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  • Catégories : Nerval Gérard de

    "Je suis l'autre", G. Macé

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    Paris, Gallimard, 2007

    Sous l'un de ses portraits, Nerval a écrit de sa main : " Je suis l'autre.
    " Cette formule, qui n'est pas moins troublante que celle de Rimbaud " Je est un autre ", est sans doute plus dangereuse pour son auteur, dont l'identité vacillante est un trait constant de son génie poétique, mais l'entraîne dans la folie. Cette façon de se confondre avec un autre, jamais le même en apparence, est d'ailleurs à l'origine d'El Desdichado, l'un des plus beaux poèmes de la langue française, dont la musique est celle d'un chant funèbre en même temps qu'une paradoxale affirmation de soi.
    Des Illuminés à Aurélia, en passant par Les Filles du feu, les poésies allemandes et Les Chimères, j'ai interrogé à mon tour un portrait de Nerval, le portrait changeant qu'il a laissé dans son œuvre, et je l'ai complété par le témoignage d'un contemporain, si vraisemblable qu'il a le charme d'un propos saisi sur le vif, si peu connu qu'il a l'intérêt d'un inédit. G.M.

    http://www.fabula.org/actualites/article17663.php

  • Catégories : La langue (française)/ les langues

    Bernard Cerquiglini , "Une langue orpheline"

    medium_une_langue_orpheline.jpgLes Editions de Minuit
    Coll. "Paradoxes"
    Paris 2007
    240 p.
    21,50 €
    ISBN : 978.2.7073.1981.4

    Parution le 15/03/07

    Présentation de l'éditeur:


    On a longtemps cherché pour la langue française des origines les plus nobles, justifiant sa grandeur. Découvrir qu'elle provenait d'un latin populaire mêlé de gaulois et de germanique, qu'elle était la moins latine des langues romanes fut un chagrin.
    On sut toutefois compenser ce manque initial en édifiant un idiome comparable à la latinité enfuie : orthographe savante, lexique refait, grammaire réglée, fonction sociale éminente. C'est pourquoi le français, admirable latin de désespoir, est aussi la plus monumentale des langues romanes.
    On sut enfin donner à la langue nationale une origine, autochtone, enfin gratifiante. Le parler de l'Île-de-France, dialecte élégant et pur, aurait eu depuis toujours la faveur des écrivains, la protection des princes ; il aurait été la source incomparable de l'idiome irriguant la France et le monde. À la fin du  XIXe siècle, la science républicaine changea cette légende en savoir positif, offrant au pays meurtri la raison d'admirer son langage et de le répandre.
    Une langue orpheline est ainsi devenue l'exemple universel de la perfection naturelle que confortent les artistes et les doctes, ainsi que l'identité d'une nation, et sa passion la plus vertueuse.

    Lire l'introduction

    Url de référence : http://www.leseditionsdeminuit.com
    http://www.fabula.org/actualites/article17687.php

  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Libération, Mes textes d'adulte

    La protection

    La protection
    C’est la passion
    De la vie

    La protection
    C’est un compagnon
    Une relation
    A l’unisson
    Où tout se confond
    Qui fait tenir bon
    Les sensations
    Les frissons
    Les pulsions.
    L’abandon
    L’abdication
    Sans renonciation
    La libération
    Au diapason
    De l’union.

    La protection
    C’est la contemplation
    De la nature
    Un bourgeon
    En éclosion

    La protection
    C’est l’admiration
    De quelques-uns
    Qui nous font avancer

    La protection
    C’est la passion
    De la vie

    3/04/2007

  • Catégories : Baudelaire Charles

    "Au lecteur" de Charles Baudelaire" dans "Les Fleurs du Mal"

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    La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

    Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

    C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
    Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

    Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d'une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

    Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
    Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons,
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
    N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins
    C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,

    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde;

    C'est l'Ennui!- l'œil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!

    Source:poetes.com