Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Fête du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial
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Fête du Sacré-Cœur : au sanctuaire de Paray-le-Monial, une fréquentation en hausse attendue
Article réservé à nos abonnés.Ce vendredi 12 juin, Paray-le-Monial attend une foule dense pour la fête du Sacré-Cœur. Le sanctuaire bourguignon se met à l’heure de « Jérusalem, première ville du cœur de Jésus », thème des célébrations qui seront marquées cette année par la présence du cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem. Sa présence, aux côtés de l’Œuvre d’Orient, qui soutient les chrétiens du Moyen-Orient éprouvés par la guerre, donne une résonance particulière à l’événement. Avec 80 000 visiteurs et pèlerins par an, la ville, où sainte Marguerite-Marie Alacoque dit avoir vu le Christ, qui dévoila son Cœur sacré entre 1673 et 1675, connaît depuis plus d’un an une fréquentation croissante.
Un afflux porté par trois événements, selon le père Etienne Kern, recteur du sanctuaire confié à la communauté de l’Emmanuel : la publication de l’encyclique du pape François Dilexit nos, sur « l’amour humain et divin du cœur de Jésus-Christ » (octobre 2024) ; le jubilé du 350e anniversaire des apparitions (2025) et enfin le succès surprise du documentaire fiction Sacré Cœur de Sabrina et Steven J. Gunnell, qui a attiré plus de 500 000 spectateurs depuis sa sortie dans les salles en octobre dernier, avant de connaître un prolongement sous forme de livre (Sauvés par le Sacré-Cœur, Éd. Première partie. 176 p., 33,20 €).
« Le texte du pape François, qui réunit l’aspect missionnaire et la solidarité, a attiré des chrétiens qui ne fréquentent habituellement pas le sanctuaire, analyse le père Kern. Des personnes engagées dans le secteur caritatif, dans l’accompagnement des migrants… Elles ont été touchées par le message d’amour inconditionnel du Christ qui rejoint les personnes blessées en situation de vulnérabilité. »
L’effet inattendu du cinéma
L’effet le plus inattendu vient du film Sacré Cœur, qui retrace l’origine de la dévotion, accompagné de témoignages. Quelques jours après sa sortie, le recteur se souvient avoir vu débarquer trois amis venus de Nice, de Saint-Malo et des Bouches-du-Rhône qui voulaient découvrir le sanctuaire ; un peu plus tard, au tour d’un groupe de catéchumènes en provenance du diocèse de Moulins. Les inscriptions aux différents événements religieux proposés à Paray-le-Monial ont connu une hausse de 20 % et le documentaire réalisé par les Gunnell est souvent évoqué au moment des confessions…
« J’ai vu le film et je ne connaissais pas le message du Sacré-Cœur et son rayonnement, explique Déborah, une Antillaise qui vient de franchir le seuil de la chapelle à la façade ocre, lieu des apparitions. Je me suis éloignée de l’Eglise que je trouve trop dogmatique, mais je suis touchée par la dimension de guérison spirituelle qui passe par quelque chose de très corporel. Cela rejoint mon désir d’écouter davantage mon cœur, d’œuvrer par amour… » Son compagnon, d’origine coréenne, queue de cheval et doudoune sans manche, acquiesce : « J’ai été intrigué par ce Cœur sacré, qui vient nous redresser malgré nos blessures. Pour moi, cela transcende toutes les religions et nous ramène au mystère de la vie. »
Des pèlerins d’un nouveau genre
À la fin de la messe de 9 heures, Élisabeth et Meghanne, la quarantaine, accompagnées de leur mère, se pressent dans l’allée centrale de la chapelle où le prêtre vient de proposer aux « pèlerins d’un jour » de recevoir une bénédiction spéciale. Meghanne tire de son carton une haute statue du Sacré-Cœur qu’elle brandit. « Je la mettrai dans mon entrée, explique-t-elle. J’étais au courant des apparitions de la Vierge mais je ne connaissais pas celles de Jésus jusqu’à ce que je voie le film. Je me suis dit : il faut aller à Paray ! » Élisabeth, sa sœur, qui ne fréquente l’Église que pour les grandes fêtes complète : « C’est magnifique de voir des gens éloignés de la foi touchés par la grâce. »
Dans le bureau d’accueil qui fait face à la chapelle, Bruno, bénévole, est marqué par la profondeur de la démarche des nouveaux venus. « Ils découvrent que Jésus leur propose un message de cœur à cœur, dit ce cadre commercial à la retraite. En échangeant avec eux, je me rends compte que beaucoup affrontent des situations de vie difficiles et veulent trouver un sens à leur vie. »
Une spiritualité renouvelée et expérientielle
C’est en pensant à ce public éloigné de la foi que les fêtes du Sacré-Cœur offrent, explique le père Kern, un parcours ancré dans « l’expérience » pour rendre « sensible » et « tangible » la démarche spirituelle : plonger sa main dans un bassin, allumer un lumignon, rédiger une intention de prière ou… « entrer dans le cœur de Jésus ». Dans la salle Saint-François-de-Sales, au rez-de-chaussée du centre de pèlerinage, le visiteur est ainsi invité à se déchausser pour pénétrer dans une structure de deux mètres de haut en forme de cœur, recouverte de velours rouge.
« Notre cœur, dès qu’il est habité par Dieu, qui est un père aux entrailles de mère, rend notre vie féconde », explique l’artiste, Isabelle Vissac, veste violette et sandalettes dorées, qui a proposé spontanément son œuvre au sanctuaire. « Nous laissons les personnes qui ont des projets nous contacter. C’est intéressant de les voir offrir une manière renouvelée de vivre la dévotion au Sacré-Cœur », souligne le père Kern.
Un forum pour accompagner les convertis
Comment faire fructifier toutes ces nouvelles rencontres ? Le sanctuaire lance pour la première fois une session estivale intitulée le « Forum des chercheurs de Dieu », qui se déroulera du 2 au 5 juillet. Il est destiné, en priorité, aux catéchumènes, néophytes, recommençants dans la foi et à leurs accompagnateurs. Avec, comme grand témoin Rodrigue, ancien délinquant et trafiquant de drogue, qui a vécu une conversion avant de devenir éducateur – et qui raconte son itinéraire dans le film Sacré-Cœur.
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