mercredi, 11 avril 2007

Sortie au Maroc du livre sur Lamalif(Mon compte-rendu de la conférence autour des Années Lamalif au Salon du livre de Casablanca)(Pour Estelle)

 

  Les Editions Senso Unico et Tarik éditions publient le livre de Zakya Daoud, Les années Lamalif.1958-1988 : trente ans de journalisme au Maroc.  

 

Portrait. Les mille vies de Zakya Daoud: http://www.telquel-online.com/173/sujet3.shtml 

 

Mon compte-rendu de la conférence autour des Années Lamalif

 

Il y a eu un avant et un après Lamalif  qui était une école de démocratie où soufflait un parfum de liberté.

Il y avait l’actualité économique et politique, des caricatures etc. C’était aussi une galerie d’art.

Ce magazine « à la marge » a permis à ceux qui étaient « à la marge » de s’exprimer.

Sa fin a été le prélude à d’autres changements. Depuis, le champ médiatique s’est ouvert.

Aujourd’hui Tel Quel(magazine marocain francophone)  -comme Lamalif hier-  veut bousculer les tabous mais avec moins de gravité car la liberté d’expression a progressé.

Cependant, il y a des couacs.

Et on vient inévitablement à parler de « l’affaire Nichane » dont la presse internationale s’est fait l’écho (cf. ci-dessous).

  Driss Ksikes, le directeur de publication  de Nichane(journal arabophone) s’exprime :   Pendant les années de plomb marocaines, il fallait du courage physique pour s’exprimer librement comme le faisaient les journalistes de Lamalif  car on n’avait pratiquement le droit de rien dire et on risquait l’arrestation ( et peut-être plus…). La ligne rouge à ne pas dépasser était claire. Elle ne l’est plus maintenant… Quelquefois on pense mettre le feu aux poudre et il ne se passe rien ; d’autres fois, on pense  publier quelque chose d’anodin et ça donne « l’affaire Nichane »…. Lamalif  représentait une presse de résistance face au silence complice des années 80. C’était une revue proche des universités, du savoir. Aujourd’hui, c’est l’université qui représente l’orthodoxie alors que 80% des universitaires ne lisent pas… L’école est en faillite et il faut colmater les brèches. Les lois sont liberticides. La liberté est un fait accompli mais n’est pas garanti par la loi. L’Etat n’y va pas frontalement car c’est le pouvoir économique et  les islamistes qui tracent les lignes rouges.

  

Conclusion : Faire une presse pour des citoyens qui le méritent mais leur voix n ‘est pas audible.

 

  Affaire Nichane: http://www.telquel-online.com/256/maroc1_256.shtml

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samedi, 03 mars 2007

Mon après-midi au salon du livre de Casablanca(Maroc) 10

Une redécouverte au stand de l’Institut Camoes portugais de la culture :

Fernando Pessoa

 

Fernando Pessoa, qui est aujourd'hui peut-être le seul poète portugais dont la notoriété a franchi les frontières de son pays, était presque inconnu de son vivant et écrivait sous de multiples identités. Ces noms qu'il utilisait pour signer ses textes, n'étaient pas de simples pseudonymes, mais de véritables personnalités et que l'on appelle des 'hétéronymes'. Chacun des personnages qu'il faisait naître, possédait un caractère, une biographie, une date de naissance, des opinions politiques et religieuses. Pessoa en dehors de son travail poétique mena une vie modeste, effacée et sédentaire, et créa quelques revues éphémères. Il mourut en 1935, laissant derrière lui une malle contenant son oeuvre, et qui depuis n'a cessé d'être inventoriée afin de libérer tous les poèmes, endormis et inconnus, qu'elle contenait.

 

«Dieu personnel, dieu grégaire, dieu de ceux qui croient, Existe donc afin que je puisse te haïr !»
[ Fernando Pessoa ] - Dialogue dans la nuit


«Toute la création est fiction et illusion. La matière est une illusion pour la pensée ; la pensée est une illusion pour l'intuition ; l'intuition est une illusion pour l'idée pure ; l'idée pure est une illusion pour l'être. Dieu est le mensonge suprême.»
[ Fernando Pessoa ] - Traité de la négation


«Ce que tu fais, fais-le suprêmement.»
[ Fernando Pessoa ]
- Ricardo Reis


«Le monde est à qui naît pour le conquérir, et non pour qui rêve, fut-ce à bon endroit, qu'il peut le conquérir.»
[ Fernando Pessoa ] - Bureau de tabac


