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  • Paris en couleurs

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    Magnum Photos ©
    Photographie Robert Capa © 2001 by Cornell Capa

    Pour célébrer les cent ans de la commercialisation de l’autochrome, premier procédé industriel de photo couleur inventé par les frères Lumières, trois cent photographies inédites de la capitale sont exposées à l’Hôtel de ville de la capitale. Un voyage dans le temps en version couleur !


    Vivant et coloré : tel est le Paris ainsi dévoilé par l’exposition Paris Couleurs ! De 1907 à nos jours, ces témoignages en couleur de la capitale immortalisent sa transformation au cours du siècle tout en révélant à chaque période, les progrès de la photographie moderne.

    Les plaques autochromes sont mises à l’honneur dans la première partie de l’exposition (1907-1930), avec notamment une cinquantaine d’images extraites des Archives de la planète, voulues par le banquier et mécène Albert Kahn. L’occasion de voir également des films courts de 1929. Les débuts de la photo couleur sur support film sont eux exposés dans la seconde partie (1930-1960) : l’on découvre ainsi des tirages originaux de Gisèle Freud, des témoignages de l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937 et des images étonnantes de la vie quotidienne des Parisiens pendant l’occupation et la libération.

    "La couleur libérée : un nouveau regard sur Paris"

    Bruno Barbey, Pierre et Gilles, Jean-Paul Goude, Sarah Moon, Martin Parr ou encore Philippe Ramette… Autant de photographes de renom qui ont porté leurs regards en couleur sur Paris, présentés dans la troisième partie de l’exposition (de la fin des années 60 à nos jours). Enfin, le magazine de mode Vogue et ses célèbres photographes tels Henry Clarke, William Klein ou encore Helmut Newton s’affichent dans une section consacrée au défilé de mode.




    "Au-delà de l’intérêt esthétique des images, les couleurs font soudain ressortir des détails incongrus, émouvants, étrangement réels. A première vue, tout nous est familier : les rues, les façades, les perspectives, les plaques de rues, les colonnes Morris, le 'gaz à tous les étages', les carrefours, les tables de bistrots même. Et pourtant tout a changé, la vie surtout : la rue, les commerces, les automobiles, les enseignes lumineuses, les publicités, le mobilier urbain, les vêtements, l’exubérance des manifestations publiques, des fêtes et des foules, les enfants dans la rue." Virginie Chardin, Commissaire de l’exposition


    Paris en couleurs, des frères Lumières à Martin Parr
    Salle Saint-Jean de l'hôtel de Ville
    du 4 décembre 2007 au 31 mars 2008
    Entrée libre et gratuite tous les jours sauf dimanches et fêtes
    de 10h à 19h.
    Catalogue disponible aux éditions du Seuil, 39€.

    Pour voir d'autres images, cf. ma source:http://www.maisonapart.com/edito/immobilier-paris-en-couleurs-985.php

  • Catégories : Des lieux

    Une maison qui bouscule les traditions

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    Cyril et Stéphanie ont fait construire, en périphérie de l’agglomération de Troyes, la maison de leurs rêves. Implantée dans une zone pavillonnaire, elle se démarque complètement de l'habitat traditionnel régional. Retour sur un projet qui a bien failli ne pas voir le jour…


    Cyril et Stéphanie ont réalisé leur rêve, quitte à choquer leurs voisins. Ils ont fait construire une maison contemporaine bardée de bois en plein milieu d’une zone pavillonnaire principalement composée de maisons des années 80. "Nous savions dès le départ que notre maison allait déranger, rapporte Cyril. Les gens avaient peur de voir arriver quelque chose de nouveau à côté de chez eux." Des craintes qui se sont vite dissipées à la vue de la maison finie : "je me suis rendu compte que les gens s’intéressent finalement vraiment à l’architecture contemporaine. Certes, il y avait plein de curieux devant le terrain pendant les travaux mais leurs questions étaient toujours pertinentes."

