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  • Catégories : Blog, Jeux, Voeux

    Les voeux de Sister avec mes 10 mots

    Si tu as le courage de me lire
    Jusqu'au bout
    Je t'offre pour 2008 un menu particulier:
    En apéritif une grande coupe de tendresse et de câlins
    Que tu pourras boire jusqu'à la lie;
    En entrée un joli livre d'images
    Que tu vas caresser des yeux;
    En plat principal une folle envie de vivre
    A manger dans une assiette décorée
    De fleurs et d'ornements dorés;
    Le tout arrosé par des flots de champagne
    Où tu vas nager avec délices...
    Il ne manque que quelques bisous
    Pour te dire «Bonne année».

    Sister for ever

    Je vous rappelle mes 10 mots:

    1. champagne

     

    2. bisous

     

    3. câlins

     

    4. livre

     

    5.manger

     

    6. caresser

     

    7. boire

     

    8.nager

     

    9. apéritif

     

    10. lire

     

    Le but du jeu (proposée par les équipières) étant de m'écrire des voeux et de proposer à votre tour vos 10 mots...

  • Catégories : La culture

    Le fil de Télérama

    9,2 millions d'euros. C’est la somme à débourser pour acquérir la maison londonienne de l’écrivain anglais James Matthew Barrie, inventeur du Pays imaginaire de Peter Pan. Si J.K Rowling l’achetait, elle pourrait, peut-être, ajouter un titre à sa fameuse saga : "Harry Potter chez Peter Pan".

    Lundi, Emir Kusturica a inauguré le festival du film de Küstendorf, village montagneux de Serbie, dont l’objectif est de promouvoir de jeunes auteurs indépendants et de limiter l’influence de Hollywood dans leur imaginaire. Palme symbolique, les festivités ont débutées par l’enterrement d’une copie de "Live Free Or Die Hard", champion du box-office américain.

    L’INA fait de l’instruction civique pour les élections municipales en ouvrant au public son fonds d’images d’archives régionales pour découvrir l'histoire d’environ 85 villes de France. Les 10 à 15 premières minutes de 4000 vidéos d'archives sont mises en libre accès.

  • Catégories : Des lieux

    Sauver Venise en injectant de l'eaiu en sous-sol

    d0446582c825b7fc557c3f256a4e771d.jpgYves Miserey
    15/01/2008 | Mise à jour : 21:05 |

    Une élévation du sol de 25 à 30 centimètres en dix ans pourrait limiter les effets de l'acqua alta, ici vécue avec humour par ces touristes, qui mine la cité des Doges. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

    Des universitaires italiens vont tester l'efficacité de leur projet dans la lagune.

    Soulever le sol de Venise de plusieurs centimètres en injectant d'énormes quantités d'eau de mer dans son sous-sol. C'est le projet sur lequel travaille depuis plusieurs années une équipe de ma­thématiciens et modélisateurs de l'université de Padoue (Italie). En 2004, ils en ont déjà présenté les grandes lignes dans une première étude, n'hésitant pas à affirmer que l'injection de fluide en sous-sol pourrait permettre d'empêcher les inondations qui envahissent régulièrement la cité des Doges durant l'automne et le printemps la trop fameuse acqua alta.

    Plusieurs experts s'étaient montrés sceptiques. En effet, l'assiette sur laquelle Venise est construite, est très fragile. Or, si le soulèvement est inégal, il pourrait causer de graves dégâts, voire des fissures irréparables à certains bâtiments.

    Les mathématiciens de l'université de Padoue ont donc revu leur copie. Ils projettent de tester leurs hypothèses dans une zone de la lagune proche de Venise (Water Resources Research, vol 44, 5 janvier 2008). Plus modestes et réalistes, ils soulignent que l'injection d'eau à grande profondeur pourrait contribuer à améliorer l'efficacité du projet Moïse (Mose en italien, acro­nyme de MOdulo Sperimentale Elettromeccanico). C'est habile car ce système d'écluses pivotantes est très décrié en raison de son prix exorbitant (plus de 4 milliards d'eu­ros). Sa construction devrait être terminée en 2011, mais plusieurs spécialistes affirment déjà qu'il ne permettra pas d'endiguer la montée du niveau de la mer qui devrait s'accentuer au cours du prochain siècle.

