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Les relations entre l’Iran et les États-Unis depuis 1979
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Le président américain, Donald Trump, a de nouveau menacé cette semaine l’Iran d’une intervention militaire, dénonçant la répression d’une révolte qui secoue le pays depuis fin décembre et qui a fait plus de 3 400 morts, selon le dernier bilan rapporté mercredi par l’ONG Iran Human Rights. L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparé pour la guerre », a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Mercredi, Donald Trump a temporisé en affirmant que les tueries avaient « pris fin » et qu’il allait « observer et voir quelle est la suite ».
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Avant 1979, les États-Unis et l’Iran dirigé par le shah Mohammad Reza Pahlavi, au pouvoir depuis 1941, sont des pays alliés. Le shah « apparaît de plus en plus inféodé aux États-Unis », il exerce un « pouvoir absolu » croissant et l’Iran est frappé par la récession, relate l’iranologue Yann Richard dans un article de 2009. En janvier 1979, le monarque quitte le pays en proie à une révolution, menée par différents groupes d’opposition à son régime autoritaire (communistes, islamistes, etc.). « La révolution iranienne a pour cause la grande déstabilisation de la situation intérieure du pays, résultant » en partie « de la relation entre l’Iran et les États-Unis », explique Yann Richard au site Les Clés du Moyen-Orient en 2017. De retour d’exil, l’ayatollah (un des titres les plus élevés du clergé chiite) Rouhollah Khomeini prend le pouvoir et devient le Guide de la révolution, le principal dirigeant du pays. L’Iran devient une république théocratique islamique. Le nouveau régime anti-impérialiste va se montrer ouvertement hostile aux États-Unis.
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1979
La crise des otages
En novembre 1979, des centaines d’étudiants iraniens prennent en otage plus de 50 Américains dans l’ambassade américaine à Téhéran. Ils protestent contre la décision américaine d’autoriser le shah à entrer aux États-Unis pour s’y faire soigner et réclament son extradition. Khomeini soutient la prise d’otage et qualifie les États-Unis de « grand satan ». L’Iran est alors « en proie au chaos révolutionnaire » et les partisans de Khomeini « ont utilisé la crise des otages » pour consolider le nouveau régime, explique le politologue Mohsen Milani dans une publication de 2013. Le président américain Jimmy Carter prend en novembre 1979 de premières sanctions économiques contre l’Iran et, en avril 1980, les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec le pays. Une fois « bien établi » au pouvoir, le régime iranien accepte de négocier, poursuit Mohsen Milani. Les otages sont libérés en janvier 1981, après 444 jours de captivité. La crise des otages, « vécue par les États-Unis comme une insulte », « marque très brutalement la rupture entre ces deux anciens alliés », analyse Agnès Levallois, maîtresse de conférence, dans une revue de 2020.
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2002
« L’axe du mal » selon Bush
Lors d’un discours en janvier 2002, le président américain George W. Bush déclare que l’Iran constitue, avec l’Irak et la Corée du Nord, « l’axe du mal ». « L’Iran cherche activement à se doter » d’armes de destruction massive, dénonce-t-il. En « guerre contre le terrorisme » après avoir été frappés par les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis « ne permettront pas aux régimes les plus dangereux du monde de nous menacer avec les armes les plus destructrices », ajoute-t-il. Ces propos sont fermement condamnés par les dirigeants iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei – devenu Guide de la révolution en 1989 – qui affirme que le président américain est « assoiffé de sang humain ». Avec ce discours, George W. Bush a « engagé les États-Unis à renverser les régimes » cités, estiment en 2002 deux analystes du centre de réflexion américain Brookings. En août 2002, des dissidents iraniens révèlent l’existence de deux sites nucléaires en construction en Iran. Ce dernier a repris dans les années 1980-1990 son programme nucléaire et a mené des activités secrètes, pouvant avoir des applications civiles comme militaires, selon l’Arms Control Association, une organisation américaine.
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2013
Une période de détente
Barack Obama et Hassan Rohani s’entretiennent par téléphone en 2013 au sujet des négociations pour parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien. Il s’agit de la première communication directe entre des présidents américain et iranien depuis 1979. Les négociations sur le programme nucléaire iranien, qui ont débuté dans les années 2000, aboutissent en 2015 à la signature entre l’Iran et sept puissances, dont les États-Unis et l’UE, de l’accord de Vienne, qui vise à garantir que le programme nucléaire iranien sera pacifique. L’Iran s’engage à limiter l’enrichissement d’uranium, en échange de la levée progressive des sanctions internationales le visant. En 2018, le nouveau président américain Donald Trump retire les États-Unis de cet accord et rétablit des sanctions, dénonçant un texte qui a « enrichi le régime iranien » et retardé « au mieux sa capacité à se doter d’armes nucléaires ». L’Iran va par la suite s’affranchir de ses engagements et intensifier l’enrichissement d’uranium. Le pays a toujours affirmé que son programme nucléaire était exclusivement pacifique.
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2020
Assassinat d’un général iranien
L’armée américaine tue en 2020 dans une frappe de drone à Bagdad (Irak) le général iranien Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods, une unité d’élite de l’organisation armée des Gardiens de la révolution. Les États-Unis affirment qu’il est responsable « de la mort de centaines de militaires américains » et de leurs alliés dans la région. Qassem Soleimani était « considéré comme l’un des responsables les plus puissants et les plus importants d’Iran », souligne un document de 2020 de l’institut de recherche du Congrès américain. « Les États-Unis ne peuvent se résoudre à voir la théocratie iranienne répandre son influence dans son voisinage, ce qu’elle parvient à faire grâce notamment à Soleimani », analyse la chercheuse Margaux Magalhaes en 2020 dans The Conversation. L’Iran riposte en bombardant deux bases abritant des soldats américains en Irak, sans faire de morts. En juin 2025, dans le cadre d’un conflit entre Israël et l’Iran, les États-Unis bombardent pour la première fois directement le territoire iranien, avec des frappes dirigées contre des sites nucléaires.
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Une opération de sauvetage hollywoodienne
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La CIA, une agence de renseignement américaine, a mis au point une opération afin d’exfiltrer six Américains d’Iran en 1980, en pleine crise des otages. Ces derniers avaient échappé à la prise d’otage à l’ambassade américaine et trouvé refuge à l’ambassade du Canada. Pour leur permettre de sortir d’Iran sans se faire arrêter, la CIA a mis au point une « couverture » : ces fonctionnaires se sont fait passer pour des Canadiens venus en Iran pour repérer des lieux de tournage pour un film. Une fausse société de production a été créée à Hollywood, ainsi qu’un scénario et des passeports canadiens. Les Américains ont réussi à passer l’immigration sans embûche. La CIA a révélé l’opération en 1997. Elle a fait l’objet d’un film baptisé « Argo », sorti en 2012.
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