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Relations Iran-États-Unis | ISS | Les pages insolites de Wikipédia

Ce week-end dans Brief.me, on retrace en quatre dates l’histoire conflictuelle des relations entre l’Iran et les États-Unis depuis 1979. On vous résume aussi l’essentiel de l’actualité, avant de vous expliquer ce qu’il se passe à bord de l’ISS. Et comme toujours, nous vous avons déniché trois pépites à savourer sans modération, dont une sélection des pages Wikipédia les plus insolites.

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Cette édition de Brief.me a été préparée avec soin par Mathilde Belin, Céline Boff, Laurent Mauriac et Paul Roy.

Les relations entre l’Iran et les États-Unis depuis 1979

Le président américain, Donald Trump, a de nouveau menacé cette semaine l’Iran d’une intervention militaire, dénonçant la répression d’une révolte qui secoue le pays depuis fin décembre et qui a fait plus de 3 400 morts, selon le dernier bilan rapporté mercredi par l’ONG Iran Human Rights. L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparé pour la guerre », a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Mercredi, Donald Trump a temporisé en affirmant que les tueries avaient « pris fin » et qu’il allait « observer et voir quelle est la suite ».

À l’origine

Avant 1979, les États-Unis et l’Iran dirigé par le shah Mohammad Reza Pahlavi, au pouvoir depuis 1941, sont des pays alliés. Le shah « apparaît de plus en plus inféodé aux États-Unis », il exerce un « pouvoir absolu » croissant et l’Iran est frappé par la récession, relate l’iranologue Yann Richard dans un article de 2009. En janvier 1979, le monarque quitte le pays en proie à une révolution, menée par différents groupes d’opposition à son régime autoritaire (communistes, islamistes, etc.). « La révolution iranienne a pour cause la grande déstabilisation de la situation intérieure du pays, résultant » en partie « de la relation entre l’Iran et les États-Unis », explique Yann Richard au site Les Clés du Moyen-Orient en 2017. De retour d’exil, l’ayatollah (un des titres les plus élevés du clergé chiite) Rouhollah Khomeini prend le pouvoir et devient le Guide de la révolution, le principal dirigeant du pays. L’Iran devient une république théocratique islamique. Le nouveau régime anti-impérialiste va se montrer ouvertement hostile aux États-Unis.

Les dates clés

 

1979

La crise des otages

En novembre 1979, des centaines d’étudiants iraniens prennent en otage plus de 50 Américains dans l’ambassade américaine à Téhéran. Ils protestent contre la décision américaine d’autoriser le shah à entrer aux États-Unis pour s’y faire soigner et réclament son extradition. Khomeini soutient la prise d’otage et qualifie les États-Unis de « grand satan ». L’Iran est alors « en proie au chaos révolutionnaire » et les partisans de Khomeini « ont utilisé la crise des otages » pour consolider le nouveau régime, explique le politologue Mohsen Milani dans une publication de 2013. Le président américain Jimmy Carter prend en novembre 1979 de premières sanctions économiques contre l’Iran et, en avril 1980, les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec le pays. Une fois « bien établi » au pouvoir, le régime iranien accepte de négocier, poursuit Mohsen Milani. Les otages sont libérés en janvier 1981, après 444 jours de captivité. La crise des otages, « vécue par les États-Unis comme une insulte », « marque très brutalement la rupture entre ces deux anciens alliés », analyse Agnès Levallois, maîtresse de conférence, dans une revue de 2020.

 

2002

« L’axe du mal » selon Bush

Lors d’un discours en janvier 2002, le président américain George W. Bush déclare que l’Iran constitue, avec l’Irak et la Corée du Nord, « l’axe du mal ». « L’Iran cherche activement à se doter » d’armes de destruction massive, dénonce-t-il. En « guerre contre le terrorisme » après avoir été frappés par les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis « ne permettront pas aux régimes les plus dangereux du monde de nous menacer avec les armes les plus destructrices », ajoute-t-il. Ces propos sont fermement condamnés par les dirigeants iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei – devenu Guide de la révolution en 1989 – qui affirme que le président américain est « assoiffé de sang humain ». Avec ce discours, George W. Bush a « engagé les États-Unis à renverser les régimes » cités, estiment en 2002 deux analystes du centre de réflexion américain Brookings. En août 2002, des dissidents iraniens révèlent l’existence de deux sites nucléaires en construction en Iran. Ce dernier a repris dans les années 1980-1990 son programme nucléaire et a mené des activités secrètes, pouvant avoir des applications civiles comme militaires, selon l’Arms Control Association, une organisation américaine.