    Quatre sites candidats

     

    La municipalité de Venise elle-même y est opposée. Les élus sont furieux, car ils avaient proposé une série de solutions alternatives que le gouvernement, à Rome, n'a ja­mais prises en compte.

    «En 2004, on voulait montrer que la surrection de Venise de plusieurs dizaines de centimètres était théoriquement possible, explique Giuseppe Gombolati, de l'univer­sité de Padoue. Cette fois, nous voulons montrer que notre projet est efficace.»

    Le plan est ficelé. Il prévoit de forer trois puits à une profondeur comprise entre 600 mètres et 800 mètres. C'est à l'intérieur de ces conduits que de l'eau de mer pompée au large sera injectée et devrait assurer une pression en sous-sol susceptible de soulever la surface de plusieurs dizaines de centimètres (entre 25 et 30 centimètres au bout de dix ans). Quatre sites candidats ont déjà été choisis. Reste maintenant à trouver l'essentiel, les financements, estimés à près de 5 millions d'euros par an.

    Des variations dans le remplissage des nappes phréatiques peuvent faire varier la hauteur du sol. C'est ainsi que, de 1980 à 1998, la ville de Las Vegas (États-Unis) s'est élevée de 3 centimètres. L'injection délibérée de fluides dans le sous-sol est une pratique courante dans l'industrie pétrolière. Elle permet de faire remonter les hydrocarbures déposés en fond de couche et de les récupérer. Mais l'enjeu est tout autre pour Venise.

    Les quantités d'eau pompées devront être considérables et continuelles pour éviter que le niveau du sol ne retombe. «C'est le point faible de ce projet», estime d'ailleurs Paolo Pirazzoli, du CNRS, spécialiste des variations du niveau de la mer, lui-même d'origine vénitienne. De plus, le risque de fractures en surface n'est toujours pas écarté. Ce programme spectaculaire a au moins pour lui l'intérêt d'améliorer la connaissance du sous-sol de la cité des Doges.

    La montée du niveau de la mer n'épargnera pas Venise. Moïse et l'in­jection d'eau de mer en profondeur ne suffiront pas à l'endiguer, estime Paolo Pirazzoli. Des experts italiens estiment en effet que les prévisions du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat) ont tendance à la sous-estimer. Selon lui, il faudra adopter d'autres solutions. L'efficacité du projet des universitaires de Padoue sera toutefois suivie bien au-delà de Venise. Leurs essais intéresseront tous ceux qui travaillent sur le volet adaptation du réchauffement climatique.

  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, L'actualité, Mes Avent et NOEL

    Apple lance son ordinateur ultrafin Macbook Air

    Marc Cherki
    16/01/2008 | Mise à jour : 08:36 |

    Steve Jobs a présenté le MacBook Air, un portable dont l'épaisseur ne dépasse pas 2 centimètres pour un poids de 1,36 kg. Crédits photo : AP

    La firme à la pomme se lance également dans la location de films en ligne.

    « IL Y A décidément quelque chose dans l'air aujourd'hui », a commencé Steve Jobs en présentant hier sa stratégie pour 2008, à San Francisco. Habillé comme à son habitude d'un polo noir et d'un jean, il a dévoilé le MacBook Air, une nouvelle gamme d'ordinateurs portables qui va compléter sa gamme professionnelle et grand public. « Nous allons lancer le plus mince ordinateur au monde dans deux semaines », a lâché Steve Jobs. Il s'agit d'un MacBook portable dont l'épaisseur ne dépasse pas 2 centimètres pour un poids de 1,36 kg. Cette machine tient dans une grande enveloppe.

    Elle sera commercialisée aux États-Unis, à 1 799 dollars, et en France à 1 699 euros. Des performances rendues possibles par un disque dur minuscule. Apple a été aidé par la miniaturisation du microprocesseur, une puce Core 2 Duo, qu'a livrée en personne Paul Otellini, le président d'Intel, à Steve Jobs, hier au Moscone Center. L'autonomie de ce micro-ordinateur, sans recharge, est de cinq heures. La grande innovation de cette machine est d'avoir un pavé tactile multipoint, en guise de souris, comme l'iPhone.

