Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Catégories : CE QUE J'AI LU,VU (et aimé), J'ai aimé, J'ai lu dans la presse

J'ai aimé lire: Catherine Millet, une libertine envers et contre toutes

Portrait of Catherine Millet in front of her flat in the 12th arrondissement in Paris. 06/04/2021

Par Roxana Azimi

Publié le 21 mai 2021 à 00h17 - Mis à jour le 22 mai 2021 à 16h51

Le visage est celui d’un sphinx. Le sourire, imperturbable. A peine croit-on déceler aux commissures des lèvres une pointe d’ironie, une sorte de moquerie, que c’est l’impression de détachement qui l’emporte. Catherine Millet (prononcez « mi-lait ») est impassible, plus encore que les fétiches africains qui ornent son appartement du 12arrondissement de Paris, une ancienne marbrerie transformée en loft voilà quarante ans.

Ses proches connaissent ce voile d’absence dans ses yeux noisette, cette distance permanente qu’ils savent ne pas confondre avec de l’arrogance ou de l’ennui. Pull bleu clair au col souligné d’un ruban de bourgeoise raffinée, l’écrivain – « ça sonne mieux qu’écrivaine » – et critique d’art ne toise pas, elle regarde.

Placide, elle l’était déjà quand les téléspectateurs l’ont découverte il y a exactement vingt ans, au printemps 2001. Elle avait alors 53 ans, était reconnue dans le monde de la culture pour avoir fondé la revue Art Press, mais complètement inconnue du grand public.

Sur le plateau de l’émission « Apostrophes », elle présentait son premier récit, La Vie sexuelle de Catherine M. (Seuil, 2001). Interrogée par Bernard Pivot, elle faisait, très simplement, la description crue, quasi chirurgicale de ses coucheries depuis l’âge de 18 ans dans les clubs échangistes, les parkings, les fourrés ou chez des particuliers.

Cauchemar, « traîtresse », énigme

Dans ce livre, vanté par Le Monde sur une pleine page et qui sera un succès planétaire (2,5 millions d’exemplaires écoulés et une quarantaine de traductions), l’intellectuelle apparaissait telle qu’en elle-même, ni soumise ni dominatrice, pas même nymphomane.

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/05/21/catherine-millet-une-libertine-envers-et-contre-toutes_6080934_4500055.html

Les commentaires sont fermés.