«La plupart des gens ont des sensations conventionnelles.»
[ Fernando Pessoa ] - Ode maritime


«J'ai tout raté. Comme j'étais sans ambition, peut-être ce tout n'était-il rien.»
[ Fernando Pessoa ] - Bureau de tabac


«Feindre, c'est se connaître.»
[ Fernando Pessoa ] - Ode maritime


«Un Dieu naît. D'autres meurent. La vérité n'est ni venue ni partie : l'Erreur seule a changé.»
[ Fernando Pessoa ] - Noël


«En l'appelant Dieu nous avons tout dit, puisque le mot Dieu ne possède aucun sens précis.»
[ Fernando Pessoa ] - Le livre de l'intranquillité


«C'est l'amour qui est essentiel, le sexe n'est qu'un accident.»
[ Fernando Pessoa ]
- Ricardo Reis


«Le seul mystère, c'est qu'il y ait des gens pour penser au mystère.»
[ Fernando Pessoa ] - Le gardeur de troupeaux et autres poèmes


«Dans tous les asiles il est tant de fous possédés par tant de certitudes !»
[ Fernando Pessoa ] - Le gardeur de troupeaux et autres poèmes


«Quel grand repos de n'avoir même pas de quoi avoir à se reposer !»
[ Fernando Pessoa ] - Le gardeur de troupeaux et autres poèmes


«Tout effort est un crime, parce que toute action est un rêve paralysé.»
[ Fernando Pessoa ] - Le livre de l’intranquillité


«La distinction réelle se fait entre adaptés et inadaptés : le reste est littérature.»
[ Fernando Pessoa ] - Le livre de l’intranquillité


«Rien ne pèse autant que l’affection d’autrui.»
[ Fernando Pessoa ] - Le livre de l’intranquillité


«Aimer, c'est l'innocence éternelle, et l'unique innocence est de ne pas penser.»
[ Fernando Pessoa ] - Le gardeur de troupeaux et autres poèmes


«La beauté est le nom de quelque chose qui n'existe pas et que je donne aux choses en échange du plaisir qu'elles me donnent.»
[ Fernando Pessoa ] - Le gardeur de troupeaux et autres poèmes


«C'est la liberté de tyranniser, qui est le contraire de la liberté.»
[ Fernando Pessoa ] - Le banquier anarchiste


«L'action rapporte toujours plus que la propagande.»
[ Fernando Pessoa ] - Le banquier anarchiste


«Celui qui refuse d'engager le combat n'y est pas vaincu. Mais il est vaincu moralement parce qu'il ne s'est pas battu.»
[ Fernando Pessoa ] - Le banquier anarchiste


«Les choses n'ont pas de signification : elles ont une existence.»
[ Fernando Pessoa ] - Le gardeur de troupeaux et autres poèmes

«La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.»
[ Fernando Pessoa ]

Source : http://www.evene.fr/celebre/biographie/fernando-pessoa-1951.php?citations

jeudi, 01 mars 2007

Mon après-midi du 14 février au Salon du Livre de Casablanca(Maroc) 8

medium_redon.jpg

Pour le plaisir des yeux encore…

 

Odilon Redon
sa vie, son oeuvre (1840-1916)


Jean Vialla

Livre broché, 18,00 EUR
192 pages   190 mm x 130 mm x 10 mm


ACR :
     voir son catalogue sur Bief.org

Date de parution : 25 octobre 2001

ISBN-10 : 2-86770-150-3
ISBN-13 : 978-2-86770-150-4

GENRE : Livres en format poche

RESUME : Redon appartient à la génération des impressionnistes, mais on a pensé à le rattacher au symbolisme, dans le sillage de Moreau, alors que lui-même se trouvait différent de ce peintre. Sans être vraiment compris de son temps, il a travaillé à rétablir la plénitude de l'art et de l'homme, alors que ses contemporains et ses successeurs se sont souvent enfoncés dans des voies unilatérales.  

Cf dans ma catégorie « expositions », l’expo qui lui est consacré à Francfort

 

Source :http://www.bief.org/index.cfm?fuseaction=C.Titre&Tid=6183&E=250

 

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Mon après-midi du 14 février au Salon du Livre de Casablanca(Maroc)11

Au stand des éditions marocaines Senso Unico(Mohammedia).

