jeudi, 11 juin 2009

Le miroir du plaisir(extrait)(interdit aux moins de 18 ans)/Thèmes croisés avec Ambroise:Le miroir

 couv paysages amoureux 2.jpgCannelle est seule.

Brusquement, elle est excitée.

Par quoi ? Par qui ?

 

Le 19 novembre 2006.

Ce texte  complet est lisible dans mon recueil "Paysages amoureux et érotiques" en vente en haut de ce blog.

J'avais parlé de ce texte à certains d'entre vous.

Le voilà.

Il me trottait dans la tête depuis longtemps.

Il est érotique mais il s'inscrit dans le cadre du théme croisé avec Ambroise: le miroir.

Ce texte a été écrit après "Le miroir des parents"(http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2006/05/01/poeme...)

et avant "Le miroir de son regard"(http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2006/11/23/mon-p...) sur un thème proposé par un Ambroise(

http://ambroise.hautetfort.com/archive/2006/11/23/histoir...)

 

 

 

J'espère que mon texte et les articles vous inciteront à faire beaucoup de commentaires sur ce sujet trop tabou à mon goût.

 

Je vous propose maintenant, "le miroir" délicieusement sensuel d'Ambroise:

 

Lentement dans le silence le vent se lève,

De ses rêves elle retient cette envie de sève

Elle s'imagine, elle t'imagine devant ce miroir

En quête de vous, en quête de joutes respiratoires.

Elle peut sentir ta main dans ses cheveux

Palper avec frénésie et désir langoureux

Ton visage et son corps qui se reflètent dans ce miroir

Elle imagine, un jour ce moment, tôt ou tard.

 

http://ambroise.hautetfort.com/archive/2006/11/24/miroir-...

 

mardi, 10 avril 2007

Eloge de la masturbation:des livres

L'orgasme au féminin (1982)
by Christine L'Heureux

L'ouvrage a déjà paru en 1979 aux Editions de l'Aurore : Univers. La présente édition est vraiment nouvelle quant au choix des textes. Le texte ##Liberating masturbation## de Betty Dodson n'a pas été reproduit. Des témoignages plus nombreux d'origine québécoise ont été ajoutés. L'auteur a conservé la reproduction de quinze dessins d'organes génitaux féminins, afin de montrer l'aspect multiforme de la sexualité. L'éloge de l'auto-érotisme vise a renverser les tabous relatifs à la masturbation féminine; c'est en même temps une invitation adressée aux femmes à cesser d'être dépendantes des hommes pour jouir et exercer leur sexualité.

http://www.amazon.ca/Lorgasme-au-f%C3%A9minin-Christine-LHeureux/dp/2890440990

 

L'Empire des femmes : Les femmes ont changé, elles confient leurs fantasmes sexuels (1993)
de Nancy Friday, Bernard Cohen (Traduction)

 

Vingt ans après la publication de ##Mon jardin secret## (1973) sur l'imaginaire sexuel féminin, l'auteure reprend la même expérience: recueillir des témoignages de cet imaginaire. Le tableau est différent, car les femmes actuelles qui ont participé sont dans la vingtaine et elles appartiennent à la génération qui a suivi la révolution sexuelle. L'auteure a recueilli quelque 150 témoignages répartis sous une quinzaine de rubriques accompagnées de commentaires. C'est l'occasion d'analyser certains éléments de la sexualité féminine (chap. I) et de faire un éloge de la masturbation (chap. II).

http://www.amazon.fr/LEmpire-femmes-confient-fantasmes-sexuels/dp/2226066373/sr=11-1/qid=1164302868/ref=sr_11_1/171-3258265-6761803

 

Eloge de la masturbation(2002)
de Philippe Brenot

 

Quatrième de couverture
Je l'avoue publiquement et comme un acte expiatoire : Oui, je me suis masturbé... et à plusieurs reprises ! Depuis plus de deux siècles sévit l'interdit tacite de la masturbation, qui a permis de légitimer tant de persécutions mais aussi de confessions, celles de Rousseau, de Sade, de Diderot, de Proust, de Gide... Philippe Brenot lève ici le tabou implicite de la masturbation en réhabilitant l'acte le plus intime de notre vie personnelle, mais à la fois le plus naturel, le plus normal, le plus nécessaire à l'épanouissement de la sexualité. Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue et enseignant universitaire en sexologie.

