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  • Catégories : Le patrimoine

    Acropole:préparation pour un déménagement

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    Les archéologues grecs ont entamé les préparatifs de déménagement de vestiges de l'Acropole

    L'opération a commencé avec la fermeture à partir de mardi des quatre salles  de l'actuel musée de l'Acropole abritant, sur le rocher, les chefs d'oeuvres de  la frise ionique du Parthénon.

    "Nous allons commencer à décrocher ces sculptures pour étudier comment les  transporter au mieux", a indiqué Dimitris Pantermalis responsable de l'opération.

    Les responsables hésitent encore entre deux solutions pour le transfert des  pièces jusqu'au nouvel édifice, situé à quelque 300 m au sud de la base du  rocher: soit une descente par grue suivie d'un glissement sur rail, soit un  survol de la distance via trois grues assurant un relais, a expliqué M.  Pantermalis.
       
    Après une série d'ajournements, l'opération est désormais prévue pour le  printemps, en vue de l'ouverture du nouveau musée, qui doit se faire  graduellement à partir de fin 2007 en commençant par les salles consacrées aux  frises du Parthénon.
       
    Au total, environ un millier de vestiges de grande valeur doit être déménagé  de l'Acropole dans le nouveau musée.
       
    Censé au départ être ouvert pour les jeux Olympiques d'Athènes en août 2004,  l'établissement constitue une pièce maîtresse de la campagne menée par la Grèce  depuis 1982 pour obtenir le retour de la partie des frises du Parthénon exposées  au British Museum.

    http://cultureetloisirs.france3.fr/artetexpositions/actu/27274701-fr.php
  • Catégories : L'actualité

    Robien veut réhabiliter le calcul mental à l'école

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    Après l'apprentissage de la lecture par la méthode syllabique et la réforme de la grammaire, le ministre s'attaque aux quatre opérations.

    « DEUX ET DEUX quatre ; quatre et quatre huit, huit et huit font seize. Répétez dit le maître ! » Dans sa poésie, Prévert ironisait joliment, sur un cancre rêveur qui connaissait des difficultés avec les tables de multiplication. Le problème, c'est que pour Gilles de Robien, les cancres se sont multipliés un peu vite, ces dernières années. Avant la présidentielle, il entend donc mener une ultime croisade pour réhabiliter pleinement le calcul mental à l'école. Il imaginerait même, dit-on, un bon quart d'heure de calcul quotidien pour secouer les jeunes esprits rétifs. « Une gymnastique intellectuelle de bon sens qui pousserait les enfants à apprendre au moins leur table de multiplication, relève un professeur de mathématiques. Ils ne les savent plus et ce n'est évidemment pas facile d'apprendre la multiplication et la division sans les connaître. » Parfois, ce sont peut-être les enseignants eux-mêmes qui préfèrent limiter leurs ambitions. Ainsi cette anecdote rapportée par une mère de famille passablement agacée. « Ma fille, élève de CM2 est arrivée hier soir en disant que son enseignant ne leur apprendrait pas la division avec des virgules comme c'est pourtant prévu dans le programme. » Motif invoqué ? « L'année prochaine, vous utiliserez une calculette, ce sera bien suffisant ! »
    Pour remettre tout le monde au diapason, une circulaire réformant et renforçant l'enseignement des mathématiques à l'école primaire sortira dès le mois de mars. Encore mieux : dès le 23 janvier, un groupe de travail composé d'experts sur le sujet sera constitué. Composé de spécialistes dont des membres de l'Académie des sciences, ce groupe élaborera un document de synthèse qui servira à élaborer la circulaire.
    «Dyscalculie»
    Gilles de Robien avait d'ailleurs annoncé ce chantier dans les colonnes du Figaro dès le 4 septembre dernier. « Je compte modifier l'apprentissage du calcul car dès leur entrée en sixième, trop d'enfants sont atteints de dyscalculie et ils ont forcément du mal avec les mathématiques », avait-il confié alors.
    La réforme de l'enseignement des mathématiques apparaît aussi dans l'avant-projet de circulaire ministérielle déjà rédigée et destiné à la rentrée 2007. Selon cet avant-projet qui recense toutes les nouveautés et mesures pour la prochaine rentrée, le message est clair : « la pratique du calcul mental doit être renforcée. » L''école maternelle joue « un rôle primordial en permettant à chaque élève l'accès aux bases de la numération », dit encore ce texte. La circulaire de mars devrait aussi s'inspirer d'un rapport sur « l'enseignement des mathématiques au cycle 3 de l'école primaire » rédigé par des inspecteurs généraux et remis en juin au ministre de l'Éducation. Ce rapport préconisait justement de « commencer systématiquement  les cours de mathématiques par un temps de calcul mental » pour que les enfants maîtrisent mieux cette matière. Cette idée aurait retenu toute l'attention du ministre. Il devrait le dire à l'Assemblée nationale aujourd'hui où il va répondre sur ce sujet à une question d'un parlementaire UMP.
  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Des lieux, Mes Avent et NOEL