 

2013

Une période de détente

Barack Obama et Hassan Rohani s’entretiennent par téléphone en 2013 au sujet des négociations pour parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien. Il s’agit de la première communication directe entre des présidents américain et iranien depuis 1979. Les négociations sur le programme nucléaire iranien, qui ont débuté dans les années 2000, aboutissent en 2015 à la signature entre l’Iran et sept puissances, dont les États-Unis et l’UE, de l’accord de Vienne, qui vise à garantir que le programme nucléaire iranien sera pacifique. L’Iran s’engage à limiter l’enrichissement d’uranium, en échange de la levée progressive des sanctions internationales le visant. En 2018, le nouveau président américain Donald Trump retire les États-Unis de cet accord et rétablit des sanctions, dénonçant un texte qui a « enrichi le régime iranien » et retardé « au mieux sa capacité à se doter d’armes nucléaires ». L’Iran va par la suite s’affranchir de ses engagements et intensifier l’enrichissement d’uranium. Le pays a toujours affirmé que son programme nucléaire était exclusivement pacifique.

 
 

2020

Assassinat d’un général iranien

L’armée américaine tue en 2020 dans une frappe de drone à Bagdad (Irak) le général iranien Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods, une unité d’élite de l’organisation armée des Gardiens de la révolution. Les États-Unis affirment qu’il est responsable « de la mort de centaines de militaires américains » et de leurs alliés dans la région. Qassem Soleimani était « considéré comme l’un des responsables les plus puissants et les plus importants d’Iran », souligne un document de 2020 de l’institut de recherche du Congrès américain. « Les États-Unis ne peuvent se résoudre à voir la théocratie iranienne répandre son influence dans son voisinage, ce qu’elle parvient à faire grâce notamment à Soleimani », analyse la chercheuse Margaux Magalhaes en 2020 dans The Conversation. L’Iran riposte en bombardant deux bases abritant des soldats américains en Irak, sans faire de morts. En juin 2025, dans le cadre d’un conflit entre Israël et l’Iran, les États-Unis bombardent pour la première fois directement le territoire iranien, avec des frappes dirigées contre des sites nucléaires.

Le saviez-vous ?

Une opération de sauvetage hollywoodienne

La CIA, une agence de renseignement américaine, a mis au point une opération afin d’exfiltrer six Américains d’Iran en 1980, en pleine crise des otages. Ces derniers avaient échappé à la prise d’otage à l’ambassade américaine et trouvé refuge à l’ambassade du Canada. Pour leur permettre de sortir d’Iran sans se faire arrêter, la CIA a mis au point une « couverture » : ces fonctionnaires se sont fait passer pour des Canadiens venus en Iran pour repérer des lieux de tournage pour un film. Une fausse société de production a été créée à Hollywood, ainsi qu’un scénario et des passeports canadiens. Les Américains ont réussi à passer l’immigration sans embûche. La CIA a révélé l’opération en 1997. Elle a fait l’objet d’un film baptisé « Argo », sorti en 2012.

Pour aller plus loin

Lire notre article de lundi sur la répression de la révolte en Iran.

Lire notre dossier sur le programme nucléaire iranien.

IRAN

Alors que l’Iran connaît depuis fin décembre une révolte violemment réprimée, la France a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour dénoncer la « violence d’État » contre « les manifestants pacifiques », a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade de France en Iran a quitté le pays entre dimanche et lundi, selon une information publiée lundi par l’agence de presse AFP. Hier, plusieurs agences de presse étrangères ont rapporté que les manifestations s’étaient apaisées depuis plusieurs jours en Iran.

Voir notre infographie sur les précédents mouvements de protestation en Iran.

BANDE DE GAZA

L’émissaire américain Steve Witkoff a annoncé mercredi le lancement de la phase 2 du plan de paix américain pour la bande de Gaza, présenté en septembre. Après l’accord de cessez-le-feu en octobre entre Israël et l’organisation islamiste Hamas, cette phase prévoit « la démilitarisation et la reconstruction complètes de Gaza », a-t-il ajouté. Hier, le président américain, Donald Trump, a annoncé la formation d’un Conseil de la paix pour Gaza. Cette instance internationale, dont il assure la présidence, supervisera un comité de personnalités palestiniennes ayant pour mission d’administrer temporairement le territoire.

Lire notre article de septembre sur ce plan de paix.

CHINE

La Chine a enregistré un excédent commercial record (la valeur des exportations diminuée de celle des importations) de 1 190 milliards de dollars (1 020 milliards d’euros) en 2025, selon les données des douanes chinoises publiées mercredi. Cet excédent est en hausse de près de 20 % par rapport à 2024. Les importations chinoises sont restées stables entre 2024 et 2025, tandis que les exportations ont augmenté de 5,5 %. Elles ont surtout progressé vers les pays d’Afrique (26 %) et dans une moindre mesure vers les pays d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine.

Lire nos explications sur la situation économique de la Chine.