SDM
Après avoir passé en revue deux siècles d'interdiction de ce crime abject qui nous aurait coûté la vie sous l'Inquisition, l'auteur veut réhabiliter cet acte intime, somme toute assez naturel qu'est la masturbation. -- Services Documentaires Multimédia

http://www.amazon.fr/Eloge-masturbation-Philippe-Brenot/dp/2843040000/ref=pd_sim_b_2/171-3258265-6761803



J'espère que mon texte et les articles vous inciteront à faire beaucoup de commentaires sur ce sujet trop tabou à mon goût.

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jeudi, 23 novembre 2006

Eloge de la masturbation:point de vue médical.

 Longtemps considérée comme la mère de tous les vices, la masturbation a du mal à se défaire de cette mauvaise réputation. Plus taboue encore que chez les hommes, la masturbation féminine est rarement reconnue. Pourtant, certains psychanalystes estiment aujourd'hui qu'outre la découverte du corps, elle peut être une activité érotique à part entière. 

 

Une bien mauvaise réputation

Longtemps jugée scandaleuse, la masturbation reste aujourd'hui encore taboue. Il aura fallu attendre le milieu du XXe siècle pour qu'elle cesse d'être considérée comme source de tous les maux. Doctissimo vous propose d'y voir clair sur une pratique secrète et solitaire par excellence.

 

 medium_masturbation_niv3.2.jpg DEFINITION

Stimulation de ses propres organes génitaux qui provoque une montée de l'excitation sexuelle permettant à l'orgasme de se produire. Cette pratique se fait le plus souvent seul mais peut se faire également à deux : masturbation mutuelle. Elle permet la découverte de son corps et l'apprentissage de ses propres réactions sexuelles. Chacun découvre sa propre façon de se stimuler, d'utiliser des fantasmes (scénari érotiques) ou pas, de le faire dans le bain, sous la douche etc...

 

La masturbation peut avoir sa place dans la fonction érotique comme découverte de son corps, comme pratique habituelle mais cette expérience n'est pas un passage obligé : pour certains la sexualité commencera et continuera dans une relation à deux

Chez l'homme 

 

Pour beaucoup la stimulation se fait avec la main, l'homme caresse son pénis, ses bourses, s'absorbe dans des pensées érotiques appelées aussi fantasmes, puis lorsque la verge est en érection, il enserre la verge dans sa main et imprime un mouvement de va et vient parfois de plus en plus rapide. D'autres frottent la verge contre un oreiller. Arriver à un certain niveau d'excitation l'éjaculation s'accomplit.

 

A la puberté, lors des premières masturbations, l'orgasme peut se produire sans émission de sperme.

 

Après l'éjaculation, l'érection disparaît plus ou moins rapidement, la verge redevient flacide. Aucune érection n'est possible pendant un temps donné, temps qui varie d'un individu à l'autre et qui augmente habituellement avec l'âge. La période réfractaire est souvent autour de 20 ans  de 10-20 minutes et augmente progressivement pour atteindre  3 jours autour de 70 ans.

 

Chez la femme

 

La manipulation du clitoris est la façon la plus habituelle d'obtenir l'excitation sexuelle. Elle s'accompagne de caresses au niveau des seins, de la vulve et parfois de l'introduction de doigts ou d'objets dans le vagin. La femme frotte son clitoris avec un ou plusieurs doigts de manière plus ou moins rythmée et rapide. Elle utilise de la salive ou des lubrifications vaginales pour éviter une irritation car la muqueuse vulvaire n'a pas de sécrétions propres.

 

La contraction des muscles des cuisses et des fesses (jambes serrées) favorise pour certaines la montée de l'excitation sexuelle et même constitue pour d'autres l'essentiel de l'activité masturbatoire.

 

Les phénomènes de l'excitation sexuelle s'accomplissent : le clitoris augmente de volume, le vagin se lubrifie, la montée de l'excitation s'achève par l'orgasme, sensation de jouissance qui s'accompagne ou non de contractions involontaires du périnée.

 

Pour certaines femmes, le plaisir s'obtient par le frottement de la vulve sur un oreiller et des contractions des muscles du périnée et de l'anus ou encore par la stimulation du clitoris par un jet de douche.

 

Dr Agnès Mocquard

medium_masturbation_niv1.3.jpg

 

Masturbation : faites le tour en 10 questions

 

Longtemps jugée scandaleuse et mère de tous les vices, la masturbation reste aujourd'hui encore taboue. Est-il normal de se masturber ? Un peu ? Beaucoup ? Doctissimo vous dit tout du plaisir solitaire.