    Dans l'informatique, Apple revient en force. Son taux de croissance (+ 30 %) l'an dernier est le double de celui du secteur. De ce fait, la firme de Cupertino s'est hissée au troisième rang aux États-Unis l'an dernier, avec 8 % des ventes, derrière HP et Dell. En Europe, sa part de marché est aux alentours de 4 %.

    4 milliards de morceaux

     

    Mais Steve Jobs a consacré l'essentiel de son temps à présenter son nouveau service de location de vidéo en ligne. Il a présenté iTunes Movie Rentals , ce site « sera lancé cette année à l'international » . Tous les grands studios de Hollywood ont accepté de participer à ce nouveau service : Fox, MGM, Warner, Walt Disney, Sony Pictures et Universal. Un film de catalogue sera loué trois dollars et une production récente quatre dollars. Et les films au format en haute définition coûteront un dollar de plus.

    Steve Jobs ajoute du contenu pour tenter de vendre davantage d'iPod vidéo. Le site de vente de commerce en ligne, iTunes Store, a vendu, en cumul 4 milliards de morceaux, dont « un record de 20 millions de morceaux à Noël », dans une discothèque de 6 millions de morceaux.

    Les films pourront être regardés sur un PC, les iPod de dernières générations ainsi que sur l'iPhone. Car une vidéo louée pour 24 heures peut être transférée d'un Mac ou d'un PC vers n'importe lequel des récents iPod adaptés à la vidéo, et l'iPhone.

    D'autre part, Steve Jobs est revenu sur le succès de l'iPhone. En « 200 jours, l'iPhone a été lancé. Nous en avons vendu 4 millions, soit 20 000 par jour » , a ajouté Steve Jobs qui n'a pas présenté la version 3G. Toutes ces activités font d'Apple un groupe plus productif que Microsoft. Malgré la forte expansion de ses effectifs pour ses deux cents boutiques AppleStore, qui emploient environ 8 000 employés, la firme à la pomme compte 21 600 salariés dans le monde. De son côté, Microsoft emploie 79 000 personnes. Et un salarié d'Apple génère près de deux fois plus de chiffre d'affaires (1,1 million de dollars par an) qu'un employé de Microsoft (0,64 million).

    La vidéo du Keynote (en anglais)

    Une retranscription en français

    http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2008/01/16/04010-20080116ARTFIG00270-apple-lance-son-pc-ultrafin-macbook-air.phpda7cf51c4fc1011d74646966d4546c7c.jpg

     

  • Catégories : L'actualité

    L'héritage qui embarrasse

    Jean-Marc Philibert, envoyé spécial à Pellevoisin
    16/01/2008 | Mise à jour : 08:22

    70d8beccc5beeac0567ae81956558892.jpgLe maire de Pellevoisin devant la maison d'Hélène Louart. Parmi les conditions au legs de sa fortune à la commune, la centenaire avait requis la construction de logements sociaux.

    Dans son testament, une vieille dame a laissé plus d'un million d'euros à la petite commune de Pellevoisin. Mais en posant ses conditions.

    Le petit village berrichon, en plein cœur des collines du pays Boischaut, n'avait encore jamais vu cela. Claude Roux, le maire de Pellevoisin, dans l'Indre, est d'ail­leurs bien embarrassé par toute cette histoire.

    Depuis le mois de novembre et l'ouverture du testament d'Hé­lène Louart, morte en juin dernier à l'âge de 100 ans, voilà sa commune désignée légataire universelle de la vieille dame et virtuellement à la tête d'une for­tune d'au moins 1,15 million d'euros.

    «Cela représente l'équivalent de notre budget annuel de fonctionnement», confirme l'élu.Un véritable pactole pour les885 habitants de ce petit coin du Berry.