 

 

Je m’arrête et le responsable du stand me dit de m’asseoir pour regarder tranquillement les beaux-livres qu’il édite :

 

-Le voyage du Sultan Moulay Hassan au Tafilalt de Amina Aouchar

 

Illustré par une abondante iconographie puisée dans les archives et des photographies de Franco d’Alessandro, ce beau livre raconte le long voyage du Sultan Moulay Hassan, du 29 juin au 28 décembre 1893, qui le mène de Fès au Tafilalt et du Tafilalt à Marrakech en passant par le sud de l’Atlas. Le récit de cette merveilleuse aventure dans l’espace et dans le temps offre l’occasion au lecteur de découvrir des paysages éblouissants et lui permet l’approche d’une histoire riche et passionnante.


Mémoire

Ainsi, ce livre montre comment on voyageait dans le Maroc du XIX e siècle, en décrivant la Cour de Moulay Hassan, les dignitaires, le protocole, l’organisation du camp royal, les offrandes au Sultan, les fêtes religieuses célébrées au cours du déplacement. L’historienne Amina Aouchar reconstitue une partie de la mémoire du pays étape après étape. Grâce à son sens de l’harmonie entre le détail et l’ensemble, l’auteur esquisse le portrait d’un homme remarquable et suggère la signification profonde de l’œuvre qu’il a accomplie.
En se basant sur les témoignages des Marocains et des étrangers qui prirent part à ce voyage, sur les lettres officielles du Sultan ainsi que sur les comptes-rendus des membres de la Cour et les notes des topographes qui inspectaient les itinéraires, Amina Aouchar raconte cette extraordinaire expédition dans style clair, agréable, révélateur d’une nouvelle manière d’approcher l’histoire, qui se veut aussi la plus objective possible.
Elle trace un chemin, un parcours sur lequel le lecteur attentif ne pourra manquer de s’arrêter pour une observation, un commentaire, un regard.
" Le voyage du Sultan Moulay Hassan au Tafilalt" de Amina Aouchar est le premier né de Senso Unico Editions. L’inspiratrice de cette nouvelle maison d’édition, Illeana Marchesani, n’est pas à sa première expérience car, en douze ans d’activité éditoriale, elle a coordonné quelques-uns parmi les plus beaux livres publiés au Maroc. Entourée de collaborateurs de premier ordre, elle a suivi chaque étape de la réalisation de ce livre, veillant au moindre détail, pour offrir un ouvrage particulièrement beau et raffiné, fruit d’une opération éditoriale très sophistiquée.
En témoignent le choix du papier n, la très élégante conception graphique signée par Ernesto Angiolini, et la reproduction remarquables des quadrichromies.

 

Source:medium_sultan.2.jpghttp://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_585/html_585/culture.html

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10:12 Écrit par laura dans Des évènements, Le Maroc:vécu,travail | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : le salon du livre de casa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

lundi, 19 février 2007

Mon après-midi du 14 février au Salon du Livre de Casablanca(Maroc) 9

medium_poetes-bourkis.jpg Sur le stand des Editions marocaines  « Aïni Bennaï »:   Les poètes de la plus haute tour de Ridha Bourkhis : De la pure magie verbale !
 
Après son Manuel de stylistique, préfacé par son professeur de la Sorbonne, Georges Molinié, en décembre 2005 aux éditions Académia Bruylant à Louvain-la-Neuve, en Belgique, Ridha Bourkhis, dont nous avons déjà lu plusieurs autres livres, revient au début de cette année 2005 au devant de la scène éditoriale avec un nouvel ouvrage, co-édité cette fois en Tunisie et au Maroc par Gaou Mohamed Ali (Sfax) et Aïni Benna (Casablanca) intitulé “Les poètes de la plus haute tour”.

L’auteur y réalise un véritable travail académique de nature rhétorico-stylistique sur le langage poétique de cinq poètes français du XIXème siècle, a savoir Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Alphonse de Lamartine et Victor Hugo.

Dans ce livre, en stylisticien, l’auteur examine la part commune à ces cinq poètes qui est surtout leur attitude par rapport au langage dans lequel ils ont coulé leur pensée et leurs sentiments et qui n’a point été pour eux un banal moyen d’expression, mais l’objet même de l’expression, son lieu de prédilection et son but suprême.C ‘est un langage musical et incantatoire construit avec des moyens rhétoriques et poétiques riches et fortement travaillés qui lui apportent de la force, de la lumière et de l’éclat.