 

1 - Est-ce que tout le monde se masturbe ?

 

Tout le monde non, mais une grande majorité des hommes et des femmes ont connu cette activité à une période ou à une autre de leur vie. Dans l'enquête sur les comportements sexuels en France de 1993, 84 % des hommes et 51 % des femmes disent avoir pratiqué la masturbation.

 

2 - Comment les gens font-ils pour se masturber ? Y a-t-il une
     technique particulière ?

 

Non, il n'y a pas de méthode particulière, chacun découvre la sienne. Le plus souvent les hommes stimulent leur verge avec la main dans un mouvement de va-et-vient rythmé. Les filles, elles, caressent leur clitoris et la région vulvaire.

 

3 - Est-il normal pour un adulte de se masturber ?

Il est aussi normal de se masturber que de ne pas le faire. On pense souvent que cette pratique est l'apanage de la jeunesse. Il est vrai que la découverte de la sexualité a lieu souvent par la masturbation lors de l'adolescence. Certaines personnes éprouvent le besoin de se masturber à certains moments de leur vie lors d'une période de célibat par exemple. D'autres continuent cette pratique indépendamment de la poursuite en parallèle d'une vie sexuelle à deux épanouissante. La masturbation dans ce cas n'est pas qu'un simple pis-aller mais une activité sexuelle à part entière, importante. Certains partenaires s'en offusquent se sentant trahis, souhaitant être les seuls dépositaires de la sexualité de l'autre. Certaines personnes n'ont jamais recourt à l'autoérotisme. Ils découvrent l'expérience sexuelle et le plaisir dans la relation à l'autre.

4 - Est-il normal de se masturber 3 fois par jour ?

 

Aucune statistique n'a jamais porté sur le nombre de masturbations des hommes et des femmes, par jour, semaine ou année… Il semble que certains aiment le faire 2 à 3 fois par jour, d'autres 2 à 3 fois par semaine et d'autres encore 1 fois par mois ou jamais.

 

Souvent ceux qui se demandent s'ils se masturbent trop, ont le sentiment de ne plus maîtriser leur pratique, la masturbation est devenue compulsive, elle est réalisée par nécessité avec peu de plaisir, la motivation n'est pas la satisfaction sexuelle mais l'apaisement d'une tension dont la source est extérieure à la sexualité. Dans ce cas la consultation d'un thérapeute peut s'imposer. L'activité masturbatoire compulsive est le signe d'un mal être ou d'angoisses.

 

5 - Est-ce normal qu'un enfant se masturbe ?

 

L'enfant explore son corps et apprend à en jouir. La plupart des enfants découvrent l'autoérotisme dans la toute petite enfance et s'y adonnent ensuite plus ou moins. Bien sûr, il peut être important d'expliquer à l'enfant que cette pratique se fait dans l'intimité si vous le voyez le faire en public.

 

Par contre certaines situations doivent nous alerter. Si un enfant est anormalement excité sexuellement, s'il se masturbe de manière particulière, violente ou répétitive, il faut penser qu'il a peut être subi des sévices sexuels et l'interroger dans ce sens.

 

6 - La masturbation est-elle dangereuse pour la santé ?

 

C'est ce que des générations d'éducateurs ont voulu faire croire pour éloigner les jeunes de ces pratiques. Et les croyances dans ce domaine sont nombreuses et tenaces. Pourtant, la preuve est aujourd'hui faite que la masturbation ne peut être tenue pour responsable de troubles physiques ou mentaux. Répétons-le haut et fort : la masturbation ne rend ni sourd, ni aveugle. Elle n'entraîne ni stérilité, ni cancer, ni maladie mentale.

 

7 - La masturbation peut-elle modifier la taille ou la forme du pénis ?

 

Non, qu'un homme se masturbe ou pas son sexe ne changera ni de taille, ni de forme. Il ne s'agrandira pas, ne diminuera pas, ne se courbera pas. La taille définitive du pénis est obtenue à la fin de la puberté. Elle ne peut être modifiée par aucun "exercice". Les courbures du pénis sont congénitales ou liées à une maladie.

 

8 - Est-ce que l'éjaculation précoce est liée à la masturbation ?

 

Ne comprenant pas pourquoi ils sont éjaculateurs prématurés, certains hommes incriminent la masturbation se disant que s'ils ne s'étaient jamais masturbés, ils n'auraient pas de problème. En fait il n'en est rien. La masturbation ne favorise pas l'éjaculation prématurée.