    Oui, mais voilà : les Pellevoisinois ne toucheront le jackpot qu'à plusieurs conditions. «L'argent doit servir à construire des logements sociaux, souffle M. le maire. Le problème, c'est que Pellevoisin en a déjà plus d'une cinquantaine sur son territoire. Nous n'en avons pas vraiment besoin. Mais enfin, s'il faut en passer par là… »

    Et ce n'est pas tout. Caprice ou malice, la vieille dame qui au passage avait déshérité la seule famille qui lui restait, une nièce a imposé d'autres conditions à sa commune. Et certaines laissent pantois. Ainsi, si sa tombe «devra être entretenue et fleurie», comme le rappelle son testament déposé chez le notaire du village, Me Sylvie Pouchol, une plaque commémorative portant son nom, ainsi que celui de son compagnon, devra également être apposée à la mairie. Les deux tableaux qui trônaient dans son salon devront, eux, être «installés dans le bureau du maire». Sans parler du fait qu'une rue du village devra être baptisée de son nom et que sa maison devra être cédée «à des Parisiens»… «  Elle voulait que sa maison soit vendue uniquement à des gens résidant dans la capitale, excluant même les banlieusards, explique Claude Roux. Pourquoi ? C'est un mystère.» À Pellevoisin, les rumeurs vont bon train.

    «Elle savait ce qu'elle voulait»

     

    Accoudé au comptoir de Chez Babette, l'unique café-restaurant du village, Joseph semble résumer l'opinion des Pellevoisinois, des gens un peu rugueux, à l'accent roulant et au tempérament de taiseux. «Si elle avait mis un peu moins la godille, cela aurait été mieux», lâche l'artisan à la retraite, casquette vissée sur la tête au-dessus d'une fine moustache blanche qui lui barre le visage.

    «Il veut dire qu'on aurait préféré qu'elle fasse preuve de moins d'astuce, intervient Babette, la patronne, un petit bout de femme énergique, débarquée de Châteauroux il y a vingt-cinq ans. Quand on a appris l'histoire, on s'est dit : Chouette, on va pouvoir avoir un nouveau camion de pompiers. On n'a pas été déçus…»

    Le camion de pompiers devra pourtant attendre. Comme la réfection des trottoirs du petit village construit en pente ou le ravalement de la salle des fêtes municipale, située juste en face de la mairie. Visiblement, Hélène Louart n'avait pas les mêmes priorités que les élus de la commune. «C'était une vieille dame sympa, assez fluette, qui rentrait tranquillement chez elle. Une chose est sûre : elle savait ce qu'elle voulait, commente Denis, le jardinier, voisin de la centenaire avant qu'elle ne parte finir ses jours à la maison de retraite d'Écueillé, à une quinzaine de kilomètres de Pellevoisin. Pour le reste, elle ne montrait pas la fortune qu'elle avait.»

    Outre sa maison de la rue de la République, plutôt modeste, la vieille dame disposait surtout de deux comptes bancaires bien garnis, dont un en Suisse pour lequel un inventaire définitif reste à faire. À Paris, le notaire a aussi fait procéder à l'ouverture d'un coffre dont la vieille dame était titulaire. À l'intérieur : des bijoux mais aussi des napoléons et, plus surprenant, des pièces d'or américaines, anglaises, australiennes et même mexicaines… Une fortune nimbée de mystère que personne, à Pellevoisin, n'est capable d'expliquer.

    «On sait seulement que cette dame, qui était née au village au début du siècle dernier, était partie très jeune avant de revenir il y a vingt-cinq ans», explique le maire. Entre-temps, employée de commerce à Paris, elle avait rencontré un tailleur italien du quartier de la Madeleine. Est-il à l'origine de son trésor ? Hélène Louart a choisi de ne pas répondre à cette question. Ni à toutes les autres, d'ailleurs…

    http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/01/16/01001-20080116ARTFIG00293-l-heritage-qui-embarrassetout-un-village-du-berry-.php

  • Catégories : Livre

    Jean-Louis Debré, le subtil romancier du Palais-Royal

    Anne Fulda
    15/01/2008 | Mise à jour : 22:39 |
    2e0d6a588e278e6a8c23519b2a05bdc4.jpgLongtemps considéré comme un second couteau de Jacques Chirac, Jean-Louis Debré a peu à peu changé d'image. Il écrit aujourd'hui des romans policiers. Crédits photo : AFP

    Le président du Conseil constitutionnel est aussi écrivain à ses heures. Aujourd'hui, sort en librairie son deuxième livre, Quand les brochets font courir les carpes, une intrigue policière jamais loin des coulisses politiques. On y reconnaît, en creux, nombre de figures de la majorité et de l'actuelle opposition.

