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Catégories : CE QUE J'AI LU,VU (et aimé), J'ai lu dans la presse

C'est la fin, on revient ?

C'est la rentrée, et l'intelligence artificielle est déjà partout. Ici, un ex-employé d'Anthropic estime que la course effrénée à l'IA pourrait mener l'humanité à sa perte. Là, un baron du secteur nous promet qu'emploi et climat seront sauvés par sa technologie messianique.

Que croire, et surtout qui croire ? Car le doute est partout. Vertiges à l'égard des capacités réelles et potentielles des modèles ; suspicion sur la moindre déclaration du secteur, prompt à alimenter les peurs d'IApocalypse pour se rendre indispensable ; malaise sur les retombées concrètes pour l'environnement, l'économie, la culture, nos imaginaires... 

Heureusement, Libé.IA passe en format quotidien, diffusé dans votre boîte mail du lundi au vendredi à 13h, pour vous aider à y voir clair dans votre tech. En gardant l'humain dans la boucle, évidemment !

 

 
 

Quentin Le Van
Journaliste tech

 

 Et bon lundi ! 

 

Un chercheur d’Anthropic a annoncé sa démission, convaincu que «l’IA pourrait tous nous tuer». Après le piratage d’Hugging Face par des agents d’OpenAI cet été, l’inquiétude est montée d’un cran. Récit d’une attaque qui sert de détonateur.

► Lire l'article de Quentin Le Van

 
 
 

La firme qui a conçu ChatGPT affirme qu’un de ses modèles IA a résolu l'un des problèmes les plus complexes du monde mathématique. Une déclaration qui laisse amers et sceptiques les scientifiques.

► Lire l'article d'Olivier Monod

 

 Et aussi dans l'actu... 

  Au Texas, alors que les élections de mi-mandat approchent, les électeurs républicains sont de plus en plus nombreux à quitter le parti conservateur. Le coupable ? Les data-centers, comme le raconte le média texan Kera.

  OpenAI ne fera pas son entrée en bourse en 2026, selon les dernières annonces de son PDG Sam Altman au magazine Fortune. Une opération de temporisation pour une entreprise dont le business model tâtonne.

  Les appels à la pause de l'IA formulés tout le week-end par les patrons du secteur se font déjà sentir en Bourse. Les valeurs des Français STMicroelectronics (semi-conducteurs), Legrand et Schneider Electrics (électriciens impliqués dans le développement des datacenters) ont chuté d'environ 5% ce lundi matin.

 
 

RSI

«Recursive self-improvement», soit auto-amélioration récursive. Désigne la capacité d’un modèle d’IA à s’améliorer, sans intervention humaine, et à contribuer au développement des futures générations d’intelligences artificielles. Réécriture de son propre code informatique, perte de contrôle humain... Obsession des laboratoires depuis des années, c’est depuis quelques semaines l’instrument préféré des entrepreneurs du secteur pour vendre les futures capacités de leurs modèles. Des USA à la Chine, la course à l’IA suit la quête du RSI. Un tremplin supposé vers une superintelligence fantasmée, dont la pertinence théorique reste largement discutée.

 

 

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Une newsletter réalisée par Arthur Cerf, Elise Viniacourt et Quentin Le Van, coordonnée par le service Economie.
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Alertes sur les risques sécuritaires liés à l’IA

  • Anthropic a déclaré avoir bloqué des utilisations malveillantes de son intelligence artificielle.
  • Des ingénieurs ont alerté sur le risque existentiel de l’IA pour l’humanité.

Quelles sont les alertes formulées par les spécialistes de l’IA ?

La société américaine Anthropic a déclaré avoir bloqué des utilisations malveillantes de son intelligence artificielle (IA), dont des requêtes susceptibles de servir à développer des armes biologiques, dans un rapport publié hier soir. Cette semaine, plusieurs spécialistes ont alerté sur les risques associés à l’IA. Un ingénieur démissionnaire d’Anthropic qui a aussi travaillé pour OpenAI, Jacob Coxon, a avancé mercredi qu’aucune des deux entreprises n’agissait « de manière responsable », qu’elles se précipitaient « vers une superintelligence auto-améliorante » et jouaient « avec nos vies ». Un autre employé d’Anthropic, Evan Hubinger, a évalué à « plus de 10 % » la probabilité que l’IA « tue tous les humains » d’ici « la fin de la décennie », une estimation que Geoffrey Hinton, prix Nobel de physique en 2024, a jugé « pas déraisonnable » sur la BBC. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé lundi les États à renforcer la réglementation de l’IA, jugeant qu’elle « pourrait faire peser un risque existentiel sur l’humanité ».

Quels sont les principaux risques sécuritaires associés à l’IA ?

Certains risques découlent d’usages malveillants. Des systèmes d’IA peuvent être utilisés pour mener des cyberattaques, autrefois « réservées à des acteurs très capables », contre « des infrastructures critiques (hôpitaux, eau, etc.) » ou encore pour préparer « une attaque biologique », explique à Brief.me Henry Papadatos, le directeur exécutif de SaferAI, une ONG de recherche dans les risques associés à l’IA. L’IA présente aussi un risque de perte de contrôle, à mesure qu’elle gagne en autonomie. Lorsque l’on donne des objectifs aux IA, « elles trouvent parfois des stratégies qui sont non conformes aux valeurs humaines pour parvenir à leurs fins », expliquait en 2024 le chercheur Charbel-Raphaël Segerie dans une publication en ligne de l’éditeur spécialisé Techniques de l’ingénieur. En juillet, deux modèles d’IA conçus par OpenAI sont sortis de leur environnement de test et ont mené une cyberattaque contre l’entreprise d’IA Hugging Face.

Quels dispositifs sont mis en place pour réduire ces risques ?

Des parlementaires américains ont réclamé cette semaine un renforcement de la réglementation sur les risques sécuritaires associés à l’IA, alors qu’il n’existe aucune loi fédérale dans le domaine aux États-Unis. En Californie, où siègent les principales entreprises du secteur, une loi entrée en vigueur en janvier oblige les entreprises développant des IA de pointe à publier leur protocole de sécurité, concernant par exemple l’utilisation de leurs modèles à des fins malveillantes. L’UE a adopté en 2024 un règlement sur l’IA qui prévoit certaines obligations de contrôle et de transparence pour limiter « les risques systémiques » (sûreté, santé publique, etc.). Toutefois, « la course à l’accroissement des capacités de l’IA entre les entreprises » tend à reléguer la sécurité au second plan, explique Henry Papadatos. Il ajoute qu’il est très difficile techniquement « d’aligner » les modèles d’IA sur des valeurs ou des principes, car ils sont en perpétuelle évolution.

Pour aller plus loin

Lire notre chronologie sur les débats éthiques autour de l’IA.

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