 

Par contre le retardement de l'éjaculation lors de la masturbation peut permettre de diminuer le risque d'éjaculation prématurée. Un homme peut ménager des arrêts dans la montée de son excitation lors de la masturbation. Il apprendra ainsi à mieux connaître et gérer les différents niveaux d'excitation sexuelle. Le problème de l'éjaculation rapide ne sera pas pour autant résolu. L'homme devra ensuite poursuivre son apprentissage du contrôle de l'éjaculation dans la relation à deux.

 

9 - La masturbation diminue-t-elle la puissance sexuelle de l'homme ?      Peut-elle entraîner des troubles de l'érection ?

 

Non, un homme qui se masturbe ne sera pas moins puissant qu'un homme qui s'en abstient. Bien sûr, si la masturbation a lieu peu de temps avant le rapport sexuel, elle peut émousser le désir. La pratique régulière de la masturbation n'entraîne pas des troubles de l'érection. Au contraire,  pendant de longues périodes d'abstinence la masturbation permettra de maintenir la capacité des corps caverneux à réagir à une stimulation. La reprise des rapports sexuels en sera facilitée.

 

10 - La circoncision permet-elle une diminution des comportements
      masturbatoires ?

 

On a longtemps cru que la circoncision pouvait éloigner les hommes de la masturbation. Or il n'en est rien. On ne constate aucune différence entre les hommes circoncis ou non.

Dr Agnès Mocquard

Histoire d'une peur

 

Jusqu'au XVIIIe siècle on explique toujours le fonctionnement du corps comme les Grecs : le corps humain contient quatre liquides - le sang, le phlegme (liquide plus ou moins clair que l'on voit en se mouchant), la bile jaune (dans certains vomissements) et la bile noire. La santé existe quand ces quatre liquides sont équilibrés en volume et à leur place. La maladie vient de l'insuffisance ou de l'excès de l'un au moins d'entre eux, ou de sa stagnation dans une des parties du corps (oedème). En vertu de ces croyances, la masturbation est considérée comme dangereuse pour la santé.

 

Le sperme de l'homme et le liquide émis par les femmes sont considérés comme venant du sang par élaboration physique et chimique, et une éjaculation équivaudrait à une perte d'un quart de litre de sang. Cette croyance des Anciens toujours vivace au Moyen-âge implique que perdre trop de sperme c'est perdre du sang, donc se débiliter et risquer la maladie, voire la mort. Mais le problème ne concerne que les adultes, surtout mariés. Les jeunes sont censés émettre seulement un liquide imparfait, donc ne pas risquer grand-chose à son émission. Au Moyen-âge les enfants et les adolescents pourront se caresser sans qu'il n'y ait intervention. Au XVIIIe siècle encore, les adultes ne se préoccupent pas de ces jeux d'enfants, même s'ils ont lieu sous leurs yeux, dans la salle commune, ou autour du poêle, à l'école.

 

La répression de la masturbation

 

Aux XVIIIe et XIXe siècles, on se focalisera de plus en plus sur cette dépense "gratuite" d'une énergie vitale dont le capital nous est compté. Courir le risque d'être malade ne se justifie que par une raison impérieuse : avoir un enfant, répètent les moralistes. Elle ne peut être excusée par la seule volonté d'éprouver du plaisir. C'est là la seule raison de la montée des interdits sur la masturbation. Cette obsession de la masturbation aura des effets pervers.

 

La source de tous les maux

 

Les médecins affirment alors que ce sont les pratiques de masturbation qui sont la cause des nombreuses maladies inexpliquées. Ils lui attribueront ainsi abusivement de multiples maladies nerveuses, des maladies sexuellement transmissibles, dont la syphilis, ainsi que des cancers. Sans compter la surdité. Ils terrorisent ainsi les adolescents, et préconisent des méthodes pour les contraindre à la chasteté : port de moufles la nuit, bras attachés pendant le sommeil, combinaisons entravant les mouvements et empêchant les contacts génitaux, excision ou brûlure du clitoris pour les fillettes, appareils pour bloquer les érections nocturnes pour les garçons.

 

Tout cela jusque dans les années 30… C'est la violence et les excès de cette lutte toute récente contre la masturbation qui expliquent les idées négatives qui survivent encore aujourd'hui.

 

L'innocuité de la masturbation

 

Aujourd'hui, l'innocuité de la masturbation est une certitude ! On peut donc se libérer des fantasmes d'autrefois.

