiples épaisseurs, garantit une excellente insonorisation. Elle se déploie et se replie sans perdre de temps ; l'opération peut s'effectuer en roulant jusqu'à 50 km/h.

LE GROUPE TATA, PROPRIÉTAIRE  DE JAGUAR-LAND ROVER

Affûtée, bien dotée et née, semble-t-il, sous les meilleurs auspices (toute la production de 2013 est déjà vendue), la F-Type bénéficie des gros investissements réalisés par le groupe Tata. Propriétaire depuis 2008 du duo Jaguar-Land Rover, le conglomérat indien en a, depuis, doublé la production et a consacré chaque année jusqu'à 3,5 milliards d'euros dans la conception de nouveaux modèles. Cette sportive, qui aimante les regards sur son passage et dont le tarif débute à partir de 73 800 euros (pour la version équipée du V8, le prix plancher dépasse les 100 000 euros), n'est pas seulement destinée à combler les attentes des amateurs exclusivement fascinés par les belles anglaises.

L'objectif est bien de sortir Jaguar de sa marginalité commerciale et d'en faire – enfin – une alternative sérieuse aux marques allemandes et italiennes dans le segment des sportives de luxe. Pour cela, la F-Type s'est affranchie du poids écrasant de l'héritage qui voulait que son intérieur fasse invariablement la part belle à la ronce de noyer, aux cadrans cerclés de chrome et aux boutons-poussoirs. L'ambiance intérieure est plus froide mais plus moderne, avec des matériaux de classe, du cuir ambré et de jolies commandes de type aviation sur la console centrale. Seule faute de goût : le tableau de bord, certes lisible, mais pas très "classe". Et l'autonomie relativement limitée, à cause des effets conjugués d'un réservoir à la contenance moyenne et d'un niveau de consommation un peu excessif.

La nouvelle Jaguar use aussi de quelques stratagèmes déjà éprouvés par la concurrence. Les très chics aérateurs latéraux sont factices, et certaines versions sont dotées d'une commande qui amplifie la sonorité de l'échappement. A peine l'aiguille du compte-tours aborde-t-elle les 2 000 tours par minute que le moteur gratifie l'oreille de vocalises prometteuses.

Au démarrage, la Jaguar ne peut s'empêcher de s'ébrouer en un bref spasme guttural... sans même que l'on ait caressé la pédale d'accélérateur. La F-Type n'a pourtant aucun besoin d'en rajouter. Non seulement ce roadster possède un large pouvoir de séduction, mais il appartient à une marque qui dispose d'un évident capital de sympathie.

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