vendredi, 24 octobre 2008

Un demi

Exercice écriture ludique.jpg62 d'Ecriture ludique- Expressions (isa / zabilou)

Il est déjà arrivé à tout le monde d'entendre, au détour d'une phrase, une expression qu'il ne connaissait pas, et de la prendre "littéralement", dans son sens premier. Du petit noir du matin (café) qui donne un bon coup de fouet, aux oreilles des murs, en passant par beaucoup d'autres formules qui nous sont familières, il y a là (riche) matière à malentendus et quiproquos en tous genres.

Imaginez maintenant que ce soit un ou plusieurs enfants qui comprennent à leur façon une ou plusieurs expressions, et tous les ingrédients sont réunis pour que vous écriviez une nouvelle, un dialogue ou une scène de théâtre où les mots et leur sens supposés joueront bien des tours aux protagonistes :-)

L'humour est évidemment le bienvenu, tout autant que l'absurde, et  aussi pourquoi pas ce regard poétique que l'enfance sait avoir sur les choses. Mais vous pouvez bien sûr choisir un tout autre ton, et nous raconter les conséquences qu'un malentendu peut avoir...

Bref, vous êtes libres aussi bien du ton que de la forme, et des expressions / maximes / proverbes / citations que vous choisirez de remettre dans leur sens premier, pour le meilleur ou pour le pire :-)


http://www.ecritureludique.net/article-23503790.html

Mon poème ci-dessous:

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00:07 Écrit par laura dans Mes poèmes | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : litérature, poème, demi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

jeudi, 17 avril 2008

Cher docteur R.(Commentaires réouverts)

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Une photo de NarB et une consigne de Courmarine(Paroles plurielles):http://coumarine2.canalblog.com/archives/2008/03/26/84735...


MON TEXTE


"C'est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatigué" me disait hier mon mari qui est à la retraite (un peu forcée) depuis quelques mois.
Lui qui a toujours beaucoup marché pour son travail de directeur d’usine, n’a pas pu s’arrêter de marcher du jour au lendemain mais comme il est trop vieux(57 ans et en pleine forme, je vous assure) pour qu’on lui confie une usine à diriger, il parcourt Paris en long, en large et en travers. Bien sûr, il prend le métro, le tramway, le bus et même le Vélib’ mais les couloirs du métro sont parfois très longs… En fait pour compenser ce qu’il ressent comme son inutilité, il marche deux fois plus que quand il travaillait. Et la nuit, lui qui avait un sommeil si profond et si réparateur, il fait des rêves ou plutôt des cauchemars qui le réveillent sans arrêt. Alors, le lendemain, pour dormir mieux, il va encore plus loin ; maintenant, il prend le RER et visite la banlieue. Quand va t-il prendre le TGV dans la journée pour faire aller-retour à Marseille, monter à Notre-Dame de la Garde, descendre et remonter la Cannebière ? Un jour, peut-être prendra t-il le bateau ou l’avion pour retourner voir son usine de l’autre côté de la Méditerranée ? J’ai peur de le perdre en route, en l’air ou en mer, Docteur R. Que dois-je faire ?

Une épouse inquiète.

15:21 Écrit par laura dans Paysages de Cannelle. Nouvelles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : litérature, roman, cannelle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

mercredi, 09 avril 2008

Comme une enfant

Cannelle avait 23 ans et faisait des études de droit dans une faculté champenoise. Un après-midi, son père-sachant qu’elle n’avait pas cours le lendemain matin-vint la chercher pour l’emmener avec lui voir la mer (du Nord) qu’elle n’avait jamais vu ; il avait un client du côté de Calais. C’était une assez longue route et le soir, son père étant fatigué, ils s’arrêtèrent pour manger et dormir. Ils avaient fait les ¾ de la route. Le lendemain matin, Cannelle n’eut aucun mal à sortir du lit car elle avait faim et était impatiente de voir enfin la mer. Gêné par le brouillard, le père de Cannelle roulait lentement si bien que Cannelle ne se rendit compte qu’ils étaient arrivés à destination que lorsque son père lui dit : « Cannelle, regarde, la mer ! » D’abord la brume l’empêcha de voir que ce soit. « Mais où ? » lui répondit-elle sur un ton désespéré. « Je peux m’approcher ? »
-« Vas-y mais fais attention. »
Cannelle descendit vers la plage sans avoir encore vu quoi que ce soit qui ressemble à de l’eau… sauf la brume. Quand elle arriva la plage, brusquement, l’eau en suspension se dissipa pour laisser apparaître … la mer. Cannelle retira ses chaussures et courut comme une enfant vers les vagues, jouant à s’éclabousser, reculant, avançant au gré de ses rêves de mer qui se réalisaient.
Son père – qui avait peur de l’eau- l’observait avec émotion, la laissant profiter de sa découverte. Quand elle remonta, elle lui dit « Merci, Papa » et l’embrassa, les yeux encore remplis d’humidité salée.