 

Dr Yves Ferroul

 

Tout le plaisir est pour moi

 

La masturbation est la forme de sexualité la plus spontanée et la plus simple à pratiquer. Elle permet de découvrir son corps et joue un rôle essentiel de substitution ou de complément. Mais elle peut aussi s'enrichir de tout l'imaginaire et être une activité érotique à part entière.

 

À côté de la fonction d'apprentissage, la masturbation a un rôle très important dans la vie humaine. Les femmes comme les hommes y ont recours pour se détendre : "Quand on peut trouver son plaisir, on se sent détendu et calmé jusqu'au prochain désir de jouissance". La sexualité est d'abord un rapport avec soi-même, une épreuve de vérité où l'on va devoir vivre des choses inconnues, dans des situations où l'on ressentira obligatoirement de l'appréhension, parfois même de l'inquiétude.

Masturbation et apprivoisement

La masturbation a pour fonction de permettre d'apprivoiser ce dont on est capable dans l'abandon au plaisir, dans l'enrichissement de ses sensations et de ses émotions, ainsi que dans l'épanouissement de son imaginaire. Il est extrêmement équilibrant de découvrir et d'exploiter ses propres possibilités de plaisir. Pendant l'adolescence, la masturbation sert à donner au plaisir physique un sens et une place dans sa vie. À tous les âges, la masturbation a une fonction de compensation pour remplacer les autres jeux sexuels quand ils sont momentanément ou durablement impossibles. Chez les animaux, la masturbation semble aussi jouer ce rôle, et être utilisée dans un but d'apaisement : les guenons s'introduisent un doigt ou des objets, les singes se servent de leurs mains, les éléphants de leur trompe, les cerfs de leurs bois, les chiens et les chats de leur langue, les taureaux se frottent contre les arbres…

 

Masturbation et liberté du jeu

 

Chez les humains, en plus, la masturbation apaise l'angoisse et le stress, car le plaisir a un rôle fondamental dans l'équilibre psychique. La masturbation a aussi un rôle ludique, d'évasion, sans danger pour soi ou pour les autres : en libérant sa vie fantasmatique, en jouant avec les images érotiques, en s'évadant dans un monde irréel, l'être humain se rééquilibre, se libère, se crée son jardin secret où reprendre des forces, où nourrir sa vitalité, afin de tenir le coup dans une société écrasante, épuisante, où les perspectives offertes sont souvent médiocres et vides, où il est submergé de relations sociales sans plaisir, insatisfaisantes, anonymes.

 

Parfois la masturbation n'a pas un rôle de remplacement : la sexualité dans le couple est bonne, mais l'un ou l'autre peut estimer qu'il lui manque un autre type de sexualité, où l'on n'a pas à faire attention à quelqu'un d'autre, où l'on se laisse aller à son propre rythme, en suivant les vagabondages de sa propre imagination.

 

Masturbation et équilibre sexuel

 

Dans un couple, l'un ou l'autre, femme ou homme, peut aussi avoir envie d'un rythme plus élevé d'orgasmes : la masturbation est le moyen le plus simple de vivre son désir et de dissiper la frustration. D'autant que cette masturbation peut aussi se demander à l'autre, faire partie du jeu à deux : réduire la sexualité humaine à la pénétration vaginale revient à négliger la richesse et la variété des comportements susceptibles de procurer une jouissance dans l'espèce humaine. La masturbation offre au couple une possibilité de sensations différentes, à la femme pour qui cette façon d'atteindre l'orgasme peut apporter un plaisir d'un autre genre ; à l'homme, à qui la masturbation procure souvent une intensité d'excitation que ne permettent ni la douceur d'un vagin ni l'obligation de se retenir un certain temps.

 

Masturbation et culpabilité

 

Certains se sentent coupables de recourir à la masturbation, comme s'ils volaient quelque chose à l'autre : si d'être satisfait de sa masturbation conduit à refuser la sexualité avec le conjoint, bien sûr il y a un problème. Mais, dans un couple, tous nos plaisirs n'ont pas à être strictement partagés : faisons-nous tout à deux, les magasins, le sport, la musique, la lecture… ? Si la masturbation n'est pas une fuite, mais une recherche d'équilibre, alors on sera bien dans sa peau, et l'on pourra vivre sans tension sa sexualité avec l'autre. Tandis que la frustration d'une sexualité insuffisante fera prendre l'autre en grippe, lui en vouloir et même se détourner de la sexualité avec lui.