GROENLAND

Emmanuel Macron a annoncé jeudi l’envoi au Groenland, un territoire autonome rattaché au Danemark, de « moyens terrestres, aériens et maritimes » français dans les « prochains jours ». L’Allemagne, la Norvège et la Suède ont également annoncé le déploiement de personnel militaire, à la demande du Danemark, alors que la présidence américaine a multiplié ces dernières semaines les menaces d’annexion. Il est « clair » que Donald Trump a « le souhait de conquérir » le Groenland, a déclaré mercredi le ministre danois des Affaires étrangères après une rencontre avec le vice-président américain.

Lire nos explications sur ce déploiement.

BUDGET

L’examen du projet de loi de finances pour 2026 est suspendu jusqu’à mardi à l’Assemblée nationale, a annoncé jeudi le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous. « Nous constatons que ce vote ne pourra pas avoir lieu » en raison de désaccords, a-t-il précisé. Pour doter la France d’un budget, le Premier ministre peut désormais recourir à l’article 49.3 ou aux ordonnances. Hier soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a accusé LFI et le RN d’avoir « bloqué le travail » parlementaire. Disant vouloir ne pas renoncer « au compromis », il a proposé de nouvelles « orientations budgétaires », dont une hausse de la prime d’activité de 50 euros par mois en moyenne.

Consulter notre article d’hier sur la situation politique.

MÉDECINS

Le ministère de la Santé a présenté hier une série de propositions en faveur des médecins libéraux, alors qu’une partie de la profession est en grève depuis le 5 janvier. Le gouvernement va présenter un amendement pour abandonner un dispositif prévoyant d’imposer des objectifs de réduction aux médecins prescrivant plus d’arrêts maladie que leurs confrères. L’intersyndicale qui a appelé à la grève proteste contre ce dispositif et contre des mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Lire notre article sur l’adoption de cette loi en décembre.

Station spatiale internationale (ISS)

Pourquoi on en parle. Quatre astronautes de la Station spatiale internationale (ISS) ont amerri jeudi dans l’océan Pacifique, a annoncé la Nasa, l’agence spatiale des États-Unis. L’équipage est de retour sur Terre « un mois plus tôt que prévu » en raison « d’un problème médical » concernant l’un de ses membres, révélé par la Nasa la semaine dernière. Il s’agit de la première évacuation médicale depuis l’ISS.

En quoi ça consiste. L’ISS est un laboratoire de recherche scientifique international situé en orbite à environ 400 km de la Terre. Les astronautes qui y séjournent – souvent pendant plusieurs mois – réalisent des expériences scientifiques et technologiques en micropesanteur dans divers domaines (biologie, physique, etc.), recueillent des données d’observation de la Terre et effectuent des sorties extravéhiculaires pour la maintenance de l’ISS. La station est composée de 43 modules (de recherche, d’habitation, etc.) et de panneaux solaires [voir une image]. L’ISS est exploitée par cinq agences spatiales (États-Unis, Russie, UE, Japon et Canada). Assemblée de 1998 à 2011, la station est habitée en permanence depuis 2000. À ce jour, elle a accueilli plus de 290 astronautes de 26 pays, dont quatre Français, selon la Nasa.

« Toy music »

Connaissez-vous la « toy music » ? Une vidéo de France Musique publiée sur Instagram nous fait découvrir cette musique réalisée avec des mini-instruments, y compris des jouets pour enfants. Le pianiste et guitariste Nicolas Auger du groupe de rock The Wackids, spécialisé dans cette musique, présente différents instruments utilisés dans la « toy music », dont certains sont pour le moins surprenants.

La force des femmes

Si les clichés veulent que les femmes aient moins de force que les hommes, National Geographic nuance cette idée dans un article fort intéressant. Il relate notamment les travaux scientifiques ayant démontré que si les hommes ont un avantage en ce qui concerne la « force explosive », les femmes ont une meilleure endurance et souffrent moins de maladies métaboliques et ce, grâce aux graisses stockées dans les hanches et les cuisses.

Ces pages improbables sur Wikipédia

Wikipédia a fêté jeudi ses 25 ans. Pour l’occasion, le site Numerama s’est intéressé aux pages les plus cocasses et méconnues hébergées dans cette encyclopédie en ligne. Saviez-vous par exemple qu’il existe un article sur l’orientation du rouleau de papier toilette, une liste des inventeurs tués par leur invention ou encore une entrée sur les « guerres d’édition les plus futiles » qui se sont déroulées dans Wikipédia ? Autant de liens qui promettent une balade hilarante dans cet univers participatif.

Vous voilà « briefés » sur l’actu de la semaine. On vous souhaite de passer un week-end qui ne vous fasse pas finir au bout du rouleau.

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