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Après le récif, une digue ravive la discorde à Gibraltar

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La crise diplomatique entre l'Espagne et le Royaume-Uni au sujet de Gibraltar s'est intensifiée depuis deux semaines.

La crise diplomatique entre l'Espagne et le Royaume-Uni au sujet de Gibraltar s'est intensifiée depuis deux semaines. Crédits photo : MARCOS MORENO/AFP

Le journal conservateur ABC estime que le territoire britannique «se moque de l'Espagne».

Après la bataille du récif, le conflit de la digue? La crise diplomatique qui dure depuis deux semaines entre l'Espagne et le Royaume-Uni est née de blocs de béton. Gibraltar, territoire britannique au sud de l'Espagne, les jetait dans les eaux de la baie, dont Madrid revendique la souveraineté. Les autorités locales entendaient construire un récif artificiel, pour protéger les poissons… et éloigner les pêcheurs espagnols. Aujourd'hui, un nouvel aménagement risque d'attiser le conflit entre Londres et Madrid. Selon le quotidien ABC , qui publie des photos prises par la Garde civile espagnole, Gibraltar construirait une digue sur sa côte orientale. Les travaux doivent mettre à l'abri les habitations voisines… et étendre du même coup le petit territoire - moins de 7 km² - de l'enclave britannique.

Le journal, réputé très proche du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, estime en une que «Gibraltar se moque de l'Espagne» et, dans son éditorial, appelle le Royaume-Uni à «empêcher les illégalités commises par les responsables politiques de sa colonie». Une fois encore, le reproche fait à Gibraltar est d'intervenir dans les eaux qui ne sont pas mentionnées par le traité d'Utrecht, le texte qui régula la cession du territoire au Royaume-Uni en 1713.

Des espaces gagnés sur la mer

Selon le rapport des agents espagnols, «une nouvelle jetée, formée de pierres et de matériaux, s'avance 50 mètres dans la mer parallèlement à l'autre jetée». Cette dernière aurait été construite il y a un mois et demi, précise le journal, et la combinaison des deux permettrait de protéger des intempéries un nouveau complexe touristique.

À Gibraltar, on considère que les espaces gagnés sur la mer sont légitimes et ne concernent pas l'Espagne, selon une source gouvernementale. Au cours des dernières décennies, Gibraltar a multiplié ce type d'aménagements pour agrandir son territoire ou améliorer ses infrastructures, suscitant à chaque fois la colère de Madrid.

ABC livre en outre un élément d'explication de la crise actuelle. Londres ­cherchait à modifier le régime de sanctions imposées par l'UE à Téhéran en 2012, une décision que les 27 devaient prendre à l'unanimité. Pour convaincre l'Espagne récalcitrante, l'exécutif de ­David Cameron aurait accepté de discuter de la question de la pêche à Gibraltar, qui oppose les marins espagnols aux autorités locales. Selon le quotidien, Madrid a respecté son engagement, mais attend toujours que Londres honore sa partie du contrat.

 

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