    Un permis de construire difficile à obtenir

    Ce que Cyril n’avait pas prévu c’est que la municipalité manifeste également une réticence à l’égard de son projet. Le point le plus problématique ? L’aménagement d’un toit terrasse à la place d’une toiture traditionnelle, inclinée. Il lui a fallu attendre deux ans avant d’obtenir son permis de construire ! "Nous étions presque sur le point de baisser les bras" confie Cyril. Mais ce n’est pas tout ! Sa maison se trouvant dans le périmètre d’une église classée, il lui a également fallu obtenir l’accord d’un architecte des Bâtiments de France.

    Une maison en prise avec l’extérieur


    En sa qualité de maître d’œuvre, Cyril a pris les rennes du projet. Tout est passé par lui depuis la réalisation des plans jusqu’à l’appel d’offres en passant par le dépôt du permis de construire, le tout en collaboration avec un architecte. La maison emprunte finalement la forme d’un gigantesque "L" et s’étend jusqu’aux limites du terrain. D’une superficie de 240 m2, elle est résolument tournée vers l’extérieur. Le côté rue suit "la mode américaine" puisqu’il n’y a pas de clôture. Un chemin en bois permet tout de même d’accéder à l’entrée. Du côté jardin, toutes les pièces bénéficient d’un accès direct sur l’extérieur. Une terrasse en bois installée sur des pilotis en béton permet de circuler librement d’une pièce à l’autre. A l’intérieur, le sol est complètement plan. "Nous souhaitions une maison de plain-pied de manière à pouvoir recevoir des amis qui sont handicapés."

    Dominante bois

    Cyril a choisi d’employer un matériau de construction inhabituel : des briques en terre cuite Monomur. Des panneaux de bois ont été ajoutés en guise d’isolation extérieure. L’ensemble a été complété par un revêtement en Red Cedar facilitant l’intégration de la maison dans le paysage environnant. "L’odeur de cette essence est forte du coup, elle s’infiltre dans la maison" commente Cyril. L’intérieur fait également la part belle au bois puisque du parquet a été installé dans toutes les pièces de nuit ainsi que dans les deux salles de bains. Cyril est particulièrement fier du résultat final : "nous avons obtenu la maison dont nous rêvions sans dépenser toutes nos économies." Le budget total est de 305.000 €, terrain compris. Incroyable mais vrai !

    Découvrez la maison de Cyril et Stéphanie ici:http://www.maisonapart.com/edito/travaux-une-maison-qui-bouscule-les-traditions-982.php

  • Catégories : L'actualité

    La mort de Ike Turner

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    Le musicien américain Ike Turner, pionnier du rock et du rythm'n'blues, est mort le 13 décembre à l'âge de 76 ans


    Ike Turner, qui s'est éteint paisiblement à son domicile, est considéré par certains historiens comme l'auteur du tout premier morceau de rock'n'roll en 1951, "Rocket 88".

    Mais le musicien est surtout resté dans les esprits pour son duo et son mariage tumultueux avec une jeune choriste devenue star après s'être affranchie de lui, Tina Turner.





    Laure Narlian
    Publié le 13/12 à 14:31



    Un guitariste surdoué et précurseur


    Né en novembre 1931, élevé dans le Mississipi, Ike Turner apprend le piano auprès de la légende du blues Pinetop Perkins.

    A l'adolescence, à la fin des années 40, il monte un groupe, The Kings of Rythm, et en 1951, il enregistre dans le studio Sun de Memphis ce qui est considéré comme le premier acte du rock'n'roll, "Rocket 88", crédité du saxophoniste du groupe, Jackie Brenston.

    C'est néanmoins Ike Turner qui joue de la guitare et du piano sur le morceau, et qui reste comme le premier à utiliser une guitare Fuzz, dont les sonorités sont obtenues en trafiquant l'ampli. Considéré comme l'un des plus remarquables guitaristes de sa génération, son style a notamment ouvert la voie avec dix ans d'avance aux riffs funky des musiciens de James Brown.