Ridha Bourkhis s’intéresse ici précisément à ce que les stylisticiens et poétiques appellent “la poéticité”, qui est la faculté même du poème ou du texte littéraire en général d’être reçu comme tel. Il fouille dans les plis et replis des “illuminations” rimbaldiennes des “Poèmes saturniens” verlainiens, des “Fleurs du mal” baudélairiennes, des “Méditations poétiques” lamartiniennes et des “Rayons et les ombres ” hugoliens.


 

Nadia Ayadi

 
Source:http://www.realites.com.tn/index1.php?mag=1&cat=/7CUL...

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Mon après-midi du 14 février au Salon du Livre de Casablanca(Maroc)13

Mon compte-rendu de la table ronde « La poésie au Maroc » animée  par Ghita El Khayat  avec Mohamed Hmoudane, Amina Benmansour (cf. note 9) , Brahim Allabi et Zaghloul Morsy (cf. aussi note du 15/02/2007, « Des nouvelles du Salon du livre).

 

 

 

Mohamed Hmoudane

 

 

 

Mohamed Hmoudane est né en 1968 à El Maâzize, village du Maroc. En 1989, il immigre en France. Commence alors « un parcours de combattant » doublé d'une « quête poétique » sans complaisance ni concessions qui l'a amené à publier plusieurs ouvrages où s'impose d'emblée une voix singulière et puissante.
Parmi ses livres les plus récents, on peut citer Attentat (La Différence 2003), Incandescence (Al Manar, 2004) ou encore Blanche mécanique (La Différence, 2005).

Source :http://www.ladifference.fr/fiches/auteurs/Hmoudane.html

 

 

 

Extrait d’Attentat :

 

 

 

Et je me tourne par un ciel lourd tonnant
Criblé d’astres hiéroglyphes vers
Mes morts tant songées toutes mes morts
Enduites de feu ailées que rien n’arrime

 

Quelle eût été déjà ma demeure ?

 

De quelle lignée de traître
D’égorgeurs d’hommes descendais-je ?
Ah le « poignard damascène » incrusté de rubis
La goutte de sang qui luit à la pointe
Par les nuits de pleine lune

Source :http://www.ladifference.fr/fiches/livres/attentat.html

 

 

 

Extrait de Blanche mécanique :

 

 

 

Comme des rafales
et d’une fulgurance – étincelles
chevauchant les pierres,
pages incisées – j’opère
à coup orbe à lames de verre
aiguisées
à vous les planter dans le gosier
à vous couper le souffle
Résonnent résonnent

les gongs pharyngiens rien
qu’à frôler les cordes fébriles
je déclenche des musiques
aux commandes de violons torrentiels
je dissémine les notes
jusque dans des contrées célestes
j’égoutte le néant
Je conjugue
absence et survenance...

Source :http://www.ladifference.fr/fiches/livres/blanchemecanique.htmlmedium_hmoudane.jpg

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01:40 Écrit par laura dans Des évènements, Le Maroc:vécu,travail | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : le salon du livre de casa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

vendredi, 16 février 2007

Mon après-midi du 14 février au Salon du Livre de Casablanca(Maroc) 4.

Dans les allées du Salon, j'ai rencontré 2 artistes (que je connais et que j'aime) qui ont aimé le Maroc:

medium_delacroix.jpg

 

Souvenirs du voyage au Maroc de Delacroix
par Eugène Delacroix


Gallimard
Collection Art et artistes
février 1999, 184 p., 22.87 euros

ISBN : 2070754138

Le récit par le peintre de son voyage au Maroc de 1832, rédigé bien des années après d'après ses souvenirs. Ce texte peut aussi être lu comme le témoignage d'un Européen sur le Maroc du Sultan Moulay Abd er-Rahman.

Eugène Delacroix décrit d'abord sa traversée de la France, puis son arrivé au Maroc où il est fasciné par les costumes, les scènes de rue, les paysages...

