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Catégories : Café Thé d'écureuil bleu, CE QUE J'ECRIS/CE QUE JE CREE

Mon texte inédit sur ce blog:

Participez au Café Thé n° 196 - Que mettriez vous dans votre "sac de secours" ?

3 Août 2026 , Rédigé par ecureuilbleuPublié dans #Caféter

Pour ce 196ème Café Thé, je vous propose de nous exposer ce que vous mettriez dans votre" sac de secours" ou "kit d'urgence" à préparer en cas d'évacuation suite à un événement climatique (incendie, inondation, tempête...), ou une crise, 

ou imaginer une situation où vous utiliseriez ce sac et nous la raconter.

 

Les consignes : Ecrivez, fabulez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...

Si vous êtes blogueur, ne publiez pas votre texte avant la parution des participations (le 2 septembre 2026).

 

Que vous soyez blogueur ou pas, envoyez moi votre participation 

avant le 31 août 2026 dernier délai à ecureuilbleu33@live.fr...

Au plaisir de vous lire...

 

Amusez vous bien !

https://www.unebonnenouvelleparjour.com/2026/08/participez-au-cafe-the-n-196-que-mettriez-vous-dans-votre-sac-de-secours.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Des containers, des valises et un carton

Vers 2001, nous avons quitté la Haute-Loire pour la Loire voisine, Mon mari devait y diriger une usine d’un groupe qui avait aussi sa précédente usine (qui avait fermé), une usine dans la cour de laquelle nous logions et encore dans la rue en face. On voyait la tour de loin. Ce fut, je crois, pour mon mari, une bonne période professionnelle, peut-être sa meilleure : une belle usine, moderne, productive et une bonne équipe où on s’entendait bien.

Ce fut aussi une période où pour moi tout semblait à sa juste place au niveau moral et physique

Nous nous mariâmes et je lançais mon activité d’écrivaine publique, remarquée par le journal local qui me consacra un article. Je pris aussi de belles commandes mais au niveau de l’usine, le vent tournait et moi je perdis mon premier paiement d’écrivaine. Le directeur du groupe textile voulait se débarrasser de l’usine de mon mari qui monta un plan de reprise et se battit comme un lion…en vain comme l’écrivaine dans le journal. L’usine de mon mari ferma puis l’autre jusqu’à la vente (déchirante) aux enchères du matériel.[1] Un des acheteurs vint parler à mon mari d'un, poste au Maroc. Nous commençâmes donc par préparer nos affaires non pour un camion de déménagement mais pour un container qui partirait sans nous au Maroc. Nous laissâmes des choses inutiles là-bas  chez mon beau-père. Mon père refusa de nous en prendre. De mon côté, par besoin financier et pour nous alléger, j'emmenais des livres à vendre. J'ai laissé le hasard faire car je n'arrivais pas à choisir mes préférés et les pestiférés. Nous chargeâmes donc le container et nous le réceptionnâmes 10 jours je crois après notre arrivée là-bas. Le travail de mon mari était difficile et passionnant. La vie était passionnante et parfois difficile, comme femme et exilés

Au bout d'une année  et demie, notre vie de résidents se compliqua et nous dûmes nous préparer pour mettre nos affaires dans un container et je préparais :

 

Un  petit carton blanc

Dans un petit carton blanc,

J’ai mis un jour les disques

De mon chanteur préféré.

 

Dans un petit carton blanc,

J’ai calé les Œuvres Complètes

De mon écrivain tant étudié :

 

Trois jolies Pléiades

Et leur album : un quatuor magique,

Surtout bien protégé.

 

Dans un petit carton blanc,

J’ai glissé Baudelaire

Et ses « Œuvres » si décortiquées.

 

J’ai fermé le petit carton blanc

Et pour un jour que j’espérais proche,

Je l’ai mis de côté.

 

Puis nous avons pesé nos valises noires,

Pas plus de  vingt kilos à emporter,

Un choix cornélien :

 

Ma plaquette de pilule en cours

Et autres traitements ;

Des vêtements chauds

 

Pour le pays d’arrivée.

Mon livre en cours

Et quelques autres d’avance

 

Pour ne pas manquer.

On a compté les petites cuillères

Puis fermé la porte.

 

Nous avons déjeuné dehors,

Il faisait vingt degrés sous les palmiers.

Une journée sous le signe du vingt.

 

À l’arrivée, on nous attendait

Avec  de l’amour et des critiques.

Il avait bien gelé.

A mon coucher

Dans un nouveau lit

J’ai retrouvé mon livre en cours.

 

Comme à chaque nouveau paysage

Un livre est toujours là

Changeant mais rituel inchangé

 

Quant au petit carton blanc

Il resta là-bas seul

Plus longtemps qu’on l’aurait imaginé.

 

Trois ans après

Après maintes péripéties

Et moult avanies.

 

J’ai retrouvé mes Œuvres complètes

De Baudelaire et Nerval

Inchangées mais toujours changeant

 

Ma vie.

 

 

[1] Suite de ce texte qui s'appelle "Des paysages de ruines"

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