    Il y a un temps pour tout. Il y a quelques années encore, Jean-Louis Debré, déjà chatouillé par le démon de l'écriture,ne faisait pas dans la dentelle. Dans son premier roman policier, Le Curieux, paru en 1986, il avait donné à l'un de ses personnages, une prostituée, le nom de Josiane Baladur (avec un seul “l”). L'affaire avait provoqué une froide colère de l'ancien premier ministre, ce que l'on peut comprendre. Désormais président du Conseil constitutionnel, huitième personnage de l'État dans l'ordre protocolaire, le gardien des tables de la loi ne peut plus se permettre ce genre de petites facéties.

    Son dernier roman, Quand les brochets font courir les carpes (éditions Fayard Noir), dédicacé à sa femme Anne-Marie disparue il y a quelques mois, ne recèle pas, en apparence, de bombes à retardement. Mais un lecteur attentif humera, dans ce roman policier qui furète dans les coulisses du pouvoir politique, le doux fumet de la nostalgie d'un monde qui n'est plus. Et aussi une critique douce-amère des mœurs politiques d'aujourd'hui.

    L'ancien président de l'Assemblée nationalene le cache pas. Il ne se sent pas à l'aise avec notre époque. «On a changé de monde, constate-t-il, les idéologies sont mortes. Aujourd'hui, tout va vite, très vite. Il s'agit de conquérir le pouvoir et d'y rester.» Est-ce vraiment bien nouveau ? Debré hausse les épaules. Il regrette que «la politique soit devenue un métier du spectacle» . «C'est comme ça, c'estle système actuel, mais ce n'est pas le mien», déplore-t-il. Ne vise-t-il pas, plutôt qu'un système, Nicolas Sarkozy ? Il assure que non, la main sur le cœur. Mais à lire certains passages de son livre on peut se poser la question. Page 33, il évoque «un nouveau chef de l'État connaissant à merveille les patrons de presse». Page 71, l'un de ses personnages évoque une ministre qui est un «gadget gauchiste du président qui préfère ses adversaires à ses amis». Avant de s'écrier : «Ce sont l'ouverture et la rupture les deux mamelles de la majorité présidentielle !» Page 214, encore, son héroïne, Claire Brégançon (sic), est décrite comme «grisée par la notoriété que lui confèrent ses passages à la télévision ou à la radio, par la meute des courtisans qui peuple les couloirsde la politique, elle s'est laissée enfermer dans un univers aussi réel et éphémère qu'enivrant».

    Jean-Louis Debré n'a jamais, lui, connu l'ivresse du pouvoir. Tout simplement parce qu'il est né dans cet univers. Il n'a jamais, non plus, vraiment cherché à se pousser du col. Au contraire même. Quitte à être des années durant l'une des cibles préférées des moqueurs. Quitte à passer pour un butor borné, un simple porte-flingues de Jacques Chirac et à endosserle rôle du «moins intelligent de la famille», par rapport à son frère jumeau, Bernard, chirurgien devenu ministre d'Édouard Balladur en 1994, et «si brillant», lui.