    Un show torride avec Tina
    Légende du rythm'nblues, Ike est aussi producteur, arrangeur...et découvreur de talents. C'est ainsi qu'il engage la jeune choriste Annie Mack Bullock (future Tina), rencontrée dans un club d'East Saint Louis, avant de l'épouser à la fin des années 50. Cette femme va changer le cours de sa carrière.

    "The Ike & Tina Revue", comme a été rebaptisé l'orchestre, connaît vite ses premiers succès ("A Fool in love", "I Idolize you"...). A coups de pauses suggestives (où l'aspect phallique du micro n'est pas en reste) et de provocations salaces, le duo va électriser les planches américaines durant une décennie, influençant notamment les Rolling Stones (qui les inviteront dès 1966 à ouvrir pour leur tournée américaine).

    Cette énergie scénique impressionnante, l'une des plus marquantes de l'époque, ne se concrétisera sur disque qu'en 1965 avec "Live! The Ike and Turner show".

    Suivra une collaboration avec le grand producteur Phil Spector, tombé en arrêt devant la voix exceptionnelle de Tina, et dont le tube "River Deep Mountain" sera l'un des fruits. Sauf que le titre n'est chanté que par Tina Turner, qui passe du même coup du statut de choriste à celui de chanteuse pop de premier plan, ce qui précipitera la désintégration du couple. Et la descente aux enfers de Ike Turner, qui tombera dans l'oubli tandis que son ex triomphe.

    Un époux violent
    Tina Turner, qui dénoncera quelques années plus tard la conduite violente répétée de son mari, quitte Ike Turner à l'issue d'une violente altercation à Dallas en 1976. Ike Turner conservera tous les gains réalisés par le couple au cours de leur mariage.

    L'histoire de ce couple explosif a fait l'objet d'un film à Hollywood, "Tina" (What's Love got to do with it"), sorti en 1993, dans lequel Ike Turner, était magistralement incarné en tant qu'époux violent par Larry Fishburne, qui fut nominé à l'Oscar pour son rôle.

    Une image qui a marqué les esprits et contre laquelle Ike Turner a lutté durant des années. "J'ai fait beaucoup d'erreurs", avait-il ainsi reconnu dans une interview, ajoutant "Tout ce que je peux faire, c'est présenter mes excuses à ceux à qui j'ai pu faire du mal. Mais je ne suis pas le type que l'on voit dans ce film. Loin de là.", avait-il dit.

    Dans les années 90, il tombe dans l'alcool et les drogues et écope d'une peine de prison pour drogue. Etant derrière les barreaux, il ne peut assister à son intronisation au Rock and Roll Hall of Fame. Il avait cependant entamé une nouvelle carrière après sa sortie de prison en 1993 et avait remporté en 2007 un Grammy Award avec un album de blues, "Risin'With the Blues".

    Informée de sa mort, son ancienne épouse Tina Turner a fait publier ce communiqué laconique: "Tina est au courant du fait qu'Ike est mort aujourd'hui. Elle n'avait plus eu de contact avec lui depuis 35 ans. Il n'y aura pas d'autre commentaire".

    http://musique.france2.fr/actu/37393816-fr.php

  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Le Maroc:vie et travail, Libération

    Le Maroc droit dans les yeux

    Panorama. La septième édition du festival de Marrakech, moins people et plus pointue, a permis de découvrir une production nationale en ébullition.
    Correspondance au Maroc NADIA HACHIMI ALAOUI
    QUOTIDIEN : mercredi 12 décembre 2007
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    Plus de cinéma, 110 films projetés durant toute une semaine, plus de salles de projection, sept au total, et moins de paillettes, le Festival international du film de Marrakech prend de la bouteille et de l’ampleur. A mi-parcours, la septième édition, ouverte vendredi dernier par Leonardo DiCaprio et Martin Scorsese, a déjà réussi à se démarquer des précédentes. «C’est la première fois où l’on sent que les gens de Marrakech se sont approprié le festival et qu’ils se sentent concernés», remarque Tayeb Houdaïfa, journaliste marocain et critique de cinéma. Comparé au glamour élitiste des premières années où le principal enjeu consistait à faire venir au Maroc un maximum de people, le festival a aussi gagné en profondeur.