02:05 Écrit par laura dans Paysages de Cannelle. Nouvelles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : litérature, roman, cannelle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

vendredi, 04 avril 2008

La valise perdue

Cannelle avançait avec assurance vers le tapis des bagages.
C’était Daniel qui hésitait devant leur vanity-case qui passa une première fois et qu’il ne prit pas malgré la certitude de Cannelle.
La vanity récupérée, l’ami venu les chercher repéré, il n’y avait plus que la valise à récupérer et avec elle (entre autres) leurs manteaux car il faisait quand même 10 degrés de moins dans leur pays qu’ils retrouvaient que dans le pays où ils étaient expatriés. En attendant la valise, Cannelle se sentait bizarrement sereine. Elle aurait pensé se sentir décalée en revenant au bout de deux ans dans son pays. Mais c’était Daniel qui était nerveux. Peu à peu, les passagers de leur vol s’en allaient avec leurs bagages. Il ne restait plus qu’eux et deux autres personnes.
Il devint évident que leur valise n’était pas là et ils se dirigèrent vers les bureaux qui s’occupaient de ces problèmes. Leur retour commençait bien mal même si l’ami qui l’attendait avait l’air de trouver ça drôle et s’inquiétait plutôt de sa voiture garée à un endroit où il ne fallait pas. Daniel disait que c’était bien la peine de prendre un vol de la compagnie de leur pays alors qu’il n’y avait jamais eu de problème avec celle de leur pays d’adoption. Cannelle avait trop le cœur au bord des larmes à ce moment pour lui dire que c’était malheureusement un triste hasard, que c’était la poisse qui continuait. La liste des pertes s’allongeait : leur terre nationale, une ville où il se sentait bien, des biens matériels laissés(inutilement) en route, une vie agréable. Leur pays les rejetait en ne voulant pas donner de travail à Daniel, trop âgé, trop expérimenté… bref trop cher. Et Cannelle, elle, n’avait jamais assez d’expérience… maos on ne lui avait jamais donné sa chance. Elle avait pourtant emprunté tant de voies avec passion… Une entreprise étrangère avait embauché Daniel et ils avaient gagné dans ce pays étranger un plus grand appartement, le soleil, des gens bien plus accueillants. Mais ils avaient perdu toute illusion sur les relations humaines qu’ils avaient nouées jusqu’à présent. « Loin des yeux, loin du cœur. » Puis lors d’un retour dans leur pays, on leur perdit leur campagne, une petite chatte qu’ils avaient laissée en pension.
Cannelle qui était souvent seule à la maison, souffrit brusquement d’une grande solitude qu’auparavant elle recherchait. Quand ils eurent des problèmes dans leur pays d’adoption, les rangs des proches et amis se clairsemèrent encore plus. En rentrant « chez eux"ils pensaient trouver un peu de réconfort mais la « valise perdue » fut le premier symbole dérisoire de leurs dernières illusions perdues. « Ce n’est pas grave et puis vous l’aviez bien cherché en allant à l’aventure, tout ça pour du soleil » entendirent-ils tout au long dans leur séjour. Ils récupérèrent leur valise et ils eurent bien vite envie de rentrer là-bas, tous les deux, dans leur autre « chez eux. »

02:56 Écrit par laura dans Paysages de Cannelle. Nouvelles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : litérature, roman, cannelle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |