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Toulouse-Lautrec en ses murs

 

Par Claire Bommelaer Mis à jour le 23/03/2012 à 19:03 | publié le 23/03/2012 à 18:10 Réagir
 

Le musée albigeois possède la plus importante collection d'œuvres du peintre. Après dix ans de travaux, il rouvrira le 2 avril.

 

La modiste, 1900. (© Collection musée Toulouse-Lautrec, Albi, Tarn, France)
La modiste, 1900. (© Collection musée Toulouse-Lautrec, Albi, Tarn, France)

 

Toulouse-Lautrec, peintre parisien par excellence, qui rendit compte comme personne de la vie montmartroise, naquit près d'Albi, en 1864. Il n'y vécut que huit ans. Mais, en 1922, bien après sa mort, sa mère fit don de l'ensemble de son œuvre à la ville, qui ouvrit au pied de la cathédrale Sainte-Cécile un musée ad hoc. Grâce à ce don, il possède la plus importante collection au monde d'œuvres de l'artiste: un millier d'œuvres dont 250 tableaux, l'intégrale de ses 31 affiches, des centaines de dessins et un fonds important de lithographies.

Toutes, avec deux acquisitions récentes et sept prêts du Musée d'Orsay, ont été raccrochées selon un parcours à la fois chronologique et thématique, des espaces étant consacrés aux portraits, aux maisons closes, aux affiches et à la nuit parisienne. Compte tenu de l'ancienneté du palais en briques et de l'impossibilité de poser quoi que ce soit au mur, le conservateur a choisi de très classiques panneaux couleur crème pour accrocher les œuvres. Ce faisant, il a un peu boudé son plaisir. Le musée ne joue ni les couleurs, ni les nouvelles technologies, ni même l'image et la photo, alors qu'il existe un fonds de photos du peintre, de son époque, de sa maison natale et de ses sujets.

La Goulue et Aristide Bruant

En revanche, le musée se propose de montrer les peintures de jeunesse de Toulouse-Lautrec qui sont, en vérité, une autre manière de redécouvrir son travail. Né dans une grande famille de cavaliers, le jeune Henri souffre d'une maladie congénitale qui le rend infirme et lui interdit de poursuivre la tradition familiale. Il se réfugie dans le dessin, déclinant à l'envi ce cheval interdit, sous la houlette de l'artiste René Princeteau, le maître qui guidera ses premiers pas. De beaux portraits, notamment de sa mère, confirment son éclectisme.

Une fois jeune adulte, à Paris, il prend des cours, notamment à l'atelier de Fernand Cormon, situé à proximité de Montmartre. L'aristocrate difforme devient alors une des figures du Moulin-Rouge, du bal du Moulin de la Galette ou du cirque Fernando, lieux qu'il fréquente assidûment. Les dessins et affiches de Jeanne Avril, Valentin le Désossé, Mademoiselle Églantine, Yvette Guibert, aux gants noirs, Louise Weber, dite la Goulue, ou Aristide Bruant ont fait le tour du monde, y compris sur les souvenirs de pacotille. Pouvoir contempler les originaux aux traits dansants, aussi frais que possible, est un privilège. De même, le travail sur les maisons closes que l'on regarde comme un ami de longue date dont on découvre encore les détails. Scènes d'attente (Au Salon de la rue des Moulins) ou d'intimité (Les Deux Amies, Au lit,À la toilette), ces toiles dénuées de toute vulgarité n'étaient pas réalisées sur place. Mais Toulouse-Lautrec recomposait de tête l'esprit des lieux, cette ambiance lourde et confinée. La visite s'achève sur un parcours dans la collection d'art moderne du musée. D'inégale valeur, elle permet de placer le travail de Toulouse-Lautrec dans son contexte. Jusqu'à présent, 150.000 visiteurs se rendaient chaque année au palais de la Berbie, dont bon nombre de Japonais. Le Musée Mitsubishi Ichigokan à Tokyo, qui possède une collection d'affiches et de lithographies, est d'ailleurs maintenant jumelé avec celui d'Albi.

Musée Toulouse-Lautrec, Albi (81). Tél.: 05 63 49 58 97 et www.museetoulouselautrec.net

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http://www.lefigaro.fr/culture/2012/03/23/03004-20120323ARTFIG00549-toulouse-lautrec-en-ses-murs.php

 

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