    Symbolique. En témoigne la qualité de la sélection des films en compétition - 14 films d’auteurs venus d’Asie, d’Afrique ou d’Europe de l’Est - et la série d’hommages dont celui rendu lundi soir au réalisateur japonais arty Shinji Aoyama, applaudi par une salle comble. Au grand soulagement de Bruno Barde, directeur artistique du festival, qui confiait la veille sa crainte de projeter le dernier long métrage du cinéaste,Sad Vacation, devant une salle vide. «Depuis deux ans, la fréquentation du festival a augmenté, mais il est encore difficile d’attirer un grand nombre de spectateurs vers un cinéma plus pointu.»

    Dans les cinq principaux cinémas de la ville qui, pour un ticket à 1 euro, reprennent une grande partie des films projetés au Palais des congrès, réservé, lui, aux happy few accrédités, ce ne sont en effet pas les films d’auteurs qui drainent le public, mais la rétrospective des films égyptiens dont le festival fête cette année les cent ans.

    Décriés régulièrement pour le peu de visibilité accordée à la production nationale, les organisateurs du festival ont programmé cette année un «Panorama du cinéma marocain», soit 14 films, tous produits en 2007. Reflet symbolique d’un cinéma encore trop immature, et dont la principale audace tient aux thématiques abordées. Présenté samedi, Où vas-tu Moshé ? du réalisateur Hassan Benjelloun n’échappe pas à la règle. Le long métrage traite avec plein d’émotion, et tout autant de maladresses, de la délicate question du départ massif des Juifs marocains au lendemain de l’indépendance. Le film ouvre une page de l’histoire marocaine jusque-là oubliée des manuels scolaires et n’évite aucun tabou.

    Riche. Même chose pour les Jardins de Samira, de Latif Lahlou, seul film marocain à être présenté dans le cadre de la compétition, qui met en scène un mari impuissant et une épouse pleine de vie rongée par ses désirs inassouvis. Les dialogues crus, parfois même improbables, et une scène de masturbation, qui fera d’ailleurs refuser le rôle à sept actrices, n’ont pas empêché, dimanche, le public d’entrecouper la séance d’applaudissements.

    En 2007, avec 18 longs métrages et une trentaine de courts, la production cinématographique marocaine n’aura jamais été aussi riche. Du moins en quantité. Violence politique, sexe, corruption, les réalisateurs marocains portent à l’écran des sujets de société plus qu’ils ne font réellement du cinéma. Au grand dam des critiques, mais au bonheur du public. «Avec tous ces défauts, le cinéma marocain a tout de même permis cette année le retour du public dans les salles», constate, chiffre à l’appui, Noureddine Sail, président du Centre national cinématographique marocain et codirecteur du festival. Cette année, au box-office, les Anges de Satan, histoire inspirée d’un fait divers où de jeunes rockers se sont vus accusés de satanisme, détrône Harry Potter et Spider-Man 3.

    Agonie. Mais la performance masque aussi une autre réalité. Sur les étals des marchés ambulants, où s’alignent en masse pour moins de 1 euro les versions piratées des dernières sorties américaines avant même leur sortie française, les films marocains sont introuvables par peur des représailles d’auteurs présents pour se défendre. De quoi redonner le goût des salles obscures ou presque. Les leaders du box-office marocains font aujourd’hui 100 000 entrées quand en 1998 Femmes Femmes, du réalisateur Saad Chraïbi, attirait 600 000 spectateurs. On comptait 250 salles dans le pays il y a dix ans, elles ne seraient désormais plus qu’une soixantaine. Objet d’une grosse polémique entre les exploitants de salle de cinéma et le président du Centre national cinématographique accusé de ne rien faire, l’agonie des salles de cinéma marocaines est loin des préoccupations du festival. Aujourd’hui, Marrakech s’apprête à recevoir sur le tapis rouge du Palais des congrès les grandes stars du cinéma égyptien. Le festival se clôt samedi.

    Source: Libération.fr