 

Un choix personnel

 

En somme, il existe une multitude de façons de vivre sa sexualité. La masturbation en est une : exclusive ou conjointe à d'autres, constante ou épisodique, solitaire ou partagée, elle colore la vie de l'un, est absente de la vie d'un autre, resurgit dans celle d'un troisième… mais garde sa qualité fondamentale d'être toujours accessible sans jamais être imposée, à prendre ou à laisser selon son gré et sa fantaisie.

 

Dr Yves Ferroul

 

L'art de la masturbation féminine

 

Les femmes aiment se donner du plaisir. Le rapport de la célèbre sexologue américaine Shere Hite, qui, dans les années 1970, a effectué une enquête auprès des femmes sur tout le territoire des Etats-Unis, l'a montré. Comment s'adonnent-elles au plaisir solitaire, c'est aussi ce que cette étude a cherché à savoir. Résultats et témoignages extraits du "rapport Hite".

 

Des 3 000 femmes ayant répondu, anonymement, à ce questionnaire qui faisait le tour de la sexualité féminine (orgasme, coït, clitoris, masturbation…), 82 % déclaraient qu'elles se masturbaient, et, parmi elles, 95 % parvenaient sans peine à l'orgasme chaque fois qu'elles le voulaient. Ce qui, d'après la sexologue, contredisait l'idée couramment admise que les femmes sont "lentes à démarrer", et qu'elles ont du mal à parvenir à l'orgasme. Pratiquement, l'enquête a permis de distinguer six types de masturbation (avec quelques variantes).

 

Dans la très grande majorité des cas (73 %), la femme excite manuellement la région clitoridienne et/ou vulvaire en étant couchée sur le dos.

 

"Je m'excite toujours de la même façon : mon doigt caresse mon clitoris et parfois j'enfonce en même temps un autre doigt dans mon vagin. Je ne caresse que ma zone génitale" ; "Je me masturbe en massant latéralement mon clitoris, doucement d'abord, puis en augmentant l'intensité de la pression. Je me sers de l'index (une seule main)" ; "mes doigts caressent mon clitoris et, de ma main libre, je gratte, tire, pince le bout de mes seins. Je me caresse alternativement de haut en bas et en rond. Mes jambes sont tantôt jointes, tantôt écartées. Je trouve particulièrement excitant d'immobiliser ma main et de continuer la friction en remuant mon sexe contre mon doigt".

 

La femme peut aussi se coucher sur le ventre (5,5 %).

 

"Je suis couchée sur le ventre, les jambes légèrement écartées et je me sers des deux mains, la droite appuyée sur le clitoris, la gauche serrée contre elle pour augmenter la pression. En remuant le bassin de haut en bas, modérément vite, j'obtiens la friction que je désire sur la région de mon clitoris" ; "Je me masturbe sur le ventre, les jambes jointes en pressant mon clitoris avec l'index et le médius des deux mains, l'une sur l'autre. Parfois je me caresse les seins ou les fesses d'une main, ou je glisse mes doigts dans mon vagin" ; "Je débute par une caresse circulaire du clitoris et de temps en temps je frotte de haut en bas, le clitoris serré entre deux doigts.

 

De la main droite je vérifie que mon vagin est bien mouillé et je me livre à un fantasme. Je continue de stimuler mon clitoris et je glisse deux doigts dans mon vagin" ; "Je maintiens sous moi le vibromasseur, plus ou moins fermement, en remuant mon corps sur lui".

 

Certaines femmes se frottent à un objet doux (4 %).

 

"Je fais avec le drap une petite boule à peu près de la taille d'un poing (je me servais de la tête de mon pauvre ours en peluche, mais depuis que j'ai passé l'âge de dormir avec un ours, je me contente d'une poignée de drap). Je me couche sur le lit, la boule appuyée sur mon clitoris. Puis je remue les hanches avec un mouvement circulaire jusqu'à ce que je jouisse" ; "Je ne me masturbe pas vraiment, je me frotte à peine contre le drap, pas plus…" ; "Je me masturbe d'habitude sur le coin d'une chaise, je me frotte, les jambes serrées. J'ai découvert cette méthode par hasard quand j'avais 4 ans" ; "Je me frotte lentement contre mon lavabo, en appuyant très fort mon pubis, la fraîcheur de la céramique m'excite beaucoup".

 

D'autres serrent leurs cuisses en cadence, de façon répétée (3 %).

