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  • Catégories : La littérature, La presse

    Lire de juillet, dossier "correspondance des écrivains" 2

    Dans l'intimité de Violette Leduc

    par Christine Ferniot
    Lire, juillet 2007

     Adressées en particulier à Simone de Beauvoir et à Jacques Guérin, ses lettres sont pleines de fougue.

    C'est à la parution de son autobiographie, La bâtarde, en 1964 que Violette Leduc connaît un succès fulgurant qui la transforme en phénomène de foire. Une reconnaissance tardive pour cette femme qui écrit depuis vingt ans, appréciée de quelques amis et soutenue, entre autres, par deux fidèles: Simone de Beauvoir et Jacques Guérin. C'est à eux deux que s'adressent la plupart de ses lettres. «Violette Leduc était une épistolière infatigable, voire obsessionnelle», rappelle Carlo Jansiti dans sa préface, et cette correspondance est une oe; uvre en soi. On y retrouve sa fougue, sa liberté de ton, ses combats de femme libre d'aimer, son indépendance de point de vue dans le domaine privé comme dans les goûts littéraires. Des années durant, Violette déclare sa passion à Simone de Beauvoir qui lui oppose une totale indifférence sentimentale mais une fidélité amicale sans faille. «Je vous aime et vous m'inspirez un seul amour, la chasteté, le silence, la vie monacale, la discrétion, l'effort d'écrire», envoie-t-elle au Castor en 1949. Beauvoir est sa lectrice privilégiée, la conseillant, admirant son écriture tourbillonnante. Rien ne devrait rapprocher les deux femmes, mais Simone est sensible au talent et à l'intrépidité de Violette tandis que la jeune femme écoute passionnément celle qui lui «insuffle la force d'écrire».

    Violette aime la «voix rauque» de Simone, sa beauté, son élégance. Elle le lui répète sans cesse et le note également dans des récits comme La folie en tête. Le petit mot, le pneumatique sont pour l'écrivain un moyen d'exprimer ses émotions, ses impuissances. Même chose avec Jacques Guérin, son ami et admirateur. Violette tombe amoureuse de cet homosexuel, et sa passion à sens unique ne fait qu'aiguiser son désir, elle qui cherche toujours l'impossible, provoquant sans cesse pour mieux se sentir rejetée. Dans ses récits, son autobiographie comme dans sa correspondance, Violette Leduc plonge dans l'autofiction avant même que le mot ne soit inventé, gommant l'éventuelle différence entre l'écriture privée et le récit public, la réalité et la fiction. Quand ment-elle? C'est la question qu'elle se pose à chaque fois qu'elle écrit une lettre, une page, un roman, revenant immanquablement au sens de la création, de l'authenticité portée par cette écriture exaltée qui reste inoubliable.


    Correspondance 1945-1972
    Violette Leduc
    Gallimard
    500 pages.
    Prix : 27 € / 177,11 FF.

    Source:http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=51471/idR=200

  • Catégories : Jeux, La littérature

    Un jeu littéraire de Dominique Noguez (3). Qui a dit?

    Vous connaissez la plupart de ces phrases, mais savez-vous qui les a écrites? L'écrivain Dominique Noguez vous raconte la véritable origine des plus beaux aphorismes

     

    1. «Les femmes ne se souviennent guère que des hommes qui les ont fait rire et les hommes que des femmes qui les ont fait pleurer»
    a. Henry Bernstein
    b. Henry de Montherlant
    c. Henri de Régnier


    2. «La célébrité, c'est le ridicule moins la honte»
    a. Cioran
    b. Roland Dubillard
    c. Vauvenargues


    3. «Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois»
    a. Chamfort
    b. Jacques Dutronc
    c. La Rochefoucauld


    4. «Entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit»
    a. Lacordaire
    b. Saint-Just
    c. Tocqueville


    5. «Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on en est revenu»
    a. Alphonse Daudet
    b. Jean Cocteau
    c. Sacha Guitry

    REPONSES
    1. C'est Henri de Régnier dans «Donc...», volume de pensées paru aux Editions du Sagittaire-Simon Kra en 1927 et réédité en 2007 avec «Escales en Méditerranée» chez Buchet-Chastel. Ce superbe chiasme est moins équilibré qu'il ne semble: d'un côté un poncif vaguement machiste, de l'autre une remarque amère peut-être autobiographique. Homme qui pleure, Régnier, en effet, aurait eu de quoi l'être avec Marie, la fille de José Maria de Heredia, qu'il épousa en 1895 et qui le trompa successivement avec Pierre Louÿs, Jean de Tinan, Jean-Louis Vaudoyer, Edmond Jaloux, Henry Bernstein, Gabriele D'Annunzio et même Emile Henriot.
    Il n'est pas sûr qu'au XXIe siècle les rires et les larmes soient répartis entre les sexes de façon aussi tranchée.