Ce texte n'a pas été publié de son vivant. Il a été retrouvé récemment par miracle : « Lors de la vente en 1997 organisée par les héritiers d'Achille Piron (le légataire universel de Delacroix), quelle ne fut pas la surprise des historiens de découvrir un manuscrit incomplet relatant le voyage au Maroc. Acquis par la Bibliothèque nationale, une publication de ce texte est aussitôt entreprise par les éditions Gallimard. Quelques jours avant la sortie en librairie de l'ouvrage, un collectionneur inconnu présente un important fragment de ce même manuscrit. Face à cette découverte inespérée, Gallimard décide de réimprimer immédiatement l'ouvrage complété du fragment manquant. Rédigé sans doute au début des années 1840, près de dix ans après son voyage (1832), ce texte de Delacroix est une suite de souvenirs recomposés, un ensemble d'impressions, de descriptions extrêmement précises et d'anecdotes diverses relativisées par dix années de peintures où les thèmes marocains abondent. » (extrait d'un article d'ExpoRevue, 1999).

« Des travaux littéraires de l'artiste, on a retenu le Journal, oubliant trop souvent la correspondance et les articles publiés dans les journaux de l'époque. Aujourd'hui, cet admirable récit de voyage tiré de l'oubli révèle un Delacroix écrivain, digne du panthéon des romantiques. » (extrait d'un article d'Anne Muratori-Philip, Le Figaro).

« Aussi bien qu'avec ses pinceaux le peintre excelle à traduire avec les mots les impressions reçues, la nature et l'architecture, les gens et les bêtes : "...comme une grande ombre le rocher bizarre de Gibraltar »", "Tanger et sa casba placée comme en vedette au dessus du port", "le burnous dont les bords rejettés par derrière dégagent les bras et descendent sur l'épaule en fesant les plis en tuyaux que nous admirons dans les statues ». Les descriptions de costumes ou de l'agencement intérieur des maisons alternent avec les observations plus personnelles, la dissipation de préjugés : "Au lieu de l'oripeau et du luxe si l'on veut dont notre imagination parait à l'avance une cohue de pachas, de spahis, de bimbaderi en costume de parade ou de théâtre, nous voyons devant nous trois ou quatre beaux vieillards à barbe blanche, couverts de la toge comme des sénateurs de Rome..." Ici, le récit fougueux d'un combat de chevaux fait venir à l'esprit certaine toile connue, tandis qu'ailleurs on s'amuse de la fine observation des femmes : "Quand il leur arrivait de rencontrer quelqu'un de nous dans une rue écartée et qu'elles étaient bien assurées de n'être point vues de quelque passant à barbe et à turban, elles écartaient très complaisamment quelques plis de ce linceul où s'ensevelissaient leurs charmes et se laissaient voir dans un appareil un peu plus humain. Prises en flagrant délit d'une licence aussi condamnable, elles n'eussent peut-être pas manqué de dire que des infidèles n'étaient pas des hommes." » (extrait d'un article d'Armelle Godeluck, Lire, 1999)

Ce livre a été édité par Laure Beaumont-maillet, Barthélémy Jobert et Sophie Join-Lambert.

Lorsque Delacroix arrive au Maroc en 1832, la magie des couleurs le séduit au point que plusieurs de ses œuvres en porteront à jamais l'empreinte. Cet ouvrage présente certaines toiles qu'il réalise à la suite de ce voyage, ainsi que de nombreux objets des arts décoratifs marocains des XVIIIe et XIXe siècles, mis en relation avec l'interprétation qu'en fait l'artiste ébloui par l'Orient. Situés dans la grande fresque de l'histoire, ces objets livrent leurs secrets au lecteur, qui imagine sans peine des artisans au savoir ancestral effectuer les gestes traditionnels pour ciseler le métal précieux des bijoux, appliquer les émaux aux tons si particuliers de la faïence de Fès, décorer avec raffinement cuirs, étoffes ou tapis. Véritable invitation à un chatoyant voyage, ce livre, richement illustré, fait partager la fascination d'un des plus grands peintres du XIXe siècle pour le Maroc.

Dans BiblioMonde

Delacroix, voyage au Maroc par Maurice Serullaz, Ariette Serullaz et Lee Jonson

Couleurs Maroc. Delacroix et les arts décoratifs marocains des XVIIIe et XIXe siècles

Tanger sur les pas de Delacroix

Le Maroc a inspiré d’autres peintres

Sur la Toile

Le voyage en Afrique du Nord

CF.MA CATEGORIE "DELACROIX"

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