    Flandres : au pays des estaminets

    medium_estaminets.jpgLes Flandres : un territoire morcelé qui s’étend de part et d’autre de la frontière, d’Arras à Anvers, avec sa langue, sa culture, son histoire. Et ses histoires d’hommes qui forment une identité immuable, par-delà les siècles, les frontières et les brimades. À mi-chemin entre Lille et Dunkerque, d’étranges établissements attestent de cette identité flamande : ce sont les estaminets. Quand vient l’hiver et que les averses alternent avec des ciels à la Turner, tourmentés et immenses, il fait bon s’y réchauffer le cœur et le corps.

    Au Kasteelhof, au sommet du mont et de la ville de Cassel (173 m !), on affiche complet. Le week-end, quand tout le monde est servi en carbonnades flamandes (bœuf bourguignon à la bière), pot’je vleesch (pâté aux trois viandes), lard fumé sur planche, ou autres plats typiques, Manu raconte des légendes locales ou universelles qu’il transpose invariablement dans sa région. « Il y a 100 000 ans, cinq mètres de neige recouvraient la plaine au pied du mont Cassel… »

    Une clientèle variée, jeunes, étudiants lillois en goguette, mais aussi des familles du coin sur trois générations, des enfants jouant avec des jouets en bois, des touristes de passage, tous partagent la chaude convivialité qui émane de cette grande pièce offrant dans la journée une vue imprenable sur la plaine flamande, avec sa cheminée crépitante, ses bouquets de houblon, ses grands paniers d’osier et ses ustensiles d’antan. Manu a repris ce vieil estaminet il y a plusieurs années, il en a fait un écrin, où l’on peut boire, manger, acheter des produits de la région. Ou écouter les histoires qu’il raconte avec une joie communicative en laissant errer son regard, par les jours de beau temps, jusqu’à la mer du Nord.

    « C’est la longue nuit de Noël, et le petit Karl pleure. » Manu pleure aussi, mélange flamand et français, prend des accents, imite le vent, les cloches, jusqu’aux rictus des sorcières. Des parfums régionaux aux bulles de la bière, jusqu’à la pénombre même, réchauffée par les dizaines de bougies, tout ici est flamand, intemporel, comme un tableau de Breughel. « Karl, c’est le sonneur de cloches de Cassel. Et s’il pleure, c’est que personne ne vient lui souhaiter Joyeux Noël. Alors, le pauvre Karl, il vend son âme au diable en échange de dix années de jouissance.»

    Manu en fait des tonnes. Dans la salle, les conversations se sont tues, tout le monde écoute. Le temps est suspendu. C’est tellement bon enfant que ça devient suspect. À la fin du conte, Karl se joue du diable, qui, furieux, se met à taper du pied sur le sol flamand. Les yeux de Manu pétillent de contentement devant son auditoire captivé.« Et de ce martèlement démoniaque seraient nés la Cordillère des Flandres et le mont Cassel où nous nous trouvons aujourd’hui. »
    Applaudissements ! Les conversations, les rires et les chopes reprennent leur course entre les tables.