 

"Je suis assise sur un fauteuil ou dans mon lit, et je me sers des muscles de la partie interne de mes cuisses. Je me concentre avec toute mon énergie sur la région de mon sexe" ; "Je frotte mes cuisses l'une contre l'autre, en général couchée, mais je le fais aussi en étant assise (au bureau, dans l'autobus, etc.). Le frottement exerce une pression délicate sur le clitoris".

 

Elles peuvent aussi masser leur région génitale avec de l'eau (2 %).

 

"Je dirige le jet de la douche vers mon clitoris, les jambes très écartées" ; "Je suis couchée dans la baignoire et l'eau du robinet tombe sur mon pubis, mon clitoris et mon vagin. Plus l'eau est chaude, plus la pression est forte, et plus je jouis vite". " Je dévisse la pomme de la douche pour que le jet sorte tout droit du tuyau. J'écarte mes petites lèvres pour exposer mon clitoris"

 

Peu de femmes effectuent systématiquement une pénétration vaginale (1, 5 %) et plus de la moitié commencent par stimuler manuellement leur clitoris.

 

"Je pose un doigt sur mon clitoris et de l'autre main je fais aller et venir le goulot d'un bouteille en plastique dans mon vagin" ; "Mon mari remue un godemiché dans mon vagin pendant que j'appuie un vibromasseur sur mon clitoris" ; "Le plus souvent je remue les doigts dans mon vagin, de temps en temps je les laisse immobiles, toujours enfoncés".

 

Enfin, 11 % des femmes ayant répondu au questionnaire combinent plusieurs de ces techniques pour aboutir à l'orgasme.

 

"Je me masturbe de bien des façons. Sur le dos dans la baignoire, sur mon lit, sur un divan, sur le plancher et tout y passe… mes seins, mon ventre, mes cuisses, mes fesses, mon vagin et mon clitoris. J'adore rouler mon clitoris entre le pouce et l'index, un doigt dans le vagin et jouer avec mes seins et avec mes mamelons, que je trouve très beaux. En m'aimant ainsi je laisse vagabonder mon imagination. J'aime aussi varier mes caresses avec un vibromasseur".

 

Isabelle Delaleu

 

Les plaisirs solitaires au grand jour

 

Si la masturbation est aussi vieille que l'humanité, son observation scientifique pose problème. Difficile d'y voir clair sur une pratique solitaire par excellence. Les religieux et les scientifiques qui se sont intéressés à ce phénomène ont eu recours à la procédure de l'aveu pour tenter de mieux la connaître.

 

La masturbation est chargée de très fortes significations sociales et psychologiques qui font de cette pratique un tabou ou, pour le moins, qui rendent difficile le fait d'en parler. En effet, si la masturbation n'est plus considérée comme un péché par la majorité des individus, elle reste cependant considérée par certains comme une pratique honteuse. On peut aussi formuler l'hypothèse que la masturbation constitue une sorte de jardin secret, où l'individu peut se livrer tout à fait librement à des fantasmes qu'il n'ose partager avec son ou sa partenaire. Parler de la masturbation serait ainsi évoquer le jardin secret qu'on ne souhaite pas partager. Dans ce cas, est-ce l'acte lui même qui est tabou ou les pensées et les fantasmes qui l'accompagnent ?

 

Des techniques diversifiées

 

Du fait de leur anatomie, les femmes disposent de deux formes principales de techniques masturbatoires : la stimulation des parties génitales externes (le clitoris et les lèvres) et la stimulation des parties internes (le vestibule et le vagin). Les hommes ne disposent que de la stimulation de la verge. Chez les deux sexes, la masturbation s'effectue le plus fréquemment par contact manuel et parfois au contact d'un objet extérieur (pour 7 % des hommes et des femmes).

 

Apprentissage de l'orgasme chez la femme

 

Alfred Kinsey, premier chercheur, à avoir réalisé l'étude systématique du comportement sexuel humain au milieu du XXe siècle, en interrogeant de façon très directe les individus, a établi que près de 92 % des hommes et 62 % des femmes pratiquent ou ont pratiqué la masturbation.

 

Kinsey observe que les femmes qui ont eu l'expérience de l'orgasme, en se masturbant, avant le mariage l'atteignent beaucoup plus fréquemment au cours de leurs relations sexuelles. Les orgasmes obtenus à l'aide de la masturbation constituent une forme d'apprentissage de l'orgasme coïtal.

