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Catégories : A lire, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Voyage

Le Mensonge d’Alejandro

Le Mensonge d’Alejandro
Bob Van Laerhoven  (MA Editions)  mai 2014

Du haut de son pays flamand natal, Bob Van Laerhoven est un multiple de l’auteur prolifique. Toutes catégories : romans, ivres de voyages, poésies, essais, livres pour enfants, pièces de théâtre et j’en passe. Le style cross-over lui a ouvert les portes des éditeurs français avec La vengeance de Baudelaire, un subtil mélange de littérature et de suspense. Le Mensonge d’Alejandro est son deuxième roman publié dans la langue de Baudelaire.

L’œuvre est fictive, évidemment, mais Bob a une manière bien à lui de ressusciter le tristement célèbre Augusto José Ramón Pinochet Ugarte dans ses lignes. Un commandant en chef des armées qui prend le pouvoir par un coup d’Etat et encage ses opposants, ses contestataires, ses dissidents, ses empêcheurs de tourner en rond, la presse et les grandes bouches… Et ça se fait appeler Président.

Et ben là, dans Le Mensonge d’Alejandro, c’est pareil. Sauf que c’est raconté à la première personne, donc ça ne fait pas tout à fait pareil qu’avec Pujadas. Nous sommes en 1983. Voilà une décennie que Pelaron promène la dictature au bout de son bras à Terreno, Amérique du Sud. Alejandro Maldiga n’a pas été exécuté, il n’était que le guitariste d’un chanteur et poète populaire appelé Victor Perez (lui, exécuté, fallait pas critiquer la nouvelle politique de Président-Pelaron).

Le roman commence à la sortie de prison d’Alejandro. Le ventre creux, les rêves en bernes, l’âme errante et les cernes sous le cœur. Il sauve une jolie femme d’un guet-apens militaire, et il est recontacté par la rébellion des sous-sols. Mais l’enthousiasme d’Alejandro n’est plus là, la prison lui a bien brisé la dignité. Donc il ment. Aux autres, à lui-même. Il est lâche. Il se dérobe. Il fuit.

Voilà ce qu’on gagne à vivre sous une dictature. Les principes même de l’humanité sont faussés. Regardez sans cesse au-dessus de votre épaule. Ne rêvez pas trop fort de liberté, à part dans la mort peut-être. L’audace, la fierté, l’amour, l’insouciance, la poésie, tout est rayé de la carte pour le bon plaisir de Pelaron.

Non, Le Mensonge d’Alejandro n’est pas un roman divertissant, il est de ceux qui vous mettent face à soi-même, face à ses idéaux courageux et sa lâcheté ambiante, parce qu’au fond, nous aspirons qu’à une seule chose : sauver nos miches, un point c’est tout. Et puisque la fin justifie les moyens, disait un philosophe fournisseur d’alibi, mentez, mais ne vous regardez pas trop en face ensuite.

Nous, occidentaux pinailleurs de congés payés, ne voyons que les bagarres de rue, les maisons délabrées et les cris des passants de ces pays dictaturés. Bob Van Laerhoven nous emmène dans ces pays, et vous savez quoi ? Les populations locales ne ressentent pas outre mesure la sympathie qu’on est en droit d’attendre du "pays des droit de l’homme". Encore de quoi réfléchir.

"Un roman sur la culpabilité, l’amour et la violence dans une dictature".

Un roman qui mérite qu’on s’y attarde, parce que rien n’est jamais acquis, en amour comme en république, la démocratie ne tient qu’à un fil, suffit d’un connard sanguinaire (pas forcément barbu) et une poignée de moutons pour tout faire péter.

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "La vengeance de Baudelaire" du même auteur

En savoir plus :
Le site officiel de Bob Van Laerhoven
Le Facebook de Bob Van Laerhoven


Nathalie Bachelerie         
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# 27 juillet 2014 : Tour de France des festivals

Froggy's Delight continue son petit tour de France des festivals avec cette semaine le comptes rendus complets de FnacLive et des Vieilles Charrues. Mais vous trouverez aussi du théâtre et du cinéma, en version estivale. C'est parti pour le sommaire de la semaine :

Sur les platines :

Interview de Sébastien Coupez du festival des Nuits Secrètes
"L'irrespect" de François Staal
"MAZO" de Mac Abbé et le Zombi Orchestra
Jehan et Lionel Suarez au Limonaire
Le festival Crazy Week avec Ninety's story, Cats on Tree et Mocheeba
Le festival FnacLive
Les Vieilles Charrues, le jeudi, le vendredi et le samedi
et toujours :
Interview de Alban Coutoux et François Fleuret de la Route du Rock pour nous parler de leur festival. Route Du Rock où nous serons et dont voici un aperçu ici
"Island interval" de Death Vessels
"In Roses" de Gem Club
"Young & sick" de Young & Sick

Au théâtre :

la nouveauté de la semaine :
"Karine Dubernet - #N'importe quoi" à la Comédie de Paris
les spectacles à l'affiche :
"Histoires d'hommes" au Théâtre Le Lucernaire
"Le monde du sexe" au Théâtre Le Lucernaire
"Les amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable" au Théâtre Le Lucernaire
"Les élans ne sont pas toujours des animaux faciles" au Théâtre Le Lucernaire
"Les nombrils" au Théâtre Michel
"Début de fin de soirée" à la Comédie Caumartin
"Au secours, je l'aime !" à la Comédie de Paris
"Sébastien Castro vous présente ses condoléances" à la Comédie de Paris
"Le Cabaret des Frangines" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Week end en ascenseur" au Théâtre Le Funambule-Montmartre

Cinéma avec :

la sélection de la semaine :
"Moonwalk One" de Theo Kamecke
"La Preuve" de Amor Hakkar
à l'affiche :
"Maestro" de Léa Fazer
"Loup-Garou" de Stéphane Lévy
"Pama Real Hotel" de Aaron Fernandez
"Ping Pong Summer" de Michael Tully
"Coldwater" de Vincent Grashaw
"Palerme" de Emma Dante
"Jimmy's Hall" de Ken Loach
"Coldwater" de Vincent Grashaw

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 http://www.froggydelight.com/article-15088-Le_Mensonge_d_Alejandro

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