    Le Pays des Monts de Flandres est constitué de cinq « sommets » érodés comme des vigies ou des phares qui surplombent le plat pays. Manu est l’ambassadeur de cette cordillère. « Un estaminet, explique-t-il, ça n’est pas un restaurant, ça n’est pas un café, et pourtant on y mange et on y boit. Un estaminet, c’est tout simplement comme à la maison. »

    Un lieu où la convivialité est érigée en principe. Les avis divergent sur les origines du mot « estaminet ». Tout dépend des puissances qui dominaient la plaine flamande. On évoque l’espagnol « esta un minuto », là où on allait boire un coup vite fait quand l’empire de Charles Quint s’étendait jusqu’aux « Pays d’en Bas ». D’autres soutiennent qu’estaminet vient de l’expression flamande « Sta Mijnheer », (« entrez Monsieur »), inscrite sur les façades. On parle encore du nom wallon « staminé », salle à poteaux caractéristique, ou du flamand « stamen », qui fait référence aux cueilleuses de lin.

    Au début du XXe siècle, aller à l’estaminet, c’était s’aventurer sur la mauvaise pente. Lieux de ralliement des contrebandiers entre la Belgique et la France, les pauvres y buvaient leur paie, les notables s’y dévergondaient, quant aux femmes qu’on y rencontrait, on les disait frivoles…

    Bon an, mal an, les estaminets ont traversé le siècle jusqu’aux années soixante-dix. Avec la désertification des campagnes, ils ont failli disparaître. Puis, vers les années quatre-vingt, une nouvelle génération a repris le flambeau : les vieux établissements ont été rénovés et transformés en restaurants, bars ou lieux de rencontres, favorisant ainsi une prise de conscience identitaire qui perpétue encore aujourd’hui la tradition flamande. On en trouve des dizaines, dispersés dans la campagne ou dans les villages. Ils émaillent la région comme autant de témoins. Ils en content l’histoire.

    La nuit tombe tôt sur la rue principale du petit village de Godewaeschwelde. Fin d’après-midi d’hiver, ciel lourd, pluvieux. Le Café du Centre brille comme un phare. Ancien estaminet-boucherie, il a été repris par un couple chaleureux. Il y a encore les vieux frigos aux poignées chromées. Des crochets à viande, au plafond, pendent des bouquets de houblon.

    Il y en avait pour tout le monde, de ces lieux de vie mixtes, carrefour où l’on venait se réchauffer le corps et le cœur : estaminet-coiffeur, estaminet-barbier, épicerie ou marchand de tabac. On profitait en faisant ses courses pour y boire un coup. Ou l’inverse. Ou les deux.

    « On peut manger ? Y’a de la truite », répond la patronne attablée avec sa famille. On rapproche une table, on apporte des couverts, on partage le repas. L’hospitalité n’est pas un vain mot. Dehors, trois jeunes gaillards grimés en rois mages chantent en flamand un cantique de Noël. Ils font la tournée des villages, annoncent la Bonne Nouvelle, recueillent quelques pièces dont ils reversent la plus grande partie au Secours Populaire.
    « On a toujours fait ça au moment des fêtes, explique César, un Melchior débonnaire. On va chanter pour les vieux, on leur fait écouter des airs qu’ils n’ont pas entendus depuis l’enfance. Y’en a qui se mettent à pleurer. » Dans les Flandres, on se nourrit de la petite histoire et on cultive la mémoire à l’échelle humaine.

    Texte : Laurent Boscq. Photo : Manolo Mylonas
    Mise en ligne le 22 décembre 2006

    http://www.routard.com/mag_reportage/147/4/resistance_contrebande_et_identite.htm