    2.
    Cet apophtegme, qui semble fait pour notre ère télémédiatique, est de Roland Dubillard et figure à la fin d'«Entretien», l'un de ses savoureux «Diablogues», sketches pour deux comédiens écrits à partir de 1947 et dont beaucoup seront interprétés par Claude Piéplu et lui-même au théâtre et à la radio avant d'être publiés en 1976 aux Editions L'Arbalète (aujourd'hui en Folio/ Gallimard).

    3.
    Jacques Dutronc se l'est attribuée sans vergogne dans un volume de «Pensées et répliques», mais c'est la maxime n° 149 de La Rochefoucauld. Elle est exemplaire du grand moraliste en ce qu'elle débusque la part de comédie et même de vice qui se tapit derrière les plus belles vertus. Comme toujours, c'est l'amour-propre qui mène la danse et qui, «dans le même temps qu'il se ruine en un endroit, (...) se rétabli! en un autre». A rapprocher de l'admirable maxime n° 138: «On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler», et aussi de la critique par saint Thomas de l'ironie socratique, forme d'autodépréciation qui masque selon lui un grand orgueil.

    4.
    Jean-Baptiste Henri Lacordaire, en religion le père Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861), prononça la phrase en 1848, dans sa 52e Conférence de Notre-Dame de Paris. Elle était suivie de cette autre: «Le droit est l'épée des grands, le devoir est le bouclier des petits.» D'un côté, donc, le droit et la liberté, entendus comme sources d'abus; de l'autre, le devoir et la loi, qui protègent de ces abus.

    Bonne façon, peut-être, de distinguer la gauche de la droite. Il y a le côté des forts, des riches, de ceux qui se sentent le vent en poupe pour entreprendre et conquérir, même s'ils doivent au passage faire beaucoup de casse: c'est la droite. Et il y a le côté des faibles, des pauvres, de ceux qui ne survivent que lorsque les protègent des lois qu'on ne viole pas impunément: c'est la gauche. Cette distinction, comme toutes les distinctions manichéennes, est évidemment sujette à nuances et exceptions.

    5.
    C'est Sacha Guitry dans une note écrite «en tournée» à Naples et recueillie dans «le Petit Carnet rouge» posthume publié en 1979 par Henri Jadoux (Librairie académique Perrin). Quelques lignes plus haut, Guitry rêve d'«un homme qui adorerait les oeuvres d'art, les paysages, toutes les belles choses, et qui n'en parlerait jamais à personne».



    Dominique Noguez

    Le Nouvel Observateur - 2229 - 26/07/2007

     

    Source:http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2229/a350689.html

  • "Journées romaines" à Arles

    1334ed75f0e20a25de251ca5ac80af8e.jpgArènes d'Arles - AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

    Du 19 au 27 août, Arles accueillera un nouveau festival autour des jeux du cirque et de l'Antiquité romaine

    Combats de gladiateurs, courses de chars et autres jeux du cirque vont revivre à Arles, le temps d'un nouveau festival qui va se dérouler dans les sites antiques de la cité, classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

    C'est l'association Péplum qui est à l'origine de ce festival intitulé "Arelate, journées romaines d'Arles".

    Ce festival est chaperonné par des historiens et archéologues "afin de coller au mieux à l'Histoire tout en restant ludique" souligne sa coordinatrice Emmanuelle Carrié.

    Pas de folklore donc mais une programmation variée pour un public familial : reconstitution de la vie des Romains dans l'amphithéâtre ou autour du Musée de l'Arles et la Provence antiques (Mapa), projection de péplums dont "Gladiator" de Ridley Scott au théâtre antique et de documentaires à la médiathèque, exposition de BD à l'église Saint-Blaise, conférences, visites de monuments...

    Les visiteurs pourront également s'initier à l'artisanat antique (poterie, tissage, fabrication de vaisselle...) ou ripailler dans une Taberna Romana qui servira une cuisine traditionnelle romaine : plats sucrés-salés, vin rouge, coktails à base de gingembre etc.

    Organisatrice de l'évènement : l'association Péplum, à l'origine depuis deux ans déjà, en collaboration avec le Mapa, de deux journées avec défilé romain, combats de gladiateurs et visites thématiques qui attiraient près de 6.000 visiteurs.

    Cette année la ville d'Arles s'est associée au projet pour créer un évènement d'une plus grande ampleur, destiné à durer et à devenir "incontournable dans la région" affirme Emmanuelle Carrié.

    Entre les "Rencontres de la photographie" (du 3 juillet au 16 septembre), les festival de musiques du monde "Les Suds à Arles" (9 au 15 juillet), "il n'y aura plus de temps mort au cours de l'été à Arles" souligne la chargée des relations avec la presse de la mairie d'Arles, mélanie Christianini.

    Pour plus d'informations : www.arles-antique.cg13.fr

    Publié le 25/07 à 16:04

     

    Source:http://cultureetloisirs.france2.fr/culture/32957979-fr.php