 

Les Françaises réticentes à en parler

 

Le rapport Simon réalisé en France en 1972 apporte des données différentes : 73 % des hommes ont déclaré avoir pratiqué la masturbation au cours de leur vie (dont 24 % au cours de la dernière année) contre seulement 19 % des femmes (dont 10 % au cours de la dernière année). Les femmes françaises se masturberaient-elle moins que les américaines ou sont-elles seulement plus réticentes à en parler ? Le rapport Simon réalisé en France en 1972 apporte des données différentes : 73 % des hommes ont déclaré avoir pratiqué la masturbation au cours de leur vie (dont 24 % au cours de la dernière année) contre seulement 19 % des femmes (dont 10 % au cours de la dernière année). Les femmes françaises se masturberaient-elle moins que les américaines ou sont-elles seulement plus réticentes à en parler ?

 

Réalisée en 1993, l'enquête ACSF (analyse des comportements sexuels en France) apporte des données supplémentaires sur la fréquence de la masturbation chez les personnes âgées de 18 à 69 ans : 84 % des hommes ont pratiqué la masturbation au cours de leur vie (13 % souvent, 47 % parfois, et 22 % rarement). Ces résultats corroborent les données de Kinsey et confirment l'idée d'une quasi-universalité de cette pratique chez les hommes. Mais seulement 42 % des femmes ont déclaré s'être masturbées au cours de leur vie (6 % souvent, 21 % parfois et 16 % assez rarement).

 

On retrouve dans cette dernière étude les décalages entre les déclarations des hommes et des femmes. On a pu mettre en évidence que les femmes se montraient réticentes à déclarer cette pratique qui peut apparaître comme une façon trop facile d'obtenir l'orgasme et contredit l'idéal de l'épanouissement sexuel au sein du couple.

 

Vingt ans après l'enquête du Dr Simon, les femmes françaises sont deux fois plus nombreuses à déclarer cette pratique. Est-ce un effet de la libération sexuelle ? Les hommes qui consomment des magazines pornographiques sont trois fois plus nombreux que les autres à déclarer se masturber "souvent". En l'absence d'un partenaire réel, la pornographie apporte les stimulations nécessaires au plaisir.

 

Différences entre garçons et filles

 

L'enquête réalisée en 1997 auprès des jeunes de 15 à 18 ans par Lagrange et Lhomond montre que 93 % des garçons et 45 % des filles de cette tranche d'âge se sont déjà masturbés. Au delà de l'écart statistique entre les deux sexes, cette enquête met en évidence une autre différence.

 

Pour les garçons, la pratique de la masturbation précède les premiers flirts et les premiers rapports sexuels, alors que les filles commenceraient à pratiquer la masturbation après avoir connu un premier flirt ou un premier rapport sexuel. Les garçons fonctionneraient aux fantasmes alors que pour les filles, ce sont les souvenirs des expériences réelles qui remplissent ce rôle.

 

La masturbation viendrait en surplus

 

L'enquête réalisée aux Etats-Unis en 1994 par Laumann, Gagnon, Michael et Michaels apporte, elle, d'autres résultats intéressants : ceux et celles qui se masturbent plus d'une fois par semaine éprouvent l'orgasme presque systématiquement. Les hommes et les femmes qui vivent en couple se masturbent moins souvent que ceux qui vivent seuls mais une proportion non négligeable de couples continue cette pratique. La masturbation ne serait donc pas seulement un substitut aux relations sexuelles mais, pour certains, un complément à celles-ci.

 

Selon l'âge et le niveau d'études

 

Dans toutes les enquêtes, on retrouve quelques constantes : tout comme la fréquence des rapports sexuels, la masturbation décroît avec l'âge. Serait-on moins sensible au plaisir sexuel en vieillissant ? Dans tous les pays, les hommes et les femmes qui ont les niveaux d'étude les plus élevés, et ceci à tous les âges, déclarent plus fréquemment pratiquer la masturbation que les autres. Serait-ce le résultat d'une habitude acquise au cours de longues années d'étude où l'on a moins de temps à consacrer à une romance ou bien le fait d'avoir construit, grâce à la culture, un jardin secret plus riche en fantasmes stimulants ?

 

Alain Giami

http://www.doctissimo.fr/html/sexualite/mag_2000/mag1208/...

J'espère que mon texte et les articles vous inciteront à faire beaucoup de commentaires sur ce sujet trop tabou à mon goût.

18:15 Écrit par laura dans L'érotisme | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : masturbation, érotisme. | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |