vendredi, 30 novembre 2007
J'aurais voulu

J’aurais voulu écrire la vie de mes aïeux
Pour qu’il reste une infime trace d’eux
Dans un siècle que je n’ai pas connu
Pour en faire peut-être d’illustres inconnus
J’aurais voulu écrire comme un hommage
Les souvenirs de mes deux grands-mères
Un hommage aux mille heureux moments
Passés sans ennui à les écouter religieusement
J’aurais voulu écrire leurs batailles et guerres
Leurs défaites, reculs, avancées et victoires
Les horribles tranchées et l’occupation
Leurs armistices signés et leurs libérations
J’aurais voulu écrire les moments historiques
Qui ont bouleversé leurs mondes et leurs époques
Leurs permanences et toutes leurs nouveautés
Leurs vies quotidiennes et leurs intimités
J’aurais voulu écrire le passé
Mais le présent m’a happé
Et aujourd’hui je n’ai plus d’avenir
A écrire, ni à vivre.
Le 29/11/2007
Image:Ferdinand Victor Eugène Delacroix: "Torquato Tasso dans l'asile de fous", 1839.
"Sur le Tasse en prison, d'Eugène Delacroix"
Le poëte au cachot, débraillé, maladif,
Roulant un manuscrit sous son pied convulsif,
Mesure d'un regard que la terreur enflamme
L'escalier de vertige où s'abîme son âme.
5 Les rires enivrants dont s'emplit la prison
Vers l'étrange et l'absurde invitent sa raison;
Le Doute l'environne, et la Peur ridicule,
Hideuse et multiforme, autour de lui circule.
Ce génie enfermé dans un taudis malsain,
10 Ces grimaces, ces cris, ces spectres dont l'essaim
Tourbillonne, ameuté derrière son oreille,
Ce rêveur que l'horreur de son logis réveille,
Voilà bien ton emblême, Ame aux songes obscurs,
Que le Réel étouffe entre ses quatre murs!
1842, Baudelaire, "Les fleurs du mal"
Source:http://www.kalliope.org/digt.pl?longdid=baudelaire2002021...
Ecriture ludique 25 : la page blanche (Ter) (participation en forme de) Proposition de thème :
" Le poète au cachot, débraillé, maladif,
Roulant un manuscrit sous son pied convulsif
Mesure d'un regard que la terreur enflamme
L'escalier de vertige où s'abîme son âme."
Nous allons poser comme postulat que le manuscrit en question est une page blanche. Vous êtes un/une visiteur/visiteuse de prison et le prisonnier se met soudain à vous raconter ce qu'il n'a pu écrire.
http://tibazar.over-blog.com/article-14149343.html
09:55 Écrit par laura dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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Commentaires
Bises !
Écrit par : Azalaïs | vendredi, 30 novembre 2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LAURA | vendredi, 30 novembre 2007
Répondre à ce commentaireJ'ai beaucoup aimé ta poésie sur nos anciens dont on ne sait rien, sinon quelques bribes saisies de ci de là. Nous étions jeunes, nous étions insouciants et leurs histoires je les fuyais. Du rabachage, du passé, pensais-je.
Et voilà que tu fais surgir ces regrets de n'avoir su écouter leurs tranchées, leurs terres dévastées, leurs enfants tués, les bottes allemandes, les chars américains, les ponts qui sautent sur le Rhône...Et ce parallèle avec Beaudelaire, ce cher Beaudelaire. Ami commun on dirait.
Bises à toi.
Écrit par : polly | samedi, 01 décembre 2007
Répondre à ce commentaireSi tu ne lisais pas que mes poèmes ou mes textes (signalés comme tels) tu saurais que j'ai travaillé avec plaisir en fac sur Baudelaire et Nerval.
Écrit par : LAURA | samedi, 01 décembre 2007
Répondre à ce commentaireje ne peux qu'admirer la peinture de Delacroix! et lire ces jolis textes!
Écrit par : monette | samedi, 01 décembre 2007
Répondre à ce commentaireLes commentaires sont fermés.