    Jean-Louis n'a pas cette réputation. C'est vrai. C'est un piètre orateur, au verbe court. Son ton est souvent exagérément solennel. Mais l'homme a cependant à son actif une haute opinion de la fonction politique. Et un véritable sens du service de l'État. Question de gènes, bien sûr. Être le fils de Michel Debré, ce n'est pas rien. Cela laisse des souvenirs d'enfance maintes et maintes fois racontés. De simples souvenirs pour lui, mais des fragments d'histoire du XXe siècle pour d'autres. Rares sont les enfants qui ont usé leurs culottes sur la rampe de l'escalier de Matignon et croisé Khrouchtchev, Adenauer ou Kennedy. Rares sont ceux qui ont vraiment appelé la femme du général de Gaulle «Tante Yvonne», partagé des dîners dominicaux avec les Pompidou ou qui se sont fait aider par André Malraux pour rédiger une dissertation. Cela laisse des traces évidemment. Cela donne une certaine armature morale. Qui s'est surtout révélée lorsque l'ancien député qui a refusé d'être décoré par Jacques Chirac fut élu à la présidence de l'Assemblée nationale. Contrela volonté de Jacques Chirac qui craignait que son protégé ne fut battu par Édouard Balladur. Et, là, du haut de son perchoir, Debré a réussi une mue étonnante. Il est parvenu à faire oublier le chiracôlatre inconditionnel et borné, l'apparatchik aux idées courtes, prêt à tout pour protéger «son» Chirac. Acquérant une imagede grand commis de l'État, il est parvenu à faire oublier le ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac qui s'était «tout tapé», entre 1995 et 1997 : les attentats, bien sûr, l'expulsion de l'église Saint-Bernard, mais aussi les charters de sans-papiers («Moi, je m'en suis coltiné 47 et Pasqua, qui a lancé l'idée, un seul !»). Bref, il a gommé une image épouvantable.

    Cette fonction a-t-il dit, en présidant sa dernière séance, face à un Hémicycle qui s'est levé comme un seul homme de droite à gauche fut «l'honneur de sa vie». L'occasion pour lui de prendre sa mesure. Et d'être, enfin, respecté et reconnu pour avoir restauré le prestige de cette vieille institution tout en préservant les droits de l'opposition. Aujourd'hui président du Conseil constitutionnel, et bien décidé à faire bouger cette honorable maison, Jean-Louis Debré goûte encore son plaisir d'avoir su changer de réputation. Il n'est pas peu fier d'avoir reçu une cinquantaine de cartes de vœux de députés de gauche, avec ce texte : «Nous n'avons rien à te souhaiter si ce n'est ce qui est inscrit sur cette feuille du Journal officiel (compte rendu d'une séance à l'Assemblée) : “Rendez-nous Debré !”.»

    Il sourit avec cet air triste, presque désolé, qui est sa marque de fabrique. Il le sait, ces années-là lui ont permis, enfin, de s'émanciper. De montrer qu'il n'était pas que l'obligé de Chirac.

    Les relations entre les deux hommes sont d'ailleurs plus complexes qu'elles en ont l'air. Elles sont faites de petites fâcheries et de grands services. D'affection réelle et d'échanges téléphoniques banals «Qu'est-ce que tu fais ?», «Où es-tu ?» , forgés à l'époque épique de la campagne présidentielle de 1995.

    Le président du Conseil constitutionnel est devenu au fil des ans à la fois le confident, le psychothérapeute et la nounou de l'ancien président. Mais l'ancien maire d'Évreux, à qui Chirac a confié, un jour de 1994, au creuxde la vague, «je te considère comme mon fils», n'est pas dupe.

    Il connaît «son» Chirac sur le bout des doigts.Il sait qu'il a toujours mêlé affectivité et relations professionnelles. Il sait qu'il a désigné d'autres fils adoptifs dans sa longue carrière. Fils d'un jour, fils répudiés ou adulés, il y a eu de la concurrence. Et, même si Debré est l'un des seuls à avoir tenu sur la distance, il a dû avaler pas mal de couleuvres. Il n'a jamais eu ce ministère de la Défense dont il rêvait tant. Il adû défendre le quinquennat, lui le fils de Michel Debré. Il a dû accepter la disparition du RPR.

    Qu'importe alors que Chirac se retrouve à nouveau seul, il est toujours là, à ses côtés.Et a toujours à l'esprit cette anecdote qu'il aime souvent relater. C'est ce souvenir d'enfant qui se réjouissait de voir arriver, lorsque son père était premier ministre, des boîtes de chocolats par dizaines. Puis qui constata, son père parti de Matignon, qu'il n'y avait plus de cadeaux. Plusde chocolats, ni de bonbons, si ce n'est ce paquet de calissons d'Aix envoyé, chaque année, et jusqu'à la fin de sa vie, par un fidèle admirateur du père de la Ve République. Debré se targue un peu d'être le paquet de calissons d'Aix de Chirac.

    http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/01/16/01001-20080116ARTFIG00009-jean-louis-debre-le-subtil-romancier-du-palais-royal.php