Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
David Hockney, le dernier plongeon
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David Hockney : un philosophe de la vision
David Hockney, récemment disparu, n’était pas seulement un peintre mondialement célèbre. C’était aussi un penseur de l’art. Il a questionné la vision et le rapport de l’image au réel, en empruntant plusieurs idées à la philosophie.
Le peintre britannique s’est passionné pour l’optique, c’est-à-dire pour les mystères de la perception visuelle. Il évoque ainsi la chambre noire (camera obscura), célèbre dispositif qui permet d’obtenir sur une surface une vue en deux dimensions, très proche de la vision humaine. Selon lui, c’est une question directement philosophique :
“Au IVᵉ siècle avant J.-C., Aristote écrivit à propos de ce phénomène après avoir observé les images en forme de croissant du Soleil lors d’une éclipse partielle. Ces images se formaient sur le sol de la forêt ; les ouvertures à travers lesquelles elles étaient projetées étaient les petits interstices entre des feuilles qui se chevauchaient. En Chine, à peu près à la même époque, les philosophes mohistes consignaient également leurs observations d’images de pagodes projetées à travers les fentes de stores de fenêtre”
David Hockney, Savoirs secrets. Les techniques perdues des maîtres anciens (Secret Knowledge: Rediscovering the Lost Techniques of the Old Masters, 2001), trad. fr. Thames & Hudson, 2021
Dans son livre Secret Knowledge (paru en français sous le titre Savoirs secrets), Hockney titre le film d’une histoire de la réflexion optique jalonnée d’extraits de grands penseurs. Ce panorama des théories de la vision, de la lumière et de la perspective mentionne notamment l’Opticae thesaurus du philosophe arabo-musulman du Xᵉ siècle Ibn al-Haytham (aussi appelé Alhazen), qui réfuta certaine idées d’Aristote. Quand ses travaux, qui « complétaient les connaissances des anciens Grecs en matière d’optique par ses propres recherches », furent traduits en Occident, « ils déclenchèrent un véritable essor des recherches sur l’optique dans l’Europe du XIIIe siècle ». À peu près à la même époque, le penseur chinois Shen Kuo (XIe siècle) développe lui aussi les connaissances sur la « projection optique ». Mais, note Hockney, « l’intérêt pour ce phénomène semble toutefois s’être éteint vers le XIIe siècle », sans doute parce que « les Chinois ne disposaient pas d’une industrie verrière indigène avant l’arrivée des missionnaires jésuites au XVIIe siècle ».
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