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Mon texte inédit sur ce blog:Ma lumière, c'est toi

Sujet semaine 50/2016

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Le mot à intégrer facultativement est : LUMIERE

 

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Bonne semaine !

Mil et une 

 

Les textes, avec titre et signature, sont à envoyer à notre adresse : les40voleurs(at)laposte.net

http://miletune.over-blog.com/-65

Ma lumière, c'est toi

Ma lumière, c'est toi qui a si bien dirigé ces usines qui ont produit des tissus

Grâce à toi, j'ai découvert le tissage, la filature, la teinture, l'apprêt , le tricotage

Il y a les soies, les cotons, les lycras, les draps, les laines, les satins et le chanvre

Avant cela, il faut traiter le fil, le bobiner, le carder, le filer, le blanchir, le teindre

Il y a encore les rubans, les broderies, les dentelles, la passementerie et la rubanerie.

J'ai tant appris de toi, à travers ces métiers, ces usines, ces matières, ces tissus.

Je suis née dans une ville de textile comme il y en avait tant, là-bas, la bonneterie

C'est là que je t'ai rencontrée car tu y as travaillé, dur et beaucoup comme toujours.

Heureusement, tu sortais parfois  pour tisser des liens et c'est là  qu'est née notre amour.

J'avais pratiqué la sérigraphie , l'impression et le transfert sur pièce pendant des étés

J'avais aussi l'expérience de la visite et de la préparation de commandes, comme ouvrière

Avec toi, je suis allée dans les coulisses de trois usines entre lesquelles tu  te déplaçais

Les centaines de kilomètres et les heures de route n'entamaient pas ton énergie

Et quand il le fallait, tu passais derrière les machines  pour trouver une panne
Ou finir une commande: roi du textile, tu avais encore du temps pour m'aimer.

Dans ces trois premières années, j'ai connu deux nouvelles régions, grâce au textile.

J'ai vu la sueur des hommes, des femmes et de toi qui se battent pour produire

Et vivre avec ces machines, ces matières vivantes qui nous réchauffent et habillent.

J'ai partagé leurs larmes quand certaines de ces usines n'ont pu être sauvées.

Après la Champagne où nous vivions, la Picardie et la Savoie où nous allions,

Nous avons rejoint le Nord, autre région de textile et révélation humaine et culturelle.

Une autre usine, un autre combat, ta prise d'otage, comme j'ai eu peur pour toi!

Taire  les souffrances et les violences et garder en moi "Ces gens du Nord."

Nous sommes partis pour  les Pyrénées où on faisait beaucoup de drap.

D'autres montagnards, le Sud-ouest que je ne connaissais pas, "O mon pais!"

Toulouse m'a ensorcelé; après Paris, ma ville de naissance, Reims, Lille,

Elle a été ma cinquième ville d'étudiante, j'ai aimé sa rivière, sa pierre et sa gare.

Nous sommes ensuite remontés en Haute -Loire où nous nous sommes mariés

Puis St Etienne où j'ai eu l'impression d'avoir trouvé mon port d'attache

Avant que  "ton" usine, malgré sa viabilité, soit dispersée aux enchères.

Je pleurais de voir de si belles machines bradées partir vers le Maroc.

Ou nous les avons suivies: avec des ouvriers que tu as embauché là-bas

Tu as monté cette usine du sol aux machines à placer, l'électricité, l'épuration

Nos balades du dimanche étaient des visites de travaux, de chantiers.

Nous avons appris cette semaine que cette usine, notre bébé, était morte aussi.

En France, nous avons continué dans la teinture et l'apprêt, entre Nord et Ardèche.

Nous n'avions plus de chez nous mais nous étions une famille, seule contre le reste

Du monde. Nous étions vraiment dans de beaux draps; notre itinéraire textile

S'est arrêté dans l'Ain mais tu restes ma lumière dans laquelle tu m'enveloppes

Comme d'un tissu premier que tu as fabriqué toute ta vie, entre cœur et âme.

 

11 décembre 2016

 

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